Publié le 15 août 2026
PNL et adolescents : comment croiser les cartes du monde parents-ados
Comment sortir de l’opposition entre adultes et adolescents sans nier la réalité de chacun ? Angélique Gimenez, psychopraticienne en PNL humaniste et psychotraumatologue, mobilise les positions perceptuelles pour aider parents et ados à croiser leurs cartes du monde. Cet article fait suite à son intervention à l’université d’été du Collège des Enseignants de la Fédération NLPNL, le 6 juillet 2019. Un article publié dans la revue Métaphore n° 95, décembre 2019.
Le contexte : la PNL au quotidien, à tous les âges
Je rappelle le contexte de cette université d’été : montrer comment la PNL s’intègre dans nos vies quotidiennes et à tous les âges. Nous avons eu plusieurs intervenants enseignants en PNL ou intervenants formés en PNL (à un niveau Maitre-Praticien + expertise métier de la PNL) et chacun a illustré son intégration de la PNL dans sa vie quotidienne, tant professionnelle que personnelle.
Pour ma part, la PNL s’inscrit à tous les niveaux : enseignante, thérapeute, superviseur en PNL. Dans ma pratique de psychotraumatologue, dans certains séminaires plus spécialisés, la PNL permet à la fois une précision linguistique, une précision du décodage individuel et interpersonnel que je rapproche du décodage psychopathologique et systémique, et une flexibilité qui permet à la fois de se glisser dans la carte du monde de l’autre et d’allier les cartes du monde (principe dialogique que la PNL partage et/ou emprunte à la pensée complexe d’Edgar Morin, philosophe et sociologue, attaché à la « science des systèmes »). La PNL s’inscrit dans la complexité, comprenons dans ce tissage multidimensionnel et multirelationnel de l’humain. Chouette, c’est exactement ce que nous avons illustré lors de l’université d’été ! Adultes et adolescents sont les composants d’un seul et même système, notre société ; et malgré cela, deux « sous-systèmes » sont souvent distingués ou opposés… mieux serait de les associer et d’enrichir chacun de ses différences avec l’autre !!!
J’ai eu envie de partager à travers un atelier rythmé, ma pratique de la PNL, avec un monde plein de richesse et de « complexité » justement, le monde des adolescents. Je les reçois en cabinet pour les aider à dépasser certains blocages dans leur développement, dans la relation à eux-mêmes et aux autres, parfois en grande souffrance, coincés dans des troubles comportementaux tels que l’anorexie ou la scarification, les conduites ordaliques. Et je les côtoie aussi au quotidien dans mon rôle de mère de 3 jeunes de 18, 20 et 23 ans et de mère de tous leurs copains et copines lorsqu’ils se réunissent pour une soirée PNL… comprenez Pâtes, Nouilles et Linguines… Oui, c’est une pratique neuro-linguistique tribale de laquelle les adultes sont souvent écartés parce qu’ils risquent de trouver le repas déséquilibré !
Les adultes sont centrés sur les objectifs « repas » alors que nos jeunes sont plutôt centrés sur la relation et la reconnaissance entre pairs… leurs neurones-miroirs s’activent favorablement autour d’un plat de pâtes, avec des pâtes, et sans présence d’adultes !
Explorer les positions perceptuelles
J’ai voulu nous interroger autour de l’adolescence à travers cet atelier en nous amenant à expérimenter les différentes positions perceptuelles :
- être adulte face à un adolescent : que change en nous le comportement de nos adolescents, que nous disons-nous des adolescents et qui dit « ces choses-là » ? Qui a décidé que les parents subissaient la crise d’adolescence ? Vous me voyez venir avec de futurs recadrages ;
- être adolescent : c’est comment ? De quoi vous souvenez-vous de vous, ado ? Et surtout pouvez-vous vous penser, sentir, voir, entendre en adolescent dans le monde actuel ? La vraie seconde position perceptuelle est là ! Pas dans votre ado qui a vécu une autre époque… Et si vous développiez une vraie « position 2 » plutôt qu’une « position 1 aux critères désajustés car les temps ont changé ! » ;
- prendre la fonction de médiateur entre adulte et adolescent pour développer une position 3, envisager le « nous », en médiateur impliqué dans la relation pour mieux résoudre les conflits de contenu (et de générations !). Deux groupes de médiateurs furent constitués « les médiateurs adultes », et les « médiateurs ados », version « grand-frère », pour mieux travailler cette 3e position perceptuelle, impliquée et en même temps neutre vis-à-vis de l’adolescent.
