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Publié le 23 août 2026

Sérendipité et PNL : les 7 capacités du génie personnel selon Grinder et DeLozier

Comment trouver ce que l’on ne cherche pas ? Jean-Luc Monsempès, docteur en médecine et formateur expert certifié en PNL, explore la sérendipité à travers ses quatre formes et le conte persan des Trois Princes de Serendip, avant de la relier aux « schémas du génie personnel » décrits en PNL par John Grinder et Judith DeLozier. Un article publié dans la revue Métaphore n° 102, septembre 2021.

La sérendipité est selon Wikipédia « l’art de trouver ce que l’on ne cherche pas en cherchant ce que l’on ne trouve pas ».

La « serendipity » est un mot inventé en 1754 par le philosophe anglais Sir Horatio Walpole, pour qualifier la faculté qu’ont certaines personnes à trouver la bonne information par hasard. Serendip est l’ancien nom du Sri Lanka dans le conte traditionnel persan « Les Trois Princes de Serendip » (les trois princes de Ceylan). Ce conte raconte comment le hasard apportait des solutions aux princes dans des situations fâcheuses dans lesquelles ils tombaient. Pek van Andel est un ex-chercheur de l’université de Groningue aux Pays Bas et un grand « sérendipitologue », car il possède la plus grande collection mondiale de sérendipités. Sur le site « Automates intelligents », il cite des extraits de ce conte persan.

Le conte des Trois Princes de Serendip

« Les trois fils du roi de Serendip (mot du perse ancien pour Sri-Lanka) refusèrent après une solide éducation de succéder à leur père. Le roi alors les expulsa. Ils partirent à pied pour voir des pays différents et bien des choses merveilleuses dans le monde. Un jour, ils passèrent sur les traces d’un chameau. L’aîné observa que l’herbe à gauche de la trace était broutée mais que l’herbe de l’autre côté ne l’était pas. Il en conclut que le chameau ne voyait pas de l’œil droit. Le cadet remarqua sur le bord gauche du chemin des morceaux d’herbes mâchées de la taille d’une dent de chameau. Il réalisa alors que le chameau pouvait avoir perdu une dent. Du fait que les traces d’un pied de chameau était moins marquée dans le sol, le benjamin inféra que le chameau boitait.

Tout en marchant, un des frères observa des colonnes de fourmis ramassant de la nourriture. De l’autre côté, un essaim d’abeilles, de mouches et de guêpes s’activait autour d’une substance transparente et collante. Il en déduisit que le chameau était chargé d’un côté de beurre et de l’autre de miel. Le deuxième frère découvrit des signes de quelqu’un qui s’était accroupi. Il trouva aussi l’empreinte d’un petit pied humain auprès d’une flaque humide. Il toucha cet endroit mouillé et il fut aussitôt envahi par un certain désir. Il en conclut qu’il y avait une femme sur le chameau. Le troisième frère remarqua les empreintes des mains, là où elle avait uriné. Il supposa que la femme était enceinte car elle avait utilisé ses mains pour se relever.

Les trois frères rencontrèrent ensuite un conducteur de chameau qui avait perdu son animal. Comme ils avaient déjà relevé beaucoup d’indices, ils lancèrent comme boutade au chamelier qu’ils avaient vu son chameau et, pour crédibiliser leur blague, ils énumérèrent les sept signes qui caractérisaient le chameau. Les caractéristiques s’avérèrent toutes justes.

Accusés de vol, les trois frères furent jetés en prison. Ce ne fut qu’après que le chameau fut retrouvé sain et sauf par un villageois, qu’ils furent libérés.

Après beaucoup d’autres voyages, ils rentrèrent dans leur pays pour succéder à leur père ».

Qu’est-ce que la sérendipité ?

Selon Pek Van Andel et Danièle Bourcier, auteurs de l’ouvrage « De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit : Leçons de l’inattendu », la sérendipité est « Le don de faire des trouvailles ou la faculté de découvrir, d’inventer ou de créer ce qui n’était pas cherché dans la science, la technique, l’art, la politique et la vie quotidienne, grâce à une observation surprenante ».

De nombreuses inventions et découvertes scientifiques sont liées à la sérendipité. Par exemple : la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb alors qu’il cherche les Indes, la découverte de la grotte de Lascaux en 1940 grâce à un chien égaré, les Manuscrits de la Mer morte, la découverte des pulsars, le vaccin de la rage par Pasteur, les anneaux d’Uranus, le site du Machu Pichu…

La sérendipité est une manifestation de créativité qui vient de l’extérieur. Une forme de créativité qui nécessite une attitude de réceptivité particulière. Le site serendipite-strategique, décrit quatre formes de sérendipité, avec de nombreux exemples.

Les quatre formes de sérendipité

Sérendipité I
C’est le « fait de trouver (découvrir, inventer) par hasard, ou par accident autre chose et parfois tout autre chose, et même parfois le contraire de ce que l’on cherchait (et de trouver en l’état) ; et de se rendre compte de son intérêt ou de son importance. » Par exemple : les édulcorants de synthèse (saccharine, aspartam, cyclamate, acésulfame-K, sucralose), le stimulateur cardiaque, des colorants (bleu de Prusse, mauve), des matériaux (téflon, kevlar) et la colle qui ne colle pas.

Sérendipité II
C’est le « fait de trouver (découvrir, inventer) quelque chose que l’on cherchait (objet, solution, etc.), mais à la suite d’un accident plus ou moins malheureux ou d’une erreur, par un moyen imprévu ; et de s’en rendre compte. » Exemples : l’imprimante à jet d’encre (la Bubble-jet de Canon) ; la pénicilline (A. Fleming ne nettoie pas sa paillasse avant de partir en vacances et laisse sa fenêtre ouverte) ; l’hélice cassée du bateau de Francis Pettit Smith.

