Publié le 7 septembre 2026
La PNL de 4e génération : développer l’intelligence essentielle et spirituelle
Après les trois premières générations de la PNL — l’efficacité thérapeutique, la performance, puis l’approche systémique au service des parties prenantes —, Michaël Ameye interroge une quatrième génération : celle qui inviterait chacun à dépasser son ego pour développer une intelligence essentielle, au service du collectif. Un article publié dans la revue Métaphore n° 111, décembre 2023.
La PNL de 4e génération : une nécessaire évolution
Si la première génération de la PNL a permis de développer des outils extrêmement efficaces dans la relation d’aide, thérapeutique ou non, si la deuxième a mis ces outils au service de la performance et du profit, la troisième génération a tenté de corriger les excès de la deuxième en développant une approche plus systémique et porteuse d’une vision et de sens dans le respect de toutes les parties prenantes.
Quid de la quatrième génération alors ? Comment pouvons-nous encore faire évoluer notre discipline pour répondre aux besoins de la société humaine ?
Dans un monde où, majoritairement, la priorité reste l’avoir et le paraître au détriment de l’être, le mal-être se répand de manière inquiétante et le bien-être, bien que sujet d’actualité, est malheureusement souvent traité de manière mercantile. Notre société sort de siècles de mainmise des pouvoirs sur les individus. Depuis quelques décennies, des vagues d’expressions des individualités se manifestent avec graduellement plus de force.
Mais, la recherche à outrance de l’expression individuelle et de l’assouvissement de ses besoins et de ses sens, la recherche de plaisir sont également et paradoxalement sources de détresse, d’anxiété et de conflits. La liberté des uns se termine où celle des autres commence. Aux frontières, les choses se compliquent.
Le monde a besoin d’atteindre une masse critique de personnes qui changent de paradigme… en profondeur. Qu’est-ce à dire ?
En d’autres mots, nous avons besoin d’intégrer notre individualité dans une conscience collective afin de marier notre développement individuel avec le développement de notre collectivité. Mes actes et mes consommations ont un impact sur les autres, sur le monde. Mes choix individuels, combinés à d’autres, forment des tendances qui influencent les « marchés ». Si tout le monde achète « bio » les magasins « grand public » proposeront des produits « bio ». Si tout le monde veut « maigrir », les propositions de solutions « faciles et efficaces » pulluleront.
Mais pourquoi manger « bio » ? Quel est le sens de ce choix ? Est-ce pour préserver sa santé personnelle et celle de ses proches ? Ou est-ce un choix de « circuit court » qui soutient les producteurs locaux, augmentant leur niveau de vie et leur capacité à survivre dans un monde où l’agriculture devient une industrie et où les producteurs respectueux de la nature ont des difficultés à trouver des terres et à en vivre ?
Pourquoi vouloir « maigrir » ? Pour atteindre un niveau de poids idéal qui permet de respecter l’équilibre de ses organes et de sa physiologie ou pour répondre à des standards extérieurs du moment ? La promotion du style « mannequin anorexique » a été bien souvent dénoncée et pourtant, cela reste ancré dans nos automatismes collectifs. Cela provoque une qualité de vie détruite pour beaucoup d’adolescents.
Notre société est malade collectivement, elle a tous les symptômes du cancer. Le cancer, ce sont des cellules de notre corps qui ne reconnaissent plus que leurs voisines sont les « mêmes » et qui se multiplient pour survivre. C’est notre système immunitaire qui se retourne contre nous. À l’échelle de la société, ce sont les ados qui vivent des crises identitaires et existentielles inimaginables et que nous n’abordons pas collectivement. C’est la pauvreté qui augmente, la précarité qui monte en flèche, sans que des mesures ne soient prises à l’échelle de la Société. Bien sûr, des collectifs se mobilisent et font l’œuvre que tout un chacun devrait prendre en charge. Certains d’entre nous se dédouanent en soutenant financièrement ces collectifs, et c’est louable. Mais, en quoi est-ce que cela change nos mentalités, que faisons-nous au quotidien pour interpeller le grand collectif sur ces questions de sociétés ?
