Publié le 20 avril 2026
Vérités et contre-vérités sur la PNL
La PNL a près de 40 ans d’existence. Pourtant, certaines affirmations circulant dans la communauté des PNListes sont dépassées, approximatives, voire erronées. Alain Thiry, psychologue et enseignant certifié en PNL, auteur notamment de l’article de référence sur la PNL dans Wikipedia, publie Le Bêtisier des PNListes pour aider la communauté à faire le ménage devant sa porte. Interview réalisée par Nadia Ben Abdelkader, publiée dans la revue Métaphore n°69.
Vérités et contre-vérités sur la PNL
Nadia Ben Abdelkader : « Le titre de ton nouveau livre “Le Bêtisier des PNListes” n’est-il pas un peu provocateur ? »
Alain Thiry : « Oui, volontairement. Mais aussi un clin d’œil à notre propre capacité à faire une autocritique. Les détracteurs de la PNL viennent régulièrement avec des critiques hors-propos. Néanmoins ils ont quelques fois raison et nous pourrions nous améliorer en prenant le feedback (ce qui est théoriquement notre spécialité mais la réalité est autre). Beaucoup de PNListes croient avoir toujours raison et n’ont rien à apprendre, ce qui est un comble pour un PNListe. »
Nadia : « Quels étaient tes objectifs en écrivant ce livre ? »
Alain : « Depuis 2 ans, je cherche à participer à une amélioration de la crédibilité de la PNL. La première étape était l’article sur Wikipédia. Mais force est de constater que les PNListes pourraient aussi nettoyer devant leur porte. Après près de 40 ans de développement et de formation, certaines explications sont dépassées, approximatives, voire erronées. Moi-même, j’en ai colportées et cela m’a choqué car évidemment j’étais persuadé de « savoir ». J’ai voulu dans ce livre rassembler quelques corrections ce qui permet à mes collègues de ne pas devoir tout rechercher eux-mêmes. D’un autre côté, je voulais aussi « répondre » à des critiques de détracteurs qui nous semblent de mauvaise foi mais qui, dans leur modèle, sont cohérentes. Mes précisions peuvent donner des arguments pour leur répondre. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai cité dans les annexes la lettre ouverte des enseignants PNL en réponse au rapport de la MILS en 2002. »
Nadia : « Quelle genre de “bêtises” as-tu relevées ? »
Alain : « Il y en a de 4 types. Celles à propos de définitions employées, celles à propos du mythe des origines de la PNL, celles liées à des domaines particuliers d’application (psychothérapie, entreprise, apprentissage), et celles liées à des citations erronées des sciences cognitives et neuro-sciences. »
Nadia : « Peux-tu donner un exemple ? »
Alain : « Oui, par exemple, je pensais que Bandler avait rencontré Perls, Satir, Erickson et Bateson pour les modéliser. Pour Satir et Erickson c’est vrai. Mais Bandler n’a jamais rencontré Perls car celui-ci est mort en 1970. Bandler avait alors 20 ans et ne s’intéressait pas encore à modéliser. Il était en 73 étudiant-jobiste chez l’éditeur de Perls qui lui a donné accès à des vidéos de Perls et Bandler a cherché à reproduire par mimétisme les attitudes, les procédures, jusqu’aux intonations. »
Nadia : « Tu parles dans ton livre de la définition de la PNL et j’ai entendu dire que dans ton centre de formation, un des critères incontournables pour la certification était de donner une définition correcte de la PNL en maximum 5 phrases. »
Alain : « Oui, c’est la moindre des choses pour un certifié que d’être capable d’expliquer ce qu’est ou n’est pas sa propre technique qu’il prétend maîtriser. J’ai été surpris de lire des détracteurs qui citaient des PNListes (des fois même « réputés ») qui donnaient une définition vague, limitante ou simplement digne de la vente d’un produit de lessive. Cela affecte notre crédibilité. »
Nadia : « Mais comment se fait-il que cette définition ne soit pas clairement expliquée par tous les centres PNL ? »
Alain : « Parce que c’est compliqué, que même des enseignants ne sont pas clairs à son sujet, que certains d’entre nous sont plutôt friands d’une présentation marketing abusant des superlatifs, que d’autres répètent ce qu’ils ont un jour entendu… »
Nadia : « Et pourquoi ça serait plus clair chez Inter Actif ? »
Alain : « Parce qu’on travaille sur l’apprentissage, que nous avons dû répondre à des enseignants sur comment apprendre des concepts abstraits. Nous avons construit une méthodologie qui nous aide pour appréhender des concepts mathématiques, philosophiques ou linguistiques. Nous l’avons simplement appliquée vis-à-vis de la PNL elle-même. »
Nadia : « Quelle est la “bêtise” qui te semble la plus préjudiciable pour la PNL ? »
