Publié le 13 mai 2026
PNL et spiritualité – PNL et Synchronicité – PNL Cartésianisme
La PNL est-elle une discipline strictement rationnelle, ou touche-t-elle à quelque chose de plus vaste — la spiritualité, l’intuition, la synchronicité ? Christian Pagès, maître praticien PNL, explore ces dimensions souvent tues dans le monde de l’accompagnement : l’alchimie des sens, le principe jungien de synchronicité, et la frilosité cartésienne qui freine encore beaucoup de praticiens. Un article issu de la revue Métaphore n°76, mars 2015.
PNL et spiritualité : l’alchimie des sens
La PNL nous renvoie à nos ressentis, à ce qui est important, nous incite à revenir à l’essentiel, à l’essence, à ce qui vibre en soi. Il s’agit là de ce qui fait souvent partie du non dit, non exprimé, de l’impalpable. Un travail de questionnement, d’ajustage, permet de rejoindre le non exprimable, le non dit, le non révélé. La séance de PNL peut permettre de faire vibrer et raisonner ce qui éveille la conscience. Elle nous guide vers la connexion cachée à la conscience et propose de s’engager si possible sur le chemin juste de réparation ou de sérénité retrouvée.
Est-ce d’une façon différente ce qui est proposé par d’autres méthodes qui paraissent moins rationnelles ? La PNL se positionne et s’engage dans des mondes de conscience et touche à d’autres mondes sous-jacents qui interfèrent et contribuent à l’éveil tout en permettant l’équilibre psychique, sensible et physique. Différemment de la psychologie, la PNL vient toucher et provoque le cataclysme intérieur qui éclaire ou nettoie.
Dans notre civilisation la notion de causalité revêt une importance qui fonde les principes d’expérimentation de notre sacro-sainte science. L’image métaphysique de notre monde s’est perdue dans le temps. Pourtant Héraclite, par ses textes philosophiques nous propose déjà de rejoindre le monde de l’irrationnel. Quelques thérapeutes ou même des médecins pratiquent et obtiennent des résultats par des méthodes qui sont encore loin d’avoir fait l’unanimité mais qui existent dans ce monde depuis des millénaires et donnent des résultats tangibles.
Je parle de l’astrologie, de la numérologie, de la graphologie, des archétypes pris à la mythologie et servant d’objets d’analyse, de l’alchimie, du symbolisme, de l’appel des rêves, de la méditation, du magnétisme, de la télépathie, de la clairvoyance et de toutes les méthodes de bien-être qui viennent compléter une démarche « cartésienne ». Après Pythagore et Platon qui en leur temps firent connaître la force des planètes ou des nombres sur l’esprit et la vie humaine, ceci nous relie à la pensée chinoise, depuis que Richard Wilhelm a traduit et offert à la pensée rationaliste occidentale le tao, terme qui fut traduit par les jésuites par « Dieu », par d’autres par « providence » et par Wilhelm par « le sens » et le Yi King ou ensemble de 64 interprétations du Yang et du Yin. Il s’agit aussi du présupposé du moyen Âge qui tout naturellement utilise des connaissances ancestrales sous la pression menaçante de l’église qui en réfute un bon nombre. Au XVIe siècle, un médecin reprend pour soigner dans la lignée des anciens l’astrologie et tous les procédés naturels, l’utilisation des plantes mais aussi les leçons des contes et des légendes. Il se sert de la mythologie et sans connaître la psychologie la précède et l’imagine. Il s’agit de Paracelse qui fait état de ces procédés et fut en lutte avec son époque, déjà. Il fut sans conteste un précurseur et un pionnier de la science médicale.
PNL et synchronicité
Plus proche de nous Carl Gustav Jung reprend la vision sensible chinoise, une notion vieille comme la terre : le principe de Synchronicité. Il affirme que les termes d’une coïncidence signifiante ou de l’ordre du sens sont liés par la simultanéité et par le sens. Si donc nous admettons que les expériences sur les perceptions extrasensorielles et de nombreuses observations isolées établissent bien des faits, la conclusion qui s’en dégage est qu’à côté de la connexion entre cause et effet il existe dans la nature un autre facteur qui se manifeste dans l’ordonnance des événements et nous apparaît sous les espèces du sens.
Jung est souvent considéré comme le père du développement personnel et au début du XXe siècle il n’a pas peur d’étudier les procédures divinatoires en passant par des méthodes scientifiques pour contrer les chercheurs rationnels et leur démontrer enfin que les résultats qu’il obtient, par exemple dans ses statistiques sur l’astrologie, s’ils paraissent vides de sens aux scientifiques n’en sont pas moins réels et identifiables et donc à prendre en compte.
Un coaching procède souvent par techniques et protocoles. Il n’en est pas moins tributaire de la personnalité du coach qui par sa sensibilité plus ou moins aiguisée ou éveillée est à l’écoute et peut agir ou interférer selon son intuition ou sa créativité. Il dérive parfois au-delà du protocole en cours allant jusqu’à changer totalement de parcours d’accompagnement. C’est alors que peut parfois intervenir un autre outil complémentaire. Les thérapies aujourd’hui sont multiples et se croisent ou interfèrent pour arriver à un résultat qui tend à offrir au patient une situation de mieux-être.
Jung nous rappelle que « dans un continuum spatio-temporel échappant à l’intuition sensible, l’être trouve un sens existant en soi rejoignant le phénomène de synchronicité à travers une modalité transcendantale comme le prouve la connaissance d’événements encore à venir ou distants dans l’espace. » Il note ainsi l’espace relatif de la connaissance ou de la perception par rapport au psychisme. Il en est ainsi dans le cas de préscience ou de clairvoyance pour une personne par exemple qui rêve ou voit un événement se produire avant que celui-ci n’ait lieu dans notre monde réel ou qui se produit à une grande distance et dont on n’a pas connaissance. La relativité psychique de l’espace et du temps, dans une perception extra-sensorielle permet une expérimentation psychokinétique. Il est alors donné de percevoir un phénomène de simultanéité, un sentiment de déjà-vu, un hasard improbable ou des coïncidences signifiantes qui mettent en évidence des facultés extra-sensorielles.
