Publié le 28 mai 2026
Les critiques sur la PNL
Il est assez étonnant de voir des réactions diamétralement opposées au sujet de la PNL : les uns l’adorent, les autres l’ont en horreur. Alain Thiry, directeur d’Interactif (Belgique) et enseignant certifié NLPNL, dresse une liste raisonnée des critiques les plus fréquentes — des plus infondées aux plus légitimes — et appelle à une pratique plus rigoureuse et éthique. Un article publié dans la revue Métaphore n° 77, juin 2015, d’après Nadia Ben Abdelkader.
Il est assez étonnant de voir des réactions diamétralement opposées au sujet de la PNL. Les uns l’adorent, les autres l’ont en horreur. Il est intéressant de faire une liste des critiques les plus fréquentes. Il semble inquiétant de remarquer que des critiques insensées ont la fâcheuse conséquence d’occulter les critiques totalement fondées. Sur la PNL, tout a été dit, ainsi que son contraire.
La PNL serait-elle une secte ?
Certains l’ont prétendu. Surprenant, pour une technique de psychologie appliquée qui vise l’autonomie, la liberté de pensée, la tolérance, la qualité de relation avec ses proches, le dépassement de soi… cela semble plutôt secticide. Et comment le fait de s’intéresser à l’enseignement de l’accord du participe passé serait sectaire ou encore la résolution d’une phobie ?
La PNL serait-elle manipulatrice ?
C’est seulement une technique. Les méchants n’ont pas attendu la PNL pour nuire à leurs voisins. Les gentils peuvent par contre apprendre à ne plus se laisser faire. Cela dépend donc plus de la morale de la personne qui l’utilise ou, à la rigueur, de la paranoïa de la personne qui la découvre.
La PNL serait-elle une pseudo-science ?
Les PNListes compétents n’ont jamais dit que la PNL était scientifique et d’ailleurs depuis quand la psychologie appliquée (Freud, Rogers…) serait-elle scientifique ? Pourquoi dès lors qualifier la PNL de pseudo-science. Les détracteurs de la PNL ont plusieurs arguments pour la qualifier ainsi. D’abord, le nom de « Programmation Neuro-Linguistique » qui ferait croire à certains que c’est une science, alors que c’est simplement un choix historique et peut-être malheureux d’une étiquette qu’un jeune étudiant a dû trouver pour la technique qu’il venait à peine d’inventer. Un autre argument est le manque de base scientifique, alors que d’un côté, la modélisation PNL est à ce jour la plus méthodique et la plus précise qui soit pour l’exploration du vécu subjectif. De plus, plusieurs recherches scientifiques (même s’il n’y en a pas encore assez) ont déjà corroboré un certain nombre de modèles de PNL. Une troisième critique sur ce point vient de l’usage immodéré par certains PNListes de citer et de dénaturer des modèles de sciences cognitives pour justifier les modèles PNL. Là, effectivement c’est inadéquat. Cette confusion conceptuelle, due probablement à d’un manque de formation de ceux-ci entache leur crédibilité, mais ne devrait pas être généralisée à toute la PNL.
Ces critiques, un peu tirées par les cheveux, fonctionnent comme des rumeurs. On a beau y répondre logiquement, elles sont constamment propagées. Malheureusement, elles occultent les vraies critiques : celles sur le niveau de formation de ceux qui se disent PNListes et celles sur les dérives du marketing et de l’éthique.
À partir de quoi est-on PNListe ?
Il est surprenant d’observer les gens prétendre connaître la PNL parce qu’ils ont simplement lu un livre à son sujet ou suivi un séminaire d’introduction. Certains ont suivi une formation de 21 jours sur une année et croient qu’ils peuvent en parler, voire en donner des formations. Très peu d’entre eux pourtant ont atteint le niveau d’« enseignant certifié en PNL ». C’est pourquoi NLPNL (Fédération francophone des associations de certifiés en PNL) a défini des critères de certification et n’a donné un agrément pour leur formation qu’à une trentaine de centres dont 2 en Belgique et un seul pour le domaine de l’apprentissage. Il y a une différence de compétence entre une personne qui a lu un livre, une autre qui pratique la PNL dans son métier, une troisième qui fait de la recherche/modélisation et développe de nouveaux outils, et une quatrième qui est enseignant certifié. Juger la PNL sur base des dires de n’importe qui n’amènera que discrédit. Par contre, les PNListes doivent chercher à atteindre un niveau suffisant pour l’usage qu’ils en ont, ce qui n’est pas toujours le cas.
Dérives du marketing
Comme l’enseignement de la PNL ne se fait en grande partie que dans des centres privés, le système économique entraîne une lutte entre les centres pour des parts de marché. Bien sûr, la publicité est nécessaire pour se faire connaître, mais de temps à autre, on peut trouver des plaquettes de présentation ou des sites internet qui forcent le sourire : des superlatifs côtoient un jargon non spécifique, des citations erronées, des explications confuses, des promesses tonitruantes. Un peu comme des marchands de tapis. Ce n’est pas très crédible. Heureusement les centres un peu sérieux ne tombent pas dans ce travers.
Dérives par rapport à l’éthique
Si la PNL offre à chacun d’acquérir les compétences qu’il souhaite, certains réalisent qu’ils pourraient changer de métier, comme par exemple, une secrétaire qui veut devenir psychothérapeute ou « coach », ou encore un psychologue qui commence une activité de coach en entreprise. Chacun de ces métiers possède des prérequis, des connaissances que tous devraient connaître dans cette pratique. Par exemple, les psychologues connaissent le transfert, la supervision, le secret professionnel… mais on peut voir une ancienne secrétaire accompagner des personnes en difficulté puisqu’elle a appris des techniques de changement psychologique, mais transgresser allègrement des « basiques » de la profession. Pour le psychologue en entreprise, ce n’est pas toujours mieux. Là aussi, il y a des notions fondamentales. Tenir un même discours dans différentes organisations sans tenir compte des différences de configurations (cf. Mintzberg) sera toxique à certains moments. Suite à l’acquisition de nouvelles compétences grâce à la PNL, les gens peuvent décider de changer de métier, mais seulement s’ils ont pris le temps de se former sur les notions de base essentielles liées à ce métier.
Ce que cet article apporte à la pratique PNL
En distinguant les critiques infondées (secte, manipulation, pseudo-science) des critiques légitimes (niveau de formation insuffisant, dérives marketing, manquements éthiques), Alain Thiry rend un double service : il désamorce les attaques irrationnelles tout en invitant la communauté PNL à une exigence accrue. C’est précisément cette rigueur — portée notamment par la Fédération NLPNL et ses critères de certification — qui peut permettre à la PNL de gagner la crédibilité à laquelle son utilité réelle lui donne droit.
Alain Thiry est directeur d’Interactif, centre de formation agréé NLPNL basé à Gembloux (Belgique). Enseignant certifié en PNL, il est l’un des formateurs francophones les plus engagés dans la promotion d’une pratique rigoureuse et éthique de la PNL. www.interactif.be

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