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Publié le 17 août 2026

La musique dans la peau : comment un morceau peut devenir un ancrage en PNL

Et si un simple morceau de musique pouvait devenir, à notre insu, un ancrage puissant ? Eugène Mpundu, coach de vie, raconte comment une de ses formatrices en PNL utilisait la voix de Cesária Évora pour installer, séance après séance, une disposition d’écoute chez ses stagiaires — et comment cette découverte l’a rattrapé des années plus tard, à des milliers de kilomètres de là. Un article publié dans la rubrique « La PNL au quotidien » de la revue Métaphore n° 97, juin 2020.

Une de mes formatrices en PNL avait l’habitude de mettre de la musique dans la salle avant l’arrivée des stagiaires. Ce n’était pas de la musique d’ambiance comme dans les supermarchés. C’était une musique qu’elle avait choisie pour son côté pas très commun, une musique exotique. Le volume était très bas, de sorte qu’au fur et à mesure que les stagiaires arrivaient, ils pouvaient se saluer, parler entre eux sans avoir les oreilles agacées par cette musique de fond. Et à l’heure prévue pour le début de la formation, l’enseignante faisait tinter des cymbales tibétaines pour obtenir le silence. Après que tout le monde se soit tu, selon les jours, c’était soit la mélodieuse voix de Cesária Évora qui émergeait de la petite enceinte connectée au téléphone de l’enseignante, soit les riffs chaloupés de son guitariste. Le premier week-end de formation, il me semble que personne n’y avait prêté attention, personne à part moi car j’ai trois CD de cette chanteuse que j’adore. Je suis allée voir l’enseignante après la formation.

« C’est Sodade de Cesária Évora, n’est-ce pas ?
Tu l’aimes bien ? Lui demandai-je.
– Oh oui, je l’aime bien.
– Moi aussi. Beaucoup de gens ne la connaissent pas. C’est plutôt rare de l’entendre dans un cadre comme celui-ci.
– C’est pour cela que je l’ai choisie. »

Devant mon air étonné, elle ajouta : je t’expliquerai à la fin de la formation.

Le silence n’existe pas. Même quand tout est silencieux, il y a le bruit de la respiration. Les battements du cœur. Le frottement de nos membres, de nos vêtements contre la peau. Le bruit de la salive qu’on avale. Et si le silence n’était finalement qu’une absence de sons indésirables, de bruits désagréables ? Notre cerveau fait un travail énorme de filtrage de bruits issus de notre organisme. Sans cela on entendrait certains de nos organes fonctionner. Quand on entend nos organes, c’est souvent parce qu’ils dysfonctionnent : c’est ainsi qu’on entend des sifflements dans les poumons quand on a une infection pulmonaire ou une bronchiolite, des craquements dans les articulations indiquent une arthrose etc.

Les sons sont donc partout et nous accompagnent pendant toute notre vie. Quand ces sons sont agencés d’une certaine façon, organisés selon des règles bien précises, ils constituent une musique. Un ensemble de sons qui nous fait vibrer, qui parfois épouse notre rythme cardiaque. Avez-vous déjà fait l’expérience d’être placé près des haut-parleurs dans un concert, avec des bouchons dans les oreilles ? Dans ces conditions, on « ressent » la musique. Partout sur le corps. Chaque partie du corps est touchée par une fréquence particulière. Chaque partie de notre corps « entend » des sons que nos oreilles ne perçoivent pas. Cela peut se traduire par une sensation de mal-être, un malaise indescriptible quand on se trouve dans un lieu qu’on ne « sent » pas.

La vie est faite de musique et de danse. Qu’elle soit le résultat d’une composition produite par un virtuose d’un instrument quelconque ou le jaillissement spontané des sons issus de la nature, la musique ne laisse personne indifférent. Le rythme, la mélodie, l’intensité, la texture, tout cela nous impacte. Il suffirait qu’une musique particulière soit associée volontairement ou pas à un évènement de notre vie pour que l’ancrage se fasse presque automatiquement. Très souvent il suffit d’une fois. C’est comme le tout premier slow que vous avez dansé avec votre premier(e) amoureux(se). C’est ainsi que chaque morceau de musique que nous entendons est susceptible de créer en nous une empreinte qui très souvent résiste au temps ! La musique crée des ancrages solides.

À la fin de la formation en PNL que j’ai évoquée au début de cet article, la formatrice me confia que son but était de créer un ancrage en nous de sorte que dès que nous entendions une chanson de Césaria Evora, nous nous mettions dans des bonnes dispositions pour l’écouter. « As-tu remarqué que pendant les dernières séances, je ne faisais plus tinter les cymbales ? » Elle avait raison. Je n’avais rien remarqué.

Nous sommes en septembre 2018. Avec un groupe d’amis, nous venons de débarquer à l’aéroport de Mindelo, au Cap Vert. Cet aéroport a été rebaptisé : « Cesária Évora » en mémoire de la diva aux pieds nus comme l’avaient surnommée certains journalistes du fait de son habitude d’enlever ses chaussures avant de monter sur la scène. En sortant du terminal, nous sommes tombés presque nez à nez avec une statue de Cesária Évora. Et là je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la PNL…

Le lien avec la PNL

Eugène Mpundu illustre ici, à travers une anecdote vécue et une rencontre inattendue des années plus tard, le principe même de l’ancrage en PNL : l’association durable entre un stimulus sensoriel — ici une musique précise — et un état interne, créée volontairement par sa formatrice sans que les stagiaires n’en aient conscience sur le moment. L’article montre aussi comment un ancrage, une fois installé, peut ressurgir bien au-delà du contexte qui l’a créé.


Eugène Mpundu est coach de vie, Maître Praticien en PNL et praticien certifié en hypnose ericksonienne, basé à Thionville. Après une reconversion professionnelle, il accompagne ses clients sur des thématiques aussi diverses que l’équilibre vie privée-vie professionnelle, la prise de décision, la confiance en soi, la gestion du stress, les troubles du sommeil ou l’arrêt du tabac, en s’appuyant sur la PNL, l’hypnose ericksonienne et l’EFT (techniques de libération émotionnelle). Né à Kinshasa, il est également écrivain, auteur notamment de « Casse pas ton balai » et « Le colis de Kodjo » (Éditions Edilivre). Il préside par ailleurs le Département des Adhésions individuelles de la Fédération NLPNL.


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 97 – juin 2020

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