Alain : « Le préfixe « NEURO ». Dans Programmation NEURO-linguistique, dans thérapie NEUROlinguistique, dans niveaux NEURO-logiques. Nous, PNListes, ne sommes pas des neurologues. Nous ne connaissons rien sur la matérialité de la pensée (neurosciences), à part une simple culture générale accessible dans toutes les librairies spécialisées. Nous cherchons plutôt à appréhender la pensée, la cognition, les convictions… Évidemment, les spécialistes en neuro-sciences ne peuvent qu’être irrités par nos allusions « NEURO » et nous y perdons une part de notre crédibilité. Quand nous citons des connaissances en neurosciences, d’abord nous ne parlons pas de PNL, mais bien d’autre chose, de plus nous ferions bien de les citer correctement, sans erreur, sans amalgame, sans confusion. Il vaudrait d’ailleurs mieux ne pas les citer, ça ne nous regarde pas. Essayer de justifier la PNL par des neurosciences ne fait que nous discréditer. Nous devrions plutôt réaliser des expérimentations validables scientifiquement pour prouver l’efficacité de nos modèles. »
Nadia : « Tu parles quelques fois de “certains PNListes qui disent… (une bêtise)”, mais tu ne cites pas la ou les personnes. Pourquoi ? »
Alain : « Parce que ces personnes sont mes collègues, des fois des amis. Je ne veux pas jeter une pierre à quelqu’un. J’ai moi-même dit quelques-unes de ces bêtises citées dans mon livre. Je veux juste dire que tous les PNListes devraient lire ce livre et corriger ce qu’ils croyaient pourtant vrai. »
Essai de définition de la PNL
La PNL est une démarche pragmatique dans le domaine de la psychologie appliquée. Elle cherche à modéliser les savoir-faire et les savoir-être de gens brillants dans leur domaine et à les retransmettre à ceux qui en ont besoin. Elle vise l’autonomie, la tolérance de la différence, le respect mutuel, l’augmentation de l’estime de soi, l’augmentation de la satisfaction dans la vie. Elle est donc constituée de 3 parties : le processus de modélisation, les modèles ainsi construits et une certaine façon de regarder le monde (celle-ci est formalisée dans les principes de base de la PNL, comme « La carte n’est pas le territoire » ou « Derrière tout comportement il y a une intention positive » ou encore « Il n’y a pas d’erreur, il n’y a que du feedback »). Les techniques PNL peuvent être regroupées en fonction de 4 origines : les techniques liées à la modélisation des stratégies et de leurs sous-modalités (par exemple les stratégies de créativité de génies, la « double dissociation », ou encore le switch) ; les grands protocoles modélisés chez de grands thérapeutes (par exemple le « recadrage en six pas ») ; celles découlant du modèle des niveaux logiques (par exemple l’« alignement des niveaux logiques ») ; celles issues de la psychologie cognitive (les modèles TOTE, SCORE, SOAR).
Pourquoi cet article importe pour la communauté PNL
L’exercice d’Alain Thiry est rare et précieux : une autocritique bienveillante, documentée, qui renforce plutôt qu’elle n’affaiblit. La définition en quatre origines qu’il propose — modélisation des stratégies et sous-modalités, grands protocoles thérapeutiques, niveaux logiques, psychologie cognitive — donne aux praticiens et enseignants un cadre clair pour présenter la PNL avec rigueur. L’alerte sur le préfixe « NEURO » mérite d’être entendue : la crédibilité de la PNL se construit sur ses résultats et sur la solidité de ses modèles, non sur des emprunts approximatifs aux neurosciences. Prendre le feedback — y compris de ses propres erreurs — c’est précisément ce que la PNL enseigne.
Alain Thiry est psychologue et enseignant certifié en PNL. Il se forme en PNL à partir de 1983 et pratique la psychothérapie. Ses travaux dans le domaine de l’enseignement lui permettent de créer en 1995 une formation de 16 jours spécialisée sur les stratégies PNL d’apprentissage. Pour financer ces recherches-actions, il devient coach en entreprise où il développe une méthodologie pour intégrer les techniques PNL, la théorie des configurations de Mintzberg et celle des routines défensives d’Argyris dans une perspective d’intervention globale de la culture d’entreprise. Auteur de plusieurs livres et articles, il cherche à garder un regard constructif et critique sur la PNL. Fondateur d’Inter Actif (Belgique). Contact : alainthiry@interactif.be — www.interactif.be
Interview réalisée par Nadia Ben Abdelkader.
Le Bêtisier des PNListes est disponible en version papier sur boutique.interactif.be et en version e-book sur numilog.com.

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