Publié le 22 avril 2026
Coaching et Accords Toltèques
Comment les accords toltèques éclairent-ils la posture du coach ? Marie Jeanne Huguet, coach de dirigeants et formatrice-superviseur de coachs, décline les 5 accords toltèques dans la pratique concrète du coaching, en dialogue constant avec les outils de la PNL. Un article publié dans la revue Métaphore n°71, décembre 2013.
1 — Que votre parole soit impeccable
Cet accord met l’accent sur la parole émise avec intégrité : ne dites que ce que vous pensez, à chaque instant. Parler avec intégrité, c’est parler vrai. N’utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire d’autrui.
La parole a un pouvoir créateur. La parole EST un pouvoir créateur. Les choses existent parce que nous les nommons. La parole manifeste ce que nous pensons, rêvons, créons, ressentons : c’est un outil puissant, peut-être le plus puissant. La parole peut créer ou détruire — les dictateurs peuvent convaincre par la seule parole, réveiller la peur et la colère, créer le chaos par l’orgueil, la violence, la guerre. La parole est de la magie. Elle fait la jonction entre le réel et l’imaginaire.
Chaque être humain est un magicien : il peut envoyer des sorts (poisons émotionnels ou bienfaits émotionnels) par la parole. La parole peut se libérer pour détruire : les opinions exprimées sur nous par les parents et adultes génèrent les croyances, et l’enfant subit l’influence d’un sort. En écoutant une opinion, on conclut un accord avec soi-même. Savons-nous à quel type de graines, de sorts, notre esprit est préparé par le doute, l’inquiétude, le manque de confiance et d’estime de nous ? D’estime véritable et non de l’ego. Que choisissons-nous de faire germer ?
L’important n’est pas forcément la réalité. Ce qui importe c’est que nous soyons d’accord avec l’opinion des autres et qu’elle nous influence. Certains écoutent ce qu’ils n’ont pas vérifié par eux-mêmes et choisissent de croire les choses négatives que d’autres colportent sur leurs amis, leurs collègues de travail, leurs relations… Dans les conflits, certains ont tendance à vouloir porter leurs différends dans un groupe pour étendre le conflit qu’ils ont avec une personne et montrer à quel point ils sont victimes de la personne ou que cette personne est mauvaise. En fait ils sont victimes… de leur ego.
Impeccable veut dire « sans péché ». Nous faisons parfois un péché contre nous-mêmes : se juger, se critiquer sans justesse, selon l’avis de l’autre (éducation, société, transmission…). S’aborder avec intégrité, c’est être responsable de nos actions, de notre parole mais sans jugement, faire bon usage de son énergie, de ses actes, de ses choix. Un sort peut être rompu par la seule force d’un autre sort : quelqu’un qui croit en nous.
Mais souvent nous sommes dans le mensonge comme mode de parole avec les autres et avec nous-mêmes (ego). Utiliser sa parole contre l’autre, c’est aussi l’utiliser contre soi : car on crée de la violence contre nous et non de la gratitude. Si j’envoie un sort poison émotionnel j’en recevrai un aussi. La médisance est souvent employée. C’est un avis négatif sur les autres, que nous connaissons et même ceux que nous ne connaissons pas. La rumeur est une propagation, comme un virus informatique, de la médisance, du mensonge. La parole exprime alors la colère, la haine, l’envie, la jalousie, le ressentiment, le dépit…
Chaque fois que quelqu’un dit du mal de quelqu’un d’autre, demandez-vous quel intérêt il a de propager cette rumeur, ce virus. Pour capter l’attention sur vous. Pour diminuer autrui. Pour flatter notre ego. Pour se sentir moins seul dans sa haine. Pour lutter contre son angoisse de rejet, d’abandon, de solitude. Peut-être a-t-il d’autres façons d’être aimé, apprécié, reconnu qu’il n’a pas encore explorées.
Nous ne recevons une parole négative que si notre esprit y est préparé, si le terrain est là et prêt pour le négatif. Alors, que faire ? Créer le changement, c’est-à-dire user de la vérité. La vérité a le pouvoir de rompre les sorts, de mettre en place un autre sort, positif cette fois. La vérité crée du juste, de la clarté, de la beauté, de l’amour, le paradis sur terre, la libération, la réparation. L’impeccabilité conduit à la liberté, à l’amour. Et transcende les peurs.