La conscience avance
Les grandes entreprises commencent à s’ouvrir à la pratique Zen, au massage ayurvédique, à la méditation dans l’entreprise, et reçoivent des consultants dans ces domaines pour améliorer l’esprit et l’atmosphère entre leurs murs. Le Dalaï-Lama cautionne et appuie des recherches fondamentales sur le cerveau et ses facultés jusque-là inconnues dans le monde occidental. Il renforce ainsi le lien entre la philosophie bouddhiste et l’esprit occidental tout en impliquant les scientifiques du monde entier.
La médecine s’ouvre à l’étude des fascias et de leur intelligence sur l’ensemble du corps comme porteurs d’informations d’un point à un autre. On étudie les Chakras et les 72 000 Nadis, vaisseaux énergétiques qui nous ouvrent au monde du yin et du yang. Le monde extra-sensible côtoie celui de la pensée linéaire et vient donner « au vide » une importance première.
Dans le même temps, beaucoup de coachs ont encore du mal à avouer leurs pratiques parallèles qui viennent compléter et enrichir pourtant leur méthode et les résultats obtenus. Les structures de formation craignent d’être assimilées ou confondues avec les pratiques de spiritualité et détournées de leur dignité. Il y a frilosité à se dire ouvert à la spiritualité ou aux arts divinatoires, cent ans après que Jung nous ait ouvert la voie royale de l’ouverture et de la lumière en annonçant avec le Tao te king que tout est dans le vide, que tout est relié, que l’homme est un représentant de l’Univers et du grand tout et vice et versa car l’Univers est intelligent à l’image de l’homme et au-delà. Il nous dit : « En dehors du parallélisme entre phénomènes psychiques et phénomènes physiques, qui reste encore totalement obscur, la synchronicité ne se manifeste nulle part avec une régularité constante et facile à démontrer. C’est pourquoi l’on est tout aussi sensible au désaccord entre les choses que surpris de leur accord occasionnel. » Soixante-dix ans plus tard, la science a encore du mal à admettre l’importance de cet « occasionnel ». Du Yi King Jung retire « une vision d’ensemble » et nous dit « qu’une telle opération cognitive est impossible à l’intellect pur ».
Le Cartésianisme
Cette crainte, cette lutte de nos pairs pour être admis dans le monde des êtres « rationnels », de quoi s’agit-il donc ? D’une part est-ce un moyen de se démarquer et de se libérer d’un monde scientifique limité à sa propre expérimentation, enfermé dans sa suffisance, son pouvoir social et son monopole, d’autre part est-ce le moyen de s’identifier à ce même monde pour obtenir les reconnaissances d’usage tout en se dédouanant de toute déchéance vers la spiritualité ou l’ésotérisme. N’y a-t-il pas pour le petit monde de la PNL dès maintenant à s’ouvrir et à monter en puissance en décrétant haut et fort l’ouverture, l’évidence et la suprématie d’une liberté et d’une clairvoyance ? N’aurions-nous pas intérêt à clamer notre différence tout en nous reliant à elle et en l’honorant ? Ceci s’adresse bien sûr à ceux qui sont ouverts à cette dimension subtile et respectent suffisamment leur propre différence. Ils imposent ainsi le caractère fort de leur identité particulière alors qu’ils ont envie de la défendre et de la rendre visible.
Il nous suffit d’appliquer ce que nous enseigne la PNL, « la bienveillance et l’ouverture », et nous avons le pouvoir de grandir, la puissance pour éclairer le monde par une nouveauté qui permet le lien entre toutes les visions et pratiques qui peuvent aujourd’hui s’ouvrir au grand jour. Et ce peut être aussi par nous. En restant sur nos gardes et en pinçant… les lèvres nous ne faisons preuve ni de grandeur ni de « vision ». Nous avons un bel outil rationnel qui permet l’ouverture et l’accord à la sensibilité. Faisons qu’il devienne un modèle d’intelligence, un média vers les mondes parallèles de mise en lumière de l’âme humaine.
Qu’on le veuille ou non, cette problématique concerne la plupart des accompagnateurs, thérapeutes et tous ceux qui s’intéressent à l’humain. À vouloir se séparer de l’ensemble pour mieux s’identifier on se dépersonnalise plutôt jusqu’à se défaire de sa substance la plus fine et la plus juste. À lutter contre la peur, on se fait facilement peur.
Un jour, quoi qu’il en soit et quelles que soient les résistances sur son parcours, la PNL deviendra ce qui l’attend : un moyen relié au sensible ouvert sur les arts et les visions d’accompagnement de l’être, corps âme et esprit associés.
Contextualisation PNL
Cet article soulève une question que beaucoup de praticiens PNL portent en silence : comment articuler la rigueur des protocoles PNL avec la dimension spirituelle et intuitive de l’accompagnement ? Christian Pagès invite à ne plus opposer rationalité et sensible, mais à les intégrer — comme la PNL elle-même le fait depuis ses origines, en modélisant des praticiens hors normes comme Milton Erickson. La bienveillance et l’ouverture ne sont pas des options : ce sont des présupposés fondateurs.
Christian Pagès est maître praticien en PNL, metteur en scène et coach. Il accompagne notamment des artistes dans le développement de leur intelligence corporelle et sensorielle.

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