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Publié le 10 août 2026

Transmettre la PNL à ses enfants : dialogue entre une mère formatrice et son fils

Comment vivre la PNL en famille sans « saouler » ses proches, et comment coacher ses propres enfants sans perdre sa neutralité ? Marion Sarazin, formatrice en PNL, et son fils Pierre, aujourd’hui lui-même maître praticien, reviennent à deux voix sur trois décennies de transmission. Un dialogue publié dans la revue Métaphore n° 89, juin 2018.

S’imprégner de la PNL sans « saouler » sa famille

Pierre : Comment transmettre la PNL à ses enfants quand on a été formé soi-même à la PNL ?

Marion : Quand je me suis formée à la PNL, ça a été une découverte incroyable, une suite d’émerveillements. Et chaque soir je rentrais à la maison et je retrouvais les membres de ma famille, qui eux n’avaient pas baigné toute la journée dans cet environnement. Et très vite j’ai compris qu’il fallait que je fasse très attention, c’est-à-dire qu’il ne fallait pas que je les « saoule » avec la PNL. Mais je me suis dit que j’avais quand même le droit de parler de mon expérience. Alors je leur racontais de temps en temps les choses très intéressantes qui s’étaient passées dans la formation, en essayant de ne pas exagérer.

Pierre : C’est vrai tu as commencé à te former à la PNL quand j’avais 7 ans mais, moi, avant l’âge de 16 ans, je n’ai pas le souvenir que tu aies jamais évoqué la PNL à la maison. À 8 ans une nuit j’avais fait un cauchemar. Tu m’as fait un « swish » en pleine nuit pour que je me rendorme sans que je sache que c’était de la PNL. En fait je m’imprégnais gentiment de la PNL dans le quotidien, sans m’en rendre compte.

Marion : Je pratiquais effectivement la PNL au quotidien dans la mesure où je me synchronisais avec mes enfants, je posais les questions du méta modèle pour avoir de l’information, j’utilisais beaucoup l’intention positive, je faisais des recadrages, des ancrages etc. Et puis grâce à la PNL j’étais devenue plus positive, confiante, patiente qu’avant avec mes enfants, (sans y parvenir à chaque fois, bien sûr, je ne suis pas une mère parfaite !). Mais finalement, du fait de ma formation, mes enfants ont baigné sans le savoir dans un bain de PNL.

Le moment où la demande arrive

Pierre : Et à partir de quand tu nous as coachés à proprement parler en utilisant la PNL ?

Marion : J’ai attendu que chacun, à votre rythme, vous me demandiez de vous aider à surmonter une difficulté. Deux de mes fils m’ont sollicitée, chacun à sa manière. Le troisième ne m’a jamais sollicitée ouvertement.

Pierre : Et moi je t’ai sollicitée pour quoi la première fois ?

Marion : Tu m’as sollicitée au moment où tu as eu une difficulté avec une fille avec qui tu avais une relation. Le premier travail que nous avons fait ensemble était le dialogue entre les parties. Je t’ai aidé à te rendre compte qu’il y avait en toi trois parties en conflit. J’ai trouvé ce travail passionnant parce que je découvrais un aspect de ta personnalité. Quant à ton frère, il m’a demandé mon aide pour définir son orientation après avoir obtenu son BAC. Nous avons travaillé sur ce qu’il voulait faire de sa vie et sur ce qui le bloquait pour y parvenir.

Coacher ses propres enfants : une question de posture

Pierre : Maman, coacher ses propres enfants, c’est compliqué. Comment fais-tu pratiquement ?

Marion : Au niveau éthique, je considère que je peux coacher mes enfants si ce sont eux qui me le demandent. Et il faut aussi que ce soit un sujet où je ne suis pas impliquée. Je ne vais pas les coacher sur leur relation avec moi.

Pierre : Mais n’est-il pas difficile de rester neutre, même si c’est un sujet où tu n’es pas directement impliquée ?