En coaching : qu’est-ce que la parole impeccable ?
Le coaching est une sorte de rituel. Dans un cadre pensé, élaboré, donc artificiel, « fabriqué », « factice », j’élabore avec mon client une relation d’une rare authenticité. Autrement dit, j’établis, je définis un espace « sacré » d’une merveilleuse efficacité. C’est le paradoxe du coaching et de toute situation d’accompagnement. D’où la puissance de l’accompagnement. « La parole impeccable » est la spécificité de la parole en coaching. Cette parole impeccable est déjà garantie par le contrat, par le cadre, par le processus, par la bonne définition d’un objectif (cf. en PNL)… En tant que coach, je parle authentiquement et avec intégrité à mon client et ne lui dis que ce que je pense et ressens. Pas de compliment ou de flatterie pour l’encourager faussement. Pas de parole de sauvetage quand je le sens en danger, car à ce moment-là, j’abandonne le client dans ses capacités d’autonomie, dans ses capacités à trouver les ressources en lui pour résoudre le problème.
Je suis là, totalement là pour lui dans une présence (une alliance) totale avec la personne qu’il EST et non avec sa problématique. J’ai conscience que j’ai un pouvoir et que tout dépend de la façon dont je l’utilise, tout dépend de mes intentions. Ma parole peut être emplie de parasites, de poisons émotionnels, elle peut être destructrice, limitante. Ou créatrice de nouvelles perspectives pour lui. Elle peut éclairer ou assombrir, donner des protections et des permissions ou devenir dommageable. Parfois, même si « je l’aide » trop… Elle peut le renforcer dans ses croyances, le démobiliser. Elle peut aussi le libérer de ses croyances, elle peut lui donner confiance et estime de lui.
Je suis vigilant vis-à-vis de ce que je dis (mes propres résonances, les processus parallèles, mes diagnostics, mes interprétations, mes hypothèses, mon contre-transfert), respectueux vis-à-vis de ses croyances à lui, et de ses paroles, de sa construction du monde et de sa façon d’aborder la réalité. Je sais qu’il exprime sa construction du monde et que je la reçois avec ma construction du monde, avec ce que je suis, mon ego, ma toute puissance possible dans ma bienveillance. Je n’ai pas peur de ses peurs. Je mets le cadre du coaching et ma parole au service du meilleur en moi et en lui. Je préserve son autonomie et ne me laisse pas griser par le succès. Ma parole est impeccable lorsque je reformule, je recadre, je questionne. Ma parole devient alors éclairante pour lui, elle devient créatrice car il se comprend mieux, il comprend mieux ses motivations, et comprend mieux les autres et leur construction du monde. Il est libre alors de recréer son monde de façon plus harmonieuse pour lui. Ma parole respecte l’éthique de ma profession vis-à-vis de mon client, de mes confrères, de mon métier… Ma parole impeccable a pour effet de lui restituer sa parole impeccable, sa parole vraie, sa liberté de choisir, de trouver en lui les ressources nécessaires à la prise de conscience, nécessaire à la découverte de ses solutions, nécessaire aux changements qu’il opère.
2 — Quoiqu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle
Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité, de leur rêve. Une construction du monde faite à partir de leurs seules expériences du monde, des relations, des autres, d’eux-mêmes. Lorsque vous êtes immunisés contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles. Prendre du recul, c’est cesser de ramener à soi ce qui appartient à l’autre.
Ce qui est dit par l’autre est de SA responsabilité. Si nous en faisons une affaire personnelle, c’est lui accorder de l’importance et accorder de l’importance à notre ego. Dans ce cas-là, nous sommes responsables de tout. Or nous ne sommes pas responsables de ce que les autres font et croient. Nous croyons que l’autre connaît notre monde. Ce sont des accords que nous faisons dans notre esprit. Si nous en faisons des affaires personnelles, nous sommes en proie à tous les poisons émotionnels qui passent. Nous nous sentons angoissés, offensés, meurtris, victimes. Si nous en faisons une affaire personnelle, cela déclenche inévitablement en nous du stress, de la peur, de la colère ou de la tristesse, et souvent une réaction de défense. Et nous sommes dans la croyance que l’autre a raison et que nous (notre ego) avons raison.
