Publié le 20 avril 2026
Vous, votre colère et les autres
Il faut souvent être deux pour être en colère. Mais comment comprendre, désamorcer et transformer cette émotion ? Emmanuel Portanéry, enseignant PNL et consultant spécialisé en leadership et persuasion, présente les outils de l’approche systémique — recadrage, escalades symétriques, méta-états — pour passer de la colère subie à la colère choisie. Extraits du livre Transformez votre colère en énergie positive, publié dans la revue Métaphore n°69.
La colère sociale
Les Romains avaient coutume de déplacer leur colère au sein d’un lieu où se réglaient de nombreux conflits par personnes interposées : les jeux du cirque où chacun avait ses champions, permettaient à tout Romain d’extérioriser sa haine en la projetant sur les esclaves, les gladiateurs, les lions et autres sacrifiés de l’arène. Ceux-ci n’avaient pas le droit de ressentir de la colère pour leurs bourreaux et leur empereur, qu’ils devaient saluer, avant chaque combat par : « Ave César, ceux qui vont mourir pour toi te saluent ! » ; la colère était réservée aux autres victimes expiatoires des jeux du cirque. Les Grecs parlent également de passion et de fureur sous le terme menos.
Aujourd’hui, les situations incertaines, interchangeables, placent tout un chacun dans l’imprévisibilité du maintien de sa position sur l’échelle sociale, ainsi que dans l’avenir. L’injustice qui peut être ressentie en se comparant à autrui déclenche une colère renforcée par l’impossibilité de donner du sens à des règles sociales devenues au fil du temps et de la crise économique, de plus en plus floues. Le couple frustration-agression se met en place, chacun souhaitant faire reconnaître sa position.
L’écrivain Pierre Pachet cite Sénèque pour expliquer le fondement de la colère : ne pas tolérer une offense, y réagir violemment et vouloir soi-même punir le coupable. Il ne s’agit pas d’une colère instinctuelle mais bien construite, « ouvragée », étayée, raffinée avec le temps ; en quelque sorte une colère volontairement entretenue comme un feu dont on ne veut pas qu’il s’éteigne. « Jamais il n’y a d’emportement sans un assentiment donné par l’esprit » selon Sénèque.
La démarche systémique
Il faut souvent être deux pour être en colère : en réalité vous faites partie d’un système que vous pouvez, a priori, rejeter. La démarche systémique, élaborée par l’école de Palo Alto aux États-Unis, met en relief une nouvelle approche de la communication et des relations d’influence. Son principe fondateur : « On ne peut pas ne pas communiquer, on ne peut pas ne pas influencer. » Dans le cadre de notre sujet, la colère, cette démarche vous permet de mieux comprendre les interactions et les escalades qui peuvent conduire de la colère à la violence. L’approche systémique offre également des méthodes simples qui arrêtent ce processus de manière très rapide et totalement indolore pour vous comme pour autrui.
L’approche systémique est constructiviste, c’est-à-dire qu’elle considère la réalité comme une construction de l’esprit, subjective et en perpétuelle interprétation ; quand ces interprétations déclenchent de la souffrance, il convient de « recadrer » cette réalité trop douloureuse de façon à la rendre plus acceptable au quotidien. Mais la démarche systémique est également à multi-niveaux : elle fait référence aux niveaux d’évolution, du niveau individuel jusqu’au niveau spirituel, en passant par le niveau du groupe. Le niveau idéal de traitement du problème n’est pas le niveau apparent, mais bien le niveau au-dessus de celui-ci. Par exemple, si votre enfant se met en colère parce que vous lui demandez de se brosser les dents, le problème peut être traité au niveau apparent du comportement, ou bien au niveau au-dessus qui pourrait être la valeur de respect des parents, ou bien aussi au niveau émotionnel où il présente une incapacité de tolérance à la frustration. Traiter une difficulté au niveau supérieur permet d’augmenter la rapidité et l’efficacité de résolution du conflit.
