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Publié le 27 avril 2026

PNL et addictions, PNL et ados, ados et addictions, comment s’y prend-on ?

Comment la PNL peut-elle accompagner efficacement les personnes souffrant d’addictions — qu’elles soient adultes ou adolescentes ? Angélique Gimenez, praticienne spécialisée dans l’accompagnement des addictions et des TCA, propose une réponse en un mot : la COMPRÉHENSION. Un article issu de la revue Métaphore n°73, juin 2014.

Angélique Gimenez est spécialisée dans l’accompagnement des personnes atteintes d’addictions, en particulier les TCA (Troubles du Comportement Alimentaire). Elle a elle-même suivi un chemin personnel pour sortir de ces schémas limitants et nous donne l’espoir, en utilisant la PNL, de pouvoir comprendre ce qui se passe. Comment un patient en est-il arrivé là ? Comment l’aider ? Les addictions touchent également les ados et les jeunes adultes. Avec simplicité et bienveillance, Angélique nous explique comment s’y prendre avec eux.

Des patients qui ne croient plus en la guérison

Les patients qui souffrent d’addictions, qu’ils soient adultes ou adolescents, arrivent dans nos cabinets pour des motifs divers : parfois pour traiter directement leur addiction, parfois en formulant d’abord d’autres demandes. C’est à nous coaches ou thérapeutes de déceler la demande sous-jacente (ou pas) afin d’accompagner aussi la part-malade.

Beaucoup de personnes qui souffrent d’addictions dont font partie les Troubles du Comportement Alimentaires (anorexie, boulimie, compulsions, hyperphagie…) ont déjà expérimenté plusieurs méthodes d’accompagnement dans le champ médical et paramédical, dans le champ de la psychothérapie aussi et, à force d’« échecs » (du moins l’ont-ils vécu ainsi), ils n’y croient plus. Certains en concluent qu’ils doivent être « incompétents » face à la guérison…

C’est là que notre foi de praticiens humanistes, PNListes commence à faire office : bien sûr que chaque personne a les ressources pour s’en sortir !

Je ne pense pas que les patients, quel que soit leur âge, fassent de la « résistance » au changement (surtout pour aller mieux !) ; cette prétendue résistance ou incompétence du patient est en réalité, reformulée en termes de responsabilité, une incompétence du praticien à trouver les bonnes voies d’accès. Il a peut-être manqué d’outils, de foi en son patient et tout simplement aussi de compréhension. Oui, la compréhension… Nombre de mes patients me disent qu’ils se sentent incompris par rapport à leurs addictions ; on leur a tellement répété que : « c’est une question de volonté ».

Le sujet étant très vaste, sur le « comment ça marche la résolution des addictions », je choisis, pour cet article, de vous parler justement de la COMPRÉHENSION, celle qui rime avec accueil empathique des patients addictés et des adolescents aussi.

Quelques gestes simples : l’exemple de Hugo, 13 ans

Addicts ou pas, ils se sentent bien incompris… Dans l’usage courant, on leur dit trop souvent que l’adolescence est un monde à part. Hugo, 13 ans, qui avait exceptionnellement eu des mauvaises notes et qui doutait de lui est venu en consultation… le dénouement est arrivé rapidement ; il voulait juste savoir : « vous qui soignez les ados, est-ce que je suis en train de devenir bête… on m’a dit que j’entrais dans l’âge bête… ».

Un peu de méta-modèle : qui est le « on » ?

Un peu de recadrage : « plus tu grandis, plus tu apprends et tu sais de choses, non ? Si… alors penses-tu que tu deviens bête ? Te sens-tu plus bête ? »

Un peu d’intention positive inconsciente : « je voulais vérifier si je devenais bête… et si je le devenais, est-ce que mes parents m’aimeraient ? »

COMPRÉHENSION donc, dans cet exemple… Comment un enfant et un ado peuvent-ils entendre, ressentir et penser ces mots et ces expressions d’adultes ? Notre atout en PNL est de toujours regarder, calibrer, vérifier la portée de nos mots et de toujours partir de ce présupposé que « je suis responsable de ma communication »… et si l’ado a mal compris le sens, c’est que l’autre en face n’a pas vérifié si ces mots étaient bien « entendus ».

