Publié le 17 août 2026
La PNL, un outil à enrichir par soi-même : le rôle du travail personnel de l’accompagnateur
Un outil, aussi puissant soit-il, ne vaut que par la main qui le manie. Christian Pagès, coach et accompagnateur de vie, explique pourquoi la force de la PNL dépend directement du travail personnel de celui qui la pratique — et comment elle peut, à l’inverse, perdre toute sa portée lorsqu’elle est réduite à des conseils ou des visions morales toutes faites. Un article publié dans la revue Métaphore n° 98, septembre 2020.
La PNL est un bel outil qui nous propose de développer une vision positive et constructive.
Il nous appartient de partager notre vision sur ce pouvoir qui nous est confié et qui peut servir la population et la société. Nous pouvons ainsi faire bouger le monde. La pensée commune a besoin de positiver, les êtres ont besoin de prendre confiance en eux en prenant la distance nécessaire pour se protéger d’eux-mêmes et de leur champ émotionnel, de leurs ancrages négatifs. Ainsi, l’écoute pourra se développer, le partage sera amplifié et plus posé. La situation générale actuelle nous offre l’opportunité de mettre à disposition notre savoir et notre expérience plus que jamais.
Notre rôle est important car nos outils le permettent.
La PNL peut être utilisée pour enseigner, coacher, écrire ou simplement mieux se situer socialement dans un groupe ou des relations, à bien vivre autant que possible.
Au-delà de la vision positive proposée, des protocoles et des schémas viennent illustrer et permettre un vécu sensoriel lors des séances d’accompagnement.
Cette expérience particulière offerte par nos méthodes et nos protocoles, ramène à l’essentiel.
Ainsi, il est permis et proposé à notre accompagné, par le travail en PNL, de reprendre contact avec ce qui est important pour lui, afin de pouvoir plus justement faire les bons choix qui importent pour lui.
L’outil PNL prend tout son sens lorsque son utilisateur a développé une philosophie, a fait un travail sur lui-même et pris une distance suffisante pour se mettre à l’écoute de l’enseigné, de l’accompagné ou de la société qui l’entoure. Si l’accompagnateur a fait ce travail, qui dépasse bien entendu la méthode PNL et tient à une remise en question personnelle profonde sur les grands et forts sujets de la vie, alors son pouvoir d’accompagnant est amplifié et gagne en efficacité.
Bien entendu l’outil perd de sa force lorsqu’il est proposé avec une vision limitée par une morale, une pensée générale et commune, ou par des concepts limitants ou non approfondis qui viendront en contradiction avec la méthode d’accompagnement.
Ainsi, le coach qui donne « des conseils », le psychologue qui fait la morale, l’enseignant qui influence sur un plan politique ou religieux, perdent leur impact en ayant une intention d’influence qui fait perdre la liberté de pensée ou d’action à la personne accompagnée et le fait s’éloigner de lui-même, et qui dans le même temps fait perdre à « l’accompagnateur » sa crédibilité.
Les fondateurs de la PNL nous ont mis en garde contre les visions du monde, généralisations, distorsions et sélections. Il est essentiel que l’outil PNL conserve son pouvoir d’incitation au lâcher prise. Les résultats à obtenir dépendent de la force, de la finesse et de la qualité de conviction ainsi que du sens des responsabilités des pratiquants.
Parmi les « visions communes »
On peut trouver, par exemple, trop souvent : « Oublie le passé, pense au présent et à l’avenir. » ou encore « mange pour prendre des forces », qui sont des lieux communs souvent inadaptés, généralités ne tenant pas compte de la situation ou de la personne concernée, incohérences qui ne prennent pas en compte la réalité de la personne. « Conseils » qui se veulent sensés et viennent de la parole qui nous a été imposée dans le contexte social. Ces cas sont répandus et typiques.
Cette vision, par exemple, du temps qui passe et de sa valeur ou de son intérêt pour chacun, peut confondre les niveaux de conscience et d’inconscient et mettre en opposition ou en contradiction l’accueil de l’autre et la mise à l’écart de ce qui peut lui être utile et de ses choix personnels.