La colère est souvent déclenchée par une personne dans un environnement spécifique, ainsi s’établit une relation ou un « système relationnel ». Il est aussi plus simple d’analyser les relations entre individus que de comprendre parfaitement les psychologies individuelles. En travaillant sur les processus de la colère plutôt que sur les contenus, vous êtes dans « l’ici et maintenant », plus facile d’accès que le passé et l’avenir, sujets aux interprétations de toutes sortes.
Exemple — Un problème du quotidien
Vous vous disputez avec votre partenaire au sujet d’un problème du quotidien. 1re hypothèse : vous criez tous les deux de plus en plus fort, ce qui a pour effet d’augmenter le stress et la colère de chacun. Il est à ce moment-là tentant de répéter la même action avec plus d’intensité pour épuiser ou soumettre l’autre. Quand cette répétition est symétrique à celle de la partie adverse, l’échec de la relation est assuré ! 2e hypothèse : il crie de plus en plus fort, et vous vous taisez en le regardant froidement. 3e hypothèse : il crie de plus en plus fort et vous vous écroulez progressivement, terrassé par sa violence verbale. 4e hypothèse : vous vous dites que s’il ne disait rien, cela pourrait être pire, et vous considérez ce mode de communication comme une dynamique de la relation qui signifie quelque chose d’utile dans vos rapports ; à décoder ensemble.
Qu’allez-vous changer dans cette relation ? Modifier un élément revient à modifier le système dans son ensemble, ce qui veut dire qu’avant de supprimer la colère, il est utile de vous poser la question : « Qu’est-ce qui va remplacer la colère dans ma relation avec autrui dès à présent ? » Le changement le plus économique est celui qui, avec une petite action accomplie, produira le plus gros effet bénéfique sur le système relationnel familial, professionnel et social. De préférence aux moindres coûts humains, financiers et techniques.
Le changement sera réussi et la colère mieux gérée, mieux acceptée, pour autant que le sens que vous donnez à votre action ira dans le sens du système de valeur familial ou social impliqué. Par exemple, une famille qui donne du sens à son fonctionnement par la passion des rapports qui unissent ses membres ne sera pas prête à lâcher tout de suite les comportements colériques, synonymes d’affection et donc de cohérence familiale. Un changement bénéfique sera donc plutôt articulé autour de la cohérence familiale qu’autour de l’abandon de la colère.
De même pour une entreprise : si un service fait état de rapports tendus avec les autres services, supprimer le service ou renouveler tous ses membres ne sera en rien une garantie d’efficacité ultérieure pour la société. Mieux vaut étudier les rapports entre les services pour affiner son analyse de la situation, et effectuer un ou deux petits changements améliorant l’ensemble du système. Il se peut que les difficultés viennent de deux personnes qu’il suffira de ne plus mettre en contact pour que les relations de travail s’apaisent enfin entre tous les collaborateurs. Dans cet exemple, on ne tire pas au canon sur un moustique, on fait plus avec peu de moyens, et c’est beaucoup plus économique. Dans le même temps, rappelez-vous que la colère abandonnée sera inévitablement remplacée par autre chose car la dysfonction du système garantit son bon fonctionnement global. Donc, à vous de mettre en place une solution alternative acceptable par les parties impliquées dans la relation.
Comment changer ensemble
Pour commencer, abandonnez quelques idées reçues : les mêmes causes produisent les mêmes effets ; le problème est lié aux caractères des personnes ; il faut absolument chercher les causes profondes ; l’important, c’est de rester dans la normalité.