Par ces exemples, je veux mettre en évidence le changement de paradigme entre un monde où l’on part de son propre point de vue et l’on « survit » au mieux dans ce monde bousculé et bousculant et un monde où chacun prend part au collectif en pleine conscience de l’impact de chacun de ses actes sur le collectif. Combien sommes-nous racistes, ségrégationnistes, protectionnistes, pollueurs agressifs,… et dans quelle mesure alimentons-nous ces états d’être collectifs ?
La culture, les normes sociétales sont des égrégores, champs collectifs inconscients, qui influencent chaque individu et qui sont alimentés par les formes-pensées de chaque individu dans leurs interactions avec les autres. Comment pouvons-nous être plus conscients et plus actifs dans le choix d’égrégores que nous alimentons ? Comment alimenter le champ collectif de la solidarité, de l’entraide, de la transcendance des différences de peuplades…?
Et que peut apporter la PNL dans ce cadre ?
L’approche et les stratégies de 3e génération qui abordent le monde de manière plus systémique et au service des parties prenantes étaient clairement un passage obligé pour développer ce nouvel état d’esprit collectif.
L’étape suivante consiste à changer de perspective et partir du collectif d’une part et de nos aspirations profondes d’autre part en nous libérant de nos identifications aux choses et aux idées. Dans cet état d’esprit, nous pouvons apporter notre contribution unique dans une perspective écologique, pour le collectif… Tout un programme !
Intelligence essentielle : de l’Ego à l’Essence
Qui parle d’identification parle d’égo ou d’identité construite. Cette identité construite se forme au travers des contacts avec les autres. Au départ, l’enfant la construit dans la survie, ce qui est nécessaire de montrer au monde pour assurer sa sécurité, dans un lien de dépendance. À l’adolescence, on tente maladroitement de se construire sa propre image, mais celle-ci se forme souvent en miroir déformant ou en relation contradictoire avec l’environnement : la contre dépendance. La phase suivante est pour moi un compromis, on se construit une image qui nous plaît et qui plaît aux personnes que nous trouvons importantes, et on a l’impression de maîtriser son destin : l’indépendance.
La dernière étape du développement de l’identité est l’interdépendance. Et, pour ma part, c’est encore un développement balbutiant pour la plupart d’entre nous.
La densité de nos activités et de nos sources de distractions nous éloigne de nous-mêmes.
Au-delà de l’égo, notre individualité existe à travers le soi ou l’essence. Difficile à appréhender, décrire, cette sensation de « qui nous sommes » est également difficilement distinguable de la construction mentale qu’est l’égo.
Jung nomme dans ces travaux « l’individuation », ce processus qui consiste à se libérer graduellement de l’emprise de ses représentations identitaires (structure égotique) pour se relier et s’aligner sur son essence. Il y voit le travail d’une vie…
Et si la PNL permettait de s’approprier plus ce processus ? On ne peut pas faire l’impasse de l’expérience de vie. Et en même temps, notre individuation repose sur nos relations aux autres. Or, la PNL est une discipline qui permet de mieux appréhender et de rendre plus riche les relations à soi et aux autres.
Il y a certainement des personnes à modéliser qui sont excellentes dans leur processus d’individuation. Comment font-elles ? Quelles différences font la différence ? Que pouvons-nous en apprendre ?
Voici quelques pistes :
États ressources et qualités essentielles
Une des clés de notre développement « spirituel » est la réappropriation de notre corps comme voie de développement de notre relation à notre soi. En effet, le corps est souvent relégué à un instrument et à un véhicule et c’est vrai qu’il est aussi cela.