Nous avons travaillé en équipe les croyances limitantes, les préjugés, les comportements inadaptés côté adultes-parents et adolescents puis nous avons cherché des solutions en nous centrant sur les Intentions Positives Inconscientes de chacun. Le moment le plus touchant fut sans doute de réaliser qu’au-delà des mauvais comportements et des croyances « négatives », les adultes et les adolescents cherchent à protéger le lien, à ne pas le rompre ! La relation avant tout car sans elle, nos jeunes générations ne pourront évoluer sainement vers des objectifs qui soient les leurs et en même temps qui protègent leur écologie et soient réalistes.
Rappelons-nous, la période adolescente est celle de tous les possibles dont certains sont en réalité des idéaux irréalistes, irréalisables et le travail de l’adulte est d’aider son jeune à revenir de l’idéal au réalisme tout en traversant une légère déception et en touchant une vraie satisfaction d’arriver à un objectif « réel, concret, écologique ». Un adulte référent, un parent, c’est un coach qui encourage sans se démotiver, en acceptant de rappeler sans cesse les limites et donc le principe de réalité, le réalisme, et en préservant malgré cela la motivation à aller vers un futur qui sera enthousiasmant même s’il est empreint « de balisage de sécurité »… un peu moins de ketchup dans les pâtes peut-être (pour éviter les chutes et les taches irréversibles !) et la soirée n’en restera pas moins une « pasta party enthousiasmante » !
Chercher des ressources et ajuster nos représentations
Nous avons ensuite travaillé à chercher des ressources : transformer les croyances limitantes en génératrices, à transformer les comportements parce que nous avions des IPI (intentions positives inconscientes) désormais conscientisées et que nous avions des axes de raccordements entre adultes et adolescents, des leviers de motivation autour de valeurs réciproques, une recherche de comportements réellement ajustés à l’époque actuelle. Les parents déposent leur peur, leur propre héritage éducatif « obsolète » et ouvrent leur carte au monde actuel où l’adolescence est désormais regardée comme une vraie étape de développement et plus un passage, et l’adolescent regardé comme un humain adolescent en phase de déploiement identitaire et non plus comme un enfant ou un adulte. Aujourd’hui nous savons que le stade adolescent dure de 12 à 24 ans et correspond à un développement neurophysiologique intense et à une maturation identitaire et relationnelle forte. Nos adolescents sont le reflet de notre société actuelle plus que de notre futur et nous devons les accompagner à préparer une meilleure société pour nous tous.
Nous avons fini par un petit exercice à partir d’images à partager et présenter, illustrant des scènes de vie, des scénettes humoristiques sur les échanges entre adultes et adolescents, et chaque groupe a donné des solutions pour améliorer les échanges, la communication et quelle que soit l’image initiale, transformer celle-ci en pensée positive, en croyance-ressource sur les liens adolescents-adultes et sur l’adolescence.
J’ai fini ma présentation avec quelques essentiels rappelés ci-dessous et quelques phrases qui furent mon inspiration du jour, autour de la cause des adolescents et comment la PNL m’a appris à lire leur carte, m’y associer et raccorder mes valeurs sur un présupposé très humaniste : l’adolescence est la meilleure phase de croissance et de transformation dans une famille. C’est une remise à jour de nos programmations obsolètes et une invitation non pas à la crise mais au recadrage « en grand » !
Petits extraits pour aider au quotidien
1 — Un ado, c’est comment ?
