Publié le 2 septembre 2026
Les trésors cachés des sous-modalités : la table de mixage mentale de la PNL
Et si nous étions tous équipés d’une table de mixage mentale ? France Doutriaux explore les sous-modalités en PNL — ces paramètres fins de nos représentations internes (couleur, distance, volume, texture…) — à travers cinq exemples très concrets : passer du stress à la sérénité, séparer un souhait d’un objectif, sortir d’un sentiment d’infériorité, apaiser une angoisse ou neutraliser un ancrage gênant. Un article publié dans la revue Métaphore n° 110, septembre 2023.
N’avez-vous jamais eu envie de jouer avec tous les curseurs d’une table de mixage comme on en voit dans une salle de spectacles : éclaircir, assombrir, faire siffler le son ou accélérer le rythme, envoyer de la fumée ?
Eh bien savez-vous que nous sommes experts en effets spéciaux ? Effectivement, nous sommes équipés d’une fabuleuse table de mixage, nous permettant ainsi de modifier tous les paramètres des films que nous nous projetons en permanence dans notre tête, lorsque nous imaginons notre journée de demain ou pensons à celle d’hier. Ces paramètres sont nommés sous-modalités en PNL.
Quand j’imagine avec joie que je vais retrouver une amie chère, la représentation que je vois est lumineuse, précise, en couleur, en mouvement et j’entends les éclats de rire. Quand je pense à la difficulté que j’aurai à présenter un projet, l’image est plus sombre, et je n’entends pas ma voix !
Ces sous-modalités existent dans chacun de nos canaux sensoriels : visuel, auditif, kinesthésique, olfactif et gustatif. Or elles sont modifiables à volonté et deviennent autant de leviers d’action pour amplifier notre motivation, mieux vivre une situation, atténuer l’impact d’un souvenir survenant au mauvais moment.
Les sous-modalités
- Associée/dissociée
- Localisation de l’image
- Distance par rapport au sujet
- Taille de l’image
- Plane ou à 3 dimensions
- Centrée ou panoramique
- Colorée ou noir & blanc
- Luminosité
- Présence de mouvement
- Précise ou floue
- En tout ou en partie
- Respect des proportions ou pas
- Localisation du son et son éventuel déplacement
- Tonalité
- Volume
- Cadence (interruptions/groupements
- Tempo : vitesse/régularité
- Conformité ou pas au son original
- Température
- Pression
- Extension
- Texture
- Vibrations
- Mouvements
- Durée
- Picotements et autres
Passer du stress vers la sérénité
Quand nous stressons, immanquablement, nous focalisons sur l’objet du stress : nous ne voyons plus que le mail incriminé, nous n’entendons plus que le chien du voisin, nous focalisons sur l’endroit de notre douleur, sur la mauvaise odeur ou sur ce goût qui nous reste en bouche. À l’inverse, dans la sérénité, nous avons une perception panoramique quel que soit le canal, nous captons l’ensemble des informations disponibles et celles-ci sont présentes dans nos films internes.
Dès que nous prenons conscience d’un stress, nous pouvons alors volontairement élargir notre vision à tout ce qui est autour de cet écran d’ordinateur, réintroduire les autres éléments sonores, les autres sensations du corps et ainsi de suite ; cela va diminuer notre état de stress.
Cette prise de recul nous aidera à reprendre une meilleure respiration, et facilitera la prise en compte opérationnelle de l’objet du stress, ou encore de le différer à un moment plus opportun.
Nous pouvons même faire comme si nous fermions le bouton de la radio face à un son qui nous importune.
Au contraire, nous pouvons aussi décider de nous focaliser sur ce paysage splendide, cette musique grandiose, cette douce sensation de bien-être, cette odeur subtile, ce goût exquis.
Bien séparer l’image d’un souhait de celle d’un objectif
Il est légitime de souhaiter réussir un entretien d’embauche, gagner la confiance de son équipe ou que sa famille soit heureuse. La PNL nous apprend que, pour nous donner plus de chance de réaliser de tels souhaits, il est important de discerner ce qui dépend de nous, et donc quels objectifs nous pouvons mettre en œuvre. Or, ces souhaits ont fait naître en nous des représentations. Qu’en faire ??? Nous y tenons puisqu’elles correspondent à nos aspirations profondes !
