Publié le 8 avril 2026
Guérison d’un cas de bégaiement chez un enfant de 10 ans grâce à l’utilisation de la PNL
Patrick Condamin, psychothérapeute et praticien PNL, relate ici un cas clinique concret : la guérison d’un bégaiement chez un garçon de 10 ans en une seule séance. Un témoignage précieux sur l’efficacité des outils PNL — modélisation, analyse des stratégies internes, cadre de contraste — appliqués à un enfant. Article publié dans la revue Métaphore n°54, juillet 2009, avec la participation de Françoise Navard.
Présentation du cas : Niels, 10 ans
Niels, un enfant intelligent de 10 ans, vient consulter avec sa maman. Il a un an d’avance en classe et a beaucoup de mal à se faire des amis — difficultés classiques d’un enfant précoce et fils unique. Mais Niels a un problème évident dont on ne me parle pas d’emblée : il bégaie.
J’interroge la maman, qui me dit : « Cela fait trois ans qu’il est suivi par un orthophoniste qui me dit que cela sera très long à guérir. » Ce problème de bégaiement me semble essentiel dans les relations de Niels avec ses camarades. En effet, le bégaiement est fatigant, facteur de stress pour lui et les autres, et les enfants de cet âge ne se font en général pas de cadeau sur leurs différences. C’est pourquoi je décide de travailler en priorité sur ce problème.
L’analyse du cas : observation et hypothèses PNL
Ce que révèle l’observation
En regardant l’enfant et en l’écoutant, je me rends compte de deux choses :
- Les mots semblent effectivement se bousculer devant sa bouche, comme c’est parfois le cas chez les enfants intelligents pour lesquels la pensée verbale traîne à exprimer les concepts.
- Lorsqu’on observe les mouvements oculaires lors de la calibration non verbale, on se rend compte que Niels tient constamment ses yeux horizontalement à droite ou à gauche lorsqu’il parle — rarement en face ou en l’air. Cela signifie peut-être que Niels ne s’autorise pas à visualiser ce qu’il va dire avant de le dire, comme le font inconsciemment la plupart des gens. D’ailleurs, quand je lui pose la question, il répond : « Mes professeurs me disent de regarder mon cahier quand je travaille ou quand je réponds à une question. »
Comme tout praticien de la PNL, je demande s’il n’y a pas des moments où Niels ne bafouille pas — c’est le cadre de contraste. Ce type de question est extrêmement intéressant car il permet de trouver des exceptions à la règle et parfois des ressources dans ces exceptions. C’est Niels qui me donne immédiatement la réponse : il m’explique clairement qu’il ne bégaie pas lorsqu’il dit une récitation ou aborde une présentation qu’il connaît parfaitement.
Deux hypothèses
De cette analyse je tire deux hypothèses :
- L’enfant prépare ses phrases auditivement. On le voit par le mouvement des yeux et également par un imperceptible mouvement des lèvres lorsqu’il prépare sa réponse.
- Dans la mesure où la pensée est beaucoup plus rapide que la parole, les mots viennent tous en même temps, et il bégaie.
Je compare cette situation aux moments où il ne bégaie pas. Lorsque je lui demande de réciter une fable, l’enfant lève les yeux brièvement sur la gauche pour « voir » son texte, puis le récite sans bafouiller.
La stratégie de changement : ajouter une mémoire tampon visuelle
L’état désiré : une métaphore informatique
J’imagine de décrire ce qui se passe avec une métaphore : l’enfant gagnerait à avoir une « mémoire tampon » entre l’expression rapide de sa pensée et l’expression lente de la parole. La mémoire tampon est en fait une expression informatique : lorsqu’on écrit des données sur le disque dur d’un ordinateur, ces données sont stockées préalablement dans la mémoire vive (RAM) beaucoup plus rapide, avant d’être recopiées au fil de l’eau sur le disque plus lent.
De la même façon, Niels aurait intérêt à utiliser une mémoire beaucoup plus rapide — la mémoire visuelle — pour construire sa réponse, afin de la dire plus lentement, auditivement, à partir de sa lecture visuelle.
En termes de stratégies PNL :
- Ancienne stratégie : Pensée → Expression auditive de la pensée → bafouille
- Nouvelle stratégie : Pensée → Expression visuelle de la réponse → lecture du visuel → Expression au fil de l’eau en auditif
La technique de changement : le jeu comme vecteur
Niels est un garçon de dix ans — il faut l’intéresser et présenter cette technique comme un jeu auquel il participe. Niels aime gagner et utilise les métaprogrammes « Actif » et « Aller Vers ». On peut donc s’appuyer sur sa propre motivation pour développer une nouvelle capacité visuelle afin de parler normalement.
Je pose des questions simples à l’enfant concernant sa vie de tous les jours (combien de pièces dans ta maison ? Quelle est ta voiture préférée ? Quel sport pratiques-tu ?) J’ai vérifié que Niels a un schéma visuel normal : son visuel remémoré se trouve en haut à gauche de son visage.
Je lève la main en haut à gauche de ses yeux en lui demandant de lire le texte de la réponse sur ma main et de ne rien dire tant que le texte n’est pas écrit. En même temps je lui interdis de verbaliser la réponse — ce qui se mesure souvent à un imperceptible mouvement des lèvres. Nous jouons et je le gronde en riant chaque fois que je vois ses lèvres bouger ! De même je le gronde quand il répond trop vite : « On recommence, tu n’as pas eu le temps de lire ! » Il mord vraiment à l’hameçon du jeu et s’amuse avec moi.
Ensuite je lui demande de lire la réponse écrite virtuellement sur ma main et de la dire. Il ne bafouille plus : « Il y a quatre chambres dans ma maison. »
Au bout de 20 minutes de ce travail, quand l’enfant a appris le processus, je lui demande de parler avec sa mère. Elle est sidérée car elle n’a jamais entendu son fils lui répondre ainsi.
Conclusion : les outils PNL utilisés
En utilisant quelques outils classiques de la PNL, on peut résoudre rapidement un problème qui dure depuis très longtemps. Les outils utilisés dans ce cas sont :
- Les techniques de modélisation — la base absolue de la PNL.
- L’analyse du processus de pensée en termes de stratégies internes (séquence d’enchaînement des stratégies externes et internes).
- La focalisation sur les exceptions — l’enfant ne bafouille pas tout le temps !
- Le cadre de contraste — les ressemblances et les différences entre ce qui marche et ce qui ne marche pas.
- La croyance PNL que l’on peut apprendre un nouveau modèle de pensée en un temps très court (la séance a duré une heure !).
- L’étude du contexte de l’État Présent et de l’écologie de l’État Désiré.
- La capacité du cerveau à intégrer une nouvelle stratégie si elle apporte un bénéfice.
Il est vrai que ce genre de travail va beaucoup plus vite avec un enfant qu’avec un adulte. L’enfant est pris au jeu, il s’amuse, il est prêt à tout essayer sans se demander si c’est bien. La raison pour laquelle le travail va plus vite avec les enfants est peut-être simplement qu’ils savent lire en nous nos intentions bien mieux que les adultes.

Par Patrick Condamin, psychothérapeute, hypno-thérapeute et praticien PNL, avec la participation de Françoise Navard.
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