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Publié le 23 août 2026

Coaching de santé et PNL : niveaux logiques, carte/territoire et champ de conscience

Comment la PNL peut-elle enrichir le coaching de santé, cette discipline émergente centrée sur le changement durable des comportements ? Le Dr Jean-Luc Monsempès, médecin et enseignant certifié en PNL, pose les fondements du coaching de santé et déploie les outils de la PNL — niveaux logiques, positions de perception, distinction carte/territoire — au service de l’accompagnement des personnes souffrant de problèmes chroniques. Un article publié dans la revue Métaphore n° 100, mars 2021.

Pour comprendre au mieux ce qu’est le coaching de santé, il est nécessaire de définir l’objet de l’accompagnement, à savoir la santé, les résultats attendus, la nature de la relation entre coach et coaché, les modalités d’intervention et les leviers d’actions.

Selon Hubert et al.1, « La santé est la capacité à s’adapter et à se prendre en charge face à des problèmes physiques, émotionnels et socio-culturels. » Cette définition inscrit l’accompagnement du sujet dans une vision globale et écologique de l’individu qui intègre le monde intérieur (le physique, les émotions) et le monde extérieur (le contexte d’adaptation et l’espace socio-culturel), en tant que processus de résilience (une capacité à s’adapter se traduit par des comportements observables et peut s’apprendre), et qui sollicite la participation et la responsabilité du client (se prendre en charge).

La définition du coaching de santé2 apporte plus d’informations sur les résultats attendus et les modalités d’intervention : le coaching de santé est « un processus centré sur le client ou le patient, qui implique le développement d’une relation entre le patient et le coach, qui a pour but le développement d’habitudes comportementales plus saines et un style de vie plus sain, qui s’appuie sur des outils tels que le dialogue sans jugement, la fixation d’objectifs et la responsabilisation du client dans leur réalisation. » Cette définition du coaching de santé prend toute sa valeur quand on sait que 80 % de nos maladies peuvent être prévenues par l’adoption d’habitudes comportementales saines (absence de tabagisme, contrôle du poids corporel, exercice et alimentation saine).

Le résultat attendu de l’accompagnement est donc un style de vie plus sain, mesurable par la mise en œuvre de comportements observables, et en adéquation avec des objectifs de santé déterminés avant tout par un client responsabilisé. Le coaching de santé définit ainsi son champ d’intervention, en dehors et en complément de celui des professionnels de santé. Les changements de comportements impliquent qu’on dispose de temps devant soi. Le coaching de santé est centré bien plus sur la personne que sur la maladie, et s’adresse à des personnes souffrant de problèmes chroniques. Les processus sont relationnels et les techniques sont psycho-émotionnelles et motivationnelles pour déclencher un changement de comportement. Le processus implique une formation aux méthodologies du changement comportemental, dans le cadre de problèmes de santé.

Les potentialités de la PNL en matière de santé

Ce préambule permet de comprendre les nombreuses potentialités que la programmation neuro-linguistique (PNL) peut offrir au coaching de santé. La richesse de la PNL réside dans la variété de ses outils et techniques, dans ses stratégies ou méthodologies (relation, motivation, mémorisation, décision, détermination d’un objectif, modélisation, etc.) et encore plus dans les principes ou postulats qui guident la mise en œuvre des stratégies d’intervention. Il est en effet capital pour les partenaires du coaching, de distinguer la carte de la maladie (le sens donné aux causes et aux effets de la maladie, les dangers d’une identification à la maladie, etc.) du territoire de la maladie, qui est du domaine du médical. Il est aussi fort utile de croire que la modification de nos cartes mentales est susceptible d’avoir un impact sur le territoire de notre biologie, d’aborder les problématiques insolubles du corps par des niveaux de pensée riches de solutions, de considérer la maladie non pas comme un échec mais comme un feedback (une invitation à changer de comportement ou de style de vie), de concevoir le symptôme comme une communication à propos d’un déséquilibre de vie à rétablir, et comme le porteur d’une intention positive (un système de valeurs à respecter) et donc de solutions nouvelles au problème de santé. Croire que nous avons en nous les ressources dont nous avons besoin pour réaliser nos buts de santé est source d’espoir dans des situations de crises où ils font tant défaut.

