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Publié le 27 avril 2026

Les addictions des ados ne sont pas toujours liées à des substances

L’addiction des adolescents aux réseaux sociaux est un défi que beaucoup de parents connaissent bien. Anne Stepourenko, Master en PNL, propose des outils concrets issus de la PNL pour aider les familles à sortir du conflit et retrouver un lien de confiance. Un article issu de la revue Métaphore n°73, juin 2014.

Une addiction qui s’infiltre jusqu’au cœur des familles

Elles s’infiltrent partout jusque dans nos maisons sous des formes inattendues. Prenez par exemple le phénomène « réseau » : les parents tentent de débroussailler l’écheveau de leurs propres contacts et voilà que chez eux, dans leur propre famille, d’autres ramifications surgissent…

Si l’on en croit les statistiques, une majorité (57 %) des enfants et adolescents de 9 à 16 ans appartiennent à un réseau social et 80 % pour les 13-16 ans. De plus, ils sont 47 % à consacrer plus d’une heure par semaine à cette activité dont 72 % pour les 13-16 ans. Addicts ! Résultat : Facebook fait peur à 79 % des parents et à 59 % des enfants.

Une scène du quotidien : Stéphanie et Thomas

Je vous propose d’imaginer quelques réflexions probables entre Stéphanie, maman, et son fils Thomas, 15 ans :

« Viens déjeuner, tout le monde t’attend !
–…
– Mais lève ton nez de l’ordi et viens tout de suite ! C’est pénible ces jeux et ces réseaux, tu y passes la journée ! C’est pas normal, ça !
– Mais laisse-moi là, je tchatte avec mes amis !
– Ah oui, tes 1 500 amis sur FB ? Des gens que tu ne connais même pas, c’est flippant… Je me demande ce que tu peux bien leur raconter ? Viens à table !
– Pfff c’est pas marrant, pas moyen de vivre sa vie ici !
– Pour vivre, il faudrait déjà se nourrir je te signale !
– Tu ne comprends vraiment rien.
– Sans doute, mais mon rôti refroidit… Dernière sommation : tu viens déjeuner.
– Y’en a marre, j’te jure ! »

Stéphanie se dit : « Non seulement ce n’était pas facile de garder discrètement un œil sur ses fréquentations, mais au moins c’était chacun chez soi ! Voilà qui ne va pas simplifier ma tâche ! Des centaines d’inconnus, des amis, des bavards virtuels, des fantômes, des avatars… sont entrés chez moi et ils polluent l’esprit de mon enfant ! Il est urgent de réagir. »

I’m happy, dirait Snoopy, mais pas Stéphanie ! Embrouillamini…

Que craindre et en quoi la PNL peut aider ?

Les pédagogues (36 %) prônent le dialogue : un enfant averti est mieux protégé, disent-ils.

Les inquiets (34 %) bataillent sur tous les fronts : la protection de la vie privée (pas question de voir votre adresse affichée partout…), la portée des infos livrées à des inconnus (une ado de 15 ans a vu débarquer 20 000 personnes à son anniversaire, vous imaginez la surprise !), l’addiction (plus de 3h par jour pour les 13/16 ans !), le pilonnage commercial (quel excellent moyen pour vendre davantage) — sans compter que le Net n’oublie rien !

Quelques optimistes considèrent les réseaux comme un moyen de dépasser sa timidité, mouais… D’autres parents baissent les bras, fatalistes et impuissants face à l’ampleur du phénomène. 4 % de réfractaires imposeraient même tout net l’interdiction : des purs et durs.

Posons d’abord le postulat selon lequel un réseau, c’est comme un marteau. Voyons, un marteau est-il dangereux ? Cela dépend de la manière dont vous l’utilisez ! Tiens, justement, c’est une réflexion souvent appliquée à la PNL, ça !

Quelques techniques PNL pour aider Stéphanie

L’ancrage

Stéphanie a besoin de prendre du recul. Et aussi de faire confiance (à elle, à son fils). Elle connaît bien son fils Thomas et dans de nombreuses occasions, elle lui fait confiance. Il suffit de retrouver cet état dans un de ses souvenirs, de l’ancrer avec un geste simple et de l’amplifier le plus possible. Les effets des retrouvailles avec la ressource doivent être visibles sur Stéphanie (sourire, respiration calme…). Cela n’aura pas pour résultat de la rendre laxiste, non, mais d’éloigner d’elle le doute, l’inquiétude et la méfiance. En changeant elle-même elle incite son fils à choisir une autre réponse.

Les positions de perception

Elle se replace à l’âge de son fils, elle se met à sa place, ressent comme lui, pense comme lui. Ce qui l’agace chez Thomas, c’est un écho de ce qu’elle a en elle, oui mais quoi ? En faisant cet exercice de changements de perception, avec des chaises par exemple, Stéphanie comprendra probablement ce qui se passe. Elle proposera des alternatives qui les satisferont, elle et son fils. L’addiction aux réseaux a eu un début, alors elle peut aussi avoir une fin.

