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Publié le 11 juin 2026

PNL et Neurosciences

Que se passe-t-il dans le cerveau lorsque la PNL produit ses effets ? Thierry Gallopin, maître de conférences en neurosciences et praticien en thérapies brèves, dresse un panorama rigoureux des mécanismes cérébraux qui éclairent les processus de changement utilisés en PNL : plasticité synaptique, gestion des émotions, neurones miroirs, rôle de l’inconscient dans la prise de décision, et manipulation des souvenirs pendant le sommeil. Un article publié dans la revue Métaphore n° 80, mars 2016.

1) Présentation

Je suis maître de conférences dans le domaine des neurosciences et plus spécifiquement dans l’étude des mécanismes cérébraux liés au sommeil. Ce qui m’a amené aux Neurosciences est ma passion des capacités que nous avons à développer notre potentiel. Je suis convaincu que notre cerveau a un pouvoir illimité et qu’il est crucial de mieux comprendre son fonctionnement afin de pouvoir développer et optimiser nos capacités. Cela m’a amené naturellement à me former à la PNL et à l’hypnose afin de m’initier aux stratégies efficaces amenant aux changements de nos états mentaux, émotionnels et comportementaux. Je suis également auteur d’un blog dans lequel je conseille et accompagne des personnes ayant des troubles du sommeil (http://www.secrets-du-sommeil.com). Dans ma pratique des thérapies brèves, j’essaie autant que je le peux de corréler les changements d’états aux mécanismes cérébraux mis en jeux afin d’affiner les stratégies qui fonctionnent.

2) Introduction

Tout d’abord, j’aimerais faire un état des lieux des recherches scientifiques menées sur la PNL. En collaboration avec Anne-Laure Nouvion (Docteur en Biologie et Coach professionnelle), nous avons réalisé un comparatif des données de la littérature scientifique (publications à comité de lecture évaluées par des pairs) étudiant l’efficacité de trois approches thérapeutiques, à savoir la PNL, l’EMDR et les TCC, nous pouvons constater que la PNL est très peu étudiée et souvent critiquée. Alors pourquoi si peu de reconnaissance ? Il faut noter que la PNL a souffert de divers obstacles dès sa sortie.

Très vite, la PNL est sortie du milieu universitaire vers le grand public. L’un des premiers ouvrages de Bandler & Grinder associait la PNL à la magie comme mentionné par son titre : « The Structure of Magic ». De plus, la PNL a très vite été récupérée dans des stratégies de vente la cantonnant à une approche de manipulation. Cette communication de la PNL a très certainement effrayé de nombreux scientifiques dévaluant ainsi l’intérêt de l’étudier dans des programmes de recherche.

Malgré ces obstacles, certains professionnels de la PNL, soucieux de démontrer scientifiquement l’efficacité de leurs approches, ont permis de ramener la PNL dans le domaine de la recherche scientifique. Et bien que le nombre des études soit encore trop faible à ce jour, l’efficacité thérapeutique de la PNL a pu être démontrée dans de nombreux domaines tels que les phobies, les symptômes de burnout, d’anxiété et de dépression, les syndromes post-traumatiques (PTSD) ainsi que certaines allergies.

En modélisant des thérapeutes d’exceptions, Richard Bandler et John Grinder ont mis en lumière des méthodes et des stratégies efficaces pour mieux communiquer, exploiter nos ressources intérieures et maîtriser nos émotions. La PNL s’appuie sur les capacités de notre cerveau à modifier et adapter nos programmes mentaux à notre environnement. Ces processus mettent en jeu des mécanismes neuronaux complexes que les neurosciences modernes tentent d’explorer.

Cette recherche est essentielle, parce qu’il y a des milliards de personnes sur la planète qui sont atteintes de troubles mentaux ou psychologiques et que les médicaments prescrits de nos jours reposent parfois sur des bases empiriques. Mieux comprendre comment l’efficacité des approches de PNL module le fonctionnement de notre cerveau est essentiel d’une part pour crédibiliser l’utilisation de cet outil et d’autre part pour le faire évoluer.

3) Notions de bases sur le fonctionnement de notre cerveau

Le cerveau est un organe de 1,5 kg qui est le fruit de plus de 3 milliards d’années d’évolution du vivant. Il est composé d’environ 100 milliards de cellules nerveuses et de plus d’un million de milliards de connexions. Un neurone peut présenter près de 10 000 contacts avec d’autres neurones. Ainsi, le nombre de combinaisons possible excède le nombre de particules élémentaires dans l’univers. Par conséquent, le cerveau est l’un des systèmes les plus complexes qu’il puisse exister. Il peut apprécier la notion d’infini, poser des questions sur la signification de sa propre existence, et même sur la nature de Dieu.