Pour ma part, je me représente les aspects somatiques (ou biologiques) et cognitifs (mentaux) d’une personne comme les deux facettes d’un même système vivant, deux composantes non séparées mais profondément connectées et intriquées l’une dans l’autre et s’influençant mutuellement. Toute expérience physique s’accompagne de représentations mentales facilitantes ou limitantes. Une altération physique du corps provoque de la douleur mais si le mental y ajoute du désespoir, nous obtenons alors une profonde souffrance psychologique qui va aggraver et entretenir la douleur initiale. Lorsque les composantes physiques et psychologiques collaborent pour guérir au mieux et se mettre au service de buts de vie riches de sens pour l’individu, ce dernier pourra dire qu’il se sent « en bonne santé ». Car il ressent en lui la présence d’une énergie de vie qui circule et qu’il nommera « bien-être » ou « plénitude ». Gardons en tête que, lorsque les solutions biologiques de la médecine moderne s’épuisent (« il n’y a plus rien à faire dans cette situation »), il est important de savoir s’adresser aux autres composantes du vivant, à savoir le mental/psychologique, les énergies des émotions qui circulent en nous, et ce vaste monde de l’esprit auquel nous sommes profondément connectés. Toutes ces composantes sont porteuses de ressources et d’espoirs. Lors de l’annonce de diagnostic de maladies dites « incurables » ou à « pronostic vital engagé », la différence qui peut faire la différence en matière de santé et de guérison, se trouve dans le niveau d’éveil de notre conscience. « Si quelque chose ne marche pas, tente autre chose » dit un des présupposés de la PNL. Ou si une vérité médicale ne fonctionne pas pour vous, il est temps d’aller rechercher d’autres vérités médicales. Cette absence de flexibilité ou d’ouverture peut être, parfois, mortelle.

Champs de conscience et santé

La PNL n’est pas en soi une médecine, ni un traitement, et ne s’adresse pas aux composantes biologiques de la maladie, car ces aspects relèvent strictement du domaine des professionnels de santé et de la médecine conventionnelle. Celle-ci excelle à réparer, et parfois de façon miraculeuse, les désordres du corps afin de permettre au patient de reprendre au plus vite sa vie d’avant. Quitte à méconnaître que cette vie d’avant a contribué à produire sa maladie. Comme dirait Platon « On ne peut soigner le corps sans soigner l’âme ». Donc la santé repose nécessairement sur une complémentarité d’interventions. Comme nous l’avons vu plus haut, tout symptôme physique ou émotionnel est indissociablement associé à un vaste champ de représentations mentales subjectives ou « champ de conscience ». Nous pouvons nous représenter ce champ de conscience comme un cube à expansion infinie dont les trois axes seraient : a) l’axe vertical de l’espace de notre activité mentale (ou taille de découpage) symbolisée par les niveaux de pensée de Robert Dilts ; b) l’axe horizontal du temps, marqué par les repères temporels du passé, présent et futur ; c) et l’axe horizontal des relations, symbolisé par les positions de perception (Soi, autre, observateur, quatrième position).

Chaque changement au sein de ces trois axes de notre activité mentale est susceptible d’impacter notre expérience physique ou biologique. C’est la raison pour laquelle ces trois axes représentent trois puissants leviers d’action pour faciliter les changements de comportements des individus et adopter un style de vie sain, susceptible de prévenir l’apparition de nombreuses maladies.

Les niveaux de processus de la pensée

Notre pensée est organisée en niveaux de processus, chaque niveau structurant le fonctionnement du niveau du dessous. Tous ces niveaux de pensée peuvent influencer l’obtention du comportement de santé souhaité.

L’environnement matériel, social et économique (lieu de vie, voisinage, transports, espaces naturels, pollutions sonores et atmosphériques, etc.) d’un individu représente un ensemble de facteurs facilitants ou limitants à la mise en œuvre de nouveaux comportements. Il est donc important de définir les contextes les plus favorables à la mise en œuvre des nouveaux comportements.

Les comportements observables : il est utile de pouvoir se représenter de façon sensorielle ce que l’on cherche à obtenir, par la définition du contexte de réalisation (voir plus haut), d’un résultat souhaité mesurable, et dont l’obtention est bien sous le contrôle de l’individu (voir les conditions de bonne formulation d’un objectif).

Les capacités et stratégies : l’obtention du comportement souhaité résulte d’une séquence d’actions ou de représentations que nous appellerons « savoir-faire », « plan » ou « stratégie mentale ». Le coach de santé peut aider son client à mettre en place une stratégie efficace à partir de la modélisation d’expériences personnelles dans d’autres contextes, ou à partir de modèles d’excellence extérieurs.

