Publié le 13 mai 2026
PNL et émotions de l’enfant : les aquarelles de Martina pour nommer ce qu’on ressent
Comment aider un enfant à mettre des mots sur ce qu’il ressent, quand les mots font défaut ? Valérie Mounier, psychopraticienne PNL, utilise les aquarelles d’animaux de Martina pour ouvrir la parole des enfants. Elle illustre sa méthode à travers le cas d’Armelle, 8 ans, confrontée à la séparation de ses parents. Un extrait de son livre Aider l’enfant avec la PNL, publié dans la revue Métaphore n°76, mars 2015.
Nommer ses émotions
Comment parvenir à exprimer ses émotions ou sentiments… quand les mots ne répondent pas à l’appel, ce qui arrive fréquemment, chez les enfants aussi ? J’ai pratiqué cet exercice pendant plusieurs années, avec de simples photos d’animaux, quand j’ai découvert les aquarelles d’animaux de Martina. Ces peintures m’ont aidée à ouvrir de nouvelles voies à l’expression des ressentis des enfants et à décupler l’efficacité de l’exercice. Là, chaque animal a un regard, une posture, une expression propre. J’observe toujours avec surprise à quel point les enfants, à partir des mêmes photos, parviennent à exprimer des émotions si différentes, tout en se mettant très bien à la place de l’animal ! Très simple, un jeu d’enfant !
Il raconte sa vie grâce aux photos des aquarelles, s’identifiant à certains animaux et rejetant ceux qu’il n’aime pas. Ainsi, il parle de lui-même, mettant des mots sur ses propres difficultés, joies et doutes.
J’ai créé cet exercice avec l’appui de techniques PNL, notamment, selon les cas, les métaphores, les positions de perception, la dissociation et les niveaux logiques. L’enfant choisit trois photos d’animaux qu’il « adore », trois qu’il déteste et trois d’animaux auxquels il aimerait ressembler. Parfois il en choisit moins, je le laisse libre. Je lui pose alors un certain nombre de questions.
Surmonter la séparation des parents
Les parents d’Armelle, 8 ans, viennent de se séparer, ce dont leur petite fille souffre beaucoup. Elle a, de plus, assisté à plusieurs scènes de disputes violentes et à ce jour, elle se sent comme prise en otage entre les deux. Armelle a du mal à se situer dans sa vie. J’ai besoin, pour notre travail, de mieux la connaître. Elle choisit trois photos. Voici un condensé de notre entretien :
A : Mon animal préféré, c’est le cheval !
V : Qu’est-ce que tu aimes chez lui ?
A : Il va vite !
V : Cela te fait penser à quoi ?
A : Eh bien, à moi : je vais vite dans ma tête ! Mais pas au solfège…
V : Qu’est-ce qu’il fait bien encore ? Et que tu fais bien aussi ?
Armelle me regarde, interrogative.
A : Il est libre et il a des amis.
V : Et toi ?
A : Je me sens libre quand je suis seule dans ma chambre et je dessine. Et puis quand je joue au basket !
V : Et les amis ?
A : Oh, j’en ai ! Deux filles de ma classe, Axelle et Émilie. On se parle beaucoup et on rit bien ensemble !
V : Maintenant, montre-moi quels animaux tu détestes.
A : L’ours, parce qu’il est méchant, il dévore les animaux.
V : Cela te fait penser à quoi ?
A : A trois garçons à l’école. Et surtout à Roméo, il me colle parce qu’il est amoureux de moi, c’est mon pire ennemi ! Il veut toujours jouer à nos jeux de fille. J’ai l’air bête, moi, devant mes copines.
V : Et alors ?
A : Je lui tiens tête ! Tu sais, je suis un garçon manqué. En fait, je fais comme l’ours sur la photo : si on m’embête, je griffe !
V : Mais tu ne l’aimes pas, quand même, l’ours ?
A : Non, il exagère. Et surtout il attaque par surprise !
Silence…
A : Tu veux dire que je devrais moi aussi, parfois ne pas attaquer… et trouver d’autres moyens pour me défendre ?
V : Si tu le dis. On pourra travailler cela si tu veux.
A : Ah oui, je veux bien, parce qu’en fait, ça devient compliqué : j’ai même des copines qui sont contre moi, pour Roméo ! Elles me trouvent pas gentille avec lui, ça m’embête !
