Publié le 29 août 2026
Mais quel est donc son problème ? Explorer l’état présent en coaching PNL
Quand un objectif « coince » en coaching ou en thérapie, comment explorer méthodiquement ce qui bloque avant de choisir une technique de changement ? France Doutriaux, ingénieure agronome devenue coach et enseignante certifiée en PNL, partage sa stratégie d’exploration de l’État Présent : contexte, déclencheur, stratégie interne et valeurs insatisfaites, jusqu’au choix entre techniques de neutralisation et de négociation. Un atelier présenté au Congrès NLPNL du 28 janvier 2023, publié dans la revue Métaphore n° 107bis, Spécial Congrès, janvier 2023.
Quand l’objectif coince : exploration de l’état présent
La PNL est orientée solution. Pour autant, en coaching comme en thérapie, quand l’objectif « coince », il nous faut bien explorer ce qui se passe. C’est cette compréhension de l’état Présent qui va nous permettre de proposer une technique appropriée afin de lever l’obstacle et, au final, guider la personne vers la réalisation de son objectif.
Je constate que nous, PNListes, avons des façons très différentes de pratiquer cette exploration.
Je vous propose de partager ma stratégie.
Tout commence par l’objectif
Tout d’abord, nous commençons par l’exploration de l’objectif, que la personne exprime son besoin sous forme d’objectif ou de problème.
Petit rappel, lorsqu’une personne décide de se faire accompagner, elle a une motivation. Celle-ci peut être orientée vers ce qu’elle souhaite (vivre, voir, faire, sentir…) ou orientée loin de ce qu’elle vit en ce moment (ressent, n’arrive pas à faire ou fait trop…), il s’agit ici du métaprogramme Direction de la motivation.
Comme en PNL, nous nous synchronisons, j’accueille inconditionnellement la personne dans son fonctionnement et l’invite, en se déplaçant sur une ligne du temps futur, à vivre l’objectif atteint et ainsi progressivement, même quelqu’un arrivant avec une motivation orientée loin de, va être en capacité de formuler son objectif orienté vers.
Quand tout se passe bien, la personne clarifie ce qu’elle veut vraiment, est capable de se représenter et de ressentir l’objectif atteint, puis d’imaginer les étapes nécessaires à la réalisation de son objectif. Enfin, elle énonce clairement les piliers de sa motivation, ce qui donne sens à cet objectif et elle ne perçoit pas de frein écologique à l’atteinte de son objectif.
Dans l’accompagnement, on peut alors l’aider à amplifier par exemple un état interne ou automatiser telle étape avec les techniques d’amélioration.
Cependant, pour certains, il est impossible de se représenter confortablement l’objectif atteint : un « fumeur » peut ressentir de l’angoisse à l’idée de ne plus fumer, une personne mal à l’aise en public n’arrive même pas à s’imaginer parler avec aisance, une autre encore voudrait gérer avec plus de souplesse son équipe mais ne peut pas arrêter de tout contrôler.
Poursuivre dans le déroulé de la clarification d’objectif est alors tout simplement impossible.
De la même façon, c’est lors de l’exploration du plan d’action, que peut se manifester un blocage : une étape paraît nécessaire mais la personne ne s’en sent pas capable ou répugne à passer par là.
Ou encore, c’est à la question de l’écologie (y a-t-il un risque à atteindre votre objectif ?) qu’apparaît un frein puissant.
Dans ces 3 niveaux de blocage (énoncé, étape, risque écologique), la découverte de ce frein, peut amener à ajuster l’objectif, modifier une étape ou même changer d’objectif.
Dans d’autres cas, la personne confirme qu’atteindre cet objectif est important pour elle et souhaite donc lever ce frein.
Quelles informations recueillir ?
Comme dans la démarche de qualité totale, nous allons rassembler des informations afin de comprendre comment la personne réalise cet exploit : reproduire à l’identique la même stratégie défaillante !
Je recherche quatre grands types d’informations :
• identifier précisément les contextes dans lesquels le problème a lieu ;
• comment la personne s’y prend alors, la stratégie mise en place ;
• en quoi ce problème est gênant ;
• et si, pourtant, elle a le sentiment de gagner ou de préserver quelque chose en maintenant ce problème.
Le contexte, unique, répétitif, multiple ?
