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Publié le 20 août 2026

Coaching génératif : au-delà de la PNL classique, la voie royale des changements identitaires

Comment dépasser les limites du coaching classique pour générer des résultats qui n’ont jamais existé ? Clément Boyé, consultant, formateur et coach depuis 1995, présente le coaching génératif — une approche développée par Robert Dilts et Deborah Bacon qui prolonge la structure État présent-État désiré de la PNL en y ajoutant l’implication du corps comme voie d’accès à l’inconscient. Un article publié dans le numéro spécial Congrès de la revue Métaphore, janvier 2021.

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Ma découverte du coaching génératif

Tout juste formé à cette approche du coaching, je vais vous en livrer ma compréhension et comment je l’intègre déjà dans ma pratique.

Les fondements du coaching génératif

Le coaching génératif est le résultat d’expérimentations menées par Robert Dilts et Deborah Bacon. Croisement entre plusieurs approches, les principes du coaching classique qui vise à aider toute personne à trouver ses propres stratégies pour atteindre un résultat précis, le coaching génératif emprunte notamment la structure État présent-État désiré de la Programmation Neuro Linguistique (PNL) et crée des états proches de l’hypnose pour la relation conscient-inconscient.

Le coaching classique a d’abord concerné la performance sportive avant d’être transposé à l’univers de l’entreprise puis à l’accompagnement de toute personne par Stephen Covey dans les années 70. Les méthodes et outils de la PNL ont donné une structure de référence aux processus d’accompagnement.

Ce qui est visé par le coaching classique est, comme le dit Robert Dilts, l’amélioration de performances comportementales et cognitives, avec des changements de premier et de deuxième ordre.

La PNL, même si elle vise des changements comportementaux et psychologiques, fait une part privilégiée au traitement mental d’une situation et fait souvent référence à la participation du somatique alors qu’elle n’en a pas vraiment les outils. Le coaching génératif, en visant l’obtention d’un résultat qui n’a jamais existé et en passant par l’implication du schéma somatique pour stimuler le traitement inconscient de la problématique posée, se différencie déjà sur ce lien entre corps et esprit. Par ailleurs, la PNL, comme le coaching classique, sont très pertinents pour intervenir aux niveaux logiques des comportements, des capacités, valeurs et croyances, sans être aussi performants pour générer des changements identitaires et plus. Le coaching génératif, en travaillant sur l’intention au-delà du résultat concret, et donc sur le niveau de l’être, apporte une voie royale pour agir sur les changements identitaires.

Le terme génératif renvoie à l’idée que l’inconscient est créatif et que, le corps étant le moyen de communiquer de l’inconscient via les émotions et les manifestations physiologiques, c’est au travers d’un dialogue somatique avec l’inconscient que l’on peut générer des résultats totalement nouveaux parce que hors du contrôle conscient et mental. Nous sommes dans des changements de deuxième et de troisième ordre. Cette idée de construire en mouvement se retrouve chez certains dirigeants, entrepreneurs, leaders de niveau 5, artistes, etc.

Enfin, le coaching génératif peut s’apparenter aux approches quantiques par l’un de ses principes de base qui est de faire référence au champ informationnel et relationnel avec le présupposé que tout y est préexistant. Le but est de créer de nouveaux paradigmes engendrant de nouvelles réalités.

En thérapie et en coaching classique, on propose des changements de représentations qui transforment les croyances, les capacités et les comportements. Bien que ces changements soient déjà profonds, le coaching génératif permet de créer une nouvelle organisation et un nouveau sens de la réalité pour le client, comme le disent Dilts et Gilligan.

Les étapes du coaching génératif

1. Première étape : trouver l’intention, le but du changement que l’on demande à son inconscient de faire. L’intention dans le cas du coaching génératif est légèrement différente de ce que l’on entend par intention positive en PNL. En PNL, l’intention est l’idée qu’un changement comportemental factuel souhaité et concret est relié à notre système de valeurs et à ce qui fait notre équilibre, notre cohérence et notre congruence dans la vie. L’intention en accompagnement PNL classique permet de se relier à la motivation profonde et structurante de la personne, donnant du sens à l’action de changement et aux efforts qu’il faudra fournir pour cela.

Dans l’approche générative, le niveau de reliance aux valeurs et au sens est plus vaste, puisqu’il s’agit de se relier à l’intention créative existante dans le monde qui inclut à la fois celui qui est demandeur du changement et le coach. Le génératif s’appuie sur le fait que le langage de l’inconscient, personnel comme collectif, passe par la manifestation somatique des deux acteurs du coaching créant ou générant une résonance. Ce passage par le corps va jouer le rôle de driver et d’organisateur de ce qui relie sa conscience créative à celle de l’inconscient collectif. L’idée est de s’ouvrir totalement au tout est possible du champ informationnel et relationnel dans lequel toutes choses et êtres vivants baignent. Pour les habitués de l’approche quantique nous parlerons de champ quantique où tout est là, Passé, Présent et Futur, sous la forme ondulatoire comme matérielle.

