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Publié le 29 août 2026

PNL : dernières avancées dans la modélisation — le modèle des méta-états expliqué par L. Michael Hall

Comment la PNL a-t-elle progressé dans sa capacité à modéliser l’expertise humaine, depuis le modèle stratégique des origines jusqu’aux mécanismes cachés qui gouvernent nos pensées ? L. Michael Hall, Ph.D., cofondateur de la Neuro-Sémantique et auteur de plus de 70 livres sur la modélisation, retrace cette évolution jusqu’au modèle des méta-états et à la clé de voûte qu’est la réflexivité. Conférencier invité au Congrès NLPNL du 28 janvier 2023, il propose ici la version française de sa contribution publiée dans Métaphore n° 107bis, Spécial Congrès, janvier 2023.

Le modèle stratégique de la PNL : une base insuffisante

Lorsque le domaine de la PNL a commencé à modéliser de manière consciente et réfléchie, il a pris le modèle TOTE de l’ouvrage The Plan and Structure of Behavior de Miller (1960) et a créé le modèle stratégique de la PNL. Cela lui a donné un moyen de cartographier la façon dont un expert fait ce qu’il fait, étape par étape. Cette structure nous a donné les étapes fondamentales de la réalisation d’une performance spécifique. En tant que stratégie linéaire, elle a permis d’établir les étapes et les stades essentiels de l’expertise – la compréhension de base de la manière dont l’expert atteint une performance optimale. Et si elle est essentielle, elle est aussi généralement insuffisante.

Nous avons besoin de plus. Nous devons détailler davantage ce qui se passe à l’intérieur du méta, le petit (m) qu’ils ont mis dans la stratégie. Plus tard, diverses tentatives dans le domaine de la PNL ont cherché à enrichir l’approche stratégique.

• Robert Dilts a mis en place le modèle des niveaux logiques en utilisant les niveaux d’apprentissage de Bateson et les distinctions sur les méta-niveaux. À partir de là, il a identifié les premiers méta-niveaux : croyances, valeurs, identité, but.

• David Gordon & Graham Dawes ont mis en place l’Experiential Array dans lequel ils ont distingué les croyances motivantes, les croyances contributives, les croyances habilitantes ainsi que les valeurs, les critères, etc.

• James Lawley & Penny Tompkins ont mis en place un modèle symbolique avec un langage propre, puis, en utilisant le méta-niveau de la métaphore, comment la personne construit ses compréhensions de base. Puis, en utilisant l’espace symbolique, ils se sont attaqués aux hypothèses et aux prémisses cachées.

« Le comportement est plus complexe qu’il n’y paraît »

Ces modèles ont rendu explicites divers méta-niveaux (c’est-à-dire les croyances, les valeurs, l’identité, le but, la métaphore, les hypothèses, les critères). C’était une bonne chose et cela a contribué à notre connaissance de la modélisation. Pourtant, aucun de ces modèles n’a abordé les méta-mécanismes qui dirigent, habilitent et contrôlent les méta-processus.

Le résultat ? Le méta-processus de la PNL est resté un domaine sous-développé. Il n’y avait pas de théorie ni de facteur clé qui créait une relation structurelle entre les méta-niveaux.

• Dilts a proposé la structure hiérarchique comme mécanisme de contrôle.

• Gordon et Dawes ont proposé que ce soit l’ensemble des relations des méta-niveaux.

• Lawley et Thompkins ont proposé que ce soit la structure métaphorique comparative extra-consciente.

Aussi valables et utiles qu’elles soient, ces propositions n’abordent toujours pas les mécanismes métacognitifs clés, en particulier la réflexivité.

Entrez dans la modélisation des méta-états

Ce n’est qu’avec le modèle des méta-états (1994) que les mécanismes cachés des méta-niveaux ont été rendus explicites afin que nous puissions comprendre pleinement les forces motrices du méta-domaine.

La clé de tout est la réflexivité.

En raison du type particulier de conscience des humains, par exemple la conscience autoréflexive, nous ne nous contentons jamais de penser.

Le T-F (penser-sentir) n’est pas simple. Il ne s’agit pas d’une activité ponctuelle du cerveau. Dès que vous pensez, vous pensez à vos pensées. Dès que vous ressentez, vous ressentez à propos de vos sentiments. Nous pensons à nos pensées, nous ressentons nos sentiments et nous le faisons niveau après niveau, de manière réflexive, pour construire une matrice de cadres et de significations qui constituent ensuite les structures de référence cachées qui informent et gouvernent les expériences primaires. Elles constituent l’esprit de la conscience extérieure au conscient. (Dans ce qui suit, @ signifie « en/dans »).