V : Autre chose que tu voudrais me dire à propos de l’ours ?
A : Ça me fait penser à mes parents… On croit que tout va bien et tout d’un coup il est là : les parents se crient dessus, se jettent des choses à la figure… Et après ils se séparent.
Après un temps, Armelle ajoute :
A : Mais en fait, tu sais, ce n’est peut-être pas si mal au fond, je me rends compte : c’est même peut-être mieux qu’ils soient séparés. Au moins je n’ai plus peur des disputes le soir. Je suis juste un peu triste…
V : C’est un point très important. Tu es d’accord pour qu’on en reparle quand on aura fini les animaux ?
A : Oui, je veux bien. C’est dur de tout garder pour moi.
V : Alors, pour finir, dis-moi : si tu étais un animal, à qui aimerais-tu ressembler ?
A : Au lion ! C’est le maître de la famille, on le respecte.
V : Il s’y prend comment pour qu’on le respecte ?
A : En force et en ruse… Par exemple, moi j’aimerais avoir plus de ruse quand mon petit frère m’embête. Il me traite de « minus » et je me fâche.
V : Imagine que le lion puisse t’aider : il te donnerait quoi ?
A : De me rappeler que je suis « majestueuse » (elle sourit) et que je suis l’aînée. Amaury n’a pas à me commander ni à me tirer la langue quand je n’ai pas d’aussi bonnes notes que lui en maths. Tu comprends, il est en CP, c’est facile les maths ! Mais je ne vais plus m’énerver. Comme le lion, je suis au-dessus de tout ça… Il a raison. Merci, le lion !
V : Et s’il te donnait encore quelque chose pour t’aider ?
A : Il va me donner la force de dire à mes amies quand je ne suis pas d’accord. Parfois elles font des bêtises ou se moquent des autres : j’ai peur de leur dire que c’est méchant, ce qu’elles font. Ce n’est pas bien, ça, il faut que j’aie la force de dire ce que je pense !
V : Bien. Alors, si chacun des animaux que tu aimes bien te donne quelque chose pour t’aider, tu reçois quoi ?
A : La liberté du cheval pour penser moins à la séparation de mes parents et trouver vite de bonnes pensées pour être plus joyeuse. La ruse du lion pour que mon frère m’embête moins et que j’apprenne à rester plus calme… Et puis je demanderais bien à l’ours quand même de m’aider à faire mieux que lui : trouver des moyens de me défendre sans attaquer, peut-être en disant plus souvent ce que je pense. Je pourrais même lui apprendre !
Armelle rit de bon cœur, stupéfaite d’avoir eu tant de bonnes idées.
Les animaux, une porte d’entrée vers les ressources
Ainsi, les Animaux auront ouvert une porte : avec Armelle je vais travailler et approfondir la question de la séparation de ses parents et l’impact émotionnel sur elle, en l’aidant à nommer ses émotions. Elle évoquera alors sa peur de ne pas être aimée et d’être abandonnée. Je demanderai, comme souvent, à ses parents d’accompagner et de soutenir notre travail pour aider Armelle à surmonter ses peurs. Après, les enfants connaissent le chemin…
De plus, ce travail a levé le rideau sur certains aspects de sa vie à l’école qu’elle avait jusque-là gardés secrets : son âme de « chef », les conflits avec les garçons et ses difficultés à s’affirmer devant ses amies. Les outils PNL comme l’auto-ancrage, les positions de perception et le Voyage du héros, seront une aide précieuse. Ils contribueront à lui apprendre à mieux gérer ses émotions et sa communication pour redevenir une petite fille joyeuse et épanouie.
* Extrait du livre Aider l’enfant avec la PNL, Valérie Mounier.
Contextualisation PNL
Cet extrait illustre avec finesse plusieurs outils PNL en action avec un enfant : la métaphore animale comme accès indirect aux émotions, les positions de perception (se mettre à la place de l’animal, puis de soi), la dissociation pour aborder des sujets douloureux, et les niveaux logiques pour distinguer comportement, valeurs et identité. La puissance de la méthode tient à sa simplicité apparente — des photos d’animaux — et à la profondeur du travail qu’elle permet de déployer naturellement.
Valérie Mounier est psychopraticienne PNL, spécialisée dans l’accompagnement des enfants et des familles. Elle est l’auteure du livre Aider l’enfant avec la PNL.

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