Marion : À partir du moment où je coache, je deviens ouverte à toute idée, à toute suggestion, sans aucun jugement sur le contenu de ce que mon enfant me raconte. Je change véritablement de casquette. Je deviens quelqu’un de neutre, entièrement dédiée à l’aider à trouver ce qui est bon pour lui. Ce qui est très curieux c’est que je n’ai aucun mal à le faire, alors que j’ai mes propres inquiétudes, croyances, valeurs. Ton frère s’interrogeait sur l’opportunité de vouloir devenir musicien, ce qui n’est pas une orientation très rassurante pour une mère soucieuse du fait que son fils parvienne à gagner sa vie. Et pourtant, comme j’avais cette posture de coach, je l’ai vraiment aidé à approfondir et à prendre des décisions de façon extrêmement neutre. Et toi Pierre, comment as-tu vécu le fait que j’utilise la PNL ?

Pierre : En fait je me rends compte que tu as souvent été neutre et bienveillante dans notre vie et ça nous a aidés. Ça change toute la dynamique parent-enfant. Contrairement à d’autres parents, tu n’as pas dit : « moi je sais ce qui est le mieux pour toi, je vais t’enseigner la vie ».

Préparer le terrain plutôt que forcer

À cause du fort enjeu affectif entre un parent et un enfant, un petit problème d’un ado peut être mal accueilli parce que ce problème énerve le parent, l’inquiète ou parce que ça lui renvoie une mauvaise image de lui. Mais plus l’adulte aura travaillé sur lui grâce à la PNL, notamment, plus il pourra facilement dire à l’enfant : « fais ce qui est bon pour toi, je veux le meilleur pour toi » et aussi : « je vais t’aider à trouver ce qui est mieux pour toi ».

J’aimerais rajouter que, pour intéresser un enfant à la PNL, le terrain se prépare lorsque l’adulte prend une posture d’accompagnant à des moments clés et incarne les principes de PNL en tant que personne. C’est comme s’il répandait de l’engrais sur un terrain dans lequel une graine pousse, jusqu’à ce que l’enfant lui pose des questions sur la PNL ou même se dise : « ah ben tiens, j’ai envie d’apprendre la PNL, j’ai envie de la pratiquer ». Et cela arrive à un moment où l’enfant en a besoin, comme pour n’importe quel adulte qui commence la PNL. Car le fait d’en avoir besoin est essentiel.

Marion : Oui, si on force l’enfant, s’il prend ça comme un devoir, peut-être qu’il en tirera un bénéfice à court terme mais ensuite il risque de rejeter la PNL pendant des années.

Pierre : Une fois que l’ado ou le jeune adulte est demandeur, le meilleur moyen de lui faire connaître la PNL est de lui faire vivre un séminaire. J’ai vécu un séminaire avec Robert Dilts tellement fort que cela m’a touché profondément. C’était une expérience sociale, constructive, une expérience de vacances, de découverte de moi-même et de l’humain, si positive et impactante que cela m’a complètement convaincu pour la suite. Bien sûr il n’est pas nécessaire de suivre la formation de Robert Dilts à Santa Cruz pour expérimenter les bienfaits de la PNL. Un week-end, un atelier d’un après-midi peut être impactant. C’est très bien de faire vivre cela à son enfant.

Le lien avec la PNL

Ce dialogue met en scène, à travers une expérience familiale vécue sur trois décennies, plusieurs outils centraux de la PNL — synchronisation, questions du métamodèle, intention positive, recadrages, ancrages, dialogue entre parties — appliqués non pas en séance mais dans le tissu du quotidien parental. Marion Sarazin y pose une règle éthique simple mais structurante : ne coacher son enfant que sur demande explicite, et jamais sur un sujet où l’on est soi-même impliqué.


Marion Sarazin est formatrice, psychopraticienne et enseignante certifiée en PNL. Elle anime des formations notamment à l’Institut Repère et est membre du réseau de formateurs de la NLP University, dirigée par Robert Dilts et Judith DeLozier, avec qui elle a travaillé pendant sept ans en Californie. Titulaire d’un master en psychologie de l’université de Santa Clara et diplômée d’HEC, elle a occupé pendant vingt ans des fonctions de direction en entreprise avant de se consacrer à la PNL. Elle est l’auteure de S’initier à la PNL (ESF éditeur) et de Éduquer avec le sourire (Dunod), et fondatrice de « Au bonheur des parents ».

Pierre Sarazin est maître praticien en PNL, formateur en intelligence collective, management et communication, et coach en motivation profonde.


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 89 – juin 2018

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