Publié le 26 août 2026
La PNL au service du développement des compétences : métamodèle et stratégies d’apprentissage
Comment les outils de la PNL peuvent-ils renforcer le développement des compétences professionnelles, de leur formulation à leur validation ? Michaël Ameye, formateur en PNL certifié par Robert Dilts et Judith Delozier, détaille l’apport du métamodèle, des prédicats et de la méthode TOTE à l’expression, à l’apprentissage et à la validation des compétences. Un article publié dans la revue Métaphore n° 103, décembre 2021.
Note de la rédaction : l’introduction de cet article s’appuie sur le contexte réglementaire de la formation professionnelle en France tel qu’il existait en 2021 (nom des institutions, dispositifs de financement). Certains éléments ont depuis évolué ; l’encadré ci-dessous les situe dans leur contexte d’origine. Le cœur de l’article — l’apport de la PNL au développement et à la validation des compétences — reste, lui, intemporel.
Contexte réglementaire (France, 2021)
Pour ceux qui n’auraient pas vu l’information passer, la Fédération de la Formation Professionnelle a changé de nom pour devenir « Les Acteurs de la Compétences ». Ce changement est loin d’être anodin. Il s’inscrit dans le projet gouvernemental de la formation professionnelle tout au long de la vie, qui vise à rendre chacun auteur et acteur de sa carrière professionnelle.
Cette stratégie passe par la validation de compétences par bloc ou par métier. Ces compétences sont répertoriées et validées par l’organisme d’État qu’est France Compétences.
Pour financer les formations qui permettent de valider certaines compétences, le Compte Personnel de Formation (CPF) a été créé. Chaque personne reçoit une somme qu’elle peut accumuler jusqu’à un certain seuil pour financer partiellement ou totalement des formations (même si ce n’est pas le seul mécanisme de financement, il a le mérite d’être universel, enfin pour les français). Seules les compétences déposées auprès de France-Compétences sont finançables par le CPF.
La boucle est bouclée. Une personne peut donc avoir accès à des formations subsidiées par la collectivité si elles développent des compétences utiles selon les règles et la stratégie d’État qui vise à la mise à l’emploi, à la conservation de l’emploi et à combler les métiers en pénurie.
Et que vient faire la PNL dans tout cela ?
La PNL peut apporter sa contribution au développement des compétences pour différentes raisons.
Tout d’abord, nous avons développé une finesse de langage qui nous permet de spécifier une compétence dans son contexte et ses effets. Ensuite, nous disposons de plusieurs modèles d’intervention sur le processus d’apprentissage et nous maîtrisons plusieurs méthodes de modélisation de l’expérience. Nous avons également une méthode pour analyser nos stratégies et les rendre plus efficaces ou efficientes. Enfin, nous sommes entraînés à décrire les effets d’un changement à travers des indicateurs concrets.
Notre méthodologie sera donc utile dans trois domaines :
- Dans l’expression de la compétence, par son apport linguistique ;
- Dans la conception des stratégies d’apprentissage par son expertise des stratégies et du changement individuel ;
- Dans la construction d’exercices de validation et la définition des critères de réussite par la maîtrise de la stratégie de l’objectif.
Approche linguistique de la compétence
Le cadre de la compétence qui nous occupe dans cet article est la compétence professionnelle en lien avec une certification.
La définition AFNOR X50-750 donne ceci : « mise en œuvre de capacités en situation professionnelle qui permettent d’exercer convenablement une fonction ou une activité. » Dans la démarche de France Compétences, la compétence s’inscrit dans un référentiel d’activités et chaque compétence définie doit être un levier critique pour la réalisation de l’activité.
La compétence est dès lors rédigée avec un verbe d’action, le sujet de l’action et la description de la finalité par rapport au résultat à atteindre, une éventuelle exposition des moyens mis en œuvre pour atteindre la maîtrise de la compétence.
APPORT DE LA PNL
L’outil du méta-modèle est extrêmement riche et l’utilisation des prédicats (mots représentatifs des canaux sensoriels) est également utile pour définir les compétences avec précision.
Le choix d’un verbe d’action nécessite une attention particulière car le verbe choisi doit à la fois représenter une catégorie d’actions significatives du référentiel d’activités, sans être trop général.
EXEMPLE :
Dans la définition d’une compétence de « vendeur » dans l’activité « accueil du client », le verbe d’action principal sera autour de la notion de contact ou, en PNL, de rapport.
La compétence doit être exprimée de telle sorte que chacun la comprenne ; donc le terme de « créer un rapport », qui n’est compréhensible que par des PNListes, ne convient pas. La formule « rentrer en relation » est trop générale. La question du métamodèle sur le verbe non spécifique va permettre de définir la compétence comme « Montrer des comportements propices à la création d’une relation positive afin que le client se sente valorisé et en confiance ».