L’être est fait de plusieurs niveaux d’existence. Il y a la matière, qui peut être harmonieuse ou en souffrance. Il y a l’esprit, les ressentis, le champ émotionnel, le plan énergétique qui est concret et bien trop souvent oublié. Tous ces niveaux ont le droit pour trouver leur équilibre de passer par des étapes de difficultés ou de déséquilibres indispensables ou utiles. Oui, la douleur peut être bonne et permettre des prises de conscience et de se mettre à l’écoute, de soi, de son corps, de sa vie.
L’ensemble compose l’être et sa vie. Le passé, le présent et l’avenir ne font qu’un et sont sur le même plan. Ils participent à la vision globale que l’être développe de et pour lui-même. Il y trouve le sens, les raisons et les forces nécessaires pour vivre.
Le rôle de l’accompagnateur est-il de guider vers le bien-être ou simplement d’accompagner sur le chemin qui y mène ?
Accueillir la souffrance, la respecter, voir sa valeur, son importance, peser son rôle est important. Ceci permet d’accueillir, de profiter de l’état opposé lorsqu’il advient ou simplement de l’espérer.
Ainsi notre outil offre à la personne qui souffre de bonnes raisons de mieux vivre les étapes difficiles afin de pouvoir écouter leur sens et leurs leçons. Alors, le désancrage jouera son rôle.
Le pratiquant en PNL peut en toute humilité concevoir l’importance des choix de son accompagné et se distancer afin de mieux voir et ressentir lui-même les étapes à passer dans l’accompagnement. Il respecte ainsi le rythme de la personne et lui offre l’occasion de mieux approfondir son vécu lors du chemin accompli au fur et à mesure des séances. Le résultat n’en est que plus puissant et porteur.
La PNL offre de bons outils. Ceux-ci peuvent être interprétés ou même détruits par des visions globales, communes, qui ne respectent pas l’individu dans son identité unique et différente de toute autre personne.
Ainsi, l’accompagnateur qui n’a pas reconnu l’accompagné et ne respecte pas sa personnalité n’a aucun moyen « d’accompagner » correctement et aura tendance à viser ou à imposer « le chemin » à suivre.
Nous vivons dans un monde qui impose une vision, une parole collective, une morale, une pensée sociale, une éducation type. Les informations sont orientées fermement, l’éducation y est reliée, l’instruction est limitée à une vue bien ciblée. La population est ainsi dirigée et contrôlée par la parole commune, celle de l’entourage, qui est indiquée par le contexte social.
Peu de personnes remettent en question cela et développent un questionnement pour s’ouvrir à des vues différentes de celles qui sont largement permises, autorisées ou officialisées.
Ainsi, les croyances sont basées sur ce qui est admis, ce qui est approuvé légalement ou par le groupe suivi, qu’il soit culturel, politique, religieux, etc.
Interdit de douter, de « blasphémer », de prendre position contre l’avis commun.
Aussi est-il essentiel, comme cela nous a été proposé par les créateurs de la PNL, que les pratiquants fassent un travail personnel important au-delà de la connaissance, de la technique et des croyances elles-mêmes afin de pouvoir dépasser « la parole commune et collective ». Ainsi, nous positivons notre pouvoir social et humain et pouvons contribuer à l’évolution du monde vers un meilleur lendemain.
Le questionnement en profondeur reste un élément clef à développer d’abord pour soi sur tous les plans de l’être et permet de découvrir les paramètres qui composent notre individu et notre chemin de vie.
La culture est faite de connaissance, de pratique et d’expérience, de réflexion et d’un développement personnel. Elle comprend aussi la philosophie, qui est essentielle et permet le développement de la pensée sur des thèmes variés liés à la vie, au comportement de l’être et à la société.