Mais, notre corps est également le reflet de notre inconscient et de l’inconscient collectif. Nous passons environ un tiers de notre temps à dormir et à rêver. Les rêves sont des mécanismes régulateurs significatifs qui permettent de pacifier, en partie à tout le moins, les tensions que nous avons vécues durant la journée. Ces tensions internes, nous ne les conscientisons pas toujours. Elles sont parfois subtiles parce qu’elles proviennent du plus profond de nous-mêmes. Nous avons une part de nous-même toujours vigilante, toujours présente, qui se manifeste comme une bulle d’air qui remonte à la surface d’une mare profonde. Qu’est-ce qui l’a provoqué ? Nous sommes souvent trop accaparés par notre réalité opérationnelle pour nous préoccuper d’une pensée de passage, d’une association momentanée d’idées, d’une crispation musculaire, d’un moment de mélancolie non liée à des évènements de l’instant…
STOP !
Nous avons besoin de faire des pauses du monde extérieur. De revenir à nous-mêmes ne serait-ce que quelques minutes par jour.
Et pendant ces minutes, nous pouvons utiliser notre conscience pour nous observer, utiliser notre kinesthésique interne, notre proprioception.
En effet, comme déclaré précédemment, notre corps est une porte d’entrée pour aller à la rencontre de notre inconscient, de notre sagesse intérieure, de notre capacité à transcender l’expérience.
En restant conscients de ce qui se passe dans le corps, et en l’accueillant avec bienveillance, nous apprenons à rentrer en contact avec des méta-états (terme de Michael Hall) qui dépassent la tension de départ.
Il existe un adage en Bouddhisme Vipassana qui est : « ce à quoi tu résistes, persistes, ce que tu regardes en profondeur se dissout ».
L’approche Diamant enseignée par A. H. Almaas est une voie intéressante et moderne qui correspond aux valeurs et aux présupposés de la PNL. Elle consiste à nous asseoir et nous poser la question en boucle : « De quoi suis-je conscient maintenant ? ».
Après quelques minutes de cette pratique régulière, nous arrivons à rentrer dans des états ressources essentiels. Le mouvement aide. Le mouvement libère. Ainsi nous pistons nos ressentis et nous leur rendons grâce en les exprimant par la posture ou le mouvement.
C’est un peu comme nager en pleine mer après avoir appris à nager en piscine. Tout est mouvement, l’espace est immense, en profondeur, il y a de la vie. On se sent porté.e par l’eau.
Il n’y a aucun but à cette pratique. Que l’engagement de passer du temps avec soi et de découvrir les incroyables richesses des courants qui nous parcourent. Ces courants sont toujours en lien avec ce que l’on peut appeler des qualités essentielles, des facettes de notre soi.
Ces facettes s’expriment à tout moment dans notre vie mais elles sont souvent reprises par notre égo et « déformées » pour se transformer en recherche de survie. Dans le soi, la survie est secondaire, l’être suffit.
Cette exploration est, il est vrai, difficile à décrire en mots. L’expérience est la meilleure guide.
Alignement, Individuation et Source
Après avoir écouté notre corps sans but, nous pouvons également avoir besoin de nous ajuster à une situation où notre égo tempête.
Nous avons reçu de Robert Dilts un outil dérivé des niveaux d’apprentissage de Grégory Bateson : les niveaux neurologiques. Et la plupart d’entre nous sommes familiers avec l’alignement des niveaux logiques.
Une fois que l’on comprend la richesse de notre for intérieur, l’utilisation des niveaux logiques devient une manière de transcender l’expérience à un autre niveau que la résolution d’une situation difficile à vivre. Dans cette autre utilisation de l’alignement, nous ne cherchons pas à résoudre la situation ou à la vivre mieux.
Nous cherchons à comprendre quelle partie de notre égo s’agite et ce qui se cache derrière comme état essentiel. Quelle partie de nous sommes-nous invités à visiter, à accueillir, à recueillir ?
Quelques fois, il me semble que passer par un état COACH et partir dans la couche du sens est une manière de nous fuir et d’utiliser notre mental pour outrepasser un état perçu comme négatif. Cet état existe pourtant et nous crie des choses. Il est vrai qu’il est aidant de nous aligner dans une situation et de retrouver des logiques qui incluent et qui permettent des comportements plus appropriés.
Et pourtant, est-ce que l’on ne va pas trop vite parfois ?