Cette merveille biologique a commencé son évolution il y a une centaine de millions d’années. Grossièrement, le cerveau humain est organisé en 3 grands systèmes : reptilien, limbique et néocortical.

Le système « reptilien » est le plus ancien et assure les fonctions vitales de l’organisme telles que la régulation de la fréquence cardiaque, de la respiration, de la température corporelle, etc. Il est composé du tronc cérébral et du cervelet. Il est le siège des instincts et de nos comportements primaires comme fuir, manger, se reproduire. Il est également impliqué dans certaines fonctions cognitives en liens avec des structures cérébrales supérieures.

Le système « limbique » est apparu avec les premiers mammifères. Il est capable de mémoriser les comportements agréables ou désagréables, et par conséquent il est impliqué dans la gestion des émotions. Il comprend principalement l’hippocampe, l’amygdale et l’hypothalamus. C’est le siège de nos jugements de valeur, souvent inconscients, qui exercent une grande influence sur notre comportement.

Le « néocortex » qui s’est fortement développé chez les primates et chez l’homme est composé de deux hémisphères cérébraux. C’est grâce au développement important du néocortex chez l’homme que se sont développés le langage, les pensées complexes et la conscience de soi. Le néocortex a évolué pendant des millions d’années pour représenter près de 80 % du volume du cerveau chez l’homme.

La communication entre ces systèmes se fait par l’intermédiaire de neurones qui communiquent entre eux par l’intermédiaire de synapses. La synapse désigne l’endroit où l’axone (fibre envoyant l’information) se connecte aux dendrites (parties réceptrices des neurones). Les synapses chimiques ont besoin de molécules particulières appelées neurotransmetteurs pour transmettre l’information entre deux neurones. Une mauvaise régulation dans la quantité de ces neurotransmetteurs libérés peut conduire à des déséquilibres psychologiques. Il existe 6 grands types de neurotransmetteurs :

– L’acétylcholine impliqué dans la contraction musculaire, l’attention, la colère, la sexualité, la soif et la mémoire.

– La dopamine est impliquée dans le contrôle du mouvement et de la posture, l’humeur, le renforcement positif et la dépendance.

– Le GABA est l’un des plus puissants neurotransmetteurs inhibiteurs du cerveau. Il contribue au contrôle moteur, à la vision et à plusieurs autres fonctions corticales. Il régule aussi l’anxiété.

– Le glutamate est quant à lui le neurotransmetteur excitateur par excellence du cerveau. Il est entre autre crucial pour les apprentissages et la mémoire.

– La noradrénaline est impliquée dans les mécanismes attentionnels, les émotions, l’humeur et l’apprentissage.

– La sérotonine joue un rôle dans la régulation de la température corporelle, le sommeil, l’humeur, l’appétit et la douleur.

4) Comment les neurosciences valident-elles que la carte n’est pas le territoire ?

Le traitement des informations sensorielles est un processus neurophysiologique impliquant le système nerveux périphérique et central. Ce traitement se manifeste en cinq étapes bien précises :

– Intégration du stimulus sensoriel par le biais de récepteurs périphériques spécifiques.

– Transduction du signal et codage du stimulus en message nerveux.

– Intégration par le cerveau, décodage et élaboration de réponses réflexes et végétatives.

– Sensation consciente du stimulus.

– Perception modulée par la motivation, l’expérience et la mémoire.

Les différentes sensibilités de l’organisme sont classées en 3 grandes catégories :

– Sensorialité Extéroceptive : vision, audition, odorat, goût, toucher et sens de l’équilibre.

– Sensorialité intéroceptive : sensibilité des viscères, des vaisseaux et des endothéliums.

– Sensorialité proprioceptive : muscles, tendons et articulations.

Pour prendre exemple sur l’intégration de l’information visuelle, il arrive fréquemment que nos perceptions deviennent subjectives. En effet, le système visuel n’est pas passif mais interprète des informations objectives. Contrairement à ce que l’on ressent intuitivement, ce que nos sens nous montrent ne correspond pas directement au « réel ». Avec la vision, il y a par exemple une très grande réduction de la quantité d’information entre l’image qui s’imprime sur la rétine et le message transmis par le nerf optique. Percevoir, c’est créer une figure ou une forme qui n’apparaît pas nécessairement comme tel dans le réel, mais dont la représentation mentale permet de la reconnaître dans diverses conditions, comme lorsqu’elle est partiellement cachée par quelque chose. Par conséquent, étudier la façon dont le cerveau parvient à combler l’information manquante ou ambiguë peut nous en dire beaucoup sur notre façon de percevoir le monde.