Les croyances et valeurs : la mise en œuvre des stratégies mentales peut être inhibée ou facilitée par le système de valeurs et de croyances du client. Les valeurs déterminent la motivation à agir. Les croyances déterminent les permissions à agir. Les croyances se rapportent a) à la valeur du résultat atteint (c’est valable et important pour moi), b) aux moyens à mettre en œuvre (la possibilité d’atteindre ce résultat et l’efficacité des actions), ou à la personne (la confiance en soi à agir, le mérite, le droit et la responsabilité individuelle).

L’identité et le concept de soi : ce niveau d’expérience détermine les frontières de ce qui est moi ou pas moi et la direction (ambition et mission) que nous voulons donner à notre vie. Un nouveau comportement sera d’autant plus facilement adopté qu’il s’intègre dans le concept de soi, ou quand il est l’expression de qui je veux être. Ce qui signifie que le coach de santé doit parfois faciliter l’émergence d’un nouveau concept identitaire pour y intégrer de nouvelles expressions comportementales. Les changements d’habitudes de vie impliquent parfois une évolution ou une transformation d’un projet de vie. L’adoption d’un nouveau comportement peut être aussi l’enjeu de conflits identitaires, entre ce nouveau moi auquel j’aspire vivement et cet ancien moi qui a peur d’y perdre des avantages.

L’identité intégrée et la spiritualité : ce niveau d’expérience se rapporte à ce qui nous connecte au monde auquel nous souhaitons appartenir et qui se trouve au-delà des frontières individuelles de l’identité, à ce qui donne du sens aux projets de vie. L’adoption de nouveaux comportements de santé implique parfois de relâcher notre égo et les peurs qui nous séparent d’un monde de l’esprit si riche de potentialités de transformations personnelles. Les interventions de ce niveau sont particulièrement intéressantes dans des cas d’addictions.

L’expérience du temps

Toute expérience humaine est codée par rapport au temps. Tout symptôme est associé à une recherche consciente ou inconsciente de significations à propos de ses causes dans le passé, par exemple, « Qu’ai-je fait pour avoir ce problème de santé ? » ; ou de ses conséquences dans le futur : « Ma vie est foutue ». Le client fait parfois un lien entre l’apparition d’un symptôme et une souffrance psychologique (regrets, honte, culpabilité, colère, ressentiments, perte, etc.) en rapport avec des événements négatifs du passé. L’événement est lointain, mais sa trace émotionnelle toujours présente dans la vie de la personne est source de stress chronique. L’enchaînement émotionnel aux événements du passé focalise toutes les pensées de la personne qui n’arrive plus à se projeter sur un futur plus positif. De nombreux problèmes mentaux, cardiovasculaires, métaboliques, immunologiques, relationnels, ont pour source un stress chronique.

Le rapport au futur peut être source d’anxiété, de peur, voire de panique, car le futur est par principe un espace d’incertitudes. Il n’y a pas d’adoption possible de nouveaux comportements en situation de stress. Le coach de santé doit donc intervenir pour agir sur les sources du stress chronique, liées aux événements du passé (pardon, deuil, phobies, traumatisme) ou du futur (panique, acceptation de l’incertitude, changements génératifs).

La temporalité va intervenir lors de l’annonce d’une maladie dite « grave », ou « invalidante », ou « sans solutions thérapeutiques actuelles ». Dans cette situation l’annonce du diagnostic peut générer soit la vision d’une fin de vie, soit l’effondrement de projets de vie importants. Il est capital de distinguer la temporalité du diagnostic en lien avec le présent du symptôme et ses causes dans le passé, de la temporalité du pronostic en lien avec les conséquences futures du symptôme. Le pronostic médical représente une projection de l’évolution de la maladie, à partir des données statistiques disponibles concernant le taux de morbidité et de mortalité chez des personnes atteintes d’une maladie spécifique. Un pronostic est parfois perçu comme une « malédiction » du professionnel de santé à propos du futur de votre santé. Les statistiques sur l’issue d’une maladie sont le plus souvent représentées sous forme de courbe de Gauss. Or, une personne n’est pas une moyenne ni une statistique. À elle de décider sur quelle partie de la courbe elle souhaite se trouver dans le futur : les 90 % représentant la moyenne, ou les 5 % représentant l’exception qui sont en bonne santé malgré les prédictions médicales. Dans son ouvrage « Soigner envers et contre tout », le Dr Carl Simonton invitait ses patients à accepter le diagnostic médical et refuser le pronostic lorsqu’il rentrait en conflit avec leur projet de vie. Nous avons en effet un réel pouvoir sur ce que nous allons faire de notre maladie.

