Publié le 11 septembre 2026
La protection dans nos accompagnements en PNL : premier pilier du PARC
Dans le cadre de l’activité du Collège de la PNL thérapeutique, Angélique Gimenez ouvre une série d’articles sur le PARC — Présence et Protection, Attention, Reconnaissance et Curiosité — qui sera la devise du collège en 2026. Premier volet : la protection, socle de la sécurité intérieure sans laquelle aucun accompagnement ne peut vraiment s’installer. Un article publié dans la revue Métaphore n° 120, mars 2026.
Dans le cadre de l’activité du Collège de la PNL thérapeutique, je vous propose une série d’articles sur le PARC qui sera notre devise en 2026 : Présence et Protection, Attention, Reconnaissance et Curiosité. Ce sont des valeurs et avant tout des qualités/compétences nécessaires à notre profession.
Dans cet article, commençons par protection – que nous pouvons relier à la notion de sécurité.
Nous parlons régulièrement de la sécurité, et notamment de la sécurité intérieure en thérapie. Nous cherchons à aider le sujet (patient) à développer cette fameuse sécurité intérieure, pour qu’il puisse se sentir bien en lui-même, avec lui-même et avoir un sentiment de plénitude, bien relié tête et corps (autrement dit, bien associé à lui).
Mais de quoi parlons-nous au juste ? Pour certaines personnes, la sécurité est un mot qu’ils comprennent intellectuellement mais sans la ressentir réellement. D’ailleurs, ils ne saisissent pas vraiment ce que nous voulons dire et à quoi cela peut ressembler. Pour pouvoir ressentir la sécurité intérieure, encore faut-il l’avoir vécue ? Les humains ne naissent pas avec. C’est une sensation qui se développe en nous quand nous avons la chance de baigner dans un environnement sécure, sécurisé par des gens qui prennent soin de nous, et sécurisants eux-mêmes parce qu’ils agissent avec une attitude qui illustre, « transpire » la sécurité intérieure. Il faut donc avoir une ambiance sécurisante, protectrice et chaleureuse, et des garants de ce climat qui eux aussi sont des « diffuseurs » de cet état d’être sécure.
En vivant cette sensation d’être protégé de façon répétée, on développe le sentiment de sécurité intérieure.
Alors, c’est comment la sécurité intérieure ? Quelles sont les sensations associées ?
Du calme avec la perception de ne pas avoir de stress, de bien-être sans douleur ni perturbations sensorielles particulières. Tout baigne ! Les besoins physiologiques sont assouvis et les premiers besoins de relations, dans un environnement sécure, le sont aussi !
La sécurité interne ne va pas sans la sécurité externe/extérieure
Certaines personnes ont grandi dans des environnements insécurisants et ne la ressentent pas. Ils n’ont pas eu la chance d’avoir des proches qui les protègent, sécurisent leur environnement, répondent à leurs besoins physiologiques de base, ni que ces proches soient eux-mêmes sécures, et donc réellement sécurisants (car cohérents entre ce qui est dit et fait pour l’autre et soi-même). Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des proches qui transpirent la « sécurité », le sentiment acquis de sécurité intérieure et la capacité à la dispenser/diffuser vers l’extérieur. La sécurité commence donc par cela : la protection de soi par d’autres personnes qui savent elles-mêmes se protéger et prendre soin d’elles pour ressentir ce fameux « tout baigne », et « je suis disponible et disposé pour le partage ».
La sécurité interne ne va pas sans la protection externe/extérieur puis l’apprentissage de l’autoprotection. Au fond, la sensation puis le sentiment de sécurité s’acquièrent par la protection. Souvent la sécurité est citée ; souvent on parle d’attachement de type sécure ; et on omet de revenir à ce qui permet de créer cette sensation d’être en sécurité : c’est la protection. Certains pourraient même avoir l’illusion d’être en sécurité alors qu’ils ne se protègent pas et ne préservent pas leur bonne santé ; alcool, drogues peuvent donner l’illusion, à la fois ressentie et pensée, de sécurité et de bien-être !
La vraie sécurité passe par la capacité d’autoprotection et une réelle aptitude à prendre soin de son corps, de sa santé, de ses besoins
Avant de pouvoir en parler, il s’agit de regarder comment la personne vit la protection : Comment protège-t-elle les autres ? se protège-t-elle ? Comment le fait-elle ? Comment a-t-elle appris ? Qui lui a appris ?
Quand on travaille dans la sécurité, on apprend à poser un périmètre de protection, à prendre des mesures de précaution, de prévention et de protection immédiate/rapprochée. On saisit ainsi que la protection a plusieurs dimensions.
Se sentir en sécurité, c’est l’inverse de se sentir insécurisé donc :
– soit anxieux même s’il n’y a pas de danger avéré (insécurité psychique et relationnelle, défaut d’attachement de type sécurisant) ;
– soit en danger car il y a effectivement des risques et des défauts de mesures de protection, prévention et précaution.
La pleine sécurité inclut à la fois les réelles mesures de protection et le sentiment de pouvoir se protéger y compris en trouvant l’aide d’autres humains (attachement sécure).
Je mets ci-dessous un extrait du livre « L’attachement » de Daniel Siegel et Tina Payne, tous deux thérapeutes spécialistes de l’attachement et à l’origine de l’acronyme PARC (Protection, Attention, Réconfort et Confiance). Ils y expliquent qu’avec le PARC, nous avons les essentiels pour accompagner un enfant à grandir en ayant confiance en lui et en les autres.
