Le blog

Publié le 15 avril 2026

Fuir ou combattre les hommes ?

L’entreprise est une scène où se rejouent les clivages entre hommes et femmes, avec parfois une véritable guerre de tribus. Comment dépasser ces oppositions, relier les contraires ? André de Châteauvieux, coach de dirigeants, montre comment la relation de coaching peut devenir une formidable chambre d’écho — et le lieu d’apprentissage de nouvelles alliances. Un article publié dans la revue Métaphore n°62, septembre 2011.

« Je ne sais pas ce qu’est le féminin. Mais ce que je sais avec vigueur, c’est qu’il fait toute la différence. Le secret de la vie c’est la différence. »
— Christiane Singer

La relation de coaching comme espace de résonances

La relation de coaching est une formidable chambre d’écho : le client reproduit avec son coach les projections implicites, les jeux transférentiels et les oppositions qui animent sa vie professionnelle et personnelle. Cette relation peut alors devenir le lieu d’apprentissage de nouvelles alliances. C’est précisément ce que révèle le suivi d’Annabelle, dont le roman personnel et les objectifs professionnels s’entrechoquaient.

Le cas Annabelle : quand l’histoire personnelle freine l’évolution professionnelle

Annabelle est la directrice juridique d’un groupe pharmaceutique. En poste depuis une dizaine d’années, elle cherchait à prendre de nouvelles responsabilités dans le groupe, mais ses tentatives semblaient buter sur « des obstacles incompréhensibles ». Elle demanda un coaching au DRH, qui lui présenta deux coachs — un homme et une femme. Annabelle choisit l’homme.

Dès la première séance, Annabelle avait exprimé sa difficulté à « se protéger des hommes, fuir leur voisinage jugé toujours risqué et dangereux ». Et pourtant, ce qu’elle redoutait le plus semblait se produire à chaque rencontre : des relations toujours ambiguës avec l’autre moitié du monde.

Le dessin à quatre mains : quand le corps exprime ce que les mots taisent

Lors de la deuxième séance, Annabelle revint sur un moment marquant de leur séance précédente : le coach avait dessiné sa relation avec sa N+2, et nommé une « alliance illégitime » lorsqu’Annabelle court-circuitait son hiérarchique direct. Elle s’était alors rapprochée du dessin pour y ajouter son N+1. Ils se trouvaient côte à côte — et à cet instant, le coach avait eu un sursaut, puis un mouvement de recul.

Ce moment révélateur illustre un principe fondamental en accompagnement PNL : le corps exprime ce que nous ne savons pas encore. Le coach nomma son propre inconfort face au travail avec les souvenirs, puis invita Annabelle à explorer ce qui se passait dans leur relation, ici et maintenant.

Entrer dans la bulle : explorer la proximité relationnelle

Comment pourriez-vous m’aider à bouger dans notre relation, maintenant… Par exemple, entrer un peu plus dans « votre bulle » ?
Annabelle se figea. Puis lâcha :
Je ne comprends pas !!!

Le coach amplifia alors le mouvement de recul dans le passé, en lui demandant comment elle l’avait choisi. Sa réponse fut éclairante : elle avait senti que ce serait difficile, mais avait eu envie de se confronter à l’inconnu. Elle percevait chez lui « comme une alliance du masculin et du féminin ».

En posant ses mots un à un — comme si une relation avec un homme pouvait rester professionnelle, non ambiguë, ni risquée — Annabelle fut touchée, bouleversée. Un long silence suivit.

Fuir ou combattre l’autre moitié du monde : une loyauté tribale

Invitée à partager ce qui se passait en elle, Annabelle dit :
C’est comme si une partie de mon univers s’effondrait : les femmes et les hommes n’ont peut-être pas besoin de toujours se fuir ou se combattre… C’est pourtant une tradition chez nous, de génération en génération.

Le coach proposa alors un cadre en résonance avec la pensée systémique présente dans la PNL : cette opposition hommes/femmes était peut-être une introjection — une nourriture avalée sans pouvoir la digérer — destinée à rester fidèle à la tribu. Annabelle reconnut qu’avec sa fille et son mari, ils avaient pourtant rejeté cet héritage. Elle l’avait même enrichi en faisant alliance avec un homme.

La PNL nous rappelle que chacun de nous a besoin à la fois d’appartenance et de différence, de lien et de singularité. Prendre conscience de ces allers et retours entre soi-même et son groupe d’appartenance, c’est déjà une forme de recul — et le début d’une transformation.

Vers de nouvelles alliances : sortir de la guerre des tribus

La séance se termina en prenant le temps de mettre des mots sur le poids de ces « loyautés jusqu’alors invisibles », sur la relation complémentaire et créatrice entre Annabelle et son coach, sur leurs frontières aussi. Puis Annabelle formula l’envie de regarder autrement son N+1 — qu’elle avait toujours shunté, alors qu’il pourrait être un allié dans son développement.

Il a aussi un prénom : il s’appelle Vincent !

Ce glissement, en apparence anodin, est en réalité considérable : passer de « mon N+1 » à « Vincent », c’est passer d’une catégorie abstraite (l’homme-obstacle) à une personne singulière, avec qui une alliance est possible. C’est exactement cela que permet le coaching PNL : déplacer le regard, assouplir les cadres de référence, ouvrir l’espace des possibles.

Ce que la PNL apporte à la relation de coaching

Cet article illustre plusieurs dimensions centrales de l’approche PNL en coaching. D’abord, la conviction que le client reproduit dans la relation de coaching ses patterns habituels — ce qui fait de cette relation un terrain d’exploration privilégié. Ensuite, l’attention portée aux signaux non-verbaux : le sursaut du coach, son mouvement de recul, la façon dont Annabelle se fige — autant d’informations que le corps livre avant les mots. Enfin, la notion de loyautés systémiques, ces engagements inconscients envers notre groupe d’appartenance, qui orientent nos comportements bien au-delà de notre volonté consciente.

Le coaching PNL ne cherche pas à effacer ces loyautés — il aide à les rendre visibles, pour que chacun puisse choisir, en conscience, ce qu’il souhaite perpétuer ou transformer.


André de Châteauvieux est coach de dirigeants et superviseur de coachs, fondateur d’Art de Changer. Son approche articule coaching systémique, travail sur les loyautés et attention aux résonances relationnelles dans l’espace de coaching.


Article publié dans le Magazine Métaphore, n°62 – Septembre 2011

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