Publié le 7 août 2026
Neurosciences affectives et coaching : construire le lien avec le client
Qu’est-ce qui rend un accompagnement vraiment efficace, au-delà de l’approche thérapeutique choisie ? Marie-Pascale Martorell, coach et formatrice, s’appuie sur les quatre critères de Louis Cozolino, auteur de « La neuroscience de la psychothérapie », pour éclairer la construction du lien en coaching — et fait le pont avec le recadrage de croyances en PNL. Un article publié dans la revue Métaphore n° 84, avril 2017.
Quatre critères pour un accompagnement efficace
Louis Cozolino auteur de la « La neuroscience de la psychothérapie », présente quatre critères qui déterminent selon lui un accompagnement efficace, indépendamment de l’approche thérapeutique à laquelle on se réfère. Ces critères ne sont pas limitatifs à un accompagnement psychothérapeutique et peuvent s’articuler dans une relation de coaching telle que l’approche que nous développons dans le coaching du lien.
Instaurer une alliance fondée sur la sécurité et la confiance
Ce type d’alliance s’établit par le biais d’une communication silencieuse sous le seuil de conscience, qui se traduit par des transactions émotionnelles en millièmes de secondes. Le coach développe une posture de parentage. Cela consiste non pas à être une « bonne maman » ou « un bon papa », mais à éprouver la succession d’accordages, de désaccordages et de réaccordages qui se créent inévitablement tout au long de la relation de coaching. Le coach prête son monde subjectif comme miroir résonnant et amplifiant du monde subjectif de son client.
Installer un niveau de stress léger à modéré
Le cerveau est un organe anxieux, soumis à des niveaux de stress qui peuvent empêcher de penser et de raisonner. Il est intéressant de s’informer sur le fonctionnement du Système Nerveux Autonome, les biens nommés systèmes sympathique et parasympathique. Avant que le client puisse réguler ses états émotionnels en autonomie (gérer la culpabilité, la gêne, la honte…), le coach s’utilise comme hétéro-régulateur du binôme. Il va s’occuper activement d’installer un climat propice aux apprentissages, notamment en réduisant l’anxiété que la prise de risque de changer procure. Ce processus de régulation peut prendre plusieurs séances.
Activer à la fois les émotions et la cognition
Notre culture occidentale a longtemps opposé la raison aux émotions. Aujourd’hui grâce au concept d’« affectivité mentalisante » le coach a une posture d’intégrateur. L’affectivité mentalisante (appelée aussi de façon simplificatrice : mentalisation) est la capacité à ressentir tout en pensant clairement et à penser tout en ressentant clairement. C’est aussi la capacité à imaginer tout en étant enraciné dans une réalité concrète. Un processus affectivo-mental complexe, sollicité dans notre posture d’accompagnant : être capable de mettre du sens sur ce que je ressens et d’incarner ce que je propose (mon analyse) tout en imaginant l’expérience du client.
Co-construire de nouveaux récits personnels
Inutile, désormais, de se dire trop vieux pour changer. Notre cerveau créé de nouveaux champs de spécialisation à tout âge, de nouveaux chemins neuronaux. Cette vision optimiste s’appuie sur la neuroplasticité. Dans une posture d’« imagineur », le coach formule le non-pensé, il fait du « comme si » pour accompagner son client dans du non-connu, dans un imaginaire. Il l’aide ainsi à se décoller du langage automatique, du monologue qu’il entretient avec lui-même.
« Quand on change l’esprit, on change le cerveau », cette affirmation de Kandel (prix Nobel) me fait penser aux recadrages de croyance utilisés en PNL : quand on fait un recadrage de croyances, ne change-t-on pas le cerveau de la personne ? Un constat qui nous engage, en tant que praticiens, à une grande responsabilité et une curiosité sur le champ ouvert par les neurosciences affectives.
Le lien avec la PNL
Marie-Pascale Martorell établit ici un pont explicite entre les neurosciences affectives et un outil central de la PNL, le recadrage de croyances. En s’appuyant sur la citation d’Eric Kandel — « quand on change l’esprit, on change le cerveau » — elle interroge la portée neurologique du recadrage : au-delà du changement de perspective qu’il produit chez le client, il pourrait s’accompagner d’une modification effective des circuits neuronaux, ce qui invite les praticiens PNL à une responsabilité accrue dans leur pratique.
Marie-Pascale Martorell est executive coach et gestalt-thérapeute, formée à la psychologie et aux neurosciences affectives au Québec. Associée du cabinet Trajectives, spécialisé dans l’accompagnement de la transformation des organisations, elle est l’auteure de « Coacher grâce aux neurosciences » (Studyrama, 2016) et anime des formations sur la Relation Optimale de Coaching auprès de coachs, de RH et de managers.

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