Le blog

Publié le 11 août 2026

Écriture neuro-linguistique (ENL) : quand l’écriture révèle et devient un outil thérapeutique

Et si la main qui tient le crayon était déjà, depuis notre premier ancrage, un instrument de programmation neuro-linguistique ? Dominique Vaudoiset, graphothérapeute et graphopédagogue, montrait comment le geste d’écrire rejoue en permanence la dissociation entre cerveau droit et cerveau gauche chère à la PNL — et comment cette « Écriture Neuro-Linguistique » (ENL) peut devenir un véritable outil thérapeutique. Une conférence donnée lors du Congrès NLPNL 2019, publiée dans le numéro spécial « La PNL au cœur de la santé » de la revue Métaphore, janvier 2019.

11-dominique-vaudoiset.png

Le premier ancrage de toute vie est la main, le petit poing serré du bébé sur un doigt d’humain : nous sommes tous passés par là. Le second ancrage est un encrage : la main tient le crayon qui dessine la première représentation, projection, dissociation, création… C’est la programmation neuro-linguistique la plus élémentaire. Elle devient ensuite alphabet, écriture, langage, dialogue intérieur, communication.

Parce qu’on dessine quand on écrit

L’écriture symbolique rencontre le principe de dissociation de la PNL entre le non-verbal (image, cerveau droit, l’Artiste) et le verbal (mot, cerveau gauche, le Programmeur), faisant émerger une sorte de méta-langage. Pour incarner l’expérience, nous transposons le schéma-symbole du corps (tête, coeur, jambes) dans les trois zones de chaque lettre (supérieure, médiane, inférieure).

Nous entrons alors dans un mouvement en 3D qu’il est facile de mimer, ce que je pratique au début d’une rencontre individuelle ou collective. Toute une aventure commence en explorant notre propre carte du monde projetée dans notre écriture-dessin-danse, depuis nos premiers pas.

Parce qu’on dessine quand on écrit, nous déformons le graphisme-calligraphique scolaire dès que l’aisance psycho-motrice est acquise, et cela jusqu’à l’illisibilité de certains mots. C’est ce qui rend notre écriture unique. Ma tante Germaine déformait ses lettres f en barres démesurées, couchées vers la droite. Son écriture était déjà identifiée, avant toute lecture, par ce trait original. Le fil graphique qui relie le mouvement des 26 lettres est alors interrompu : le lettre f explose, se raidit, se bloque, s’isole. Ce fil ombilical est comme un électro-cardiogramme qui transporte la vie des émotions.

Le dessin d’une lettre déformée révèle une programmation neuro-linguistique inconsciente et non-verbale. Exemple avec le mot pour. Si le dessin de la lettre O se déforme en lettre E, fusionnant les deux lettres, le cerveau droit-image capte le signal de la transgression graphique, tandis que le cerveau gauche traduit simultanément (injonction paradoxale) deux mots : pour et peur. Jolie création de la réalité qui met en scène une transgression graphique et sémantique.

Améliorer sa santé mentale

  • On peut ouvrir une parole thérapeutique en fixant un objectif avec des outils PNL, sans entrer en psychologie analytique.
  • On peut provoquer le lapsus scripturae – le jeu de mots – en auto-hypnose (prescrire le symptôme en thérapie brève), en écrivant le mot pour à répétition, jusqu’à ce qu’il « mute » de lui-même en un autre mot (peur) et ainsi de suite. Il s’agit d’expérimenter une Déprogrammation Neuro-Linguistique insérée entre deux nouvelles Programmations, soit une séquence PNL/DNL/PNL/DNL/PNL/DNL, équivalente au processus dissociation/association.
  • On peut « ré-éduquer » le mot en prenant le temps de l’écrire correctement avec des techniques de respiration dans le fil graphique lui-même pour nourrir l’intelligence émotionnelle : adaptation du Yoga et du Tai chi. C’est intéressant pour calmer le stress en début de séance, autant celui du praticien que celui du client. Avec les enfants (particulièrement les dyslexiques), ces exercices sont pratiqués selon le squiggle de Winnicott.
  • On peut dessiner les lettres de l’alphabet dans l’espace, simultanément avec la main droite et la main gauche et en miroir (latéralisation des hémisphères cérébraux), comme on ré-initialise un ordinateur ou en jouant au chef d’orchestre sur une musique-zen.
  • On peut travailler avec la lettre O, symbole de la cellule et du cercle (le territoire intime), en y associant les techniques de PNL utilisant le cercle des ressources.
  • On peut utiliser le dessin de certains mots en cercle-mandala selon l’approche de Jung, en direct avec le cerveau-artiste, avec transcription en pratique narrative. Etc.