« Je m’amuse en apprenant cela ». Fun @ Learning > apprentissage joyeux

Au sein de la réflexivité se trouve l’auto-organisation. C’est parce que les croyances, les identités, les interdictions, décisions, compréhensions, intentions fonctionnent comme des attracteurs dans le système. Une fois fixés, ils deviennent des commandes exécutives pour le système esprit-corps-émotion et régissent par la suite la façon dont nous pensons, percevons, ressentons, parlons, répondons, etc. Incorporé à l’état de la personne, l’état contient et exprime les commandes exécutives.

Nous en faisons l’expérience en tant que « manière d’être au monde », « personnalité » et « programmes » fondamentaux.

La « joie » devient un filtre pour penser l’apprentissage.

La multi-ordinalité et le fonctionnement holographique

Linguistiquement, l’autoréflexivité est multi-ordinale. C’est-à-dire qu’un même mot utilisé à différents niveaux a des significations différentes. L’amour de premier niveau est différent d’aimer l’Amour. La peur de premier niveau diffère sensiblement d’avoir peur de la peur. À chaque saut autoréflexif, le sujet change. Nous demandons donc : « Quel est le sujet de votre peur de premier niveau ? Quel est le sujet de votre deuxième niveau de peur ? » Etc.

« Je suis fasciné par la communication. Je veux comprendre comment elle fonctionne et comment je peux devenir un communicateur efficace et professionnel. »

Suivre les niveaux, distinguer quelle pensée/sentiment est éprouvée à propos de quoi, est souvent le défi à relever pour essayer de se comprendre ou de comprendre les autres.

C’est aussi la clé de la modélisation du méta niveau.

Tout ce système fonctionne de manière holographique plutôt que hiérarchique. Ainsi, bien que nous ayons beaucoup, beaucoup de mots pour désigner les méta-niveaux (plus de 100), en les considérant comme un hologramme, ils sont tous des expressions de la même chose, et cette même chose (conscience) a plusieurs facettes… L’esprit d’une personne est comme un diamant unique a plusieurs facettes. Qu’est-ce que l’apprentissage joyeux ? une croyance, une valeur, une identité, un souvenir, de l’imagination ?

La métarelation et le modèle de la Matrice

C’est la métarelation qu’un individu créé en lui entre ces facettes qui crée une matrice unifiée. Et chacun de nous vit dans une matrice unifiée qu’il a lui-même construite. Et la relation entre tous ces cadres et leurs relations, c’est ce que nous voulons modéliser lorsque nous modélisons l’expertise de quelqu’un. C’est le but du modèle des Méta-Etats et du modèle de la Matrice.

Respect + Empathie + Attention + violation des valeurs (colère) >> Colère respectueuse.

Découvrez cette avancée dans la modélisation, dans le modèle de méta-niveau, dans l’atelier de janvier 2023. Découvrez comment utiliser les méta-états pour débusquer les méta-cadres d’un expert afin de découvrir la pensée de plus haut niveau qui sous-tend l’expertise.

Le lien avec la PNL

L. Michael Hall situe son propos dans la continuité directe de la démarche de modélisation qui fonde la PNL depuis ses origines : comprendre comment un expert fait ce qu’il fait, étape par étape, pour pouvoir le retransmettre. Son apport, le modèle des méta-états, prolonge les travaux de Dilts, Gordon, Dawes, Lawley et Tompkins sur les méta-niveaux en identifiant le mécanisme structurel — la réflexivité — qui les relie entre eux. C’est une contribution qui interroge la PNL de l’intérieur, sur ce qu’elle sait modéliser et ce qui lui reste à modéliser.


L. Michael Hall, Ph.D., est psychologue cognitiviste et modélisateur de l’excellence humaine. Il a mené 34 projets de modélisation et est l’auteur de six livres sur la modélisation, dont le plus récent, Thinking Like a Modeler (2019), ainsi que d’une œuvre plus large de plus de 70 livres consacrés à la PNL et à la neuro-sémantique. Après avoir découvert la PNL en 1986 et l’avoir d’abord appliquée en tant que psychothérapeute, il s’est orienté vers la modélisation de l’expertise humaine. En 1996, il cofonde avec Bob Bodenhamer la Neuro-Sémantique, puis, avec Michelle Duval (2002-2007), le Meta-Coaching. Il est également cofondateur de l’International Society of Neuro-Semantics (ISNS) et de la Meta-Coaching Foundation (MCF), ainsi que, avec Frank Pucelik, du NLP Leadership Summit (2011). Il était conférencier invité en plénière au Congrès NLPNL du 28 janvier 2023 sur le thème de la modélisation de niveau méta.  www.neurosemantics.com


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 107bis, Spécial Congrès – janvier 2023

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