Pour vérifier la formulation, nous allons nous représenter le vendeur accueillant le client.
Nous pourrions, dès lors, questionner « la relation positive » qui peut constituer une équivalence complexe car elle n’est pas vérifiable sensoriellement. Par rapport à cela, la limite du questionnement sera la concision dans la formulation. Nous pourrions écrire « Montrer des comportements propices à la création d’une relation où le client se sent valorisé et en confiance ». Les comportements en question peuvent être définis et entraînés. La vérification de la compétence se fera via le ressenti du client. Les prédicats jouent un rôle important dans cette vérification.
La formulation des compétences est un exercice subtil qui nécessite d’équilibrer la précision de langage et une généralisation à une classe de comportements utiles pour l’activité de la profession ou du bloc de compétences. Comme il a été démontré, l’utilisation du métamodèle et des prédicats contribue fortement à la réussite de cet exercice.
Concevoir des stratégies d’apprentissage
Apprendre et maîtriser une nouvelle compétence demande du temps. C’est d’ailleurs une difficulté à laquelle doivent faire face les organismes de formation professionnelle qui doivent se conformer à la loi française. Celle-ci exige que chaque formation professionnelle débouche sur la validation d’une ou plusieurs compétences.
Bien que tout à fait logique, cette règle ne peut être respectée que dans des programmes longs avec possibilité d’exercer la compétence de nombreuses fois (comme des programmes d’apprentissage long et des formations en alternance). Pour des formations courtes, le niveau de maîtrise de la compétence est très fortement réduit.
Pouvons-nous en effet valider qu’une personne a intégré la compétence après quelques exercices seulement ?
La réponse est non. Nous pouvons valider que la personne connaît, comprend et peut appliquer la compétence à une situation. Ceci correspond à des niveaux de taxonomie de l’apprentissage (selon la taxonomie de Bloom) faibles par rapport à une réelle maîtrise opérationnelle. Pour pallier cela, il est important de mettre en œuvre des stratégies d’apprentissage qui dépassent l’espace-temps du programme de formation.
APPORT DE LA PNL
La PNL s’est intéressée de très près à l’apprentissage. Robert Dilts avec son programme de « Formateur PNL » et Alain Thiry, avec son parcours de 16 jours sur l’apprentissage avec la PNL, reconnu par NLPNL, en sont d’excellents exemples.
Les stratégies d’apprentissage en PNL sont des approches spécialisées qui demandent une exploration fouillée. Néanmoins voici quelques pistes.
1. Stratégie générale
Les stratégies d’apprentissage (comme toutes les stratégies cognitives) sont généralement structurées à l’aide du modèle TOTE :
- Un Test d’entrée pour vérifier le niveau de connaissance ou d’expérience des apprenants par rapport à la compétence.
- Des Opérations pour développer la compréhension et la capacité à appliquer la compétence à une situation donnée.
- Un Test de vérification qui permet de décider si l’on reprend une série d’opérations quand la compétence n’est pas atteinte ou de sortir de la séquence si c’est le cas.
- Une opération de sortie (Exit) qui peut être une synthèse et/ou une futurisation.
Il est intéressant de décliner différentes séquences d’apprentissage sur une ligne du temps pour construire la compétence.
2. Stratégie de compréhension
Qu’allez-vous mettre en œuvre pour que les apprenants comprennent la compétence ?
EXEMPLES :
- Présentation claire avec questions et réponses
Outils : Représentation multiple de l’objet de l’apprentissage avec VAK(OG) pour la présentation ; questionnement du métamodèle pour vérifier ce qui a été compris. - Mise en situation problème montrant l’utilité de la compétence
Outils : Débriefing : questionnement avec les sous-modalités ; reformulation avec les prédicats VAK(OG). - Construction par une méthode déductive (faire comprendre par un questionnement de l’expérience de l’apprenant)
Outil : Questionnement avec le métamodèle.
3. Stratégie de mémorisation
Qu’allez-vous mettre en œuvre pour que l’apprentissage perdure au-delà de la formation ?
EXEMPLES :
- La synthèse picturale (faire résumer l’acquis d’apprentissage par une représentation graphique) permet également de vérifier la compréhension. Si les apprenants ne peuvent pas faire une représentation visuelle de l’apprentissage, l’apprentissage n’aura pas une durée de vie très élevée).
- Exercice d’application / d’intégration
Outil : Mise en situation ou jeu de rôle conçu à l’aide de la représentation VAK(OG) de l’exercice de la compétence. - Ancrer l’apprentissage en mouvement : associer l’apprentissage (même cognitif) à un mouvement ou à un geste ou encore à une posture corporelle.
