Le blog

Publié le 2 septembre 2026

Communication, clé de réconciliation avec son corps et l’image incarnée de soi en PNL

Comment la PNL peut-elle aider une personne à réconcilier sa tête et son corps, jusqu’à restaurer une image de soi incarnée ? Angélique Gimenez, du Cabinet Anvisage, montre comment la communication analogique et digitale, mise au service de la relation, permet de reconnecter le patient à son corps et de dépasser une estime de soi fondée sur la seule performance. Un article publié dans la revue Métaphore n° 108, mars 2023.

ANGELIQUE-GIMENEZ.jpg

Un des présupposés de la PNL est que le corps et la tête sont un seul et même système et sont indissociables.

Quand la personne est bien accordée tête et corps, alors elle peut agir de façon cohérente et allier le « je veux » du cortex préfrontal et le « je peux » qui soustend une activation de plusieurs niveaux cérébraux, notamment le tronc cérébral, et l’activation du corps en mouvement et du système nerveux périphérique.

Le constat clinique : corps et tête dissociés

Le constat dans nos cabinets est pourtant souvent différent : une grande partie des patients/clients avec lesquels nous travaillons sont dissociés soit de leur ressenti (sensations, émotions) soit de leur processus mental. Ils sont en difficulté pour réfléchir de façon cohérente et ajuster le « je peux et je veux ». Ils ne trouvent pas comment permettre au corps de mettre en action ce que pense leur tête. Ils pensent, ils pensent et n’agissent pas… Ou bien ils agissent de façon désorganisée et n’arrivent pas à aligner leurs pensées pour aller vers un AGIR constructif ! Et parfois encore ils agissent en poussant leur corps « à bout » et s’hyper-activent en actes et en pensées au détriment de leur « corps biologique » et de leur santé.

Leur index de computation (index personnel tridimensionnel : processus mental, états internes et comportements) est dysfonctionnel. Ils ne respectent plus ce que nous nommons leur « écologie ». Ils ne savent plus réguler leur énergie, leur organisation interne (leur relation à eux-mêmes en termes d’écoute de leurs limites physiologiques) et leur organisation externe (les relations à l’autre).

Schéma corporel
☐ Permet de savoir comment est situé son corps dans l’espace à tout moment.
☐ Un bon schéma corporel c’est une bonne perception de soi.
☐ Et c’est ça qui va permettre d’organiser au plus juste les parties de son corps afin d’obtenir un mouvement voulu.
☐ Le schéma corporel va nous aider à bien coordonner nos mouvements.

La PNL, base de rééducation à se respecter

La PNL, même si elle aborde la communication et non la santé en tant que telle, peut être une base de rééducation à se respecter, tête et corps associés, autrement dit respecter son équilibre neurophysiologique, au-delà même du motif de consultation invoqué. Elle va nous permettre de rééduquer le patient pour accorder sa tête et son corps par le biais de notre présence, en utilisant les mots, les gestes, les sons, la respiration et une interaction relationnelle très précise.

La PNL, c’est l’art de la communication mais aussi de la rééducation neurosensorielle et neuro-relationnelle. À l’ère du neurofeedback, la PNL est une pratique stimulante qui peut aider à reconnecter les différents niveaux de la personne et à restaurer de meilleures aptitudes à se centrer sur soi, se concentrer et développer des compétences attentionnelles. En nous rendant totalement disponible pour la personne, pour un temps donné et dans un environnement privilégié (un lieu où elle se sent paisible, sécurisée et sujet d’une attention qui prend soin et qui donne le sentiment d’être important), nous la reconnectons avec le sentiment d’exister et nous stimulons la conscience incarnée de soi (activation du système limbique, de certaines zones du paléocortex et du lobe insulaire notamment). D’un point de vue neurophysiologique, nous venons nourrir, restaurer certaines zones du cerveau qui ne peuvent se développer que dans un espace sécure et sous le regard attentif et attentionné d’un bon care-giver (donneur de soin) et nous aidons à restaurer des bases de l’attachement.

Au-delà de n’importe quel objectif, la relation est le socle même de la remise en mouvement d’un humain. La PNL est, par nature, centrée sur la relation ; la relation soutient la communication et la communication se met au service de la relation.

Se construire dans la relation, dès la petite enfance

Dès la petite enfance, nous apprenons beaucoup au travers de la relation avec notre entourage proche, entourage qui n’est pas là pour apporter le seul amour, mais bien pour « care-giver », donner de bons soins et être disponible pour les besoins de l’enfant.