Nous ne sommes pas toujours responsables de ce qui nous arrive (par exemple un deuil), mais nous sommes responsables de la façon dont nous choisissons de les recevoir. Ne rien prendre, c’est se protéger, c’est protéger nos frontières, nos limites, notre moi authentique. C’est se dire : « Peu m’importe ce que vous pensez de moi, je n’en fais pas une affaire personnelle. Car je sais ce que je suis, qui je suis. Je n’ai pas besoin de ce que vous pensez de moi, cela ne concerne pas ma personne, cela concerne vos plaies intérieures. Vous n’êtes confronté qu’à vous-mêmes. Votre colère vient de vos peurs. »
Quand nous n’avons pas peur, nous nous sentons bien, nous sommes heureux avec nous-mêmes, nous concluons des accords heureux avec nous-mêmes et souvent avec les autres. Les bonnes idées, claires et authentiques, les bons sentiments, clairs et authentiques, ce sont nos meilleurs alliés. Nous avons tendance à attribuer à l’autre un pouvoir sur nous, même quand il nous dit que nous sommes merveilleux. Il est temps de se libérer de ce pouvoir.
Notre esprit est aussi divisé que notre corps. Le problème est quand différentes, voire des milliers de parties de nous-mêmes parlent et agissent en même temps pour des enjeux différents et souvent contraires. Ce sont les mitotés (écran de fumée, brouillard). Ces parties sont régies par la peur. Ces parties se créent les guerres internes et provoquent des conflits intérieurs. C’est une vraie place de marché, et chacun veut l’emporter et faire le plus de bénéfices possibles.
Si vous avez besoin d’être maltraités, vous trouvez quelqu’un pour vous maltraiter. Si vous avez besoin d’être rejeté, vous trouvez quelqu’un pour vous rejeter. Si vous avez besoin d’être abandonné, vous trouvez quelqu’un pour vous abandonner. Si vous avez besoin d’être humilié, vous trouvez quelqu’un pour vous humilier. Si vous avez besoin d’injustice, vous trouvez quelqu’un pour être injuste vis-à-vis de vous.
Se faire confiance, c’est choisir et faire le tri dans ce que les gens nous disent. Si vous ne percevez pas de respect et d’amour dans ce que l’autre dit, c’est un cadeau de le quitter. C’est faire confiance en ses propres capacités à faire de bons choix. C’est savoir refuser le poison qui vient de l’autre, c’est savoir s’immuniser car celui qui nous l’envoie va le recevoir. Suivre les deux premiers accords, c’est rompre avec 75 % des micros accords négatifs qui sont en nous, et laisser ces accords sans répercussion sur nous et sur notre relation avec les autres. C’est se libérer de notre ego et de celui des autres.
En coaching : qu’est-ce qu’une affaire personnelle ?
En tant que coach, je perçois et respecte la construction du monde de mon client, sa façon de percevoir la réalité avec ses croyances, les conclusions qu’il a tirées sur lui-même, les autres, la vie, issues des situations qu’il a vécues. Ses injonctions, ses drivers, ses croyances, comme les identifie le coach. Mais aussi ses objectifs, ses jugements sur lui, sur sa vie, sur le monde, sur les autres, ses utopies, ses espoirs. Je ne fais pas du coaching une affaire personnelle, je ne cherche pas à avoir raison, à le faire progresser malgré lui, lui enlever l’autonomie de son évolution, de son devenir. Je n’en fais pas une affaire personnelle s’il choisit d’évoluer à son rythme. Je lui fais confiance, je nous fais confiance. Il saura me guider pour le guider. Ce qu’il met dans le coaching est de sa responsabilité. Et ma responsabilité est de l’accompagner et de voir la belle personne qu’il est. Je fais le tri entre ce qui est de moi et ce qui est de lui. Je sais prendre du recul et me mettre en position méta. Je suis vigilant vis-à-vis de mes émotions, de mes associations d’idées, de mes résonances. Je sais également chercher et trouver des espaces de ressourcement et de supervision.
De même, si le coaché découvre lors du coaching comment prendre du recul par rapport aux situations, par rapport à son ego, ses émotions, ses peurs, ses croyances, à prendre en compte le point de vue de l’autre, il n’en fera plus une affaire personnelle et trouvera plus facilement les solutions pour changer ou faire changer les situations qu’il vit.