Prendre de la hauteur
Si vous êtes en colère contre quelqu’un, que vous montriez votre colère ou que vous la cachiez, prenez conscience d’un point essentiel : vous n’êtes pas hors du système conflictuel, vous en faites partie. Donc, assumez l’idée qu’autrui réagit en fonction de vos réactions, et analysez vos comportements comme les siens de façon à en comprendre la cohérence, la répétition, et donc la prévisibilité ! Prenez de la hauteur à ce moment-là, et imaginez que vous regardez la situation de l’extérieur : que voyez-vous ? Comment agissez-vous ? Comment agit-il ? Si vous pensez à la situation, faites-vous une image et visualisez-vous de l’extérieur regardant la scène où vous-même et l’autre personne êtes présents. Cette dissociation vous aidera à relativiser la situation.
Arrêter les escalades systémiques
Les escalades systémiques se mettent symétriquement en place de la façon suivante. Point de départ : votre ami(e) vous demande « Où as-tu rangé les clefs ? » avec un air contrarié. Phase d’accroche : vous répondez à sa demande avec une voix un peu irritée : « Je ne sais pas, c’est toi qui les as rangées hier soir. » Phase d’échanges tendus : « Mais non, c’est toi qui les as eues en mains en dernier ! — Pas du tout, tu sais bien que je ne m’occupe pas des clefs, c’est toi ! » Phase de conflit : « Tu dis n’importe quoi ! Je ne peux jamais compter sur toi ! J’aurais mieux fait d’aller au cinéma le jour où je t’ai rencontré(e) ! » Phase de silence : chacun fait silence, une gêne s’installe et les protagonistes se disent qu’ils sont peut-être allés trop loin. Chacun se quitte fâché et déçu de la relation. Fin de l’escalade symétrique.
Pour en sortir, commencez par identifier la mise en place précise des premières phases, et intervenez pour arrêter le processus dès que possible, dans l’idéal en phase 1 ou 2, au plus tard au début de la phase 3.
Quelques pistes d’interventions systémiques dans ces premières phases
Mettre à jour le jeu : « Si nous commençons comme cela, voilà ce qui va arriver : tu vas me dire… Je te répondrai… et alors tu me rétorqueras… et nous finirons par nous disputer ». En fait, lui raconter tout ce qui va se passer selon les six phases du jeu négatif systémique décrit ci-dessus.
Clarifier le but du jeu qui se met en place : « En fait, ce que tu souhaites, c’est que l’on se dispute, c’est bien cela ? Je ne le souhaite pas. Ce que je souhaite, c’est… » (suivi d’une idée positive pour la relation).
Interrompre, « désescalader » : « Bon, si nous continuons ainsi, nous allons finir par nous disputer, et là, quand nous serons bien énervés, nous aurons encore moins de chance de trouver ces foutues clés, restons calmes, cela sera plus efficace ».
Faire de l’humour (pas de l’ironie) sur ce qui se passe : « Ce qui compte, c’est que j’ai trouvé les clés de ton cœur comme tu as trouvé les clés du mien ».
Revenir sur les valeurs : « OK, nous avons maintenant un problème pour prendre la voiture ; et ce qui compte, c’est que nous nous aimons ; donc restons cool et trouvons ensemble ces clés, puis nous pourrons partir comme prévu. »
S’allier autour d’un objectif commun : « Ce qui compte, ce n’est pas de retrouver les clefs de la voiture maintenant, c’est de se rendre à ce concert comme prévu ; alors, prenons un taxi ! »
Créer un « espace solution » : c’est un endroit différent de « l’espace problème » où vous avez commencé à vous disputer. Choisissez un endroit calme et sécurisant de la maison où vous pouvez réfléchir tranquillement, par exemple la cuisine où vous prendrez un thé en vous remémorant ensemble la dernière fois que vous avez utilisé vos clés.
Confronter le jeu : « Je ne veux pas jouer à ce jeu-là, je n’ai pas envie d’y laisser de l’énergie, de me stresser et de dire des paroles qui dépassent ma pensée. »
Recadrer : c’est s’aider soi-même et aider autrui à voir les choses autrement, et de façon plus positive ; par exemple, c’est considérer que « la bouteille est à moitié vide ET aussi à moitié pleine ». Très utile pour réinterpréter positivement les difficultés que vous rencontrez au quotidien, le recadrage aide à « voir la vie du bon côté ».