Outil : Syntaxe somatique.
4. Stratégie de transfert
Qu’allez-vous mettre en œuvre pour que les apprenants puissent appliquer la compétence à d’autres contextes que les exercices effectués durant la formation ?
EXEMPLES :
- Futurisation / Pont vers le futur : faire réfléchir les apprenants à des moments précis où ils vont mettre en œuvre la compétence dans leurs situations propres et les aider à imaginer comment cela se déroulera (Visualisation VAKOG).
- Demander un compte rendu d’une situation d’utilisation de la compétence avant de clôturer l’apprentissage.
Outil : Mise en situation ou jeu de rôle conçu à l’aide de la représentation VAK(OG) de l’exercice de la compétence.
5. Autres stratégies
Il existe encore bien d’autres stratégies d’apprentissage pour lesquelles les outils de la PNL sont utiles. L’utilisation des ancrages VAK, des ancres spatiales, des méta-programmes… sont monnaie courante dans les séquences d’apprentissage.
Les outils de la PNL proviennent de la modélisation du fonctionnement humain et visent à mettre en place un changement. Ils sont dès lors étroitement liés au processus d’apprentissage.
Orchestrer la validation
L’efficacité d’une séquence d’apprentissage se mesure dans l’acquisition de cet apprentissage. La vérification de l’apprentissage est donc une démarche indissociable du développement des compétences.
Pédagogiquement, il est important de permettre à l’apprenant de prendre conscience de son niveau d’apprentissage par rapport aux attendus.
La validation de la compétence pourra se faire à différents niveaux taxonomiques (pour l’apprentissage cognitif) :
- Connaissance : par le biais de questionnaires simples, vérifier l’acquisition du savoir ;
- Compréhension : par des questions plus complexes, vérifier l’acquisition de l’usage du savoir ;
- Application : par des mises en situation ou des cas pratiques, vérifier la capacité à utiliser la compétence ;
- Analyse : par des mises en situation ou des cas pratiques, vérifier la capacité à repérer des éléments utiles pour la mise en œuvre de la compétence (adaptation de celle-ci à la situation) ;
- Synthèse : par la création de documents écrits, graphiques, audio ou vidéo, vérifier la capacité à combiner, à remanier des éléments de la réalité pour créer quelque chose d’original ou de propre à la personne ;
- Évaluation : par la création d’œuvres personnelles, vérifier la capacité de l’apprenant à prendre de la distance par rapport à une expérience pour en faire une analyse critique et modifier son approche future.
La validation passe par la création d’un référentiel qui décrit les modalités de validation et les critères de validation. Le modèle TOTE sera utile pour développer les modalités. La stratégie de l’objectif et le métamodèle soutiendront l’expression des critères.
Conclusion
La PNL, par son approche complète ou holistique du fonctionnement de l’être humain, apporte une grande aide au développement des compétences. Les fondateurs de notre discipline en ont fait leur fer de lance. Ils ont réussi à développer une méthodologie pour transférer des compétences observées chez de grands thérapeutes, à tout un chacun, dans des contextes beaucoup plus larges que la thérapie.
Les outils de base de la PNL renforcent l’efficacité du développement des compétences en favorisant une expression riche de la compétence, en rendant les apprentissages plus prégnants et en soutenant la clarification des exercices de validation.
Bonne réflexion !
Le lien avec la PNL
Michaël Ameye applique ici trois outils fondamentaux de la PNL — le métamodèle, les prédicats sensoriels et la méthode TOTE — au champ très concret de l’ingénierie des compétences professionnelles et de leur certification. En montrant comment la précision linguistique de la PNL permet de formuler des compétences vérifiables, et comment ses stratégies d’apprentissage (compréhension, mémorisation, transfert) dépassent le cadre temporel de la formation elle-même, il illustre la vocation de la PNL, née dans le champ thérapeutique, à modéliser et transmettre l’excellence dans n’importe quel contexte d’apprentissage.
Michaël Ameye est ingénieur chimiste de formation, Maître Praticien et Formateur certifié en PNL par Robert Dilts et Judith Delozier (NLP University, Santa Cruz). Après un parcours dans la consultance technologique puis dans le développement des compétences en entreprise, il cofonde en 2004 la société Egregoria, où il accompagne dirigeants et organisations dans le développement de l’intelligence collective. Il est l’auteur de La Boussole de l’Intelligence Collective (Egregoria Editions, 2016). Formé également à l’Analyse Transactionnelle, à l’Approche Systémique et à la Gestalt, il est aussi formateur à l’Institut Repère et professeur invité en gestion entrepreneuriale. Contact : www.egregoria.be

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