Nous allons rechercher à la fois les éléments concrets du contexte problème et s’il s’agit d’un contexte unique, répétitif ou multiple.
Pour cela, j’invite la personne à identifier une première situation :
• où le problème s’est posé (par exemple, elle devait prendre la parole et elle n’a pas pu dire un mot) ;
• où elle avait en tête son objectif et pourtant elle ne l’a pas fait (elle était décidée à appeler un client, et elle s’est mise à ranger son bureau) ;
et de me décrire les éléments présents dans ce moment.
Puis on va explorer deux autres situations car ce qui nous intéresse ici c’est de repérer les éléments qui doivent toujours être présents pour que le problème ait lieu (par exemple, dans la prise de parole en public, elle stresse parce qu’il y a des membres de la hiérarchie, ou parce qu’il y a des voisins qu’elle croise souvent).
Les questions « Depuis quand avez-vous ce problème ? Y a-t-il d’autres contextes où vous rencontrez cette difficulté ? » nous apportent également des informations très utiles.
L’enjeu est de parvenir à avoir une connaissance précise du ou des contextes concernés, puis d’identifier si ce contexte est :
• Unique (J’ai eu peur en voyant des compatriotes ce jour-là / C’est uniquement avec ce client-là que je m’emporte / Ce n’est qu’en passant sur ce pont que mes mains tremblent au volant…).
• Répétitif (Dès que j’arrive face à un groupe, je me sens exclu / à chaque fois qu’on me contredit, je monte le ton…). La problématique s’est donc généralisée.
• Multiple, c’est répétitif dans des contextes d’enjeux différents (Je fume à la fois quand je stresse, ça me détend et quand j’ai bien travaillé car c’est comme une récompense / Je ne sors pas faire du sport quand je dois y aller seule, mais aussi s’il fait froid dehors). C’est très fréquent dans des thématiques d’arrêt du tabac ou de perte de poids notamment.
Dans ce dernier cas, j’invite alors la personne à choisir par quel type de contexte elle veut commencer et on se retrouve alors dans un contexte répétitif.
Ces informations vont nous être utiles dans le choix des techniques de changement.
Le déclencheur unique ou multiple ?
Maintenant que la personne identifie bien le contexte de son problème, comme le décor d’une pièce de théâtre, je l’invite à repérer sur quoi elle s’appuie pour « basculer » dans le problème, les trois coups du théâtre !
En la guidant pour qu’elle se replace dans la première situation étudiée précédemment, je lui demande : « Que se passe-t-il juste avant que votre ton monte / que l’émotion arrive / que vous décidiez de rester ? »
Puis on explore dans les 2 autres situations pour identifier la nature du déclencheur : ce timbre de voix, le regard qui se porte sur la personne, la demande qui lui est adressée.
Le déclencheur peut être unique (la vue d’une araignée) ou multiple (dans la prise de parole : les regards, le silence, la vue sur l’agenda…).
L’identification du déclencheur permet parfois de prendre du recul par rapport à la situation : la personne se rend compte qu’elle focalise, à ce moment-là, sur un détail et peut choisir d’élargir son champ de vision et vivre mieux la scène.
Plus souvent, le déclencheur va nous permettre de repérer précisément comment la personne réagit à ce stimulus et ainsi affiner le choix de la technique de changement.
La stratégie mise en place
Ce qui nous intéresse maintenant c’est comment la personne vit ce problème : sa première réaction est-elle émotionnelle, comportementale ou en processus interne (film ou dialogue interne) ? Car c’est en fonction de cette réponse, que s’ouvrira le champ des techniques de neutralisation ou de négociation.
En la guidant une dernière fois dans chacune des expériences précédentes, je lui demande : « et juste après (le déclencheur) que se passe-t-il ? » Il est très important de ne pas influencer sa réponse par exemple en demandant que sentez-vous ou que vous dites-vous ? l’idée est ici de recomposer l’ensemble de sa stratégie et de pointer la nature de cette première étape.
Les valeurs insatisfaites et les valeurs satisfaites
Il nous reste alors à remonter au niveau des motivations et de l’écologie.
En reformulant l’ensemble de la structure de la problématique, je demande à la personne : « en quoi est-ce gênant pour vous ? et quoi encore, et encore ? »
Effectivement, il y a toujours des critères ou valeurs insatisfaits puisque la personne a un objectif qu’elle souhaite atteindre et qu’elle n’y parvient pas.