Il existe deux types principaux de recadrages : les recadrages de sens, et les recadrages de contextes. Dans le cas des recadrages de sens, le but systémique est de permettre à autrui de considérer qu’une autre réalité, une autre vision des choses, est aussi vraie que celle qui lui cause des difficultés à vivre. À partir d’un même problème, vous remplacez la conclusion A d’origine par la nouvelle hypothèse B ; et si vous avez bien pris en compte les besoins, attentes et valeurs d’autrui, votre recadrage fonctionne avec cette nouvelle hypothèse B ; dans le cas contraire, il faut tenter autre chose, avec une autre hypothèse C.
Par exemple, votre ami se met en colère, et vous en tirez la conclusion qu’il fait cela parce qu’il ne vous aime pas (A). Et si vous commenciez à penser qu’il agit ainsi justement parce qu’il vous aime et qu’il souhaite se montrer sincère avec vous sur son ressenti (B) ? Vous pouvez aussi vous dire qu’il se met en colère car il souffre et qu’il ne sait pas comment vous en parler d’une autre manière (C) ?
Dans le cas des recadrages de contexte, le but systémique est de montrer à votre interlocuteur que dans un contexte A, ce qu’il dit peut être vrai, mais que dans un contexte B ou C, il en sera tout autrement. Le recadrage s’opère donc car la personne relativise elle-même son évaluation de la situation et le jugement qui en découle. Par exemple, vous éprouvez souvent des difficultés à vous mettre en colère face à autrui ; vous vous le reprochez et vous attribuez ce comportement à un manque d’affirmation de soi ; vous culpabilisez, et le cercle vicieux tourne plutôt bien ! Comment voir les choses autrement ? Prenez un contexte, ou deux, où se mettre en colère risque de se révéler vraiment contre-productif, inutile, et même peut vous mettre en danger… comme par exemple se mettre en colère face à un gros chien qui aboie, une personne ivre, une personne en état de choc. Le résultat risquerait d’être quelque peu imprévu et sans doute négatif pour vous.
L’expression de la colère
Fait surprenant et paradoxal, la colère fait partie des émotions que notre société contribue largement à entretenir tout en la condamnant tous les jours ! L’expression de la colère serait sexuelle, c’est-à-dire qu’elle varierait selon les normes sociales attribuées aux hommes et aux femmes. Depuis la publication en 1949 du Deuxième Sexe par Simone de Beauvoir, figure du féminisme moderne, le conditionnement social des garçons et des filles a certes évolué mais il n’en demeure pas moins que notre système éducatif, sociétal et économique continue d’entretenir l’idée que l’homme doit être fort, capable de défendre sa virilité et exprimer le moins possible ses sentiments (« pleure pas, t’es pas une fille », « même pas mal »…). À travail égal correspond encore rémunération inégale, et de nombreuses autres inégalités renforçant une logique dominant dominé sont toujours existantes.
Le bénéfice caché
Pour accepter le comportement de quelqu’un, vous avez souvent besoin de le comprendre, et dans certains cas, lorsqu’autrui semble très différent de vous, cela s’avère difficile ; il s’ensuit un rejet de la personne et de ses actes, avec à la clé des réactions de colère. Penser qu’il existe un bénéfice caché à cette réaction apparemment incompréhensible et chercher à le découvrir, peut très vite apaiser les rapports relationnels.
Par exemple, les enfants et les adolescents se mettent en colère ou boudent souvent lorsque vous leur dites de se coucher plus tôt le soir, d’éteindre Facebook, ou de passer moins de temps sur leurs jeux vidéo. Ils ne comprennent pas votre colère liée au non-respect du principe de réalité : être plus reposés le lendemain pour étudier à l’école. Ils sont dans un autre registre, à savoir le principe de plaisir : profiter de l’instant présent et des copains en ligne sur le Net. En retour, leur colère suit le même schéma. Pour en sortir au plus vite, chacun doit expliquer à l’autre le bénéfice caché de son comportement, afin de rendre celui-ci plus compréhensible, et donc plus acceptable. Les tensions s’apaisent, puis vient alors le moment de la négociation.