5) Bases neuronales des processus d’ancrage

On est toujours tenté de considérer que le cerveau n’est qu’une machine qui ne change pas. Toutes les recherches montrent dorénavant qu’il faut complètement revoir cette conception du cerveau. Et on est en train de s’apercevoir que le cerveau change sans cesse, à chaque pensée, à chaque sensation, à chaque expérience.

Les techniques d’ancrage utilisées en PNL impliquent des conditionnements associatifs mis en place par notre cerveau. Un des conditionnements les plus célèbres est le réflexe de Pavlov qui est un réflexe conditionnel mis en évidence par Ivan Petrovitch Pavlov qui lui a donné son nom. Le physiologiste montra que si l’on habituait un chien à accompagner sa nourriture d’un signal sonore, ce dernier pouvait déclencher la salivation de l’animal sans être accompagné de nourriture. Cette expérience princeps montre que les réactions acquises par l’apprentissage et l’habitude deviennent des réflexes lorsque le cerveau fait les liens entre un signal et l’action ou l’émotion associée.

Ces processus de conditionnement mettent en jeu des mécanismes de plasticité synaptique qui est la propriété que les neurones ont de moduler la force de leurs connexions en fonction de l’usage qui en est fait. Les connexions entre deux neurones ne sont pas figées, comme on le pensait il y a 50 ans, mais dépendent de leurs activités antérieures et de leur utilisation. Cette forme de plasticité à l’échelle de la connexion neuronale permet d’expliquer de nombreuses formes de mémoires simples. C’est très certainement grâce à des mécanismes d’associations de connexions neuronales plastiques que nous pouvons associer un état émotionnel donné à un stimulus sensoriel.

6) Comment notre cerveau gère-t-il nos émotions ?

La gestion de nos émotions implique la communication entre diverses structures cérébrales et en particulier l’amygdale, le cortex préfrontal et l’hippocampe.

– L’amygdale est une structure cérébrale bilatérale située dans la région du lobe temporal. Cette structure est essentielle au décodage des émotions. Elle va permettre le décodage rapide de stimuli menaçants pour l’organisme. C’est le cas de la peur et de toutes les modifications corporelles qu’elle entraîne. L’amygdale semble en fait moduler toutes nos réactions à des événements qui ont une grande importance pour notre survie.

– Le cortex préfrontal est la partie antérieure du lobe frontal. Cette région est le siège de différentes fonctions cognitives dites supérieures telles que la mémoire, le raisonnement, et les fonctions exécutives.

– L’hippocampe est une structure bilatérale faisant partie du système limbique. Il joue un rôle dans le contrôle de l’humeur et de la mémorisation. L’hippocampe est spécialisé dans le traitement du contexte d’une situation en comparaison avec l’expérience acquise.

Les recherches ont montré que le cerveau intègre plusieurs types de mémoires. L’hippocampe et le cortex rendent possibles une mémoire consciente dite explicite qui est fonction des expériences acquises. De son côté, l’amygdale permet le codage de nos mémoires implicites qui conservent les informations sensorielles responsables des réponses émotionnelles et/ou comportementales associées. Différents aspects reliés à une situation particulièrement émotive comme un traumatisme psychologique seront donc pris en charge à la fois par l’hippocampe et l’amygdale, les deux systèmes fonctionnant en parallèle. Grâce à l’hippocampe, vous vous souviendrez avec qui vous étiez, ce que vous faisiez, et le fait que c’était une situation particulièrement difficile. Toutefois, c’est par l’activation de l’amygdale que le rappel de la scène traumatisante déclenchera votre réponse comportementale au stress.

