Publié le 14 août 2026
Les croyances en PNL : ce que les animaux nous apprennent sur nos programmes inconscients
Pourquoi un éléphant capable d’arracher des arbres reste-t-il attaché par une simple corde ? Patrick Condamin, psychothérapeute et enseignant en PNL, égrenait une série d’histoires — éléphants, tigres, vautours, singes — pour éclairer comment nos croyances se forment, se transmettent et parfois nous enferment, ainsi que les moyens que la PNL offre pour les identifier et les faire évoluer. Un article publié dans la revue Métaphore n° 92, mars 2019.
Une histoire vaut souvent mieux qu’un long discours.
Selon la PNL, une croyance est tout simplement « ce que l’on croit ». Comme nous le reverrons plus tard, une croyance est une généralisation, une traduction mathématique : « A => B ».
La plupart de nos croyances sont utiles, elles sont souvent vraies, elles sont la plupart du temps inconscientes. Elles peuvent être parfois nuisibles, ou fausses, ou conscientes.
À chaque histoire, je proposerai les réflexions qu’elles m’inspirent. J’espère que ces histoires alimenteront également vos propres pensées et découvertes.
Un éléphant, ça trompe…
Du temps de la colonisation, un lord anglais passe tous les jours devant un spectacle qui l’intrigue : un éléphant gigantesque est attaché à un piquet par une simple corde. Or ce dernier transporte aisément plusieurs arbres avec sa trompe.
Intrigué, l’anglais choisit un traducteur et pose la question au cornac. Ce dernier éclate de rire. « Vous savez Sabih, l’éléphant n’a pas toujours été ainsi. Quand je l’ai eu, il mesurait la taille d’un chien et s’est épuisé à tenter de fuir pendant des semaines. Épuisé, il a fini par comprendre qu’il était inutile de lutter ».
Réflexions personnelles :
– Les éléphants ont des croyances…
– Donc ils ont un inconscient.
– Cette croyance s’est installée à un moment de leur vie, dans le cas présent comme suite à un évènement traumatique. On pourrait peut-être la formuler ainsi : « je n’arriverai jamais à me détacher ».
Mais, sauf à faire une lecture de pensée, mieux vaudrait le barrir avec l’éléphant !
– Le programme, installé à un moment de la vie de l’éléphant, n’a jamais été remis en question, car l’inconscient a « oublié » de remettre en cause un comportement positif à l’époque, puisqu’il a tout simplement permis au bébé de « lâcher prise ». Les mammifères que nous sommes se conduisent de la même façon sur ce point.
Même les tigres s’y mettent
Dans le film de Jean-Jacques Annaud, « Deux frères », l’auteur nous conte l’histoire d’un tigre. Ce dernier est prisonnier dans un cirque où on le dresse en particulier à passer à travers un cercle de feu. Or les tigres ont normalement une crainte atavique du feu et ce comportement est le résultat d’un dressage « contre nature ». Le tigre finit par s’échapper du cirque et rejoint son frère, resté dans la jungle. Ce dernier doit tout lui apprendre de la vie sauvage. Mais un jour, les villageois veulent capturer les animaux. Ils procèdent comme d’habitude, en faisant un cercle de feu dans la jungle. Cette fois, c’est le tigre domestiqué qui sauvera son frère en sautant au-dessus des flammes, entraînant son frère et lui sauvant la vie.
Réflexions personnelles :
– Nos croyances ont été établies à un moment de notre existence dans un but positif.
– Dans certaines conditions, par exemple un traumatisme, une réflexion ou un travail personnel, elles peuvent être remises en cause.
– De même que le tigre sauvage aura probablement reconsidéré sa peur du feu grâce à son frère, on peut imaginer dans le premier exemple que, si un feu ou un tsunami menaçait, l’éléphant aurait arraché son piquet. Sa croyance aurait alors disparu. Une exception, vécue ou acceptée, peut suffire à casser la croyance ! La généralisation se dissout alors d’elle-même.
Élever les vautours !
Dans un parc américain, devant la menace de la disparition des vautours suite à une maladie, quelques animaux ont été protégés dans un zoo. Le danger passé, un couple a été lâché. Ce dernier a fabriqué son nid et donné naissance à plusieurs bébés. Aucun n’a survécu.
L’autopsie a dévoilé que les bébés, plus fragiles que les adultes, ont déchiré leur estomac en ingérant des petits bouts de verre coupants. La nature en Amérique est en effet parsemée d’innombrables bouteilles cassées de soda.
La direction du parc a alors décidé de mettre dans les cages du zoo des bouts de verre, ainsi qu’un dispositif caché produisant une décharge électrique. Pan sur le bec, comme dit le canard enchaîné, cet autre volatile bien connu.
Et puis le couple fut relâché ! Les bébés ont désormais survécu, ainsi que leur descendance.
Réflexions personnelles :
– Une croyance (les bouts de verres sont dangereux) peut-être le résultat d’un apprentissage et cet apprentissage est transmissible par l’éducation. Même si les descendants ne savent plus ni la cause ni la justification de l’interdiction !
– Certaines croyances sont limitantes, mais la plupart des croyances sont aidantes. Dans ce cas, elles permettent aux bébés de survivre, ce n’est pas rien !