La conscience d’être une personne va se développer à la fois en se voyant dans le regard de l’autre et par le retour de l’adulte sur le bébé, avec la mise en mots et en gestes des comportements instinctifs du petit humain. Nous existons à travers la relation et la communication des adultes envers les bébés puis nous évoluons dans ce « bain relationnel et ce flot langagier ». Certains recevront des mots très précis, un ton ajusté, un rythme calme qui fait à la fois ressentir la tendresse, la bienveillance et encourage à aller vers plus d’autonomie, à grandir et aller vers de nouvelles expériences, de nouveaux objectifs (même si, petits, nous ne les nommons pas ainsi !). Pas à pas, nous grandissons et nous nous accordons au mieux à l’autre en nous synchronisant à ses gestes, son rythme, sa posture et nous engageons ainsi une danse relationnelle, une danse interpersonnelle qui va permettre à chacun de s’enrichir de l’expérience de l’autre. Les parents, les proches des enfants apprennent au contact des plus jeunes également. Le cerveau et le corps humain sont construits pour cette relation interpersonnelle (neurones-miroirs, cortex cingulaire, cortex orbitofrontal…, système nerveux autonome avec une branche du parasympathique spécialisée pour l’engagement social – branche ventrale du nerf vague), et aller ainsi de la dépendance totale à l’autonomisation et l’interdépendance. Au passage, les humains iront modéliser chez leurs aînés et leurs pairs des compétences relationnelles, en plus des apprentissages multiples qui leur seront nécessaires pour vivre et se réaliser dans un métier, une famille etc.

Certains ont moins de chance et vivent dans des milieux, environnements, où la modélisation sera une « absorption » des angoisses et des failles des adultes. Ils évolueront dans des climats anxiogènes qui limiteront le champ de leurs apprentissages. Un cerveau qui vit sur en état de vigilance ne mémorise pas bien ! Heureusement la résilience existe et la résilience neuronale passe par la résilience psychosociale (cf. attachement B. Cyrulnik et C. Gueguen).

C’est là que nos cabinets vont constituer des lieux de remodelage des systèmes de communication, des modalités relationnelles et « restaurer » ce que l’on appelle le MIO (Modèle Interne Opérant – cf. théorie de l’attachement et travaux de J. Bowlby).

La communication analogique pour renouer avec son corps

La communication analogique nous permet de renvoyer en miroir à l’autre ses propres « expressions » corporelles, et l’aide à prendre conscience du langage de son corps. Cela réactive la conscience de lui à tous les niveaux, pouvoir penser sur soi, et pouvoir se ressentir soi. Nous l’accompagnons aussi à mettre un mot sur un geste quand nous lui renvoyons le geste en miroir et que nous le traduisons en mots. La personne met des mots sur ses gestes, ses gestes étant l’expression de son for intérieur et de son corps. Elle prend alors mieux conscience de ce qu’elle voulait dire, tête et corps associés, et prend une conscience incarnée d’elle-même et de son vécu. Elle mentalise ; autrement dit elle peut penser sur son corps et ses ressentis et s’exprime dessus. C’est une fonction cruciale du fonctionnement humain qui se développe de l’enfance à l’adolescence et se termine à l’âge adulte quand le cortex est arrivé à sa maturité. Cela implique l’activation à la fois du lobe insulaire (insula) qui permet de se sentir « soi » (conscience incarnée de son schéma corporel), du cortex cingulaire, du cortex orbitofrontal (COF), l’activation des neurones-miroir…

Sans prétendre en faire une liste complète et sans projet d’étaler des compétences en neurobiologie, je souhaite montrer ici que cette simple mise en rapport analogique et digitale, et la reformulation verbale des aspects analogiques (gestes), active plusieurs zones cérébrales qui vont permettre une meilleure connexion tête-corps chez le sujet avec lequel nous communiquons. C’est réjouissant de saisir que la communication enrichit chacune des pensées de l’autre, et enrichit chacun d’une meilleure conscience de soi à un niveau corporel aussi.

Nous ne pouvons pas dire les états internes, sensations, ressentis et émotions de l’autre mais nous pouvons l’aider à le faire. Petits, nous n’avons pas tous eu la chance d’être éduqués à sentir, exprimer nos ressentis, reconnaitre nos émotions et dire nos besoins. Quel que soit l’objectif du patient/client, notre accompagnement est une occasion idéale pour le faire puisque nous lui accordons toute notre disponibilité, notre attention et nous l’encourageons à chaque étape.

La PNL avec ses aspects très sensoriels, très descriptifs, aide à approcher le vécu de l’autre (cf. travail sur les positions perceptuelles) mais nos corps ne sont pas interchangeables. Chacun ressent en fonction de sa propre physiologie et nous sommes limités par elle. Même bien accordée à mon amie qui mesure 1,80 m, je ne pourrai moi-même prendre 20 centimètres… Je ne peux pas ressentir la douleur de mon patient atteint de polyarthrite ankylosante… et je ne pourrai peut-être pas comprendre cette personne qui m’explique qu’elle ne ressent rien. Je ne peux pas modéliser « le corps biologique » de l’autre…