Tout ceci offre une distance et une remise en question incessante. Alors, ces éléments étant réunis, le coach ou l’accompagnant peut prétendre être en mesure de dépasser une situation, de voir plus clair ou plus large que « l’évidence », qui est souvent réduite et ciblée. Car pour gérer une situation personnelle il est utile voire indispensable d’avoir pris conscience du contexte et de l’esprit dans lesquels elle se situe. Pour cela une culture la plus large et ouverte possible est indispensable.
Celui qui est arrivé à son niveau technique et de connaissance de la PNL peut se poser les questions afin de déterminer le chemin qui lui reste à faire pour être en mesure de gérer les situations qui lui sont confiées par ses accompagnés. Il peut ainsi suivre ce chemin de grandissement sans limite toute sa vie durant et devenir de plus en plus capable de gérer les situations.
Ainsi, chacun d’entre nous peut donner corps puis profondeur, puis finesse et enfin la puissance maximum à notre bel outil, la PNL.
De cette façon, les pratiquants prennent une place sociale importante et peuvent prétendre développer une vision large, bienveillante et ouverte sur le monde environnant.
La PNL peut être accompagnée par des techniques et des pratiques complémentaires selon l’expérience et la personnalité de chaque utilisateur. Ainsi, la psychologie, la connaissance du corps, et toutes les pratiques complémentaires peuvent permettre d’approfondir, d’affiner, d’explorer une situation, d’accompagner un être, et de mettre en valeur le travail précieux de cet outil qui ouvre les portes d’un meilleur lendemain pour chacun et pour tous.
Afin de garder la crédibilité et de lui donner vie il nous appartient de communiquer au mieux sur notre outil. Sans s’obliger à faire de la pédagogie, en passant par des exemples, des témoignages, en s’unissant surtout, il nous est possible de mieux faire découvrir la PNL à notre société.
Ainsi, afin de créer une image cohérente et agréable de la PNL, je propose que chaque actif concerné suive son bon chemin de congruence, se pose peut-être les questions sur ce qu’il aimerait communiquer ou non sur la PNL et en fasse part aux personnes chargées de la communication pour la fédération.
De cette façon, nous pourrons ensemble ouvrir les portes d’un partage, dans un premier temps entre nous, puis avec la société qui nous entoure et demande à mieux percevoir nos intentions, notre maîtrise, notre efficacité et l’utilité de la PNL.
Notre humanité a besoin de retrouver un équilibre et une santé, tout en se détachant des jugements et des champs émotionnels négatifs qui la blessent. Nous pouvons œuvrer pour l’accompagner en mettant en marche notre bienveillance et notre générosité, notre écoute et notre sérénité mais aussi nos techniques et notre expérience.
En positivant notre action et en lui donnant l’importance qu’elle mérite, nous pouvons communiquer fortement afin d’amplifier son impact.
Nous avons là l’occasion de mettre en action notre pouvoir de communication avec nous-même afin de réaliser une communication avec le monde sur notre bel outil de partage et d’échange qu’est la PNL.
Le lien avec la PNL
Cet article est un plaidoyer pour une pratique exigeante de la PNL : Christian Pagès y défend l’idée que l’outil ne vaut que par le travail personnel de celui qui l’utilise, et met en garde contre les dérives — conseils tout faits, morale déguisée, généralisations — qui la vident de sa puissance. Il rappelle les mises en garde des fondateurs de la PNL contre les généralisations, distorsions et sélections, et situe l’écoute et le questionnement en profondeur comme préalables indispensables à tout accompagnement.
Christian Pagès est metteur en scène, coach et accompagnateur de vie, ainsi que chanteur et auteur-compositeur-interprète. Son livre La parole énergie ou le pouvoir de la vibration juste (Éditions Dangles) résume son propos sur l’importance de la communication. Il a créé « Chant du monde » et l’association « Au forum du Mouvement », dédiées à la diffusion de la bienveillance par l’art et les sens. Il donne des conférences à Paris et en province, et intervient également en entreprise et auprès de groupes.

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