3 — Ne faites pas de suppositions
Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer vos vrais désirs, vos vraies idées. Communiquez clairement avec les autres pour éviter colères, tristesses, malentendus et drames. Pour éviter ressentiments et culpabilités vis-à-vis de vous-même et des autres.
Nous faisons des suppositions à propos de tout. À l’origine, c’est notre mode d’apprentissage : emmagasiner de l’expérience et des conclusions pour faire des liens, pour anticiper. Ainsi nous nous préparons aux événements, nous nous réconfortons quand nous concluons que certaines choses vont arriver. Cela nous permet d’attendre, de ne pas nous sentir dans la frustration, la colère. Tout petit par exemple nous attendons notre mère, nous supposons qu’elle va arriver, que la séparation n’est pas définitive. Et cela nous réconforte et nous permet d’attendre. Et de nous centrer sur le positif, les retrouvailles, les satisfactions que sa présence nous apportera.
Cependant nous avons tendance à prêter des intentions à autrui et souvent des intentions négatives, en fonction des quelques éléments que nous avons. Et nous croyons que c’est vrai, et nous en faisons après des affaires personnelles et nous faisons un drame en prêtant des intentions négatives à autrui. Puis nous médisons sur ces suppositions et défendons ces suppositions comme des vérités. Et plus de personnes font les mêmes suppositions, plus nous pensons que ce sont des vérités (c’est vrai puisque c’est écrit sur le journal, c’est vrai puisqu’on le dit à la télévision, c’est vrai puisque nous l’avons lu sur internet, c’est vrai puisque mon voisin, mon collègue le pensent, c’est vrai puisque je le suppose, c’est vrai puisque je suppose qu’ils le pensent…).
On ne voit et entend que ce que l’on veut bien voir et entendre. Quand nous ne comprenons pas, ne savons pas, n’avons pas toutes les données, nous faisons des suppositions, des scénarios imaginaires. Une personne que nous croisons nous sourit : elle m’aime beaucoup. Une personne que nous croisons nous ignore : elle me déteste. Nous supposons que notre conjoint nous connaît et sait ce que nous croyons, ce dont nous avons besoin, et nous n’avons pas besoin de lui dire.
Nous empilons les suppositions les unes sur les autres, sur les motivations des autres, ce que nous n’avons pas communiqué. Les suppositions, c’est comme les pièces éparses d’un puzzle dont nous ne connaissons pas la totalité assemblée. Nous supposons que cela représente telle ou telle figure.
Par exemple avec cette supposition : « Mon amour va transformer cette personne ». Et nous voulons transformer la personne. Nous ne l’aimons pas vraiment. Nous aimons seulement la personne qu’elle deviendra grâce à nous, grâce au changement que nous voulons opérer sur elle. Ce que nous aimons, c’est notre désir, c’est notre ego devenu aimable par cette action de transformation. De l’autre côté, il est difficile de trouver quelqu’un qui ne veut pas nous changer, qui nous aime tel que nous sommes. Et pourtant, c’est possible si les accords conclus avec autrui sont clairs et impeccables. L’amour ne se justifie pas, et nous rendons l’autre responsable de nos choix ; accepter les autres tels qu’ils sont sans essayer de les changer, c’est là que réside l’amour.
La communication change complètement lorsque nous arrêterons de faire des suppositions. Donc nous devons poser des questions pour éviter des hypothèses erronées. Jusqu’à ce que tout soit aussi clair que possible et même alors nous devons éviter de faire encore et encore des suppositions. Nous nous donnons alors la possibilité de dire oui ou non et que l’autre puisse nous dire oui ou non. C’est difficile de mettre en œuvre tout cela car notre vision de la réalité est parcellaire. Donc, il s’agit de faire des actions et non des suppositions et utiliser la parole pour créer, pour donner. La parole nous permet la maîtrise des intentions. La maîtrise des intentions, c’est la maîtrise de la liberté, de la vie.