La protection dans nos accompagnements en PNL
Quand nous accompagnons nos patients, nous devons leur apporter le sentiment qu’ils seront en sécurité dans notre cabinet et dans la relation avec nous. Il s’agit donc en amont de saisir avec eux ce qu’est la sécurité et, encore plus en amont, ce qu’est pour eux la protection. Comment vont-ils pouvoir se sentir suffisamment en confiance, ou plutôt suffisamment protégés par nous, par les modalités relationnelles proposées, et se protéger eux-mêmes alors même que se livrer de façon intime peut faire peur. On peut avoir peur de l’autre, de se montrer, de se découvrir et se mettre à nu ; cela ne ressemble pas à se sentir protégé, ni se protéger. C’est un peu paradoxal même ! Pouvons-nous envisager de faire en sorte qu’ils ne se protègent pas de nous. Autrement dit, faire en sorte qu’ils n’activent pas de défenses envers nous, ou envers eux-mêmes en interrompant le processus de soin par exemple ? Il faut donc travailler la notion de protection avant même celle de sécurité, notamment avec les personnes qui ne se sentent pas en sécurité et ont peur des relations.
Comme l’explique Daniel Siegel et Tina Payne ci-avant, la protection vient des parents et dans nos cabinets, nous sommes la figure d’autorité et d’attachement. Nous devons aider à installer, restaurer, créer (tout dépend des patients), la protection sur tous les plans.
La première protection sera physique et relationnelle, et c’est dans le travail thérapeutique que va se reconstruire ou se construire la sécurité psychique, et le sentiment de sécurité fondé sur l’expérience faite avec le praticien notamment. « Ce praticien auquel je me confie, corps et âme (si je peux dire), sait prendre soin de moi, me protéger en respectant mes besoins, en m’aidant à penser sur mes expériences, et en protégeant la relation par sa capacité à veiller sur le processus relationnel. »
Comme les parents, il est imparfait et peut faire des erreurs, et peut même faire peur parfois ! Et comme eux, s’il le reconnaît et sait réparer ses maladresses, les mots qui blessent, apaiser les « défenses qui s’activent » en les regardant comme des occasions d’aller apporter du réconfort et protéger les parts malmenées du patient, alors il aide à construire le sentiment de protection, de sécurité et de confiance en soi et l’autre. Au-delà des maladresses, le patient perçoit l’amour que le praticien a, à prendre soin des autres, et de lui, car il y est attaché. Sa qualité d’engagement et sa capacité à prendre soin avec plaisir, c’est cela la forme « d’amour » du praticien pour ses patients et son métier. Il aime protéger l’autre, la relation et participer à la transmission du sentiment de sécurité chez le patient auquel il apprend l’autoprotection et la préservation de la relation avec les autres. Le sentiment de sécurité chez l’humain est fait de cette double dimension de la protection, avec l’autre et envers soi-même.
Travailler sécurité et protection, ensemble
Alors, rappelons-nous de travailler sécurité et protection ensemble. La sécurité intérieure et relationnelle ne fait pas sens sans une étape primordiale par la PROTECTION, protection rapprochée, partagée puis transmise au patient.
La protection ne consiste pas à poser un cadre et des frontières, elle commence par une sorte de mouvement du praticien vers le patient, une forme de perméabilité s’installera alors chez celui-ci, facilitant l’accès à son « for intérieur » puis, on travaillera à ajuster les frontières de part et d’autre. Le praticien veille au cadre relationnel pour aller vers des frontières qui garantissent que le « nous », le « je » et le « tu » existent. Le patient, par modélisation, apprendra la protection en posant frontières et limites de façon adaptée aux situations et à ses futures relations.
La sécurité ne peut pas passer par les seules limites et frontières ; elle s’apprend d’abord via une certaine porosité/perméabilité et ensuite, chacun ajustera son positionnement, prendra sa place. Le praticien est le garant de ce processus, le protecteur dans ce « laboratoire d’expériences » qu’est son cabinet ! Lui-même maintient sa protection avec l’aide d’un superviseur possiblement, on dessine des périmètres de protection successifs au profit du patient avant tout, et du praticien aussi. On participe tous alors à un équilibre qui protège l’écosystème thérapeutique !
Le lien avec la PNL
Angélique Gimenez ancre la protection dans les fondamentaux de la relation thérapeutique en PNL : l’association tête-corps, la modélisation (le patient apprend la protection en observant celle que le praticien pratique et incarne), et l’attention portée à l’écologie du système relationnel — celui du patient comme celui du praticien, soutenu par la supervision. La protection devient ainsi la première brique du PARC, condition pour que tout accompagnement en PNL thérapeutique puisse véritablement s’installer.
Angélique Gimenez est psychopraticienne certifiée en PNL humaniste et psychothérapeute au sens européen (titulaire du CEP – Certificat Européen de Psychothérapie), psychotraumatologue et éthologue. Enseignante certifiée en PNL et en psychotraumatologie, membre du collège des enseignants de NLPNL, elle préside le Collège de la PNL thérapeutique de la Fédération. Spécialisée notamment dans les troubles des conduites alimentaires, elle est autrice de « Faire face aux TCA » (Retz, 2016) et « Réparer la relation pour sortir des TCA » (DBS, 2026). Elle exerce au sein du Cabinet ANVISAGE (Var).

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