Sérendipité III
C’est le « fait de trouver par hasard, par accident ou par chance, une application imprévue à quelque chose ; et de s’en rendre compte. » « On découvre par hasard ou par chance, une application autre que celle à laquelle on pensait. » Par exemple : la souris d’ordinateur, l’écriture Java (la plateforme de programmation), des médicaments (chloropramazine, Viagra, Botox, Zyban, etc.), le Post-It, la Superglue, le micro-ondes.

Sérendipité IV
« Faculté de trouver par accident, hasard ou chance, l’idée d’une innovation. Elle survient à la suite d’une transposition. La sérendipité n’est pas livrée en l’état mais nécessite une opération cognitive : sagacité, imagination, etc. ». Exemples : le verre de sécurité (passer d’un flacon de verre tombé d’une table qui ne se casse pas, au pare-brise d’automobile), le procédé Pilkington du verre flottant, le Velcro (l’idée de la fermeture auto-accrochante est venue à Georges de Mestral en 1948, lorsqu’en revenant d’une promenade à la campagne il remarqua qu’il était difficile d’enlever les fleurs de bardane accrochées à son pantalon et à la fourrure de son chien).

Si c’est possible, comment favoriser la sérendipité attitude ?

Il y a certainement des capacités cognitives et somatiques bien particulières à développer. Il y a aussi la créativité qui vient d’une capacité à associer des événements appartenant à des contextes différents. Dans les descriptions qui sont faites de la sérendipité, je retrouve surtout les « schémas du génie personnel » décrits en PNL par John Grinder et Judith DeLozier :

1. La capacité à générer et maintenir un état de ressource, pour guider l’action, même dans les situations d’incertitude. Accéder à un état interne de « non-savoir » (détendu, curieux, ouvert et alerte, avec peu de dialogue interne et une vision périphérique), qui ouvre complètement à toutes les possibilités d’apprentissage. Un état de « non savoir » qui facilite l’ouverture, la curiosité et le questionnement.

2. La capacité à choisir ses filtres de perception et la direction de son attention, ce qui permet de choisir ou diriger sa conscience et ses points d’observation (7 ±2 morceaux d’information). Des filtres dirigés vers une expérience externe ou « primaire » ou à l’inverse vers l’expérience interne ou « secondaire » avec ses images mentales construites ou remémorées, des dialogues internes et des ressentis.

3. La capacité à imaginer clairement un but précis ou une vision. Si la réalisation d’un but précis sollicite plus l’esprit conscient, la représentation de la vision sollicite plus l’esprit inconscient, l’imagination et l’utilisation du « cadre du comme si ». L’imagination permet de synthétiser différentes perspectives, et de découvrir de nouvelles manières de les associer.

4. La capacité à utiliser de multiples descriptions ou positions de perception, pour découvrir, maintenir et synthétiser différentes perspectives, dont certaines sont parfois en polarité. Plus ces perspectives sont variées, plus les découvertes sont riches et créatives.

5. La capacité à utiliser les processus conscients et inconscients. Pour G. Bateson, un Maître sait quand utiliser la « pensée étroite » de l’esprit cognitif conscient et quand utiliser la « pensée détachée » de l’esprit créatif inconscient.

6. La capacité à maintenir un équilibre entre pratique et spontanéité. Quand les techniques s’ancrent dans votre corps par la pratique et l’entraînement, il est alors possible de lâcher totalement prise pour agir de façon spontanée et inconsciente. Vous laissez tout aller et agissez de façon spontanée, sans aucune réflexion, avec juste la boucle systémique de la danse avec le monde extérieur.

7. La capacité à modifier les frontières personnelles du « soi ». La maîtrise implique souvent une « expansion du sens du soi « de façon à intégrer d’autres éléments du monde (personnes ou objets). Comme un musicien qui fait corps avec son instrument de musique.

Je trouve qu’il y a également beaucoup de similitudes entre la sérendipité et l’état génératif décrit par Robert Dilts et Stephen Gilligan. Selon ces derniers, un état génératif permet d’obtenir quelque chose de nouveau, qui n’existait pas auparavant dans notre champ de conscience et donc que nous ne pouvions même pas imaginer.

Le lien avec la PNL

Jean-Luc Monsempès relie ici un concept issu de l’histoire des sciences — la sérendipité — aux « schémas du génie personnel » décrits en PNL par John Grinder et Judith DeLozier : état de ressource, gestion des filtres perceptifs, vision, positions de perception multiples, équilibre conscient/inconscient, pratique et spontanéité, frontières du soi. Il établit également un parallèle avec l’état génératif de Robert Dilts et Stephen Gilligan, montrant comment la PNL offre un cadre structuré pour cultiver les conditions propices aux découvertes inattendues.


Jean-Luc Monsempès est docteur en médecine (DU de Médecine Tropicale, CES de Santé Publique, CES de Pharmacologie clinique), formateur expert certifié en PNL, en Process Communication Model et en LAB Profile, et titulaire d’un DU de coaching. Il s’est formé en PNL auprès de Robert Dilts, John Grinder et Judith DeLozier (Trainer’s Training, Coaching génératif, Success Factor Modeling), ainsi qu’à l’Analyse Transactionnelle, à la Sémantique Générale, à l’Hypnose Ericksonienne (Anné Linden, Stephen Gilligan) et à l’EMDR. Ancien dirigeant de l’Institut Repère, il est spécialisé dans l’application de la PNL systémique au monde de la santé et a développé la formation « Coach de Santé ». Contact : www.coaching-sante.com


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 102 – septembre 2021

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