Une reconnexion rendue possible par la communication PNL

Et pourtant, la communication en PNL va permettre de mettre en place une rencontre qui peut aider l’autre à mieux se reconnecter avec son corps, à mieux se sentir être lui en présence de « moi », dans cette relation particulière qu’est la communication profondément empathique. En me mettant à la portée de la personne, en l’aidant à se sentir « à l’aise », en l’aidant pas à pas à ressentir le climat de notre cabinet, en lui créant ce que Boris Cyrulnik nomme une « niche sensorielle riche », nous allons permettre une reconnexion entre soi et soi. Sur certaines séances, sans enjeu de réussir quoi que ce soit d’autre que d’être en relation et en aidant la personne à se ressentir, et à penser sur ses ressentis, nous l’aidons à retrouver le sentiment d’être « présente », d’être à sa place, et de se sentir importante. Plus que d’amour, les humains ont besoin de reconnaissance et de connexion aux autres. Et, dans cet espace où l’autre nous voit, nous renvoie nos mots, nous fait ressentir notre corps par une mise en mouvement via l’expression verbale et gestuelle, nous réactivation les bases de la construction du schéma corporel, schéma qui précède au sentiment d’être une bonne personne, et qui fonde l’image de soi.

Fragilité de l’image de soi et risque de rechute

Beaucoup de personnes viennent demander de l’aide pour réaliser un objectif qui leur permet d’améliorer les performances et gratifier ainsi l’image d’elles-mêmes. Cela n’est pas un problème en soi si la personne est capable de se sentir « quelqu’un de bien » sans la notion de performance et si son image peut rester valorisée en cas d’échec… Malheureusement chez certains sujets, l’image de soi est fragile, la personne n’a pas bénéficié de bons supports pour grandir et s’apprécier au-delà de l’image qu’elle émet, des services qu’elle rend, des performances qu’elle accomplit. Elle n’a pas pu développer une bonne représentation d’elle-même et cette représentation ne se résume pas à la seule estime de soi, elle sous-tend une vraie conscience incarnée de soi, une présence à soi et, à la base, l’intégration de son schéma corporel et la satisfaction de son image corporelle… Les praticiens doivent donc repérer ses failles « primitives » et veiller à bien travailler la relation et la reconnexion « charnelle » et sensorielle à soi, le sentiment d’être soi, avant toute mise en œuvre d’objectifs, sous peine d’améliorer une image de soi, performante mais non « intégrée » et au risque que la personne « rechute » plus bas quand la performance sera moins bonne.

Image corporelle

« Je n’aime pas mon apparence »

« J’aimerais ressembler davantage à ces personnes »

« Quelque chose cloche chez moi »

Santé mentale

« Rien ne fonctionne jamais »

« Si je ne peux régler ce problème, je ne suis bon à rien »

« Si ce n’est pas parfait, c’est un désastre total »

« Je me sens dépassé et déprimé »

« Je néglige de prendre soin de moi »

Estime de soi

« Je ne crois pas être à la hauteur »

« Les autres sont meilleurs que moi »

« Je devrais être capable de faire ces choses, sinon c’est que quelque chose cloche chez moi »

Vers une bonne estime de soi

La bonne estime de soi passe par la présence en soi, le ressenti de soi, et demande attention et réparation à tout moment d’une vie… La PNL, par sa modélisation d’experts en communication et relation, nous invite avant tout à transmettre le sens de soi et de la relation à l’autre, et à l’aider à se connecter tête et corps, au-delà et avant tout objectif « de résultats ».

Même Milton Erickson avait un corps ! Sous prétexte de l’un profitez-en pour installer l’autre : mettez la relation « tête-corps » au centre de tout accompagnement ! Dans une société de l’image, remettre du 3 D : tête, cœur et corps associés.

Le lien avec la PNL

Angélique Gimenez ancre tout son propos dans un présupposé fondateur de la PNL — l’unité indissociable du corps et de la tête — et déploie deux registres de communication propres au modèle PNL, l’analogique (gestes, sons, respiration) et le digital (les mots), pour montrer comment leur articulation restaure la connexion tête-corps. Le travail sur les positions perceptuelles et la notion de carte du monde de chacun viennent compléter cette approche centrée sur la relation, mise au service d’une image de soi incarnée plutôt que seulement performante.


Angélique Gimenez est psychothérapeute, psychotraumatologue, coach et formatrice, à la tête du Cabinet Anvisage (Var). De courant humaniste, elle intègre à sa pratique la PNLEE (Pratique Neuro-Linguistique Efficace et Empathique), l’hypnose éricksonienne, l’analyse transactionnelle, la communication non violente et l’EMDR. Formatrice depuis près de 30 ans, elle accompagne adultes, adolescents et enfants, et s’est spécialisée dans la psychotraumatologie ainsi que dans la prévention et le traitement des troubles des conduites alimentaires.


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 108 – mars 2023

La Fédération NLPNL est la référence et le garant de la qualité de l’enseignement, des métiers de l’accompagnement, de la formation et des applications de la PNL francophone.

Pour en savoir plus sur la NLPNL c’est ici et pour adhérer c’est par ici !

Nous serions ravis de vous compter parmi nous si vous n’êtes pas encore adhérent.

logo de la Fédération NLPNL

Liste des collèges

Collège des enseignants Collège des coachs Collège de la PNL thérapeutique Collège des experts en Pédagogie PNL