Les singes n’aiment pas l’eau froide
Des singes ont été installés dans une cage confortable. Dans la cage, une échelle, et en haut de l’échelle, de succulentes bananes. Bien sûr, les singes se sont précipités. Néanmoins, un mécanisme faisait en sorte que le moindre mouvement de l’échelle produise une abominable pluie glacée dans l’ensemble de la cage. Les singes ont vite compris. Ils empêchèrent leurs congénères de tenter à nouveau l’expérience. Bientôt plus aucun singe ne tenta l’expérience, et on coupa le circuit électrique devenu inutile. Puis on permuta un des singes avec un individu qui ne savait pas l’histoire. Il n’eut pas le temps de sauter sur l’échelle, car le groupe le ceintura et le gronda. On changea progressivement tous les animaux et la croyance resta, bien que cette dernière n’ait plus aucun sens. C’est ce que la PNL appelle une origine perdue !
Réflexions personnelles :
– La croyance d’un groupe se transmet de génération en génération.
– C’est un programme inconscient. Dans l’exemple précédent, il a été transmis par l’éducation. (le groupe empêche les nouveaux venus de faire ce qu’ils croient être une bêtise).
– Pourtant, contrairement à l’exemple précédent, cette croyance n’a plus aucune utilité (il y a longtemps que le dispositif électrique a disparu)
– Combien de nos croyances bloquent ainsi nos capacités, nos apprentissages et notre créativité ?
Et l’homme dans tout cela ?
Nos croyances sont un moteur de nos existences. Le plus souvent, nos croyances sont inconscientes et leur origine est perdue dans la nuit des temps. Nous sommes sur ce point semblable à la galerie d’animaux présentés précédemment.
Notre inconscient nous protège et nous guide comme il le fait pour les animaux. Simplement, il oublie parfois de reconsidérer ces « programmes ». Lorsque nous évoluons, ces derniers parfois, ne sont plus adaptés !
- Jeanne n’arrive pas à apprendre. L’analyse montre qu’il y a, dans sa famille, un secret de famille peu reluisant, et qu’en conséquence, depuis sa petite enfance, « apprendre est dangereux »
- Tom a la passion de fumer. Il se rappelle enfin que, lorsqu’il était enfant, son père lui a tendu une cigarette : « Maintenant, tu es un homme ! »
- Michel saborde les situations où il pourrait trouver du plaisir. Il s’est drogué étant jeune et associait la drogue au plaisir. Pas de plaisir, pas de drogue ! Mais pas de bonheur non plus ! Cela devint gênant et inapproprié quand il a découvert d’autres plaisirs plus sains.
- Émilie est une jeune femme brillante et réussit sa vie. Sauf qu’à l’approche de ses règles, elle vit une semaine complète d’enfer. Elle finit par se souvenir que, dans un pensionnat de jeunes filles, ses règles sont survenues très tôt. Pour la rassurer, une dame de compagnie lui a dit : « Tu sais une femme doit souffrir ». Aussi, elle a décidé à cette époque de devenir une vraie femme et de souffrir beaucoup !
Heureusement, la PNL et l’hypnose offrent un grand nombre de techniques pour modifier ces croyances. Le plus dur est de les détecter !
Le principe est le même avec des apprentissages du type « vautour » ! Le fils d’un ami voulait acheter une moto. Son père s’est contenté de lui faire visiter un service d’hôpital d’urgence spécialisé dans les traumatismes des motards… Le fils a modifié son projet !
On n’est pas des bêtes !
Une différence est magistralement exposée par l’historien Yuval Noah Harari, dans son premier livre « Sapiens ». Des croyances partagées entre des individus ont permis de construire des groupes humains importants. Ce partage, en particulier à travers le langage, a permis leur sédentarisation ainsi que le passage de la cueillette à l’élevage puis à l’industrie, de la tribu au village, à la ville, et à la nation. Par culture, on entend en particulier les modèles religieux ou sociaux (socialisme, capitalisme, fascismes, etc.).
Parfois, des trublions remettent en question certaines valeurs.
– Remettre en question la terre comme centre du monde comme l’a fait Galilée, c’est faire trembler l’équilibre d’un monde basé sur le livre saint. Si l’on conteste une proposition de la bible, alors chacun peut douter, et la foi est ébranlée.
– Un monde politique s’est écroulé dans ma jeunesse, où beaucoup de mes camarades étaient communistes, avec la découverte des crimes de Mao et de Staline.
Patrick Condamin concluait son article en donnant la parole aux poètes, eux aussi « trublions » à leur manière, en évoquant une chanson d’Alain Souchon sur le vide du ciel et la solitude des rites, puis une phrase tranchante de Georges Brassens sur la musique qui marche au pas. (Note de la rédaction : les paroles originales ne sont pas reproduites ici pour des raisons de droits d’auteur.)
Le lien avec la PNL
Cet article illustre de façon très concrète la définition PNL de la croyance comme généralisation (« A => B ») et la notion d’« origine perdue » : une croyance transmise de génération en génération peut perdurer longtemps après que le contexte qui l’a fait naître a disparu. En multipliant les exemples animaliers, Patrick Condamin rend tangible un principe central du changement en PNL — une croyance, même ancienne et inconsciente, reste modifiable dès lors qu’on parvient à la détecter et qu’une expérience contraire, vécue ou acceptée, vient l’ébranler.
Patrick Condamin est psychothérapeute individuel et familial, titulaire du Certificat Européen de Psychothérapie. Hypnothérapeute et Maître Praticien en Hypnose Ericksonienne (New York Training Institute), il est également Maître Praticien et Enseignant en PNL, membre du Collège des Psys de NLPNL (au moment de la publication de cet article), ainsi que sophrologue, sexothérapeute et praticien en Intégration par les Mouvements Oculaires (IMO). Il écrit régulièrement dans la revue Hypnose & Thérapies Brèves et dans Métaphore.

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