Ne dit-on pas à notre inconscient, à une part de nous-même qui est en mouvement en nous : « Tais-toi, tu m’embêtes, j’ai mieux à faire, voilà le sens de mon existence, c’est plus important que tes ‘caprices’ ! ».
Je caricature un peu, et en même temps, c’est un peu comme la désactivation d’ancre. En surface, et dans notre conscience, nous avons développé une nouvelle connexion neuronale qui nous permet de « dépasser » l’état vécu comme négatif.
Et cette force d’expression, qu’elle soit égotique ou existentielle, qui se manifeste sous la forme d’une expression émotionnelle vécue comme difficile et sans doute souvent exprimée de manière inappropriée au contexte, que devient-elle ?
Elle retourne vraisemblablement dans les limbes de notre psyché pour réapparaître sous d’autres formes.
Notre chemin d’individuation au sens de Jung nous invite à une autre approche. Une approche d’alignement vis-à-vis de la partie qui s’exprime. Une visite intérieure approfondie qui peut prendre plusieurs jours par petite dose, voire plusieurs semaines. C’est un peu comme si un.e de vos proches était hospitalisé.e et que vous preniez du temps pour aller le.la voir. Vous vous asseyez près d’elle, vous lui dédiez du temps et de l’attention. Et la relation grandit. Parfois, la personne a des comportements que vous jugez inappropriés, et en même temps elle souffre. Alors, votre bienveillance vous permet de voir au-delà du comportement.
C’est cette approche d’alignement qui vous permet de mieux vous connaître en profondeur. C’est cet alignement qui vous permet de toucher à la source qui jaillit sous toutes formes d’états vécus comme négatifs. Chacun peut y mettre un nom qui lui convient. Pour moi, notre essence est à la fois une énergie individuelle et en même temps un canal qui nous connecte aux autres essences via des mécanismes encore inconnus de la science mais qui, pour moi, chimiste, ne se trouvent pas dans la neurobiochimie de notre corps mais bien dans les phénomènes quantiques de la structure même de la matière. Mais, cela, c’est une croyance qui m’est propre. Ce n’est ni la vérité, ni une théorie. C’est une conviction qui me porte.
Les clés du génératif : conditions pour incarner une approche essentielle
L’expérience d’introspection nous amène dans des états dits génératifs. L’état génératif est un état de conscience modifié où tout est lié sans que la logique, souvent limitante, de notre mental ne soit (trop) présente. Ce sont des états où le temps, l’espace, changent de représentation. Notre relation à ces repères s’en voit modifiée pour permettre des associations d’idées ou des émergences de prise de conscience. Ce sont également ces états génératifs qui permettent à la créativité, l’amour, la beauté de s’exprimer à travers nous.
Comme dans toute discipline qu’elle soit sportive, intellectuelle ou spirituelle, il est essentiel de s’entraîner régulièrement. La répétition est ce qui permet à des mécanismes, des pratiques, de s’ancrer, de devenir un nouveau naturel et surtout de réduire la concentration et l’attention nécessaire pour la pratiquer.
L’approche introspective pour quelqu’un qui s’y intéresserait pour la première fois nécessite quelques étapes préliminaires. Étapes qui, à nouveau, seront pour la plupart en lien avec des principes et des paradigmes cultivés par la PNL.
1. Sécurité psychologie ou écologie
Il n’est pas possible de « forcer » le travail ou de le faire dans des conditions où notre système nerveux de survie est activé. Le recentrage est essentiel avant d’aborder la situation vécue difficilement sous un autre angle.
Une manière de revenir à notre pleine conscience est de pratiquer cette méthode :
- Stop – Pause : j’arrête le cours de mes pensées et je les redirige vers… rien.
- Respiration : je prends 3 ou plus grandes inspirations profondes et j’expire lentement en revenant dans mes sensations.
- Arrière : j’imagine – ou je fais réellement – un pas en arrière pour me placer en observation de moi-même.
- Par en dessous : je m’imagine prendre la situation actuelle par en dessous, comme si je venais l’étayer, la soutenir, la prendre dans mes bras.