Les différentes étapes de la gestion des émotions impliqueront tout d’abord l’arrivée d’un événement extérieur qui va induire un stimulus émotionnel. Celui-ci déclenchera des réactions sensorielles comme l’augmentation de la fréquence cardiaque, le changement de couleur de la peau, la transpiration et les tensions musculaires. L’activation de l’amygdale va alors générer une réponse comportementale (inhibition, attaque, fuite, etc.). L’amygdale peut être représentée comme un système d’alarme inconscient. C’est alors que le cortex préfrontal intervient afin d’analyser la situation de manière consciente, à la recherche d’une solution. Le cortex va alors envoyer des informations complémentaires à l’hippocampe et à l’amygdale qui va adapter la réponse comportementale. Le cortex va également transmettre des informations à l’hippocampe qui va rechercher dans les souvenirs et renvoyer de nouvelles indications à l’amygdale qui va continuer d’adapter son activité en fonction du contexte. Un stress excessif peut perturber la communication entre l’hippocampe, le cortex et l’amygdale. En PNL, la double dissociation permet de rejouer subtilement l’événement traumatisant en changeant la réponse émotionnelle et donc comportementale. Ce processus effacera l’ancienne mémoire par une nouvelle plus confortable.

7) Rôle des neurones miroirs dans les pratiques de la PNL

C’est dans les années 90 que l’équipe du neurophysiologiste Giacomo Rizzolatti fit une découverte étonnante, celle des neurones miroirs. Ce nouveau système représente une avancée cruciale dans la connaissance du fonctionnement complexe du cerveau. Ces neurones découverts dans le cortex moteur s’activent lorsque le sujet effectue une action motrice dirigée vers un but mais également lorsqu’il observe ou entend une autre personne réaliser ce geste.

L’activité des neurones miroirs est étroitement liée au degré d’habileté du sujet à réaliser le geste qu’il observe. Cette activité peut néanmoins être modulée par l’expérience et l’apprentissage par l’observation et l’imitation. Ce système miroir permet de comprendre le but poursuivi par l’autre. Il permet de prédire l’action motrice utilisée en fonction du contexte. Il semble jouer un rôle dans l’interaction sociale, les apprentissages par imitation mais aussi dans les processus affectifs tels que l’empathie. Ces neurones miroirs semblent également nous permettre de différencier les comportements congruents et incongruents que la PNL nous apprend à détecter. C’est comme si ces neurones nous permettaient d’adopter le point de vue d’une autre personne. Ces neurones sont certainement recrutés lors de la thérapie dans le rapport, lorsque l’on se synchronise avec un sujet et également lorsque l’on essaie de modéliser une personne.

8) Comment les traitements non-conscients influencent-ils nos perceptions et nos décisions ?

Les neurosciences commencent maintenant à comprendre l’impact prépondérant de notre inconscient dans nos prises de décision. Tout a commencé quand le neurophysiologiste Benjamin Libet a découvert, dans les années 1980, qu’un mouvement volontaire est précédé dans le cerveau d’une activité neuronale préparatoire détectable près d’une seconde avant l’exécution du mouvement mais également avant la prise de décision consciente de faire ce mouvement. Le sentiment de la prise de décision arrive donc beaucoup trop tard pour être à l’origine du mouvement volontaire, et ne semble être qu’une illusion que notre cerveau génère pour nous donner l’impression d’être l’agent derrière nos actions. Grâce aux techniques d’imageries cérébrales, des chercheurs ont conforté cette hypothèse en démontrant que certaines de nos décisions seraient prises jusqu’à plusieurs secondes avant même qu’elles nous parviennent à la conscience. Ces découvertes ont fait couler beaucoup d’encre car elles remettaient tout simplement en cause le phénomène du libre arbitre, tout du moins conscient. Notre conscience construirait en quelques millisecondes une justification à cette décision prise. Il ne pourrait alors agir sur cette décision qu’a posteriori. Parmi les théories sur le fonctionnement du cerveau, il y a celle qui stipule que le cerveau crée une version de notre univers et projette cette version de notre monde tout autour de nous. Nous expérimentons tous dans notre pratique que le conscient n’intègre qu’une infime partie des informations que notre cerveau reçoit. En contrepartie, notre inconscient percevrait l’ensemble des informations. Il établirait une combinaison de filtrages qui sont fonctions de nos expériences. Ces filtres sont connus en PNL comme étant constitués par nos croyances, nos valeurs et nos métaprogrammes qui nous amènent à faire des généralisations, des omissions et des distorsions. C’est sur la base de ces filtres que nous ressentons nos émotions et que nous prenons nos décisions.

Pouvons-nous alors dire que nous prenons consciemment nos décisions ? Est-ce que l’on décide consciemment de voir, d’entendre ou de ressentir certaines choses ? De tourner à gauche dans une rue en pensant retrouver notre chemin ? Finalement nous aurions plutôt le choix conscient de ne pas suivre notre stratégie inconsciente plutôt que de décider consciemment de cette stratégie.

