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Publié le 26 août 2026

La naissance, étonnant rite de passage : 4 étapes et leurs ressources

Et si notre tout premier voyage — celui de notre naissance — recelait des ressources encore utiles aujourd’hui ? France Doutriaux, enseignante certifiée en PNL et fondatrice de Communication Active, modélise les quatre étapes de la naissance et les ressources psychiques qui leur sont associées, pour éclairer nos rites de passage d’adultes. Un article publié dans le numéro spécial Congrès de la revue Métaphore, janvier 2022.

francedoutriaux

Notre premier voyage fut celui de notre naissance. Que d’étranges étapes avons-nous franchies !

La modélisation de ces étapes nous offre un chemin, témoin de ce passage par des contextes et des compétences associées fondamentales :

  • La nidation où nous avons pu nous sentir en fusion, « contenus » et ainsi protégés ;
  • Le travail avec les contractions où nous avons été amenés à lâcher prise ;
  • Le seuil avec l’espoir du nouveau et oser l’inconnu ;
  • La sortie avec l’ouverture vers des découvertes insoupçonnées et la séparation.

Parcourir ces quatre étapes peut nous aider à franchir des projets ou épreuves clés de notre vie. Cela devient comme un chaînage d’ancres ou, face à une difficulté, nous pouvons repérer dans quelle étape nous nous trouvons et identifier alors les ressources clés qui nous seront utiles.

Regardons de plus près. Lorsque nous nous intéressons à ce que nous avons vécu, nous pouvons être étonnés de ce que nous avons réussi à traverser. Une fois encore l’expérience humaine est fascinante. Ces éléments, présentés par Malika Belkacem lors d’un séminaire, viennent de l’observation de réalités anatomiques et physiologiques, complétées par des perceptions venues en régression dans le passé lors d’expériences guidées en PNL, hypnose ou rebirth.

Le premier stade est l’état utérin

C’est la période qui commence à la nidation de l’œuf et se prolonge jusqu’aux contractions, elle se déroule donc sur presque 9 mois.

Les Ressources clés que nous y développons y sont les sentiments de FUSION, SÉCURITÉ, PROTECTION, SE SENTIR ENVELOPPÉ, CONTENU, PRIS EN CHARGE, NOURRI. Quand la grossesse se passe bien, cela nous donne le sentiment d’un monde bienveillant, positif (nous y développons la modalité réceptive du métaprogramme Implication), avec une dimension intemporelle.

Le « travail » du bébé est de croître en dedans. L’extérieur existe de façon diffuse notamment à travers les voix, sons et bruits perçus in utero.

Si cela s’engramme dans la vie psychique profonde, ces ressentis vont constituer autant de ressources pour l’adulte comme :

  • La capacité à se laisser porter ;
  • Une perception du temps intemporelle ;
  • Un sentiment de connexion, de conscience cosmique.

La bonne dépendance est une ressource (c’est un confinement heureux !). Quand elle manque, l’autre ou la vie ne peut pas être une bonne mère pour soi. Les sensations peuvent être de l’ordre du chaud, doux, fluidité, et un espace de liberté de mouvements qui diminue progressivement. L’extérieur existe (voix du père, main du père en haptonomie…), mais de façon très diffuse.

Si ce stade est mal vécu ou si l’on est comme resté accroché à ce stade, cela peut générer des sentiments de :

  • Ne pas avoir de limite ;
  • Absence de repère ;
  • Fixation, repli sur soi, refus d’aller plus loin.

Le second stade correspond au début du « travail »

Il commence au démarrage des contractions et dure tant que le col est fermé.

Les Ressources clés que nous y développons y sont les sentiments de FORCE de RÉSISTANCE (je résiste bien aux compressions), CONTOURS et STRUCTURE (sensations de son corps compressé, perception des limites, peau, résistance des os du crâne…), TEMPS, IMPUISSANCE dans le sens positif de PERTE de sa TOUTE-PUISSANCE (si j’accepte de lâcher prise, ça se détendra), PATIENCE.

Les sensations vécues changent : ici « ça » serre, le bébé est à l’étroit, il peut souffrir, ça dure, l’enfant ne sait pas qu’il va y avoir une sortie, il peut être dans la sensation de cul-de-sac.

Il y a un début de conscience du temps et d’un autre que soi.

Ici l’activité est d’attendre, le bébé subit plus qu’il n’agit. Il est donc toujours en mode réceptif, mais cette fois face à une action de son environnement qui paraît contrariante.

Une personne a été en chambre stérile et a ressenti cette même sensation d’enfermement et d’attente, elle a alors développé les ressources de patience et de résistance.

Si ce stade est mal vécu ou si l’on est comme resté accroché à ce stade, nous pouvons avoir développé :

  • Une vision du monde agressif, qui nous malmène ;
  • Le désespoir, la souffrance va-t-elle durer sans fin ?
  • Comme si la vie elle-même ne sera que longue, douloureuse, interminable.

Or puisque la personne est aujourd’hui bien vivante, c’est comme si elle avait oublié qu’ensuite, elle est sortie de cette phase, que donc cette souffrance-là s’est bien arrêtée et qu’il y a eu un après. Cela peut revenir dans un rêve de tunnel qui aboutit à un mur.

Le troisième stade correspond au seuil

Il démarre à l’ouverture du col et se termine à l’expulsion.