Nous retrouvons les niveaux logiques supérieurs de l’échelle de Dilts : identité, mission, vision/rêve/idéal et niveau de transcendance, ou spirituel, ou de reliance, du vivant.

Dilts et Gilligan insistent, à cette étape, pour formuler cette intention en 5 mots, pour que l’objectif pratique recherché passe du niveau matériel du faire et de l’avoir à celui de l’être en devenir. Plus la formulation est simple, plus l’ordre envoyé à l’inconscient est clair, relié à un ressenti et aisé à atteindre. Ce dernier est essentiel parce que la formulation efficiente est celle qui va créer une résonance sensorielle et émotionnelle, autant chez le client que chez le coach, mettant ainsi le champ informationnel à l’unisson. Remarquons aussi que, comme on le sait dans le T.O.T.E., le point de choix d’une stratégie qui met en mouvement est une représentation kinesthésique, un ressenti positif impliquant, de facto, le corps. Pour cela, quand la personne a trouvé sa formulation, le coach la renvoie à la connexion avec son corps en lui demandant « Où sentez-vous le plus ce ressenti, le centre de votre intention dans votre corps ? » pour que sa projection mentale soit reliée à son corps.

C’est l’une des spécificités clés de l’approche générative que de travailler sur le lien corps-esprit comme fil conducteur du processus. En cela, la connexion n’est plus seulement intellectuelle ni seulement émotionnelle mais somatico-mentale.

2. Seconde étape : se mettre dans un état génératif en passant, comme le proposent Robert Dilts et Stéphan Gilligan, d’un état crash à un état coach. Pour être connectée à ses rêves, la personne accompagnée doit être connectée à la créativité profonde du monde où tout est possible et pour cela elle doit être en ressource, c’est-à-dire dans des états non altérés par des émotions limitantes comme la tristesse, la peur ou la colère, qui sont, soit des projections du passé dans le futur, soit des reconnexions avec des expériences passées difficiles. Il est fondamental que le coaché soit présent à lui dans l’instant présent car c’est là où les états ressources comme l’état de bonheur, de joie, de sérénité et de confiance peuvent être contactés.

Dilts et Gilligan ont créé deux processus très simples et mnémotechniques pour définir, en contraste, l’état coach génératif et l’état crash dégénératif : C.O.A.C.H. pour Centré, Ouvert, Alerte et conscient, Connecté, Hospitalier et C.R.A.S.H pour Contracté, Réactif, Analyse paralysante, Séparation, Heurté/blessé.

Dans mon expérience ce qui a été le plus effectif c’est le centrage ou recentrage sur moi. Il s’agit de revenir à l’intérieur de soi à l’instant présent, en connexion avec ses ressentis physiques intérieurs et en particulier celui de retrouver sa verticalité et sa double horizontalité, devant-derrière et droit-gauche. C’est une autre façon de parler de trouver son centre de gravité. La particularité du coaching génératif est d’aligner trois filtres : le somatique, le cognitif et le champ relationnel. La combinaison entre la structure du processus, l’observation-calibration du coaché, l’état du coach lui-même comme point d’ancrage pour les deux, un questionnement précis et une expression somatique de ce qui a besoin de s’exprimer (exprimer dans le sens mis à l’extérieur) va être génératif (créatif) d’un nouveau vécu structurant.

3. Troisième étape : le passage à l’action. Souvenons-nous qu’il s’agit d’un processus de coaching et que le résultat doit s’inscrire dans l’action et la matérialité. La connexion à l’intention et la création de l’état génératif sont destinées à interagir de façon créative, innovante, avec la réalité, pour la transformer en une nouvelle qui n’existait pas dans la vie du coaché. L’intention du coaching génératif n’est pas de régler un problème dans un champ contextuel déjà connu mais de générer un nouveau contexte dans lequel tout est ouvert. Le processus inclut l’exploration somatique d’un plan d’action souvent en rétroplanning où les questions classiques ont leurs places : Où, quand, comment, avec qui ? L’intention de l’approche générative n’est pas de créer un plan informatif mais de créer une dynamique d’engagement par la mise en place d’outils de suivi de son engagement répondant aux questions : Qu’ai-je fait aujourd’hui pour aller dans le sens de mon intention, mon but et mon objectif ?

