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Publié le 7 août 2026

La PNL au quotidien : un témoignage vécu, du méta-modèle aux méta-programmes

Que reste-t-il de la PNL une fois la formation terminée ? Eugène Mpundu, coach de vie et praticien PNL, raconte avec humour et sincérité comment les outils appris en formation se sont glissés, souvent à son insu, dans son quotidien professionnel et personnel — des ancrages involontaires aux méta-programmes, en passant par le méta-modèle et les présupposés. Un article publié dans la revue Métaphore n° 84, avril 2017.

Une première rencontre pleine de malentendus

La première fois que j’ai entendu parler de la PNL, j’ai cru que c’était une nouvelle science. Et le formateur en « leadership et management » des lèvres de qui est sortie cette petite chaîne de trois lettres n’a rien fait pour éclairer ma lanterne.

En tout cas pas dans l’immédiat. Je m’imaginais une personne assise sur un fauteuil, affublée d’un casque piqué de capteurs reliés à un réseau d’ordinateurs, et à côté de lui des chercheurs vérifiant la progression de la programmation du cerveau de leur cobaye sur des graphiques qui s’affichaient sur les écrans disposés devant eux. En tant qu’informaticien, j’avais bien imprimé le terme « programmation ». « Neuro » me plaisait bien aussi car il était dans l’air du temps. J’avais complètement « squeezé » le mot « linguistique » qui, accolé à « neuro » réveillait en moi la « guéguerre » entre les « scientifiques » et les « littéraires » dans le lycée où j’ai fait mes « humanités » comme on disait à l’époque.

Les choses ont commencé à se préciser les jours suivants quand le formateur a parlé de VAKOG en l’attribuant à la PNL. Et c’est ainsi que la démystification a débuté, avec son lot de déceptions à l’image de l’enfant qui pleure parce que son grand frère lui révèle que le Père Noël n’existe pas. Une porte se refermait alors qu’une autre s’ouvrait sur le monde du développement personnel.

J’ai eu la chance de travailler pendant longtemps dans une entreprise qui avait dans son catalogue des formations des thèmes sur le développement personnel tels que : « la prise de parole en public », « la gestion des conflits », « l’art de la négociation », « comment influencer efficacement » etc. Et j’ai sauté tout de suite sur l’occasion. Je les ai toutes faites, ces formations. Et dans chacune d’elle les formateurs nous instillaient un peu de PNL, parfois sans la nommer comme j’ai pu m’en rendre compte a posteriori.

Des ancrages involontaires

Et donc pendant plusieurs années, à l’instar de Monsieur Jourdain, j’ai fait de la PNL sans le savoir. Je me suis fait plein d’ancrages, parfois involontaires, surtout sur le canal auditif. C’est ainsi que le morceau de musique sur lequel j’ai dansé mon premier slow « langoureux » me donne toujours un petit frisson dans le dos, des années plus tard. De même quand je porte mes chaussures de marche, je me sens tout de suite plein d’entrain pour aller randonner. Au niveau professionnel, la PNL était surtout présente dans les réunions de service que j’animais, dans les comités de sécurité informatique que j’organisais tous les trois mois, dans les entretiens de suivi d’activité avec mes collaborateurs. À ce niveau-là, je me contentais de détecter les prédicats dans les discours de mes interlocuteurs pour créer et renforcer le rapport.

Pendant longtemps, ma distraction préférée dans les restaurants a consisté à observer les couples attablés pour voir s’ils étaient synchronisés. Je tirais parfois des conclusions assez hâtives de mes observations, du style : « ces deux-là je parie que dans quelques jours leur rupture sera consommée ! ».

J’ai appris plus tard que l’observation ne pouvait que fournir des hypothèses qu’il fallait confirmer par la suite en interrogeant le sujet.

Le méta-modèle, un outil dont j’ai usé et parfois abusé

La formation sur les bases de la PNL m’a fourni un outil dont j’ai usé et parfois abusé : le méta-modèle. C’est fou le nombre de nominalisations qu’on retrouve dans les journaux, dans les discussions de café ! Les généralisations, les omissions, les lectures de pensée foisonnent dans les conversations des repas de famille du dimanche. Bien entendu, je ne m’aventure pas toujours à poser des questions de recadrage. Surtout pas à la maison pour ne pas encaisser un « arrête avec ta PNL ». Oui, cette réplique est l’arme favorite de mes proches quand ils se sentent acculés par mes questions. Mais c’est compter sans mon bouclier favori : « La carte n’est pas le territoire ». Ce présupposé et ses variantes tombent à pic pour clouer le bec à ceux qui ne sont pas du même avis que moi et me le font savoir. À chacun sa représentation du monde, à chacun ses filtres de perception.

Les méta-programmes, des modèles plus « costauds »

Au fur et à mesure que j’avançais dans mon parcours PNL, je m’appliquais à pratiquer des modèles un peu plus « costauds ». Je mets dans cette catégorie les méta-programmes. Il n’est pas question de s’amuser à dérouler tous les aspects de cette notion que chaque auteur met à sa sauce même si le fond reste identique. Au cours d’une formation, il suffit de dire : maintenant tout le monde « APOIL », pour réveiller les participants qui commençaient à somnoler. Et ensuite, un questionnement sur l’organisation des dernières vacances permet de vite savoir si la personne est orientée « activités », « personnes », « objets », « informations » ou « lieux ». Cela devient un peu plus compliqué quand on doit rechercher le méta-programme pivot au niveau de la perception, de l’analyse de l’information et du moteur de l’action.

Le troisième pilier : la philosophie de vie des présupposés

Ce qui m’a surtout plu dans la PNL, c’est ce que je nommerai le « troisième » pilier, la philosophie de vie basée sur les présupposés de la PNL. « On ne peut pas ne pas communiquer » : pour un « taiseux » à qui l’on reproche son mutisme, ce présupposé est une vraie aubaine ! Pourquoi me fatiguer à parler si je peux communiquer en me taisant !

Pour conclure, je dirais qu’il me reste encore beaucoup de choses à explorer dans la PNL et j’ai de plus en plus de mal à imaginer ma vie sans elle.

Le lien avec la PNL

Cet article est, dans sa forme même, une démonstration du présupposé selon lequel la modélisation s’opère par identification et pas seulement par transmission intellectuelle : Eugène Mpundu montre comment les outils PNL — ancrages, méta-modèle, méta-programmes, présupposés — se sont intégrés à son quotidien professionnel et personnel bien après la fin de ses formations, souvent à son insu, confirmant que la PNL se pratique autant qu’elle s’apprend.


Eugène Mpundu est coach de vie, maître praticien en PNL et praticien en hypnose ericksonienne, installé à Thionville. Ancien informaticien reconverti dans l’accompagnement, il est également praticien EFT et facilitateur en pleine conscience. Il tient la rubrique « La PNL au quotidien » dans Métaphore (au moment de la publication de cet aticle) et est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « Casse pas ton balai » et « Le colis de Kodjo ».


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 84 – avril 2017

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