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Publié le 17 août 2026

Psychothérapie du trouble de stress post-traumatique par double-dissociation en PNL/hypnose : une étude sur 9 patients

La double-dissociation, technique issue à la fois de l’hypnose ericksonienne et de la PNL, peut-elle soulager durablement le trouble de stress post-traumatique ? Le Dr Jacques Guinard, psychiatre à Rouen, présente les résultats d’une étude menée sur neuf patients en clientèle de psychiatrie de ville. Un article publié dans la revue Métaphore n° 97, juin 2020.

Cette étude cherche à vérifier l’efficacité de la double-dissociation dans une version plus PNL, comme l’ont fait précédemment David Muss, Richard Gray et Franck Bourke, avec lesquels j’ai échangé. Les patients vus en clientèle de psychiatrie de ville, répondent précisément au diagnostic de trouble de stress post-traumatique comme défini dans la DSM-IV-TR. Ils sont testés pour l’amélioration du trouble par l’échelle IES-R.

L’originalité de l’étude est de tester sur six séances répétées l’évolution des patients et d’évaluer l’efficacité sur l’échelle SUD (utilisée par Edna Foa). Je ne me contente pas de la calibration, pour juger qu’une séance est efficace et poussée à l’optimum, mais je demande au patient au cours de deux séances successives de montrer un score de 0 ou 1 au niveau de sa perturbation émotionnelle. C’est-à-dire qu’en plus de l’effet hypnotique de la transe que provoque les double-dissociations, se rajoute un phénomène d’habituation que l’on retrouve en thérapie comportementale et en EMDR. J’utilise aussi un scénario imaginaire de super-héros qui m’a été suggéré par Francis Gajan, formateur en hypnose à Rouen. Le patient rentre en transe après une double-dissociation, et parfois sans double-dissociation, s’il n’y parvient pas, ou ne la supporte pas. Il obtient une satisfaction imaginaire de renverser une situation pénible où il a été impuissant, par un jeu où il gagne et maitrise la situation. À noter que Richard Gray dans son étude utilise des scénarios de cascadeurs, avec une dynamique voisine.

Les résultats

Huit patients sur neuf ont réussi à pratiquer la double-dissociation de PNL, ce qui montre sa faisabilité. La patiente N°1 Sophie, n’a pu réussir à rentrer en double-dissociation, mais elle a pu bénéficier dès la deuxième séance de la simple dissociation avec scénario imaginaire de super-héroïne, avec autant de bénéfice. Six patients ne souffrent plus de TSPT à 6 mois, avec persistance du TSPT chez deux patients malgré une amélioration de l’IES-R.

Le tableau A montre les courbes descendantes de la moyenne pour les 8 patients en 6 mois, de l’IES-R et de la MADRS (score de dépression). Nous notons une amélioration progressive des scores de l’IES-R, avant traitement (56), à 15 jours après 2 séances (35), à 1 mois après 4 séances (23), à 3 mois 6 semaines après les six séances (23), et à 6 mois (17,7).

Tableau A – Évolution des scores de l’IES-R (TSPT) et de la MADRS (dépression), moyenne des huit patients

Sur le tableau B, nous suivons la courbe de l’IES-R pour les 8 patients. Trois patients (Francis, Françoise, Samia), s’améliorent remarquablement, en quinze jours, après les deux premières double-dissociations.

Chez ces patients, nous pourrions, sans doute, en rester à une, deux ou trois séances, comme le pratique David Muss et comme c’est classique en PNL et en hypnose.

Par contre chez 3 autres patients « répondeurs lents », (Florence, Annie, Sophie), l’amélioration se fait plus lentement et l’utilisation de 6 séances semble indispensable pour permettre une rémission. Dans le protocole RTM (Reconsolidation de la mémoire traumatique) de Gray & Bourke, les auteurs américains utilisent 3 à 4 séances de 90 minutes (au lieu de 45 pour la première, puis 30 minutes ensuite, ici). Chaque séance est poussée jusqu’à la désensibilisation maximale possible, ici j’arrête quand le score du SUD a baissé de 50% ou que le patient fatigue après 3 double-dissociations successives en général (Cf. protocole en annexe de l’article).

En conclusion

La double-dissociation semble efficace dans le traitement du trouble de stress post-traumatique, mais il faudrait comparer à des méthodes de référence (EMDR, Exposition prolongée en TCC). La répétition des séances, ce qui est une notion nouvelle (constatée aussi par Gray et Bourke), semble permettre de traiter un plus grand nombre de patients efficacement. Enfin les scénarios imaginaires, comme les super-héros, jouent aussi un rôle positif. De quoi faire un peu évoluer la pratique de la double-dissociation en PNL.

Cet article est un résumé de l’article paru dans le « Journal International de Victimologie – International Journal of Victimology » Année 17, Numéro 36 – 2020. Il est également consultable gratuitement pendant 3 mois en le téléchargeant sur le site de la revue JIDV.com N°36.

Le lien avec la PNL

Cet article est entièrement consacré à une technique emblématique de la PNL classique, la double-dissociation (ou dissociation visuo-kinesthésique), créée en hypnose par Milton Erickson et reprise par Grinder et Bandler dès 1975-1979. Jacques Guinard y documente, chiffres à l’appui, l’efficacité de cette technique sur le trouble de stress post-traumatique, tout en la situant précisément par rapport aux méthodes de référence comme l’EMDR — une contribution rare de mise à l’épreuve clinique et quantifiée d’un outil PNL.


Jacques Guinard est psychiatre libéral et psychothérapeute à Rouen, où il exerce depuis 1992. Praticien en PNL formé à l’IFPNL de Paris auprès d’Alain Cayrol et de Josiane de Saint Paul (1986-1989), il s’est ensuite formé à l’hypnose ericksonienne, à l’EMDR (Institut Français d’EMDR de Paris, depuis 2015), ainsi qu’à la psychothérapie psychanalytique d’enfants et d’adolescents et à la thérapie ACT (thérapie d’acceptation et d’engagement). Formateur en hypnose à l’Institut Milton H. Erickson de Normandie depuis 2021, il défend une pratique de psychothérapies intégratives et flexibles, adaptées à l’expérience et à la créativité du patient comme du thérapeute. Il mène depuis plusieurs années des recherches sur le traitement du trouble de stress post-traumatique par la double-dissociation de PNL, et a notamment publié « Double-dissociation : proposition pour le traitement des traumas » dans la Revue de l’hypnose et de la santé (n° 36, mars 2021).


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 97 – juin 2020

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