Les ressources clés de cette étape sont L’ESPOIR, GÉRER SA PEUR, SAUTER DANS L’INCONNU, S’ENGAGER, L’IRRÉVERSIBILITÉ, OSER.

L’Enfant et la mère sont alors dans un état paroxystique physiologique et émotionnel. Le bébé, à la fois, se sent propulsé et compressé comme jamais, et en même temps, il est lui-même acteur dans la sortie : il découvre la modalité active (métaprogramme Implication), tout en gardant la dimension réceptive puisqu’il vit une expérience totalement inédite sans savoir du tout où il va. Cela peut avoir donc coloré notre relation à l’inconnu, comment nous abordons ce type de situations, comment nous gérons le paradoxe entre espoir et peur (l’amplitude de ces ressentis peut être immense). Enfin il y a une dimension d’irréversibilité : l’avant est fini pour toujours.

Il peut ici y avoir une sorte d’excitation, un pari lancé vers l’inconnu : si tout se passait plutôt bien jusqu’à maintenant, pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui ? et paradoxalement, ce stade peut être vécu comme s’il était encore possible de revenir en arrière ou au contraire, faire l’expérience du sans retour.

L’adolescence peut réactiver ce vécu, avec une attirance/répulsion envers le futur, l’inconnu.

Mais cette étape peut également être problématique (forceps, césarienne, cordon autour du cou, siège, l’équipe qui dit à la mère d’attendre l’arrivée du gynécologue ou la mère qui n’est pas prête et retient son bébé). La forte poussée est contrariée. Le bébé a pu être proche de la mort. L’environnement ou l’inconnu est alors perçu comme dangereux ou interdit, le bébé stoppé dans son énergie d’avancer.

Ces sensations peuvent renforcer l’inconfort vécu lors de la période précédente, comme si la vie ne sera que souffrance et danger.

Le quatrième stade correspond à l’accueil, la sortie

C’est la sortie du bébé, il est né.

Les ressources clés de cette étape sont le RENOUVEAU, SÉPARATION RÉUSSIE, AUTONOMIE, DÉCOUVERTE, CURIOSITÉ, NOUVELLES RESSOURCES INDEVINABLES.

Une foule d’informations sensorielles nouvelles, inimaginables, arrivent (même si les sens ne sont pas tous encore totalement opérationnels) : ne plus être contenu, la perte de cet environnement aqueux et du son du battement du cœur maternel, la respiration qui se déclenche, tout change ou émerge : la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût., être manipulé, transporté…

C’est à la fois la Séparation, première étape d’autonomie tout en étant totalement dépendant de ce monde extérieur pour la satisfaction de ses besoins. Et c’est donc aussi le début de la relation à l’autre dans l’altérité, être accueilli avec douceur, harmonie, joie.

L’important est dans la découverte de l’après, du monde extérieur.

Mais la sortie peut être problématique médicalement (souffrance fœtale, arrêt cardiaque…) ou relationnellement, l’accueil n’est pas accueillant (enfant non désiré même une fois né, rejet ou déception face au sexe de l’enfant, parents épuisés, angoissés, en conflits). Le nouveau et la séparation sont alors vécus comme mauvais, l’enfant regrette l’état utérin, voudrait y retourner. Un client ayant eu un arrêt cardiaque à la naissance me dit un jour : « pour moi, le monde a toujours été hostile ».

Le vécu de la phase de l’accueil peut après coup, renforcer celui du seuil :

  • Si nous nous sommes sentis bien accueillis, nous valoriserons d’autant plus l’audace, le saut dans l’inconnu, le futur comme source prometteuse.
  • Et au contraire, une souffrance ou un rejet à la naissance vont nous faire regretter d’en être sorti, nous amenant à repousser les grandes décisions, parfois à laisser durer une situation inconfortable plus longtemps qu’il ne le serait opportun.

À la lecture, vous avez peut-être reconnu certaines ressources que vous avez rencontrées dans votre vie. Nous pouvons vivre plusieurs cycles dans notre vie, repérer ce qui est difficile pour nous à ce moment-là et nous apporter à nous-mêmes ce dont nous avons besoin, en ajoutant une ressource que le bébé ne possède pas : la capacité de communiquer par la parole.

Le lien avec la PNL

France Doutriaux applique ici une démarche de modélisation, méthode fondatrice de la PNL, à un terrain rarement exploré : les quatre étapes physiologiques de la naissance. Elle mobilise explicitement le métaprogramme Implication (modalité réceptive puis active) pour caractériser le vécu du bébé à chaque étape, et construit un système de ressources activables — sur le principe d’un chaînage d’ancres — que l’adulte peut retrouver et reconvoquer face à ses propres rites de passage. Cette lecture illustre comment la PNL peut modéliser des expériences aussi archaïques que la naissance pour en tirer des ressources concrètes et transférables.


France Doutriaux est ingénieure agronome de formation. Après un parcours dans le développement agricole en France et à l’étranger, elle se forme à de nombreuses approches relationnelles et devient enseignante certifiée en PNL. Elle crée il y a plus de 20 ans le centre normand Communication Active, agréé NLPNL, où elle enseigne la PNL et l’Ennéagramme. Coach certifiée et thérapeute, elle a notamment publié Apaiser les souvenirs douloureux (InterEditions). Elle préside par ailleurs le Collège des Psys de la Fédération NLPNL au moment de la publication de cet article.


Article publié dans le numéro spécial Congrès du Magazine Métaphore, janvier 2022

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