Le blog

Publié le 11 août 2026

Des clés PNL pour mieux vivre sa maladie : 5 axes d’accompagnement

Face à la maladie, comment cesser d’être un « patient » qui patiente pour devenir un acteur de sa propre guérison ? France Doutriaux, enseignante certifiée en PNL et fondatrice de Communication Active, partageait cinq axes d’accompagnement — l’objectif, le sens donné à la maladie, la gestion émotionnelle, la visualisation du traitement, la gestion de la douleur — nourris par des années d’accompagnement de personnes malades. Une conférence donnée lors du Congrès NLPNL 2019, publiée dans le numéro spécial « La PNL au cœur de la santé » de la revue Métaphore, janvier 2019.

francedoutriaux

Des outils PNL pour mieux vivre le temps de la maladie ; des outils pour être plus acteur de sa guérison ; devenir acteur dans sa maladie et son évolution grâce à la PNL.

Nous souhaitons bien évidemment être et rester en bonne santé. Pour autant nous contractons parfois des maladies et ce sont alors, selon leur gravité, des épreuves souvent perturbantes, douloureuses et inquiétantes. J’accompagne régulièrement des personnes dans ces moments particuliers, dans leur demande de vivre au mieux leur maladie, le traitement et la voie si possible vers la guérison.

Or la PNL m’est alors d’un grand secours. Je vous propose de partager ma pratique.

Je dirai tout d’abord que la première idée clé est que celui qui est désigné par le mot « patient » dans la littérature médicale soit le plus possible « acteur » dans cette phase de sa vie. Je me réjouissais d’ailleurs tout dernièrement d’assister à une conférence d’une oncologue sur « L’annonce de la nouvelle », qui, elle aussi, partageait et insistait sur cette notion.

Je vois cinq axes : l’objectif que se donne la personne, le sens éventuel qu’elle attribue à la maladie, la gestion émotionnelle, la relation au traitement et à la guérison, la gestion de la douleur.

Un objectif en accord avec soi-même

Un 1er enjeu est l’objectif que la personne se donne. Comme pour tout objectif, sa formulation peut être aidante ou pas.

Francis m’appelle « pour se battre contre cette cochonnerie » et finalement aboutit à « je veux mettre toutes les chances de mon côté pour guérir » (il a un cancer du côlon avec un pronostic médical de 99% de chance de guérison). Cette formulation l’oriente d’emblée vers une visualisation de la guérison et lui est beaucoup plus confortable, ce qui est très visible à la calibration. Dans les cas de pronostic pessimiste, la personne peut exprimer son désir de vivre au mieux les traitements ou de maintenir une qualité de vie la meilleure possible, d’apprendre à profiter de son temps à vivre, également d’explorer ce qui pourrait dépendre d’elle pour espérer une guérison ou une rémission.

Être attentif au sens donné à la maladie

Beaucoup de personnes attribuent un sens, une raison d’être à leur maladie et cela peut être parfois dévastateur comme « je le méritais, je suis puni, c’est normal, j’ai toujours eu une vie de m… ». Dans ces contextes, il est bien difficile de devenir acteur de sa guérison ! Une telle vision interfère avec l’objectif que la personne peut se donner. Pourtant, si elle va consulter le corps médical et vient voir une thérapeute, c’est bien qu’elle porte en elle un objectif, ne serait-ce que « Aller mieux ».

Ainsi en rebondissant sur sa démarche volontaire et grâce notamment au métamodèle et aux techniques de négociation (basée sur l’intention Positive), nous allons pouvoir amener la personne à cheminer vers plus d’accord avec elle-même et à un sens plus constructif ou au moins neutre de sa maladie.

Dans d’autres cas, la personne accueille la maladie comme un signal ou une prise de conscience utile. Bernard me raconte : « Depuis deux ans, je me disais qu’en continuant comme ça j’allais au casse-pipe ». Pour autant, il ne s’en veut pas aujourd’hui mais il est bien décidé à changer des paramètres importants dans sa vie, pour lui, un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Cela peut se traduire aussi par s’accorder du temps pour soi, être plus tolérant envers soi-même, oser dire ce qui ne va pas, savoir se poser des limites ….

La personne ne se donne pas toujours une explication psychologique à sa maladie, ce qui ne pose pas de souci en soi.

Accueillir le bouleversement émotionnel

La gestion émotionnelle de la découverte de la maladie puis de son déroulement est intense. Au-delà de ce qui découle du sens, la personne peut avoir peur (et même être terrifiée) ; elle peut être en colère contre elle-même, contre son corps qui la trahirait, contre le monde entier, elle peut être perdue, désemparée, honteuse. Je l’invite à identifier chacune des émotions qui la traversent, de les accueillir, de comprendre avec elle le mécanisme (cause-effet, lecture de pensée, …) qui l’amène à ces émotions et, là encore grâce au questionnement du langage, détricoter ce qui est le résultat d’interprétations erronées et qui peuvent amplifier le mal être.

De plus, se sentir compris et reconnu dans tout ce chamboulement émotionnel puis au fur et à mesure de l’évolution est rassurant. Dans cet espace qu’offre l’accompagnement dans la bienveillance et l’accueil, la personne s’autorise à exprimer ses peurs de la mort, des réactions des proches (trop proches ou trop distantes), de la douleur (*), les phases de découragement. C’est très libérateur.