4. Quatrième étape : transmuter (transformer, selon les mots de Dilts et Gilligan) les obstacles en forces et ressources. L’approche générative apporte une vision nouvelle aux obstacles. Ce ne sont plus des empêchements ou des indicateurs de l’inconscient à prendre en compte au titre de l’écologie du système, mais des guides pourvoyeurs de ressources à prendre en compte pour ajuster l’action sur l’objectif, le but et l’intention. Ce ne sont plus des obstacles en tant que tels mais des épreuves au sens initiatique du voyage du héros que les énergies archétypales comme le jeu, la compassion, la force ou le recours aux mentors, permettent de transformer en ajustement de la solution et du processus interne qui va conduire à la réalisation de l’intention.

5. Cinquième étape : développer ou entraîner une pratique quotidienne en auto-développement génératif. Cette étape est ce qui se passe après le processus, dans la vie du coaché, tel que des changements dans ses modes ou habitudes de vie, destinés à prolonger le coaching, à renforcer les changements qu’il a déclenchés et à créer de nouveaux réflexes de vie. Cela pourrait s’apparenter au pont vers le futur et va même bien au-delà parce qu’il s’agit de la projection d’un nouveau soi en situation et non plus limité à la vérification des changements dans les types de contextes dans lesquels le coaché rencontrait des problèmes et des obstacles.

La générativité est présente dès que la personne coachée projette par elle-même ses nouveaux modes d’agir dans la réalité. Le rôle du coach est de croire qu’elle a l’imagination, la motivation, l’élan et en ressentir la présence profonde chez la personne qu’il accompagne. On retrouve là cette résonance vibratoire entre le coaché et le coach au cœur du process génératif.

En conclusion

Je vous laisse apprécier la nouvelle dimension et les perspectives qu’ouvre cette approche dans vos coachings, le travail sur l’intention passant par l’implication du corps, la transformation des obstacles en éléments faisant partie de la construction de la nouvelle réalité et porteurs de paramètres créatifs supplémentaires, la résonance coach-coaché, la connexion à la créativité, au champ relationnel, etc.

Pour ce qui me concerne, mes processus de coaching ont changé, en particulier en ce qui concerne l’alignement de tout le processus sur l’intention plus que sur le résultat pratique, celui-ci devenant la conséquence du premier. Le lien avec la créativité était déjà très présent, l’utilisant dans tout ce que je fais, mais sans qu’elle soit reliée à celle du champ informationnel et quantique. Ce lien m’a fait accéder à un niveau de reliance où je ne plaçais pas encore la créativité et a élargi le champ du possible. Enfin, mes coachings deviennent une danse à deux où mon implication physique devient une ressource pour le coaché et pour le processus.

À titre personnel, j’ai vécu les changements que j’ai pu faire comme une fabuleuse aventure intérieure, qu’un guide, comme dans les meilleurs voyages des héros, m’aurait suggérée. J’ai été étonné de la puissance du lien avec l’intention, quand on en ressent l’effet vibratoire dans son corps. J’ai été surpris de la transformation des obstacles à un niveau inconscient, sans être obligé d’aller dans une introspection parfois douloureuse. J’ai été encore plus étonné que cette transformation passe par l’utilisation du schéma somatique des ressources, associé à celui de l’intention et que la rencontre entre le schéma somatique des ressources ait un tel pouvoir transformant, immédiat, du schéma somatique, de l’état crash associé aux obstacles.

La générativité m’apparaît autant comme une nouvelle façon de percevoir et traiter une situation qu’une nouvelle façon d’être. La transformation est en cours et l’aventure palpitante.

Le lien avec la PNL

Le coaching génératif se présente explicitement comme un prolongement de la PNL : il en reprend la structure fondamentale (État présent-État désiré), les niveaux logiques de Dilts et le principe de l’intention positive, tout en cherchant à dépasser ses limites pour les changements de niveau identitaire. Clément Boyé montre ainsi comment un des concepteurs mêmes de la PNL — Robert Dilts — a fait évoluer sa propre discipline en y intégrant davantage le corps comme voie d’accès privilégiée à l’inconscient, dans la continuité directe de l’esprit de modélisation qui a fondé la PNL.


Clément Boyé est ingénieur de formation en stratégie de développement. Consultant, formateur et coach depuis 1995, il enseigne la PNL dans plusieurs instituts et dirige GingerMoon-Place Ltd, où il accompagne des projets de formation et de transformation en entreprise. Psychopraticien, il s’est formé au coaching génératif et au coaching de santé auprès de Robert Dilts. Fondateur de plusieurs entreprises, dont le cabinet Heuroïa-formation, il a également cofondé le groupe Erelia. Membre de la commission des Enseignants NLPNL, il a développé des méthodes d’efficacité comme la Turbolecture, des modèles de formation-évènement comme Form’Art, ainsi que des parcours d’efficience mentale pour les équipes commerciales (coaching R.E.A.L.I.S.E., Tendresse Soignante, Mind Hacking).


Article publié dans le Magazine Métaphore, numéro spécial Congrès – janvier 2021

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