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Publié le 15 août 2026

La PNL est-elle scientifique ? Une démarche expérimentale au service des entreprises

La PNL est-elle une démarche scientifique ? Michaël Ameye, consultant, coach et formateur en leadership, répond à cette critique récurrente en comparant, étape par étape, la méthode scientifique expérimentale classique et la façon dont la PNL a été construite par ses fondateurs — avant de proposer un exemple concret d’intervention en entreprise conçu selon cette même rigueur. Un article publié dans la revue Métaphore n° 95, décembre 2019.

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Cet article m’a été inspiré par trois expériences différentes qui me sont venues à l’esprit au même moment. Une sorte de synthèse que j’ai envie de partager avec vous.

La première expérience est la défense de thèse doctorale d’un de mes élèves d’aïkido, que je connais depuis l’âge de huit ans. Il est maintenant docteur en biologie et s’est intéressé durant sa thèse à la répartition naturelle de différentes populations d’arbres les unes par rapport aux autres, en fonction de différents paramètres physico-chimiques liés au sol et aux métabolismes de chacune des espèces. Après un inventaire minutieux sur le terrain, il a fait face à une multitude de données et s’est donc tourné vers le traitement de grands paquets de données pour faire ressortir une logique. Pour cela, il lui a été nécessaire « d’inventer » des méthodes de traitement des données afin de faire ressortir une logique et donc un modèle mathématique prédictif de répartition des populations. Il a donc développé un modèle de répartition.

La deuxième expérience qui m’est venue à l’esprit est la demande, l’unique demande en 15 ans de consultance et de formation, de la part d’une entreprise, d’avoir une formation en interne à la PNL afin de leur permettre d’utiliser la « méthode ». Et dans le cadre de cette demande, je me suis retrouvé à expliquer ce qu’était la PNL et comment elle pouvait être utile en entreprise, avec comme conséquence une surprise de la personne face à ce qui est bien plus qu’une « méthode ».

La troisième expérience qui a émergé dans ma réflexion est la lecture, récurrente, d’articles qui dénigrent ou dénoncent le manque de validité scientifique de la PNL. Souvent ces articles prennent des techniques et démontrent que les techniques ne sont basées sur aucune étude et n’ont aucune validité scientifique. En tant que scientifique moi-même, je suis toujours ébahi de l’extrémisme de certaines positions dites scientifiques qui semblent conclure que si cela n’a pas été validé scientifiquement, cela n’existe pas… L’envie me prend parfois de leur rétorquer que la science n’a pas tout démontré dans le fonctionnement de la pensée et de la conscience et que pourtant cela existe et cela fonctionne…

Mais, revenons au titre de cet article et au lien entre ces trois expériences.

Qu’est-ce qu’une démarche scientifique expérimentale ?

Elle a été définie depuis des millénaires et comporte en résumé les étapes suivantes :

  1. Observation de phénomènes ;
  2. Étude de la littérature et des théories existantes en lien avec les phénomènes observés ;
  3. Émission d’hypothèses ;
  4. Conception d’une expérience permettant de vérifier l’hypothèse ;
  5. Recueil et analyse de données en lien avec cette vérification ;
  6. Synthèse : modélisation, théorisation, transformation d’une hypothèse en loi, validation d’une méthodologie, … ;
  7. Conclusion et publication dans la communauté scientifique afin que celle-ci puisse continuer le cycle.

La PNL, une démarche scientifique depuis ses origines

Si l’on reprend la démarche de la PNL depuis ses fondements, on constate que :

  1. Les fondateurs ont bien filmé, observé des thérapeutes qui semblaient au sommet de leur art afin de comprendre comment ils faisaient ;
  2. Ils ont fait des liens avec des théories existantes dans différents champs reconnus de la psychologie et de la linguistique ;
  3. Ils ont énoncé des présupposés et des hypothèses sur ce qui fonctionnait dans le travail des thérapeutes ;
  4. Ils ont ensuite conçu leurs propres entretiens afin de tester « la différence qui fait la différence » ;
  5. Sur base de ces entretiens, ils ont recueilli les témoignages et le vécu des personnes « testées » ;
  6. Ils en ont fait une synthèse et créé certains des modèles, méthodes et outils qui sont toujours utilisés aujourd’hui ;
  7. Ils ont écrit et publié leurs conclusions et développé un enseignement de leur méthodologie et outils.

Et depuis, la communauté des PNListes continue à développer des outils et des méthodes sur la base des premiers apports de la démarche.

Et ceux qui, comme moi, utilisent la PNL dans leur pratique professionnelle et en vivent, savent que cela crée réellement une différence qui « paie ». J’invite tous ceux qui pratiquent et développent la PNL à publier des articles dans des revues scientifiques.

Quand je lis certains articles, je suis persuadé que les PNListes peuvent amener plus de contenus. Ainsi, nos détracteurs auront moins de libre jeu pour argumenter que la PNL n’est pas basée sur une démarche scientifique.

Mon élève dans sa thèse doctorale en biologie a inventé une méthode statistique pour faire ressortir des « motifs » de pléthore de données. En quoi est-ce différent de notre discipline qui arrive à distinguer des schémas linguistiques et comportements dans la richesse d’une communication entre deux ou plusieurs êtres humains ?