Pratiquons l’intelligence de la colère
Vous avez à présent à votre disposition une large palette d’outils pour transformer votre colère en énergie positive. Reste à tracer la voie d’une intelligence de la colère : savoir l’utiliser à bon escient, s’estimer à sa juste valeur, négocier efficacement, agir avec courage, s’affirmer sereinement, oser s’indigner et être soi au quotidien.
La colère inutile contre les objets
L’ordinateur est un objet binaire dénué d’émotions. Dans son langage numérique fait de « 0 » et de « 1 » existent seulement des réponses binaires. Quand vous demandez à un ordinateur de faire quelque chose, il comprend ou ne comprend pas. Nous sommes conscients de cela, et pourtant, qui ne s’est pas déjà énervé au moins une fois face à ce monstre de plastique et de métal qui ne répond pas à l’ordre que l’on vient de lui donner ! Il ne nous viendrait pas à l’idée de jurer après un arbre ou une pierre et pourtant nous agissons parfois ainsi avec cette machine. Peut-être l’avons-nous « personnifiée » davantage que « chosifiée » ? D’où notre réaction de colère. La colère est une émotion liée à un blocage auquel nous sommes confrontés, une injustice ressentie ; une frustration se fait jour à ce moment-là, et l’énervement, la colère surgissent. Dans le cas des objets, elle s’avère bien inutile et il est plus sage de prendre du recul face à cette situation, puis d’abandonner cette colère pour récupérer ainsi toute la clarté de son esprit et finir le travail informatique en cours !
Voici quelques idées de messages à s’envoyer à soi-même pour débrancher cette colère : « L’ordinateur est plus têtu que moi. » « En quoi est-ce important d’agir ainsi ? » « Qu’est-ce que j’y gagne ? » « Et si je criais pour lâcher mes tensions, là, tout de suite ? » « Allez, j’accepte de m’énerver pendant 5 minutes… » « Pour éliminer ma colère, je casse quelque chose (de pas trop coûteux). » « Je m’autorise un espace de colère où ma colère est admise, puis je la laisse là, et je change d’espace. » « Je pense méta-états : quand je me sens en colère, je mets cette émotion douloureuse à l’intérieur d’une autre émotion soit neutre soit positive, comme la surprise ou le doute. »
En résumé, la colère contre une chose n’a pas vraiment de sens, « l’intelligence de la colère » est donc ici de « lâcher prise » au plus vite !
Exercice — Transformer sa colère grâce aux méta-états
Quelques étapes simples permettent de placer sa colère dans une autre émotion, comme la surprise ou le doute. Identifiez votre émotion de colère et le niveau auquel vous la ressentez — classez intuitivement ce niveau entre 1 et 9. Choisissez un état émotionnel plutôt neutre ou positif, comme la surprise, le doute, la curiosité, l’indifférence. Imaginez que votre colère se trouve entourée, enroulée, englobée, contenue, incluse dans un autre état émotionnel, par exemple : le doute — vous êtes en colère, et vous commencez à douter de l’utilité de rester en colère ; le doute, l’interrogation remplacent alors la colère dans votre esprit et votre état émotionnel. La surprise — vous vous dites : « Incroyable ! J’ai réussi à me mettre en colère en quelques instants ! Je suis très doué. » La surprise prend le pas sur la colère. La curiosité — vous vous dites : « Je me demande combien de temps je vais encore rester en colère à ce niveau : 5 minutes ? 10 minutes ? Et comment me rendrai-je compte que cela diminue ? Je suis curieux de découvrir quand et comment cela va se produire. » La curiosité remplace la colère en vous, et vous changez d’état interne.
