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Publié le 7 septembre 2026

Le Panorama social de Lucas Derks : cartographier nos relations avec la PNL

Invité exceptionnel du Congrès NLPNL 2024, le psychosociologue néerlandais Lucas Derks présente le Panorama social, un modèle qu’il a construit à partir du cœur de la PNL — les sous-modalités et le travail des parties — pour cartographier la façon dont nous représentons inconsciemment nos relations. Un article publié dans la revue Métaphore n° 111bis, Spécial Congrès, janvier 2024.

Notre carte inconsciente de la réalité sociale détermine qui nous croyons être. Le modèle du panorama social nous permet d’analyser et d’ajuster cette carte.

Nous sommes des créatures sociales et notre vie est donc peuplée de personnes. Pour naviguer avec succès parmi elles, nous avons besoin d’une représentation de l’humanité qui nous dise qui sont ces personnes et comment nous nous situons parmi elles. Nous devons reconnaître les caractéristiques uniques qui identifient les individus et nous avons également besoin d’un moyen pour représenter nos relations avec les personnes qui nous entourent. La question à laquelle répond le modèle du Panorama social est la suivante : « Comment représenter les relations interpersonnelles ? »

Trente années d’expérimentation m’ont conduit à la seule conclusion possible : nous représentons inconsciemment nos relations sur une carte en trois dimensions.

Nous sommes contraints par notre anatomie, en particulier nos sens et notre neurologie, de fabriquer une représentation de la réalité. Cela commence dans l’utérus. L’essence de ce processus est la généralisation ; les successions d’impressions sensorielles sont réduites à des représentations schématiques dans notre mémoire. Nous tirons des conclusions générales de nos expériences nombreuses et variées et arrivons à des hypothèses, des certitudes, des conséquences logiques et des croyances. Nous fondons notre image de la réalité sur ces généralisations. Nous avons besoin de ce modèle mental du monde pour fonctionner mais nous le fabriquons nous-mêmes et il n’est pas parfait. Il représente la réalité d’une manière déformée, trop généralisée et limitée. Il en va de même, dans une certaine mesure, pour notre modèle de la partie sociale de la réalité.

Tout d’abord, nous voyons des personnes en chair et en os – avec tous leurs détails spécifiques, leurs caractéristiques uniques et leur caractère changeant – comme des objets physiques dans l’espace qui nous entoure et nous réduisons leur énorme complexité à un système d’abstractions. Il est possible que la variété, les subtilités et le dynamisme des personnes soient au-delà de notre capacité à les stocker, mais, plus important encore, ces qualités rendraient plus difficile notre capacité à déterminer instantanément notre relation avec elles. Si nous devions stocker leur réalité dans notre mémoire, le résultat serait trop complexe et trop subtil pour que nous puissions déterminer notre position par rapport à eux de manière instantanée, comme nous en avons besoin dans la vie quotidienne.

Dans la plupart des interactions, nous avons besoin de savoir où nous nous situons et ce que l’on attend de nous. C’est pourquoi nous réduisons les autres à de simples diagrammes que nous plaçons dans notre espace mental. En d’autres termes, chaque personne pertinente est représentée par au moins une direction et une hauteur dans notre espace mental. Dans l’art moderne et les dessins d’enfants, nous voyons ce qui pourrait être le genre d’images de personnes que nous gardons en mémoire. Nous créons ainsi un paysage rempli de représentations de personnes – un panorama social…

La capacité à faire la différence entre les personnes en chair et en os et leurs représentations mentales (que nous appelons « personnifications ») est essentielle pour travailler avec le modèle du Panorama social.

L’apprentissage

L’apprentissage se caractérise par des efforts conscients et inconscients qui aboutissent finalement à des processus de pensée automatiques et inaperçus.

Avec le temps, tout ce qui a été appris devient inconscient. L’apprentissage qui se fait dans la prime jeunesse – notamment la manière d’interagir avec les autres – conduit à un état complet de « compétence inconsciente ». Cela signifie que c’est quelque chose que les gens ressentent comme tout à fait naturel et « ordinaire ». Le modèle du Panorama social est une confrontation extraordinaire avec ce processus de pensée inaccessible, automatique, rapide et inconscient. Il nous permet de découvrir que les gens peuvent jongler avec les relations interpersonnelles sans avoir conscience du processus de pensée qu’elles impliquent. C’est pourquoi on parle de « cognition sociale inconsciente ».

Parce que leur modèle de réalité sociale est inconscient, la plupart des gens ne se rendent pas compte qu’ils emportent constamment avec eux des images d’autres personnes, qu’ils les ont créées eux-mêmes, qu’ils continuent de le faire et qu’ils les regroupent et les modifient en permanence. Les gens n’en prennent conscience que lorsqu’ils découvrent le modèle du Panorama social. Auparavant, ils ont eu diverses explications « magiques » pour les phénomènes incompréhensibles qui découlent de cette cognition sociale inconsciente. Dès qu’ils en comprennent le fonctionnement, un monde passionnant s’ouvre à eux. Les relations ne sont plus des phénomènes incontrôlables mais les produits de processus inconscients. Une fois connu, le panorama social semble naturel à la plupart des gens parce qu’ils l’utilisent, bien qu’inconsciemment, depuis leur plus jeune âge. C’est le produit logique de leur développement social précoce.