En coaching : ne faites pas de suppositions
Exprimer positivement, cela pourrait être : clarifiez pour éviter suppositions et interprétations. Je ne fais pas de spéculations et chaque fois que je ressens ambiguïté, confusion, double sens, communication peu authentique, manipulation, séduction, je communique clairement, avec authenticité, pour dissiper les confusions et les malentendus. Je vérifie mes hypothèses avec mon client. Je suis au clair avec mes résonances et mon contre-transfert. Je ne me laisse pas envahir par mes émotions et je m’en sers comme indicateurs. J’ai le courage d’aborder avec lui, à son rythme, à sa demande, les zones d’ombre que je perçois et je lui pose les questions nécessaires à l’avancement du coaching (clarification, confrontation en bienveillance, sans complaisance). Je sors de mes suppositions si je commence à en faire, pour rétablir une communication authentique, adulte, de respect mutuel et de vérité. Je ne fais pas de suppositions, d’interprétations sur moi-même lors du coaching, je clarifie mes émotions, mes réactions. Je sais que ma vision est parcellaire et si besoin je me fais superviser. Je n’induis pas mon client vers des orientations où il ne voudrait pas aller, des solutions pensées par moi, même si je suis persuadé que c’est ce dont il aurait besoin. Je peux faire des hypothèses pour moi-même mais je ne fais pas d’interprétations hâtives et limitantes que je propose à mon client sans respecter sa capacité d’élaborer par lui-même ses propres hypothèses.
Et pourtant le coaching repose sur une philosophie, une croyance, une hypothèse (une sorte de supposition) : la croyance que le client est une belle personne, un champion, un prince (étouffé par ses propres croyances limitantes, ses peurs, ses émotions gelées, ses non-dit, ses dénis) et que chacun peut non seulement changer, progresser, évoluer, mais aussi qu’il peut participer à son propre devenir, à sa propre évolution, et qu’il a les capacités pour cela. Cette « supposition »-là est créatrice. C’est un rêve, selon les accords toltèques, qui permettrait de dissiper le brouillard des mitotés, les mauvais sorts, transmis, reçus par l’éducation, la société, les croyances individuelles.
4 — Faites toujours de votre mieux
Votre « mieux » change d’instant en instant. Quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d’avoir des regrets.
Cet accord transforme les 3 autres accords en applications : faire de notre mieux, ni plus ni moins. Ne pas en faire trop au risque de s’épuiser. Ne pas en faire le moins possible au risque de se dévaloriser. Le mieux variera en fonction de notre fatigue, de notre humeur, de nos capacités, du contexte… Vouloir faire davantage, c’est dépenser plus d’énergie que nous pouvons donner. Faire moins, c’est s’exposer aux frustrations, à la culpabilité, à la honte, aux regrets et sacrifier notre joie et notre vie.
De notre mieux : c’est agir car nous en avons envie, pas pour une récompense, c’est être libre, c’est choisir et non subir. Si c’est seulement pour la récompense, il y a de la frustration et donc de la résistance. Nous sommes alors divisés et ce n’est pas productif. Ne pas être attaché à la récompense, c’est jouir de la vie et ne pas donner prise à son juge intérieur. Si nous prenons plaisir à ce que nous faisons, il n’y a pas de conséquences négatives. Car nous le voulons et non nous le devons.
Faire de notre mieux, c’est aussi passer à l’action pour concrétiser nos idées. C’est faire de chaque chose, une célébration, un rituel… même l’acte le plus anodin de la vie quotidienne, un petit-déjeuner, une douche, regarder un nuage qui passe, écouter attentivement un ami, un enfant nous parler de lui. Ce qui compte c’est la manière d’effectuer le rituel et non le rituel lui-même. Le plaisir s’accompagne de la présence : être totalement et entièrement là.
Se détacher du passé et être dans le présent pour apprécier pleinement le présent, c’est être là, dans la totalité, la beauté de l’instant. Sinon nous passons notre temps en apitoiement, en souffrance, en regrets que ce qui a été fait ou pas fait ou mal fait, dit ou pas dit ou mal dit… (j’aurais dû…). C’est être et prendre le risque d’apprécier la vie. Sans besoin d’être accepté par les autres, seulement de s’apprécier, de s’accepter soi-même de son mieux, d’accepter l’instant que nous vivons. Et cela va affaiblir la parole non impeccable, les réactions personnelles, les suppositions. C’est la pratique qui fait le maître et cela par la répétition, l’entraînement, l’exercice. Faire de notre mieux, c’est se lever et apprécier notre humanité, c’est Faire, enfin. C’est une communion avec soi et avec le spirituel.