Le pont vers le futur

Si Stéphanie se positionne dans son futur sur une ligne imaginaire, elle pourra reconsidérer cette situation en la relativisant. Elle visualisera des lendemains positifs et pleins de ressources au lieu de penser au pire ! Elle se verra accompagner son fils avec bienveillance et sérénité tout en se répétant qu’elle est une bonne mère. Connectée avec son émotion présente (qui sera ancrée bien entendu !) elle ressentira les bienfaits d’une confiance en soi à transmettre à son fils.

Le rapport ! Bien sûr, encore et toujours le rapport

Se synchroniser

Stéphanie dirait : « Non, mais je n’ai pas de temps à perdre ! Il sait bien que nous allons déjeuner ! » Certes… mais le résultat c’est qu’il ne vient pas parce qu’il est addict à sa tablette. Alors, cela ne vaudrait-il pas la peine de prendre quelques minutes pour accompagner son changement ? S’asseoir à côté de la personne assise, par exemple. Pourquoi Thomas modifierait-il son comportement alors que Stéphanie est dérangée ? Parce qu’elle est la plus forte ? Ou qu’elle a le pouvoir ? Heu, c’est pas éternel ça ! C’est l’intime conviction qui en impose, pas les muscles ni le ton qui monte.

Calibrer

À la première réponse de Thomas, Stéphanie a bien repéré qu’il n’était pas d’accord pour obéir. Si elle ne tient pas compte de cette observation, la situation va devenir intenable : dialogue de sourds, obstination de part et d’autre, disputes, colère… Le non-verbal est tout aussi parlant que des mots prononcés.

Reformuler

Soit vous reprenez les mêmes mots que ceux de la personne, soit vous commentez son attitude. Dans notre exemple cela donnerait : « Tu n’as pas “envie” de venir à table, j’entends bien et il ne s’agit pas de ton envie mais des habitudes de notre famille, dont tu fais partie ! C’est pourquoi j’insiste : Viens manger ! » Notez qu’une réponse non-verbale a tout autant d’effet. Thomas ne répond pas, cela suffit, Stéphanie a compris. Faites de même, ne parlez pas trop mais soyez convaincus, soupirez pour expulser l’air et maintenez votre demande sans faillir et sans douter de vous.

Conclusion : modifier sa propre attitude, c’est déjà tout changer

Vous voyez, avec très peu de moyens, mais bien appliqués, il est possible de sortir de situations de conflits ou même d’un simple agacement. Un simple agacement répété plusieurs fois dans la journée peut devenir très stressant.

Encore faut-il que la personne qui souhaite que « ça change » se mobilise elle-même dans le sens de sa propre demande. C’est à Stéphanie d’anticiper, de ralentir son rythme, de s’adapter. Elle devrait être également concentrée sur ses valeurs et ses convictions.

Que de travail, me direz-vous ? C’est à vous d’en juger… Josiane de Saint-Paul répondrait : « Demandez-vous si cela en vaut la peine ? »

Si c’est non, ne faites rien, continuez à être agacés. Sachez que vos plaintes n’y changeront rien… Elles vous soulagent et alourdissent aussi l’ambiance.

Si c’est oui, modifiez un tout petit peu votre propre attitude, vos réponses et vous verrez vite la différence apparaître comme par magie !

La PNL conseille quelques ressources indispensables qui installent « l’esprit PNL » chez les PNListes. Parmi elles, nous trouvons : bienveillance, écologie, écoute, flexibilité… Je me permets d’ajouter l’amour. La PNL n’en parle pas… ou très peu. Cet amour des autres qui englobe la relation, cet amour de soi-même qui encourage et qui transporte vers sa mission en passant par l’alignement nécessaire de ses valeurs avec ses capacités et ses comportements. Une addiction est un résultat. Possible d’obtenir un peu plus de confort en agissant seulement au niveau des comportements, mais si l’addiction est ancienne, il faudra remonter loin dans l’histoire de la personne et l’aider à repenser (non ramollir !) ses croyances… mais c’est pour une prochaine histoire…


Contextualisation PNL

Cet article illustre l’application concrète de la PNL dans la relation parent-adolescent. Les outils mobilisés — ancrage de ressource, changement de positions perceptuelles, pont vers le futur, synchronisation, calibrage, reformulation — font partie des fondamentaux de la pratique PNL. L’auteure rappelle un présupposé essentiel : tout changement chez l’autre commence par un changement en soi.


Anne Stepourenko est Master en PNL, Présidente de la Commission Publications de la revue Métaphore au moment de la parution de cet article.


Article publié dans le Magazine Métaphore, n°73 – Juin 2014.

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