Ce modèle nous permet de voir comment nous nous attribuons une place parmi les autres. Une place qui, souvent, ne nous offre pas les meilleures chances dans la vie et qui, souvent, nous limite. Une fois que nous avons compris cela, nous disposons d’un choix que nous n’avions pas auparavant. Cette compréhension nous aidera à améliorer notre expérience sociale et à aider les autres à faire de même. La représentation de la réalité sociale est un processus inconscient. Elle est automatique et extrêmement rapide. Les images des autres restent généralement sous le seuil de la conscience, ce qui signifie que les gens savent ce qu’ils veulent dire sans en être conscients. Les techniques exploratoires du panorama social permettent d’accéder à ce niveau inconscient.

Les sceptiques ont du mal à admettre que les représentations inconscientes ne sont pas mesurables. Pour travailler avec succès sur le panorama social, le coach ou le thérapeute doit surmonter cette résistance. Pour les personnes extérieures, le panorama social semble souvent vague, mais c’est un fait que ce bagage vague détermine une grande partie de leur existence – toute leur vie sociale.

Le modèle du panorama social trouve ses racines dans la théorie de la cognition sociale, mais l’approche pratique de la PNL – en particulier les sous-modalités et les parties – porte l’idée bien au-delà du débat théorique.

Étant donné que presque tous les problèmes humains ont un rapport avec les relations (ont des composantes sociales), le modèle du Panorama social est presque universellement applicable au développement personnel. Sa nature systématique clarifie même les thèmes relationnels les plus compliqués. Il s’agit d’un instrument de PNL qui peut, de manière souvent étonnamment simple, être utilisé pour travailler sur les relations avec les proches, les amis, les collègues, les enfants, les parents, les étrangers, les groupes, les équipes, les défunts, les fantômes et les dieux. Elle est également applicable dans les cas où l’estime de soi et la confiance en soi posent problème, et c’est une approche très utile lorsqu’il s’agit de relations entre des groupes, des tribus, des peuples, des partis politiques, des départements et des organisations.

Pour les personnes ayant une formation en PNL, ce modèle fournit un ensemble d’outils supplémentaires. Lorsqu’ils sont combinés au répertoire de la PNL, ils rendent leurs utilisateurs beaucoup plus efficaces ; les gens ne peuvent souvent plus imaginer comment ils auraient pu travailler sans le modèle du Panorama social.

Le niveau de l’identité

Le concept d’espace mental joue un rôle central dans le modèle du Panorama social. Dans la pratique, cela signifie que nous projetons des représentations d’autres personnes autour et dans notre corps. L’endroit où nous les plaçons dans cet espace mental détermine la signification relationnelle et émotionnelle de la relation. L’influence émotionnelle de ces images permet de vivre des expériences telles que le soutien et la confrontation, le pouvoir et l’impuissance, l’amour, l’aversion, l’adoration, la possession, l’unité et la solitude. La proximité, l’intimité, le statut, la servilité, la domination, l’antipathie, l’ambivalence et la haine découlent de l’attribution d’une distance, d’une direction et d’une hauteur particulières aux personnes.

Nous nous sentons au centre de notre panorama social et créons ainsi nos propres positions et rôles. Le cœur de notre concept de soi est entouré d’une construction tridimensionnelle, dans laquelle nous avons déterminé qui nous sommes. Si nous voulons changer quoi que ce soit, nous devons d’abord examiner notre paysage social.

Le lien avec la PNL

Lucas Derks situe explicitement le Panorama social dans la filiation directe de la PNL : c’est l’approche pratique de la PNL — en particulier les sous-modalités et le travail des parties — qui a permis, selon lui, de porter la théorie académique de la cognition sociale « bien au-delà du débat théorique ». Il présente son modèle comme un « instrument de PNL » à part entière, offrant aux praticiens formés à la PNL un ensemble d’outils supplémentaires qui, combinés à leur répertoire habituel, les rendent selon lui « beaucoup plus efficaces ».


Lucas Derks est né le 19 novembre 1950 et a grandi à Utrecht (Pays-Bas), où son talent pour les arts visuels s’est révélé dès l’âge de 10 ans. Après une formation à la peinture et au dessin, il se tourne dans les années 1970 vers la psychologie, obtenant un Master en psychologie sociale en 1982. Il découvre le travail de Bandler et Grinder en 1977, puis suit une formation de praticien en PNL à l’institut de formation en PNL de New York (1983) et une formation de maître-praticien à l’Institut de psychologie éclectique de Nimègue (1985). En 1986, il choisit de se consacrer exclusivement à la PNL et cofonde la Fondation William James. Auteur de sept livres de psychologie, il travaille depuis comme formateur indépendant dans une trentaine de pays. À partir de 1993, il participe à l’élaboration du Panorama social ; il cofonde en 2002 le Laboratoire international de Recherche sur l’Espace Mental, puis en 2013 la Société de Psychologie de l’Espace Mental. En 2016, il obtient un doctorat sur les expériences cliniques dans l’espace mental. Lucas Derks vit à Nijmegen, aux Pays-Bas.  www.socialpanorama.com


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 111bis – Spécial Congrès, janvier 2024

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