* la gestion de la douleur est abordée ultérieurement

Développer la visualisation du processus de traitement (et de guérison quand c’est possible)

Le 4ème axe est autour du processus même de la maladie et du traitement. Je me souviens avoir été frappée il y a longtemps par Marie qui au détour d’une phrase me dit que le soir elle allait encore subir un coup de bazooka. Interloquée, je lui demande de quoi il s’agit. Elle me répond qu’elle va avoir une piqure dans le cadre d’une récidive d’endométriose. Employer un terme guerrier pour un traitement sensé guérir me semblait contradictoire. Certes les traitements peuvent être invasifs, douloureux avec des effets secondaires importants. Mais se rendre à un soin dans cet état d’esprit est en opposition avec tout espoir d’effet placebo. Je l’ai invitée tout d’abord à me décrire ce qu’elle comprenait du processus physiologique ayant amené la maladie puis de l’action attendue du traitement ; ce qu’elle connaissait assez bien. Je lui ai alors demandé si elle était bien d’accord avec le fait de recevoir ce traitement. Elle me dit oui. Je l’invitais alors à visualiser le plus précisément possible le processus du traitement dans son corps favorisant ainsi l’effet placébo. Lors de cette récidive la dose était multipliée par 3, elle eut de très faibles effets secondaires, bien inférieurs à la première fois.

Il est étonnant de voir le nombre de personnes qui, dans le fait acceptent les traitements et qui, au fond d’eux sont en opposition. Cette contradiction ne facilite pas la posture de co-acteur (avec le corps médical) de sa guérison. Je ne peux pas prouver l’impact de ce double mécanisme (clarté de l’accord interne au traitement et visualisation du processus réparateur) mais j’observe que la personne se sent ainsi impliquée dans l’évolution de son propre corps, qu’elle constate souvent des effets secondaires limités et sent que cette attitude a un impact positif sur son moral.

Des outils de gestion de la douleur

La maladie s’accompagne malheureusement souvent de douleurs qui peuvent être très intenses, continues, envahissant tout le présent malgré les traitements antidouleurs. Je transmets volontiers de nombreux petits outils d’autohypnose pour que les personnes puissent les utiliser selon leurs besoins. Ils sont efficaces lors de douleurs de moyenne intensité, en préventif de lourdeurs aigues, rarement lors de crises intenses. A titre d’exemple :

  • la capacité de défocaliser de la zone de douleur vers une zone neutre ;
  • laisser émerger une métaphore de ce qui occasionne la sensation (par exemple un étau qui enserre la tête, une aiguille qui pique, une lourde masse qui appuie, une source de chaleur qui brûle) puis éloigner cette source métaphorique extérieure comme desserrer l’étau, ôter l’aiguille ;
  • plutôt que d’arrêter le mouvement du bras en appréhendant l’arrivée de la douleur, continuer le mouvement du bras tant que c’est confortable.

Les personnes apprécient de pouvoir ainsi agir sur leur douleur (quand c’est possible).

Au-delà de ces cinq grands axes, la maladie peut amener des retentissements dans la vie immédiate (« je ne suis plus maitre de mon agenda, il est entre les mains de mes médecins »), d’angoisse dans l’attente de résultats d’analyse (comment éviter de faire les films les pires). J’accueille au fur et à mesure les besoins de la personne et nous voyons comment l’aider à gérer au mieux ces enjeux.

A travers tous ces aspects, la personne malade devient une personne qui agit en accord avec le corps médical vers son mieux être, sa guérison lorsque c’est possible, la rémission, ou une qualité optimale de la vie.

Le lien avec la PNL

France Doutriaux mobilise ici un large éventail d’outils PNL au service d’une même intention : redonner à la personne malade une place active. Le métamodèle et l’intention positive pour retravailler le sens donné à la maladie, le questionnement du langage pour désamorcer les interprétations émotionnelles erronées, la visualisation pour renforcer l’effet placébo du traitement, l’autohypnose pour la gestion de la douleur — autant de techniques classiques de la PNL, réorganisées ici autour d’un même fil directeur : transformer le « patient » qui subit en un « acteur » qui agit en accord avec le corps médical.


France Doutriaux est ingénieure agronome de formation. Après un parcours dans le développement agricole en France et à l’étranger, elle se forme à de nombreuses approches relationnelles et devient enseignante certifiée en PNL. Elle crée il y a plus de 20 ans le centre normand Communication Active, agréé NLPNL, où elle enseigne la PNL et l’Ennéagramme. Coach certifiée et thérapeute, elle a notamment publié Apaiser les souvenirs douloureux (InterEditions). Elle préside par ailleurs le Collège des Psys de la Fédération NLPNL au moment de la publication de cet article.


Article publié dans le numéro spécial « La PNL au cœur de la santé » du Magazine Métaphore, Congrès NLPNL – janvier 2019

La Fédération NLPNL est la référence et le garant de la qualité de l’enseignement, des métiers de l’accompagnement, de la formation et des applications de la PNL francophone.

Pour en savoir plus sur la NLPNL c’est ici et pour adhérer c’est par ici !

Nous serions ravis de vous compter parmi nous si vous n’êtes pas encore adhérent.

logo de la Fédération NLPNL

Liste des collèges

Collège des enseignants Collège des coachs Collège de la PNL thérapeutique Collège des experts en Pédagogie PNL