Les associations précoces : comment l’addiction s’installe

Comment comprennent-ils alors ces gens qui fument et ont l’air d’en être apaisés alors qu’il est écrit « fumer tue » ? Comment comprennent-ils que quand ils sont tristes, on leur propose du chocolat ? Comment comprennent-ils que maman est radieuse quand elle a perdu un kilo en faisant le dernier régime à la mode ?

Très tôt, les personnes atteintes d’addiction mettent en place des messages que l’on nomme associations, du type : addiction/mieux-être — des incohérences qu’il faut ensuite tâcher de contenir en soi à défaut de pouvoir les dire à voix haute. Une autre façon de le dire sera peut-être de provoquer l’entourage en fumant de la « beuh » ou de glisser dans une anorexie.

Comprendre l’addiction de l’intérieur

Dans les cas des addictions, la COMPRÉHENSION de l’autre demande d’être en capacité non pas de comprendre avec notre cerveau logique ce qu’est l’addiction, mais bien comment la personne la vit : comment entend-elle, ressent-elle, pense-t-elle, comment agit-elle quand elle est addictée ? Pouvoir comprendre le conflit interne entre la part qui veut en sortir (et là, elle le veut avec beaucoup de volonté consciente, avec son cortex « bien raisonnable ») et celle qui ne peut pas et se sent tellement attirée à certains moments par la puissante impulsion/compulsion vers l’alcool, la drogue, la bouffe !

Les ados ont d’autant moins de capacité à soutenir l’impulsion/compulsion qu’ils sont en apprentissage de cet accordage corps-esprit et de pouvoir gérer « rationnellement » ce que leur corps réclame.

Notre capacité, héritée de Milton Erickson, à accueillir toutes les parts de nous-mêmes y compris celles qui ont l’air en conflit, en contradiction ou dans le paradoxe, nous permet d’avoir une compréhension large et sensorielle, pas simplement intellectuelle, de ce que traverse ce patient-addict.

Nous pouvons accepter une chose et son contraire sans y voir de résistance ni de refus de changer. Nous saurons reconnaître, au-delà même des mots, ce que chaque part cherche à donner de bon. Nous pourrons avoir une compréhension plus objective, plus concrète, plus sensorielle en aidant le patient à s’associer, à nous montrer comment il vit son addiction.

La seconde position perceptuelle comme outil

Nous pourrons faire l’expérience de son « monde », accéder non seulement à sa carte du monde mais se rapprocher au plus près de son territoire « d’addict », s’approcher en prenant la seconde position perceptuelle pour mieux COMPRENDRE son addiction en tous sens et dans tous les sens du terme.

Cette compréhension très fine, non interprétative, est vécue comme une reconnaissance profonde, reconnaissance nécessaire pour pouvoir ensuite guider son patient avec un grand lien de confiance et une réelle empathie. On prend avec nous (COM-PRENDRE) toutes les parts de l’autre, et on commence alors un vrai travail de conciliation, de réconciliation intérieure. On ouvre le chemin vers un « aller vers » soi, y compris vers les parts malades — aller vers soi qui ne peut se faire sans une première étape où le praticien lui-même va « vers ».

Sans travailler en direct sur le « symptôme », il travaille avec ; la part détentrice des symptômes est en recherche de solutions et elle participera à la guérison aussi, si le praticien ose en parler et la fait parler dans une proportion équitable avec les autres parts non malades.