Faire de son mieux pour honorer les 4 accords toltèques, c’est le travail d’un grand guerrier, d’un guerrier pacifique (sans s’apitoyer sur soi-même, sans être victime) car le chemin est jonché d’obstacles… C’est transcender l’expérience humaine de la souffrance. C’est vivre un jour à la fois.
Ces 4 accords nous parlent du passage de l’état de peur, de confusion, de soumission, de conditionnement, à un état de conscience plus libre grâce au lâcher prise, au pardon, à l’acceptation, à la justesse, au discernement. Le 5e accord permet la découverte et l’accession à l’état d’« être ».
En coaching : faire de son mieux
Faire de mon mieux dans le respect de l’écologie de mon client, c’est prendre en compte à toutes les phases du coaching les capacités de mon client. C’est prendre en compte la situation et mes capacités de coach à le guider. Je prends soin de ma relation avec mon client (Alliance) et de ma relation avec moi-même en tant que coach durant le coaching, justement pour faire de mon mieux. Je ne baisse pas les bras, je ne me montre pas découragé, laxiste, reportant à plus tard ce qui doit être fait dans l’instant. En même temps j’évite d’être perfectionniste, légaliste et de vouloir à tout prix à la place de mon client. Je sais que cette insatisfaction vient de moi. Je sais que ce mieux qui nous lie, mon client et moi est un équilibre de tous les instants, à créer, à recréer. Et parce que c’est un équilibre, cela peut changer à tout moment. Alors, quelles que soient les circonstances, je prends soin de ma relation avec mon client du mieux que je le peux. Faire de son mieux libère également de la peur de ne pas être à la hauteur, de la peur de l’échec, de la peur de ne pas être légitime. Faire de son mieux c’est aussi se donner les moyens de progresser en tant que coach : supervision, formations, remises en questions, explorations de différentes approches… Faire de son mieux, c’est apprendre à se ressourcer, à rêver, à créer.
5 — Soyez sceptique, mais apprenez à écouter
« … Si les Quatre Accords Toltèques s’adressent à tout le monde, c’est parce qu’ils relèvent du bon sens. Il est temps maintenant de vous faire un autre cadeau : le Cinquième Accord Toltèque. Si je n’ai pas inclus ce cinquième accord dans mon premier livre, c’est parce que les autres premiers représentaient déjà un défi suffisant, à l’époque. Le cinquième accord est composé de mots, bien entendu, mais sa signification et son intention dépassent largement sa formulation. Avec le Cinquième Accord Toltèque, il s’agit en fin de compte de voir toute votre réalité avec les yeux de la vérité, sans mots. La pratique de ce cinquième accord a pour résultat l’acceptation complète de vous-même, tel que vous êtes, et l’acceptation totale de tous les autres, tels qu’ils sont. Avec pour récompense, le bonheur éternel. » — 5e accord toltèque.
Qui écoutez-vous ? À qui donnez-vous votre pouvoir ? Remettez-vous en cause vos connaissances ? Sur quelles vérités sont fondées les croyances que vous avez ou que les autres ont ? Si vous étiez né(e) ailleurs ou dans une autre époque, auriez-vous les mêmes ? Sont-elles réelles ou illusions ? Si une vérité est valable pour tous, pourquoi d’autres pensent-ils ou font-ils l’opposé de vous et pensent aussi être dans la vérité ? Qui est dans l’erreur ? Vous, l’autre ou les deux ? Quelles déformations, altérations de la vérité écoutez-vous ? Quelle est la charge des émotions ? Quelle est la charge du passé ? Vivez-vous dans le jeu des victimes ou coupables, des sauveteurs ou des persécuteurs ? En Guerrier à l’affût de ce qu’il faut combattre ou en Sage neutre comprenant son pouvoir pour… ?
Utilisez la force du doute pour remettre en question tout ce que vous entendez : est-ce que c’est « vraiment » la vérité ? Écoutez l’intention qui sous-tend les mots prononcés et comprenez le véritable message. Soyez sceptique, mais apprenez à écouter ! C’est sortir du rêve des autres et vivre ses propres choix le mieux possible.
Ce 5e accord toltèque nous donne accès à un niveau de conscience de la puissance du soi, nous restituant du même coup l’authenticité avec laquelle nous sommes venus au monde. Ce 5e accord nous remet en mémoire le plus grand cadeau que nous puissions nous faire : la liberté d’être qui nous sommes vraiment. Et nous donne les outils pour y parvenir, en partant de l’intérieur de soi. Chaque être humain est un messager. Nous recevons ce message, le transformons pour le faire nôtre et le partager avec qui veut l’entendre.