Ce que les PNListes peuvent apporter aux entreprises

Il me reste à explorer la deuxième partie du titre : que pouvons-nous, nous PNListes, apporter comme service aux entreprises ? Notre approche expérimentale et notre curiosité, notre passion pour les schémas et les motifs récurrents dans les relations entre humains.

Nous avons été formés à modéliser les stratégies d’excellence. Nous pouvons dès lors nous intéresser à comment les humains, dans un contexte organisationnel donné :

  • Réussissent à atteindre un objectif ;
  • Utilisent des outils réels ou virtuels ;
  • Arrivent à maintenir un conflit à des niveaux élevés de tension (oui vous avez bien lu !) ;
  • Réinventent un métier ;
  • S’adaptent individuellement ou collectivement à un changement bien identifié ;
  • Créent un effet de groupe inattendu ;
  • Réussissent à être des influenceurs qui font la différence ;
  • Arrivent à nier une réalité organisationnelle inconfortable pour garder leur fonction ;
  • Dépassent leurs limites de manière récurrente jusqu’à épuisement complet ;

Toutes ces situations sont à appréhender dans ce qu’elles ont d’unique. Notre monde se complexifie tant et plus et les modèles ont de plus en plus de limites lorsqu’on les teste de plus en plus loin des conditions standard dans lesquelles ils ont été développés.

Je ne crois pas aux outils et méthodes qui fonctionnent pour toutes les situations. Je crois par contre à la curiosité et la flexibilité d’étudier chaque cas amené par un client comme un environnement unique.

Ainsi, nous pouvons observer cette situation avec un œil neuf :

  • Comment font les êtres humains pour se mettre dans cette situation ?
  • Comment arrivent-ils à la maintenir ?

C’est la phase d’observation de la démarche scientifique expérimentale. Ensuite, nous pourrions faire des liens avec des théories et modèles existants en vérifiant les conditions d’application de ceux-ci. L’étape suivante serait d’amener nos hypothèses à notre client afin qu’il mesure leur validité ou qu’il nous demande de le faire. Enfin, nous pourrions sur la base des informations recueillies sur le terrain, donner un diagnostic et faire ressortir un « motif » qui permette d’orienter la ou les stratégies du client.

Un cas concret

Je propose d’illustrer mon propos par un exemple concret.

Demande du client : Un chef de service dysfonctionne en prenant une position d’expert et en jouant solo.
Observation de ma part : la personne a réussi à rendre sa fonction et son fonctionnement incontournables, même pour les dirigeants et les responsables des Ressources Humaines, au point que l’on a peur des conséquences de ses réactions face à une intervention externe.
Hypothèse : Les schémas relationnels entretiennent la personne dans sa position de force.
Expérimentation : Demande au client de noter les réactions qu’ont les membres de l’organisation qui entretiennent la position du chef de service et ce pendant une semaine. Ensuite, de tester ce qui se passe si les responsables et collègues font comme si le chef de service allait partir définitivement, et ce pendant deux ou trois semaines.
Recueil des données : Le comportement de la personne ne montre aucune inflexion pendant la première semaine mais les responsables prennent conscience du pouvoir qu’il lui donne. Ensuite, les comportements de la personne commencent à changer vers plus de collaboration.
Synthèse et conclusion : Implication du chef de service dans une réorganisation dans laquelle il a moins de pouvoir mais plus de sérénité.
Publication : cet article.

En conclusion de cet article, il me paraît important d’adopter une posture de curiosité et de modélisation des stratégies relationnelles dans les organisations afin d’aider nos clients à repérer leurs schémas répétitifs. La démarche expérimentale permet d’avancer prudemment en intégrant les aspects systémiques de l’organisation.

Elle permet d’impliquer le client dans la démarche de changement. Il est amené à prendre conscience par lui-même de ce qui dysfonctionne, teste par lui-même d’autres stratégies et enfin en mesure les effets.

À vous de jouer dans vos labos !

Le lien avec la PNL

Cet article répond frontalement à l’une des critiques les plus fréquentes adressées à la PNL — son manque supposé de rigueur scientifique — en démontrant, étape par étape, que sa construction historique suit fidèlement les canons de la méthode expérimentale : observation de thérapeutes d’exception, formulation d’hypothèses, tests, synthèse en modèles reproductibles. Michaël Ameye prolonge cette démonstration par un cas concret où il applique lui-même cette rigueur méthodologique à une intervention de coaching en entreprise, illustrant comment un PNListe peut structurer sa pratique comme une véritable démarche de recherche-action.


Michaël Ameye est ingénieur chimiste de formation. Après un parcours dans la consultance technologique, il fonde en 2004 la société Egregoria et se spécialise dans le leadership, l’intelligence collective et l’entrepreneuriat. Maître Praticien et Formateur certifié en PNL par Robert Dilts et Judith Delozier (NLPU, Santa Cruz), il est également formé à l’Analyse Transactionnelle, à la Gestalt et à l’approche systémique. 6e dan d’Aïkido, il intègre les apports de cette pratique à son accompagnement des leaders et des organisations. Site : www.egregoria.be


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 95 – décembre 2019

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