Harcèlement et manipulations : la colère qui vous met la puce à l’oreille
Il existe des situations complexes et difficiles pour lesquelles se sentir en colère pourrait aider à prendre plus rapidement les décisions. Les situations de harcèlement moral dans le travail, ou de manipulation dans la vie privée, sont justement des situations où la colère se révèle une alerte du mal-être vécu.
Le harcèlement moral se caractérise par des comportements méprisants — on vous empêche de vous exprimer, on vous ridiculise en public… — le déni de reconnaissance — on critique injustement votre travail, on vous charge de tâches inutiles ou dégradantes, on vous empêche de travailler correctement — et l’atteinte à la dignité — on vous laisse entendre que vous êtes mentalement dérangé(e), on vous dit des choses obscènes ou dégradantes. La notion de durée a son importance parmi tous ces éléments.
Dans la vie privée, le but de la manipulation psychologique est d’obtenir de quelqu’un qu’il fasse quelque chose qu’il ne veut pas faire, sans qu’il s’en aperçoive. La manipulation peut être involontaire ou volontaire. Dans la manipulation volontaire, la personne utilise un stratagème, un comportement manipulateur, pour obtenir ce qu’elle veut. Ces comportements sont appelés « games » (jeux) : pleurer pour attendrir celui qui est furieux, se comporter comme une victime pour susciter la culpabilité, bouder pour obtenir des excuses, se laisser aller pour être pris en charge, séduire pour transformer l’humeur de l’autre, etc.
Les personnes harcelées ou manipulées en viennent parfois à douter de la réalité des actes des harceleurs ou des manipulateurs. Être manipulé ou être harcelé ne relève pas du sentiment. La manipulation est une action que l’on subit. En revanche, le harcèlement ou la manipulation produisent un sentiment : surprise, tristesse, découragement, etc. Ces émotions permettent de mieux comprendre ce qui se passe et d’utiliser la situation pour progresser.
Si une personne n’ose pas se mettre en colère, si elle a peur de perdre son travail ou sa situation familiale, elle se dit que ça va passer mais le harcèlement reprend de plus belle. D’autant que le manipulateur et le harceleur agissent de façon discrète et intercalent des épisodes de manipulation ou de harcèlement avec des trêves qui font croire à la victime que les agissements vont s’arrêter, ce qui rendra les épisodes suivants encore plus destructeurs.
S’autoriser et autoriser d’exprimer sa colère permet de refuser cet état, de refuser cette emprise et de se répéter que l’on a le droit à la dignité, à l’intégrité pour trouver la force de tout mettre en place pour fuir. Ce n’est le plus souvent que tardivement, et parce qu’elle ose en parler à son médecin, à sa famille, à un entourage prévenant, que la victime prend conscience de sa situation.
Dans les cas extrêmes de manipulation ou de harcèlement, c’est d’un pervers psychopathe qu’il s’agit (ce n’est pas toujours le cas). Le pervers cible ses attaques sur les personnes ayant des qualités dont il est totalement dépourvu : la bonne humeur, un esprit vif et intelligent, de l’humour, de la gentillesse, un bon fond…
Emmanuel Portanéry est consultant indépendant, partenaire du groupe CEGOS, intervenant en formation et en coaching sur les thèmes du leadership et de la persuasion pour les équipes dirigeantes. Chargé de cours à SUPELEC. De formation initiale École Supérieure de Commerce (IDRAC Montpellier), il a complété ses études par un DEUG de Psychologie (Paris V). Il est certifié en Analyse Transactionnelle et Enseignant en PNL. Co-créateur avec Arnaud de Louvencourt de l’IETI (Institut Européen des Techniques de l’Influence) en 2013.
Extraits du livre Transformez votre colère en énergie positive, Nathalie Dedebant, Jean-Louis Muller, Emmanuel Portanéry, Catherine Tournier.

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