L’expérience des relations

Un état de santé peut être influencé par : a. la relation à soi (les pensées positives ou négatives à mon propos) ; b. la relation aux autres (les pensées de la famille, des professionnels de santé, de la communauté à mon propos) ; c. la relation au monde.

Ces différents cadres de référence sont autant de champs d’interventions en cas de maladie. L’optimisme comme l’espoir est un bon médicament, un environnement de soutien relationnel contribue à notre état de santé, et de nombreux travaux scientifiques montrent l’efficacité clinique des guérisons à distance.

Une dynamique systémique de la santé

Le coach de santé accompagne son client dans la mise en place de nouvelles habitudes de vie, celles qui ont le plus de chance d’impacter positivement la maladie, et dans l’adoption de nouveaux comportements de santé. Pour Robert Dilts, trois facteurs fondamentaux vont contribuer à l’ingénierie de la santé :

d. Une partie « RÊVEUR » pour définir un nouveau but de vie et la motivation à agir. Ce but de vie est la direction nécessaire au réalignement interne et externe, à l’activation de nos capacités d’autorégulation, à la création d’un nouvel état de cohérence et d’équilibre. La définition de ce but ou de cette vision de « qui je veux être dans le futur » implique une formulation sensorielle et une résonnance somatique.

e. Une partie « RÉALISTE » pour définir les relations de soutien interne (relation à soi et création d’un état de ressource) et de soutien externe (coach, famille, communauté, champ de ressources) dont le client a besoin pour dépasser les interférences et obstacles à la réalisation de la vision. La relation est efficace par sa qualité et sa durée.

f. Une partie « CRITIQUE » pour définir les meilleurs ajustements comportementaux à réaliser pour transformer la vision du futur, en réalité cognitive et somatique. L’acquisition de nouvelles habitudes comportementales (alimentation plus saine, exercice, remplacement du tabac, gestion du stress, etc.) implique une pratique quotidienne.

Le coach de santé qui s’appuie sur une approche cognitive (PNL et systémique) de la santé retiendra que l’adoption durable de nouveaux comportements de santé résulte de la définition d’une nouvelle direction de vie, et d’une forte relation de soutien pour maintenir les efforts exigés malgré les nombreux obstacles internes et externes qui ne manqueront pas de survenir au cours du chemin de guérison.

1 Huber M et al. Health : How should we define it ? BMJ 2011;343:235-7
2 Wolever RQ, Simmons LA, Sforzo GA, Dill D, Kaye M, Bechard EM, Southard ME, Kennedy M, Vosloo J, Yang N. A systematic review of the literature on health and wellness coaching: Defining a key behavioral intervention in healthcare. Global Adv Health Med. 2013;2(4):34–53.

Le lien avec la PNL

Le Dr Monsempès mobilise ici trois piliers fondateurs de la PNL — les niveaux logiques de Robert Dilts, les positions de perception et la distinction carte/territoire — pour construire un cadre théorique rigoureux du coaching de santé. En articulant chaque niveau (environnement, comportements, capacités, croyances et valeurs, identité, spiritualité) à des leviers d’action concrets pour le changement de comportements de santé, il montre comment la PNL, sans se substituer à la médecine conventionnelle, offre une méthodologie cognitive complémentaire pour accompagner durablement les personnes souffrant de problèmes chroniques.


Jean-Luc Monsempès est docteur en médecine. Il a exercé en France et à l’étranger avec Médecins Sans Frontières, avant d’acquérir pendant quinze ans une expérience de l’entreprise en dirigeant une activité d’exportation dans l’industrie pharmaceutique. Enseignant certifié en PNL, en Process Communication Model et en LAB Profile©, titulaire d’un DU de coaching, il a dirigé de 2000 à 2016 l’Institut Repère à Paris, dont il est aujourd’hui président d’honneur. Depuis 2016, il consacre l’ensemble de ses compétences médicales, pharmaceutiques et psychologiques à la santé, à travers la création d’une formation certifiante en coaching de santé. Contact : www.coaching-sante.net


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 100 – mars 2021

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