- Bienvenue : je l’accueille avec bienveillance, avec l’idée de « cela est ». Je vis ce que j’ai à vivre et je prends le temps d’accueillir cela.
Une fois familiarisé.e avec cette pratique qui descend en droite ligne de la pratique d’Open Floor enseignée à l’origine par Andrea Juhan, vous pouvez choisir d’en faire quelque chose ou de « l’évacuer »…
2. Bienveillance, curiosité
La deuxième étape consiste à cultiver des états d’esprit propices à l’introspection. La bienveillance et la curiosité, vous en avez. Et pourtant, à quel degré, dans quelle proportion de votre journée ? Comme un coureur de marathon, si vous voulez vous placer dans des états internes propices pour partir à la découverte de vous-mêmes, il y a lieu de cultiver ces états quotidiennement et volontairement.
Notez des rendez-vous avec vous-mêmes dans votre agenda pour cultiver votre curiosité et votre état d’esprit « Je ne sais pas ». Écoutez la chanson de Jean Gabin en boucle « Je sais ». Laissez-vous surprendre à apprendre quelque chose que vous ne saviez pas, remettez en question certaines choses que vous « savez » être vraies. Redécouvrez une expérience sensorielle, promenade, dégustation, ou autre expérience kinesthésique…
Et la bienveillance envers vous-même, tout un programme ! Et que dire de l’amour de soi. Les « pauses » fréquentes peuvent vous amener à apprécier qui vous êtes au plus profond de vous-même, malgré les expressions maladroites qui vous caractérisent à certains moments. Rechercher comment éprouver de la gratitude envers vous-mêmes et vos accomplissements. Un peu comme dans la chanson « Private Party » de India Arie.
Il y a des nombreuses manières de développer cela, chacun suivra sa propre voie.
La bienveillance envers soi, même à dose homéopathique, est une condition importante pour accéder à son intelligence existentielle ou essentielle.
3. S’entraîner à pister ses ressentis
Les moments de « pause » permettent également de prendre conscience de ce qui nous parcourt, des forces en présence, de ce qui nous pousse à agir de telle et telle manière, tels des Thésée, nous suivons notre Fil d’Ariane pour accéder à notre intériorité (à l’inverse de la légende où le héros s’en sert pour délivrer des victimes du labyrinthe du Minotaure).
La démarche consiste à suivre le fil de ses pensées et d’utiliser ses facultés de curiosité et de bienveillance pour accompagner certains ressentis et suivre leur origine. Ou simplement, on peut les laisser être et observer ce qu’il se passe lorsqu’on y place le projecteur de notre conscience bienveillante.
Parfois, nous allons rencontrer des parties jeunes de nous-mêmes et nous pouvons appliquer une approche de « changement d’histoire » ou de « ré-empreinte » mais avec délicatesse et douceur. Prendre le temps de s’asseoir quelques jours avec cette partie-là de nous-mêmes, avant d’apporter du changement et surtout après avoir pris le temps de rassurer notre partie juvénile, avant de la laisser continuer son chemin.
4. Lâcher la stratégie de l’objectif
La stratégie de l’objectif est merveilleuse pour apprendre des choses concrètes, des compétences, pour se rendre quelque part, lancer un projet personnel ou professionnel. La stratégie concerne, selon moi, le monde matériel et opérationnel, les trois premiers niveaux neurologiques.
Lorsque l’on aborde des addictions, des habitudes émotionnelles, des ressentis, des questions existentielles, cette stratégie nous maintient dans notre sphère égotique : réaliser, accomplir, faire, avancer, progresser.
Comme dirait et même chanterait Thich Nhat Hanh, « rien à accomplir, tout est là ». Le développement personnel n’est pas un objectif, ce n’est pas une réalisation à atteindre. C’est un chemin de vie. Lorsque l’on prend ce chemin, chaque pas peut se vivre comme une bénédiction ou comme une charge.
Nous avons à apprendre de ces grands maîtres qui nous ont transmis des messages de désidentifications aux choses et à nos croyances de qui nous sommes. Modélisons leurs messages !