Travailler avec les patients qui « s’évitent »

J’entends parfois dire que les patients addictés ou les ados ne sont pas en capacité de faire un travail sur eux-mêmes, pour eux-mêmes puisqu’ils s’évitent, évitent de sentir, loupent un rendez-vous, veulent changer et ne pas changer en même temps. Et bien, c’est là qu’il faut aussi COMPRENDRE autrement… Les patients ne savent pas comment faire pour bien communiquer, sans souffrir, sans se mésestimer… alors, s’ils arrivent en entretien parce que leur conjoint ou leur mère leur a dit qu’il fallait faire quelque chose, commençons avec cette motivation même externe.

Ensuite, montrons-leur que nous, nous savons aller vers eux, vers toutes les parts d’eux-mêmes, et aidons-les à le faire progressivement pour eux-mêmes à force de souffrance entendue, reconnue et soulagée, d’accueil des bonnes intentions au-delà des comportements, d’émergence de valeurs fondatrices au service desquelles nous devons poser des actes plus respectueux de soi.

Nous devons COMPRENDRE aussi ce qu’ils se disent d’eux-mêmes, ces croyances plus ou moins conscientes qui les emmènent à leur insu à confirmer et se répéter « je suis nul, je ne vaux rien, je ne suis pas intéressant… », jusqu’à en être convaincus.

Le cas particulier des adolescents : devenir soi via les autres

Les adolescents entre 13 et 22 ans devront d’abord aller vers l’autre, vers des pairs, pour les rencontrer et se découvrir à travers le regard (retours en miroir) de l’autre. Il faut avancer vers l’extérieur, vers le monde pour se détacher doucement d’une première identité très imprégnée de la modélisation parentale/familiale et trouver qui « je suis » tout en se sentant accepté des autres, du groupe de ses semblables. Il y a donc ce double travail de devenir soi tout en allant vers les autres, devenir soi via les autres.

Soigner des addictions chez les adolescents tout comme pour les adultes passe par cet « aller vers l’autre » pour pouvoir ensuite aller vers soi (à cet âge je dirai, aller vers un « moi » suffisamment solide et sans idéal trop « démesuré », inaccessible, un Moi réaliste, réalisable, vers lequel nous pouvons aller comme un objectif bien posé en PNL).

Conclusion : le savoir-être comme grande compétence

En conclusion, bien accompagner en PNL pour résoudre les addictions y compris à l’adolescence requiert une réelle COMPRÉHENSION — accueil de l’autre, accueil sensoriel autant qu’intellectuel, accueil de toutes les parts et des enjeux conflictuels entre la parts-addicts et les parts-non-addicts. Notre atout est de savoir comprendre plus que le mot, de savoir approcher de façon précise la représentation de l’autre, d’éviter jugement et interprétation, et de toujours aller vers l’autre même quand il s’évite lui-même (et parfois même nous évite occasionnellement).

Notre grande compétence est notre savoir-être, toujours confiant en les ressources de notre patient et en ses motivations positives au-delà des comportements parfois bien péjoratifs. Nous savons comprendre au-delà des actes aussi. Nous savons aller comprendre dans l’état interne, dans le cerveau sensoriel et émotionnel et dépasser mots, pensées et actes qui pourraient nous induire en erreur.


Contextualisation PNL

Cet article illustre plusieurs présupposés fondateurs de la PNL : chaque comportement, même addictif, a une intention positive ; la carte n’est pas le territoire — comprendre la carte du patient addict est indispensable avant d’envisager tout changement ; et le praticien est responsable de sa communication. Les outils évoqués — méta-modèle, recadrage, positions perceptuelles, intention positive inconsciente — font partie du socle de la pratique PNL humaniste telle qu’enseignée et certifiée par la Fédération NLPNL.


Angélique Gimenez est praticienne PNL spécialisée dans l’accompagnement des addictions et des Troubles du Comportement Alimentaire. Elle a elle-même traversé ce chemin personnel et met sa propre expérience au service de ses patients.


Article publié dans le Magazine Métaphore, n°73 – Juin 2014.

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