Un ado est ado entre 12 et 24 ans ; un ado est un adolescent et pas un enfant trop grand ou un adulte immature → l’adolescence est une vraie phase de vie et pas un passage ; il subit de nombreux bouleversements et ne peut pas réguler ses émotions et réfléchir sur ses actes – pensées réflexives et introspection-intéroception vers 15-16 ans.
Il doit développer 3 compétences :
- introspection et conscience de soi (intéroception-extéroception) ;
- empathie (développement de la conscience de l’autre, préservation narcissique et conscience de la récursivité relationnelle) ;
- intégration = relier les choses en un tout et lui donner de la cohérence.
2 — Parents d’ado, c’est comment ?
Être patients et tenaces, ton calme, claire conscience et pleine présence ; être adulte ! éviter de se comporter en enfant, victime, sauveur, ado ; maintenir sans cesse la confiance et la communication en parlant avec des éléments factuels, avec son ressenti « JE », développer sa pensée et demander sa représentation ; inutile de confronter les perceptions ou les représentations ! Partager les points de vue, proposer d’expérimenter et ensuite faire un feed-back ensemble ; leur apprendre à décoder leurs émotions et besoins, pour les dire et les contenir et vous faire des demandes ; et vous, entendre les demandes avec un postulat : il apprend ! Formidable, moi aussi ; parler, partager, se rappeler que cela se passe et bien déterminer le problème (l’ado ne sait pas toujours) ; consulter si besoin (soignants spécialisés) ; changer de lieu, de contexte et identifier les inducteurs de crise car ils ne sont pas toujours là où se joue la crise ; se rappeler qu’un ado qui se manifeste est souvent en meilleure santé qu’un ado trop calme/inhibé et coincé dans son monde sans pouvoir découvrir « le » monde.
3 — Un ado… oiseau rare (selon Angélique)
Il est un oiseau rare et curieux au plumage inattendu qui fait que le parent ne le reconnaît pas ! Mais il ne le connaissait pas non plus ! Il oscille entre la prise de bec et le repli dans sa cage – chambre à coucher – et sans mentir, si son plumage vous éblouit, son ramage peut vous clouer le bec.
Il kiffe grave de vous voler dans les plumes, mais « ça le tue » si vous lui arrachez les siennes. Prenez soin de votre oiseau rare car d’étrange canard, il deviendra un beau cygne de votre lignée… Laissez-le s’envoler un peu pour qu’il trouve sa place et arrange ses ailes selon le contexte où il évolue. Sa niche écologique est plus riche et plus variée que la vôtre ! Il en prendra une plus belle envergure !
Le lien avec la PNL
Cet article illustre comment la PNL fournit un cadre concret pour désamorcer l’opposition générationnelle : les trois positions perceptuelles (soi, l’autre, l’observateur médiateur) permettent littéralement de « croiser les cartes du monde » d’un parent et d’un adolescent, tandis que le travail sur les Intentions Positives Inconscientes révèle qu’au-delà des comportements en apparence problématiques, tous cherchent à préserver le lien. Angélique Gimenez montre ainsi que des outils PNL nés en contexte thérapeutique s’appliquent tout aussi bien à la vie de famille au quotidien.
Angélique Gimenez est psychopraticienne en PNL humaniste et thérapeutique, titulaire du Certificat Européen de Psychothérapie (CEP) depuis 2014, psychotraumatologue et éthologue. Formée initialement aux sciences (Maîtrise en génie sanitaire et environnement, Paris XII, 1992), elle dirige le cabinet Anvisage (Var), où elle accompagne enfants, adolescents et adultes, notamment sur les troubles des conduites alimentaires et les troubles dissociatifs. Également formatrice et superviseure de thérapeutes, elle est mère de trois enfants.

La Fédération NLPNL est la référence et le garant de la qualité de l’enseignement, des métiers de l’accompagnement, de la formation et des applications de la PNL francophone.
Pour en savoir plus sur la NLPNL c’est ici et pour adhérer c’est par ici !
Nous serions ravis de vous compter parmi nous si vous n’êtes pas encore adhérent.
Liste des collèges