9) Peut-on utiliser notre sommeil pour manipuler nos souvenirs ?

L’une des fonctions les plus importantes du sommeil est le traitement de notre mémoire. Les chercheurs commencent maintenant à comprendre comment le cerveau nous aide à apprendre lorsque nous sommes endormis. L’hippocampe y joue un rôle crucial. Cette région cérébrale enfouie à l’intérieur de notre cerveau est l’endroit où sont encodés nos souvenirs pour être transférés par la suite, si nécessaire pour un stockage à long terme. Les chercheurs pensent que pendant le sommeil des informations seraient téléchargées de cet hippocampe vers d’autres structures du cerveau où l’on pense qu’elles sont interprétées et enregistrées. Mais le sommeil n’est pas un processus de stockage passif, comme l’enregistrement d’un fichier vidéo sur un disque dur. Le sommeil reconfigure également la mémoire. Il nous aide à modifier certains fichiers, d’ajouter ou de supprimer du contenu et même de moduler certaines tonalités émotionnelles, et de les ré-enregistrer. Il est encore difficile pour les chercheurs de comprendre comment notre cerveau fait tout cela tout simplement parce que nous ne savons toujours pas comment les souvenirs sont créés. Cette énigme est l’un des défis des neurosciences modernes et c’est pourquoi les chercheurs étudient aussi bien chez l’homme que chez l’animal le fonctionnement du cerveau endormi et essaient de lier cette activité à la constellation vaste et complexe de l’information qu’il stocke.

Mais est-il possible de manipuler nos souvenirs pendant le sommeil ? C’est ce que des neurobiologistes ont récemment réussi à faire en implantant de faux souvenirs à des souris endormies. En effet, à leur réveil, elles associaient une sensation agréable à un lieu où elles n’avaient rien vécu de particulier. Ces résultats princeps suggèrent qu’il serait possible de rendre un souvenir plus positif ou plus négatif. La perspective de pouvoir utiliser notre sommeil pour traiter certains traumas est très séduisante même si elle n’est pour l’instant que théorique chez l’homme.

10) Conclusion

J’espère vous avoir convaincu que les neurosciences peuvent apporter beaucoup à la PNL tant dans la compréhension des mécanismes cérébraux à la base des processus du changement mais également dans les capacités d’évolution de la PNL. J’aimerais faire une analogie de la prise de conscience de la puissance des capacités de notre cerveau avec la découverte du feu à l’époque paléolithique, 400 000 ans avant notre ère. Le feu a été la première source d’énergie utilisée par l’homme pour améliorer son quotidien afin de s’éclairer, se chauffer et cuire ses aliments. C’est grâce à la Chimie que l’homme est arrivé à maîtriser le feu permettant de réaliser les premières transformations contrôlées de la matière afin de fabriquer le verre, la céramique et divers alliages métalliques. À l’instar de la Chimie, je suis persuadé que les Neurosciences peuvent aider l’homme à mieux comprendre et maîtriser cette capacité intrinsèque que nous avons à maîtriser notre cerveau afin de l’utiliser pour évoluer dans des changements positifs. Bandler et Grinder ont ouvert une première porte en nous apportant les fruits de la modélisation de thérapeutes d’exceptions. Ne pouvons-nous pas aller encore plus loin en tentant de modéliser directement le fonctionnement de notre cerveau. Nous pourrions ainsi avec l’aide des neurosciences décoder les stratégies que le cerveau met en jeu dans les processus du changement et les exploiter dans notre pratique de la PNL.

Le lien avec la PNL

Cet article illustre concrètement ce que la PNL partage avec les neurosciences sans pour autant s’y réduire. Les mécanismes de plasticité synaptique éclairent les ancrages ; les neurones miroirs expliquent la synchronisation et la modélisation ; le rôle de l’amygdale et du cortex préfrontal valide la double dissociation comme outil de traitement des traumas. Thierry Gallopin montre que la PNL, loin d’être une simplification des neurosciences, explore le vécu subjectif des processus que les neurosciences observent de l’extérieur — deux regards complémentaires sur le fonctionnement humain.


Thierry Gallopin est maître de conférences en neurosciences, spécialisé dans les mécanismes cérébraux liés au sommeil. Praticien en thérapies brèves, il est également formé à la PNL et à l’hypnose. Il tient un blog de conseil pour les personnes souffrant de troubles du sommeil : www.secrets-du-sommeil.com


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 80 – mars 2016

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