Pour employer les termes Ecriture Neuro-Linguistique ©, je me suis basée sur cette indication de Bandler et Grinder :

« Être capable d’utiliser son esprit signifie être capable d’organiser et d’utiliser ce que l’on possède déjà. Quand un feu se consume, il suffit de redisposer les bûches pour qu’il s’enflamme à nouveau. Le plus souvent, la personne possède déjà les informations ; seulement elle ne les a pas exploitées d’une manière qui en permette la compréhension. Il ne manque rien, mais ce que vous possédez est mal organisé. Vous en savez beaucoup plus que vous ne le pensez.

Faire défiler une expérience à l’endroit et à l’envers ne sont que deux des multiples manières dont vous pouvez rendre une expérience séquentielle. Si vous divisez un film en 4 parties seulement, il y a 22 autres séquences à expérimenter. Si vous le divisez plus, le nombre de séquences est encore plus grand… Chaque séquence va livrer un nouveau sens, tout comme des séquences différentes de lettres créent des mots différents, et des séquences différentes de mots créent des significations différentes. Un grand nombre de techniques de la PNL ne sont que des manières de changer la séquence des expériences. » (Recadrage. 1982)

PNListe et/ou PNLien.ne

A la fin de mes études, je me suis demandée : quelle est la différence entre PNListe et PNLien ? J’en suis venue à la conclusion que le PNListe est plus orienté cerveau gauche (verbal, analytique, rationnel, temporel, digital, logique, linéaire), tandis que le PNLien est plus orienté cerveau droit (non verbal, synthétique, analogique, intemporel, irrationnel, spatial, intuitif, hors-cadre). Comme je suis plutôt cerveau droit, j’ai tout de suite repéré le recadrage en 6 étapes.

C’est la seule technique qui fait appel à une partie créatrice, venue de nulle part, mais clairement identifiée et tenue comme arbitre, inspiratrice et opératrice du changement. On peut l’appeler le 6ème sens dont chacun est pourvu. Il connecte ainsi le 6ème niveau logique, celui qui nous dépasse : Robert Dilts emploie le mot spirituel.

Pour faciliter certaines techniques de PNL avec l’écriture, il est plus pratique de modéliser un 7ème niveau logique hors-dualité cerveau G/cerveau D, hors espace-temps, en canal direct avec la Source des ressources, notre PC∞.

A ce stade, on peut se recadrer soi-même : « Si vous vous recadrez, une troisième partie de vous doit jouer le rôle du programmeur qui suit le déroulement du processus, ce qui en fait une tâche à trois niveaux ». La troisième partie, ici, est l’écriture « PNLienne » : le lieu de la vérification intime des techniques utilisées au 7ème NL, et du changement observable. La PNL au 7ème NL est co-créative et commune au praticien et au client. Elle s’exerce sous l’égide de l’Intention Positive (IP). « La partie créatrice est responsable de l’objectif non encore-conscient, mais elle est intrinsèquement congruente puisque tout comportement origine une intention positive. Elle est aussi écologique de fait. »

RESSOURCES : Une approche de l’ENL est proposée au public dans mon dernier livre, un manuel illustré format BD : « Yoga de l’alph@bet, un cerveau pour le web » aux éditions BoD (FNAC). Il sert de base pour les formations en GraphoThérapie et GraphoCoaching destinées aux praticiens et maîtres-praticiens en PNL (programmes sur demande).

Le lien avec la PNL

Dominique Vaudoiset propose ici une application originale et pointue de la PNL : traiter le geste graphique lui-même comme un canal de programmation neuro-linguistique. La dissociation cerveau droit / cerveau gauche, le recadrage, le métamodèle et l’intention positive — piliers classiques de la PNL — sont ici transposés dans le champ de l’écriture manuscrite, ouvrant une voie thérapeutique à part entière : la graphothérapie neuro-linguistique, ou ENL.


Dominique Vaudoiset est psychopraticienne, graphopédagogue et graphothérapeute, avec 25 ans de pratique dont 10 au Québec. Formée entre autres à la PNL, à l’analyse transactionnelle et à l’analyse jungienne, elle a créé la graphothérapie symbolique et est l’auteure de plusieurs ouvrages, dont La chair de l’écriture, Danse avec les lettres et Yoga de l’alph@bet, un cerveau pour le web (éditions BoD). Elle propose la formation « GraphoCoaching et GraphoThérapie, l’écriture neuro-linguistique© au service du changement ».


Article publié dans le numéro spécial « La PNL au cœur de la santé » du Magazine Métaphore, Congrès NLPNL – janvier 2019

La Fédération NLPNL est la référence et le garant de la qualité de l’enseignement, des métiers de l’accompagnement, de la formation et des applications de la PNL francophone.

Pour en savoir plus sur la NLPNL c’est ici et pour adhérer c’est par ici !

Nous serions ravis de vous compter parmi nous si vous n’êtes pas encore adhérent.

logo de la Fédération NLPNL

Liste des collèges

Collège des enseignants Collège des coachs Collège de la PNL thérapeutique Collège des experts en Pédagogie PNL