« Soyez sceptique » veut dire aussi : vous ne me croyez pas, vous ne croyez personne d’autre, mais le plus important, vous ne vous croyez pas vous-même. Quand vous apprenez à écouter, vous entendez des histoires que les autres partagent avec vous, leurs points de vue, leur construction du monde, et si vous ne le prenez pas personnellement, ni ne faites pas de suppositions, vous comprenez exactement d’où ils viennent, d’où ils parlent et la communication devient plus facile. Car vous savez que vous êtes tout le monde et que nous sommes tous UN.
Quand nous écouterons les autres, nous prendrons conscience qu’ils communiquent « leur construction du monde », ce qu’ils croient être « leur » vérité. Nous n’aurons donc aucun jugement, mais seulement du respect. Si ce qu’ils disent est vrai, nous le sentirons, et nous le saurons. Nous nous dispenserons donc de croire à l’histoire de l’autre, et du même coup tout jugement devient inutile. Nous n’aurons pas besoin de nous forger une opinion, ni de créer des émotions perturbatrices, ni de réagir avec colère. Le fait de savoir que ce que disent les autres fait partie de leur propre monde, cesse de nous interpeller et de créer en nous des émotions perturbatrices (colère, tristesse, jalousie, attachement, ressentiment…). Au contraire, cela nous servira à mieux communiquer avec eux.
Être sceptique va modifier considérablement notre comportement vis-à-vis des autres car il n’y aura plus rien à prouver à qui que ce soit, ni avoir raison ou tort. Et cela élimine du coup toute notion de pouvoir. Apprendre à écouter signifie apprendre à communiquer. Grâce à l’écoute, nous apprendrons ce que les autres vivent, dans leur monde, ce qu’ils souhaitent, ce qu’ils veulent. L’écoute permet de capter des informations, qui seront après gérées comme nous le souhaitons vraiment : les accepter, en totalité ou en partie, les rejeter en totalité ou en partie, y réagir ou rester indifférent… Et savoir que ce que nous en comprendrons, restera cependant dépendant de notre propre rêve, de notre réalité, de notre construction du monde à nous.
En fait, il s’agit aussi de remettre en cause nos propres croyances. Nous pouvons nous mettre en phase avec les paroles et les idées énoncées par quelqu’un d’autre, parce qu’elles correspondront plus ou moins à notre réalité. Alors ce que nous aurons intégré deviendra notre vérité, car elle aura pris les teintes de notre construction du monde. Mais elle ne pourra être considérée comme la vérité absolue. Il s’agit de ne pas croire les autres mais de les écouter, ne croire personne, et surtout pas nous-mêmes ! (Être sceptique avec soi-même également). La plupart du temps nous adhérons à des croyances comme « je suis incapable », « je suis laid ». Ce sont des messages déformés par des critères extérieurs (culturels, familiaux, sociaux, commerciaux) que nous avons introjectés. En quelque sorte des accords, devenus normes, conclus par la société. La puissance du doute nous rend sceptiques et… clairvoyants.
Comment parvenir à cette clairvoyance, sachant que notre ego fonctionne constamment dans notre esprit, a tendance à contaminer nos jugements, nos émotions ? Cet ego, qui nous raconte des scénarios auxquels nous croyons, car les émotions qu’ils suscitent sont bien réellement ressenties (colère, tristesse, souffrance…) dans leurs puissances décuplées. Cet ego, entité qui vit en nous, qui trompe notre volonté, notre conscience des choses. Cet ego qui nous entraîne vers des comportements inadéquats, des souffrances, et nous éloigne de nous-mêmes chaque fois plus et nous épuise. Comme un trou noir qui absorbe la lumière.
Alors comment ? Le seul remède, c’est l’amour. Commencer par apprendre à s’aimer, c’est par la suite pouvoir aimer autrui. Avec une pointe d’humour et de discernement. La liberté d’être nous-mêmes, c’est le plus beau cadeau que nous puissions nous offrir. Si les quatre premiers accords nous laissent en bonne communion avec nous-mêmes, le cinquième accord nous ouvre aux autres et par conséquence, nous nous acceptons tels que nous sommes, avec amour, sans vouloir absolument changer.
