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Publié le 7 septembre 2026

Transes : comment Milton Erickson calibrait ses clients en PNL et en hypnose

Comment met-on les gens en transe ? Patrick Condamin revient sur une anecdote transmise par son enseignante Anne Linden, qui la tenait elle-même de Milton Erickson, pour montrer que la calibration — cette capacité PNL à repérer les plus infimes signaux — compte davantage que la technique. Un article publié dans la rubrique « La PNL au quotidien » de la revue Métaphore n° 111, décembre 2023.

Une question posée à Anne Linden

Lors d’une formation à laquelle je participais, quelqu’un demanda à mon enseignante, Anne Linden : « Comment met-on les gens en transe ? »

Anne répondit : « Vous savez, lors d’un stage que je suivais avec Milton Erickson à Phoenix, un participant lui a précisément posé cette même question. (Pour donner le contexte, les formations d’Erickson se passaient chez lui, dans son bureau non climatisé de Phoenix, et avec une certaine promiscuité en raison du nombre d’étudiants. D’autre part, les rayonnages étaient remplis de statues, cadeaux de ses patients.)

Avant de répondre à la question, Milton Erickson a regardé l’assemblée des étudiants. Puis il s’est adressé à l’une des participantes et lui a dit, lentement : « Regarde l’éléphant » (une statue sur un rayonnage). Et aussitôt, l’étudiante est tombée en transe.

Anne a ajouté : « Vous savez, Erickson ne répondait jamais directement aux questions ».

Je n’ai rien compris à cette réponse, mais mon inconscient l’a soigneusement enregistrée.

Une histoire bienfaisante, des décennies plus tard

Quelques dizaines d’années plus tard, je me suis rendu compte que cette histoire avait été très bienfaisante dans mon métier d’hypnothérapeute !

Lorsque je reçois des clients, nous parlons et échangeons pendant un certain temps. Je m’attache à comprendre la structure du problème présenté, et, parfois, je pose des questions dans le but de nous éclairer tous les deux. Et puis à un moment, je propose par exemple : « Fermez les yeux » – avec ma voix de transe. (Ou toute autre approche qui a déjà convenu à ce client lors des travaux précédents.)

En vérité une fois sur deux, je ne sais pas ce que je vais proposer pendant la transe. Et quand je le sais, je fais souvent autre chose que ce que j’ai prévu.

La calibration, et non l’induction

Quel rapport me direz-vous avec l’histoire du début ?

Simplement qu’on ne met pas les gens en transe : Milton Erickson avait simplement « calibré » la salle et trouvé une participante qui avait particulièrement envie d’entrer en transe à ce moment-là. Peut-être était-elle fatiguée d’avoir maintenu longtemps son attention. D’autre part, Milton Erickson avait probablement perçu que, lorsque cette étudiante était entrée précédemment en transe, elle regardait en général cette statue. Et sans doute avait-il aussi remarqué un grand nombre d’autres signes qui indiquaient son envie profonde d’entrer en transe : Car Milton Erickson avait une incroyable capacité à repérer les plus infimes détails (Calibration en PNL).

Pour entrer en transe, sa cliente n’attendait en fait qu’une autorisation !

La puissance des histoires enchâssées

Enfin, ce texte nous rappelle également la puissance des histoires enchâssées (embedded stories) : Sans le faire vraiment exprès, j’ai, par exemple, raconté dans cet article, une histoire qui m’est arrivée pendant que je suivais une formation d’Anne Linden, formation dans laquelle cette dernière a raconté une histoire, qui lui est arrivée quand elle suivait un cours avec le maître…

Une approche hypnotique, ne trouvez-vous pas ?

Le lien avec la PNL

Le pivot de cet article est un concept central de la PNL : la calibration, cette capacité à repérer chez l’autre les signes les plus infimes — micro-mouvements, direction du regard, rythme respiratoire — qui trahissent un état interne. Patrick Condamin montre, à travers l’exemple d’Erickson, que la calibration précède et remplace toute technique d’induction : on ne « met » pas quelqu’un en transe, on reconnaît le moment où il y est déjà prêt et on lui en donne l’autorisation. L’article illustre ainsi, de façon vécue, comment un outil PNL de base structure toute une pratique thérapeutique.


Patrick Condamin est psychothérapeute (Certificat Européen de Psychothérapie), hypnothérapeute et Maître Praticien en Hypnose Ericksonienne, formé auprès d’Anne Linden et Steven Goldstone au New York Training Institute, dont il a été assistant enseignant. Maître Praticien et enseignant en PNL, membre du Collège des Psy NLPNL (au moment de la publication de cet article), il pratique également la sexothérapie, la sophro-relaxologie, l’intégration par les mouvements oculaires (IMO) et l’analyse systémique et familiale.


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 111 – décembre 2023

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