Le rappel de ces valeurs va motiver d’autant plus la personne à entrer dans ce chemin du changement.
Enfin, nous retrouvons la question de l’écologie : tout en reformulant à nouveau les éléments clés de l’ensemble de ce diagnostic, je demande : « y a-t-il un bénéfice secondaire à maintenir le problème ? »
La conscience d’un critère satisfait est présente dans les cas de dilemme, la personne se sent tiraillée, par exemple, entre rester en sécurité ou se lancer dans la création d’une entreprise. Pourtant, il peut y avoir des critères satisfaits qui restent totalement inconscients.
Nous avons alors une vision complète de la problématique.
La personne a formulé un objectif, elle sait maintenant dans quel(s) contexte(s) elle se coince, comment elle plonge dans la problématique, et si elle réagit d’abord par une émotion, un comportement ou un processus de pensée. La voie est toute tracée pour choisir une technique de changement tenant compte des informations recueillies.
Trouver la voie dans le labyrinthe des techniques
Et maintenant nous allons utiliser toutes ces informations recueillies.
Je distingue deux grands types de techniques de changement – les techniques de neutralisation ; – les techniques de négociation.
Et nous pouvons les classer de la façon suivante (je vous propose ici essentiellement les techniques faisant partie du Praticien PNL).
Les techniques de neutralisation
Leur levier d’action est le postulat de la PNL : nous avons en nous toutes les ressources.
Elles redonnent du choix émotionnel car elles permettent de neutraliser ou désactiver des ancrages émotionnels. Nous faisons donc appel à elles quand, dans l’état présent, la 1re étape est un comportement ou un processus interne. En fait, le déclencheur est une ancre qui réactive un ancrage.
Pour un contexte unique et un état interne non traumatisant : Simple désactivation d’ancre ou swich émotionnel ;
Pour un contexte répétitif et un état interne non traumatisant : Le changement d’histoire de vie ;
Pour un état interne phobique ou traumatisant : La double dissociation ;
Pour un état interne qui s’emballe : Le chaînage d’ancre.
Les techniques de négociation
Leur levier d’action est le postulat de la PNL : l’intention positive qui sous-tend tout comportement (et processus interne).
Elles permettent de changer ces comportements ou processus internes ou de négocier entre différentes aspirations en soi.
Changer le comportement ou le processus interne : le recadrage en 6 étapes ;
Gérer un conflit interne : la négociation entre parties ou le squash visuel ;
Gérer un conflit relationnel : les positions de perception.
Toutes les autres techniques de changement peuvent assez facilement se placer d’un côté ou de l’autre, sachant que la réempreinte agit sur les deux leviers en même temps. D’ailleurs, bien évidemment, la pratique d’une technique de neutralisation, en redonnant du choix émotionnel, peut amener à un changement comportemental et inversement, le suivi d’une technique de négociation a un impact sur la gestion émotionnelle. C’est cette interdépendance permanente entre nos pensées, nos émotions et nos actions.
Il y a cependant une logique, ce me semble, à choisir l’angle d’action en fonction de ce qui précisément pose un problème.
Voilà donc une stratégie qui est efficace dans la pratique que j’exerce depuis plus de 20 ans et que j’ai plaisir à partager avec vous.
Le lien avec la PNL
France Doutriaux mobilise ici plusieurs outils fondamentaux de la boîte à outils du Praticien PNL : le métaprogramme Direction de la motivation (vers/loin de), la synchronisation, la ligne du temps, l’écologie, et deux postulats fondateurs de la PNL — « nous avons en nous toutes les ressources » et « l’intention positive sous-tend tout comportement » — qu’elle utilise pour distinguer et articuler deux grandes familles de techniques de changement, celles de neutralisation et celles de négociation.
France Doutriaux est ingénieure agronome ; elle a travaillé à l’étranger autour du développement agricole puis en France jusqu’à se convaincre que le premier frein au bon développement des hommes et des entreprises était un manque crucial de compétences relationnelles et humaines. Enseignante certifiée en PNL, elle a créé il y a plus de 20 ans Communication Active, centre normand agréé NLPNL. Coach certifiée et thérapeute, elle a publié « Apaiser les souvenirs douloureux » (Interéditions).

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