Apprenons à vivre avec notre situation présente, en nous aimant et en appréciant le chemin parcouru. Et si, en effet, la situation actuelle nous semble intenable à long terme, voyons comment prendre un chemin alternatif en douceur et en se préservant, en tenant compte des contextes.
Et cela, sans se fixer d’objectifs si ce n’est des objectifs opérationnels. Se créer une vision de soi-même, c’est alimenter son égo. L’égo est un outil d’interface entre notre profondeur et le monde extérieur. Il est nécessaire mais ce n’est pas lui qui dirige notre vie. Enfin, la plupart du temps… – et ce n’est pas une fatalité – nous pouvons apprendre à l’apprivoiser et à le reconnaître pour ce qu’il est : une construction mentale qui tente de survivre. En le regardant avec bienveillance, on peut voir plus profond et se voir.
Perspectives d’avenir
Comprendre l’utilité de ce que nous enseigne la PNL dans une perspective plus large que nos vicissitudes quotidiennes permet au premier abord d’avoir une utilisation plus juste de nos protocoles.
Ensuite, il reste des défis à relever – c’est mon égo qui parle – des outils à inventer, des personnes à modéliser, afin de nous aider à parcourir notre chemin d’humain vers nous-mêmes.
Nous pouvons renforcer et transmettre ces protocoles qui nous aident à nous vivre autrement, avec plus de sérénité, de gratitude.
Cela ne veut pas dire que nous devons être contemplatifs. Au contraire, nous pouvons agir et prendre des décisions qui émanent de notre être profond, baigné.e.s dans la joie ou la certitude profonde de contribuer à un monde plus juste et plus équilibrer quel que soit l’endroit de la planète où l’on naît.
Et pour cela, rappelons-nous la parole de Ghandi : « si tu veux la paix dans le monde, commence par balayer devant ta porte ».
Nous ne changerons pas le monde ! Il ne s’améliorera sans doute pas dans le ou les siècles qui arrivent. Peut-être même que nous et nos enfants auront l’impression que nous allons vers le pire. Et en même temps, nous pouvons contribuer, à notre échelle, à notre dimension, pour amener des prises de conscience, des petits pas dans la bonne direction.
STOP ! Respire ! Recule ! Descend et soutiens ! Accueille avec bienveillance et observe avec curiosité où cela te mène au cœur de toi-même !
Bonne exploration !!!
Sources : Conseils d’un maître zen à ses disciples (plumvillage.org) ; The Undiscovered Self, Jung, Editions Routledge Great Minds, 2014 ; Jung, Un voyage vers Soi, Frédéric Lenoir, Editions Albin Michel, 2021 ; The Alchemy of Freedom, A. H. Almaas, Edition Shambhala, 2017 ; Destructive Emotion and how to overcome them, Daniel Goleman, Dalaï Lama, Editions Bantam Books.
Le lien avec la PNL
Michaël Ameye s’appuie sur les outils centraux de la PNL — les niveaux neurologiques de Robert Dilts et Grégory Bateson, l’état COACH, l’ancrage et sa désactivation, l’alignement des niveaux logiques — pour les mettre au service d’une démarche d’individuation inspirée de Jung. Il propose ainsi une lecture de la PNL en filiation directe des trois premières générations de la discipline (efficacité thérapeutique, performance, approche systémique), et esquisse les contours d’une quatrième génération tournée vers l’intelligence essentielle et la conscience collective.
Michaël Ameye est chimiste de formation. Maître Praticien, Formateur, Coach et Consultant en PNL, il est certifié par NLPU (Santa Cruz, Robert Dilts et Judith Delozier) et formé à l’Analyse Transactionnelle, à la Gestalt, à l’approche systémique, à l’hypnose ericksonienne et à l’approche générative. 6e Dan d’Aïkido, il intègre les bénéfices de sa pratique dans son approche des leaders et des organisations. Fondateur de la société Egregoria (2004), il s’est spécialisé dans le Leadership incarné, le développement de l’intelligence collective et l’entrepreneuriat agile. Site : www.egregoria.be

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