L’utilisation des sous modalités va nous permettre de les conserver, tout en plaçant à sa juste place l’objectif associé. Une fois bien conscientisées, d’un côté l’image de ce souhait (par exemple, j’obtiens ce poste), de l’autre celle de chacun des objectifs identifiés (par exemple, exprimer clairement ma motivation), déplacer l’image du souhait qui spontanément s’était placée bien dans l’axe devant nous et lui donner un nouvel emplacement (vers la droite, la gauche, plus ou moins en hauteur, en profondeur) pour ensuite, installer au centre, l’image de l’objectif.
Ainsi c’est notre objectif qui nous donne la direction et nous guide.
Nous sommes comblés quand il arrive que le souhait lui-même se réalise pleinement, mais moins frustrés car conscients de cette limite essentielle face à ce qui ne dépend pas de nous.
Sortir d’un sentiment d’infériorité
Oh qu’il est désagréable de se sentir en infériorité et comme c’est invalidant ! Or c’est là que nous créons des effets spéciaux. Si vous prenez le temps de vérifier par vous-même, inconsciemment, nous agrandissons l’autre personne et nous nous réduisons en taille.
C’est notre ressenti qui a modifié notre image, mais l’image en ricochet maintient et amplifie l’impact de cette émotion. Si nous remettons les deux silhouettes à leur juste taille, le sentiment d’infériorité peut diminuer.
Si ce sentiment est en lien avec une forte croyance limitante, vous n’arriverez pas à modifier l’image mais dans d’autres cas, cela peut être très aidant.
Changer de salle de cinéma pour éviter de focaliser sur une angoisse
Nous traversons parfois des moments où nous appréhendons le résultat d’un concours ou un diagnostic. Dans cette phase d’incertitude, nous sommes enclins à élaborer des scenarii catastrophes alors que le pire n’est pas certain.
Mais les imaginer, c’est comme si nous les vivions déjà, c’est douloureux et notre moral est impacté. Prendre le temps de conscientiser ce film d’horreur, en construire un autre raisonnablement optimiste et réaliste, et dès que le film catastrophe revient, s’imaginer dans un multiplex où vous vous seriez trompé de salle, vite en changer et reprendre le film réaliste.
Mes clients mettent assez facilement en place cette métaphore et vivent plus sereinement cette phase d’attente.
Arrêter de superposer sur M. ou Mme X le portrait d’un autre
Vous avez pu vous entendre dire : « quand je vois Hubert, c’est automatique, je vois mon ancien chef Patrick et mon sang bouillonne ! ». Il s’agit donc d’un ancrage pour lequel la PNL nous offre des techniques de neutralisation.
Pour autant, si on écoute mot à mot cette phrase, elle dit bien que nous superposons alors dans notre image interne le portrait de Patrick sur celui d’Hubert !
Là encore, si nous décollons le portrait de Patrick et lui donnons temporairement une place plus à droite ou à gauche, vers le bas ou le haut et prenons le temps de bien visualiser chacun comme étant deux personnes bien distinctes, nous pourrons plus facilement réagir en fonction de l’instant présent et de notre réel interlocuteur. Il y a des chances que ce soit plus adapté !
Voilà quelques-uns des trésors cachés des sous-modalités, il y en a encore bien d’autres, vous les découvrirez au fil de vos pratiques. Je ne doute pas que vous allez devenir des cinéastes hors pair, inventifs et créatifs, pour votre plus grand bonheur !
Le lien avec la PNL
Les sous-modalités sont un outil central de la PNL : elles décrivent la structure fine de nos représentations internes — au-delà du simple canal sensoriel (visuel, auditif, kinesthésique) — et permettent d’agir directement sur l’impact émotionnel d’une image mentale sans en changer le contenu. France Doutriaux illustre ici comment la manipulation de paramètres aussi simples que la distance, la taille ou la localisation d’une représentation peut transformer un état de stress, une angoisse anticipatoire ou un ancrage émotionnel gênant.
France Doutriaux est ingénieure agronome ; elle a travaillé à l’étranger autour du développement agricole puis en France jusqu’à se convaincre que le premier frein au bon développement des hommes et des entreprises était un manque crucial de compétences relationnelles et humaines. Enseignante certifiée en PNL, elle a créé il y a plus de 20 ans Communication Active, centre normand agréé NLPNL. Coach certifiée et thérapeute, elle a publié « Apaiser les souvenirs douloureux » (Interéditions). www.communication-active-normandie.fr

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