Avec le cinquième accord, nous apprenons à nous écouter, à respecter nos rêves. À s’accepter entièrement car nous sommes la personne avec laquelle nous passons le plus de temps et cette cohabitation ne peut pas, ne pas être. Nous sommes l’amour de notre vie. Sans ego dilaté. Seulement dans le respect de notre humanité, de notre humilité. Car si nous ne nous aimons pas nous-mêmes, nous passerons notre temps à poursuivre des chimères, à demander l’amour impossible, à faire des suppositions sur soi et sur les autres et à souffrir de ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas. Découvrir finalement que nous sommes l’amour de notre vie, fera de notre vie une joie, un bonheur, un paradis.
En coaching : soyez sceptique mais apprenez à écouter
Cet accord, c’est la spécificité même du coaching. J’écoute totalement mon client, sans jugement, je fais alliance avec mon client. Mais pas avec sa problématique (je suis sceptique, j’ai du recul, je suis en position méta). En tant que coach, j’écoute totalement mon client, ce qu’il me dit avec ses paroles, ses comportements, son non verbal, ses contradictions, ses hésitations, ses désirs. J’écoute ses émotions, ses peurs, ses doutes. Mais je sors de son rêve, je ne fais pas alliance avec sa problématique, avec ses mitotés, avec ses écrans de fumée, aussi séduisants, émouvants, brillants qu’ils puissent être. J’écoute avec attention, avec bienveillance mais avec discernement.
Je me montre sceptique et non méfiant, je recadre, reformule, clarifie, je nettoie avec lui sa construction du monde, l’accompagne sur son chemin. Je ne marche pas devant, il pourrait ne pas suivre, pas derrière, il pourrait ne pas bien conduire. Je marche à côté : c’est alors que je l’écoute et que je garde ma clairvoyance, mon scepticisme. Je n’adhère pas sans discernement à tout ce qu’il me dit, me présente, me livre. Je clarifie et reformule ce que j’entends et je n’hésite pas à recadrer ses propos pour lui permettre de « nettoyer ses lunettes » et mon scepticisme se révèle dans ma prise de recul, ma position méta, qui me permet de garder mon axe et ma posture de coach. C’est ce regard « écoutant » et sceptique, proche et lointain qui lui permet d’évoluer vers ses objectifs, de transformer ses problèmes en opportunités, de se dépasser, de dépasser ses peurs et ses craintes.
De même je m’écoute sans complaisance : mes résonances, mes interrogations, me révèlent des options de coaching, me révèlent mes processus internes, me révèlent des réactions de mon propre ego, et je me montre sceptique vis-à-vis de moi-même et de mes stratégies.
Qui est Don Miguel Ruiz ? L’auteur des 4 accords toltèques
Né en 1952 dans une famille de guérisseurs au Mexique, Miguel Ruiz devient neurochirurgien, avant qu’une NDE (Near Death Experience, « expérience de mort imminente ») dans les années 1970 ne transforme sa vie. Il décide alors de retrouver le savoir de ses ancêtres toltèques, devient chaman et se donne pour mission de transmettre cette sagesse au plus grand nombre. Les Quatre Accords toltèques restent son livre majeur. Après des années d’enseignement et d’écriture, il est victime d’une attaque cardiaque en 2002, et passe le relais à son fils, José Luis Ruiz (auteur du 5e accord toltèque).
La PNL et les accords toltèques en coaching : contextualisation
La lecture des 5 accords toltèques à travers le prisme du coaching PNL révèle une cohérence profonde : chaque accord est en résonance directe avec des outils et des postures fondamentaux de la PNL. La parole impeccable rejoint la calibration et le feedback authentique. Ne pas prendre les choses personnellement renvoie aux techniques de dissociation et aux positions de perception. Ne pas faire de suppositions convoque le Méta Modèle et la communication précise. Faire de son mieux s’ancre dans les critères de l’objectif bien formé. Et le 5e accord — soyez sceptique mais apprenez à écouter — incarne la posture méta du praticien PNL, présent et lucide à la fois.
Marie Jeanne Huguet est coach de dirigeants et formatrice-superviseur de coachs. Elle est présidente de la commission publication de la revue Métaphore depuis le numéro 51 (novembre 2008) au moment de l’écriture de cet article.

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