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Publié le 21 avril 2026

Le dialogue des parties selon Tolkien

Et si les hobbits, les elfes, les nains et Gandalf n’étaient pas seulement des personnages de fiction, mais les différentes parties de notre monde intérieur ? François Debly, coach du Collège des Coachs NLPNL lors de la publication de cet article, propose une relecture de l’œuvre de Tolkien à travers le prisme du dialogue des parties en PNL. Un article publié dans la revue Métaphore n°70, septembre 2013.

John Ronald Reuel Tolkien a puisé son inspiration dans sa culture celte, inventant un monde imaginaire absolument fascinant, théâtre d’épopées fantastiques, et d’une mythologie fondatrice qui s’inscrit dans la lignée de mythologies encore plus anciennes et qui semblent se fondre dans l’origine du temps.

Cette genèse sans âge voit s’affronter, s’allier, se battre toutes sortes de peuples hétéroclites, et beaucoup ont tenté d’interpréter les intentions de Tolkien afin d’y voir une revivance des mythes chrétiens, ou tout du moins un livre à visée spirituelle, un pamphlet écologique, ou des thèses concernant les anciens et futurs affrontements de civilisations.

François Debly propose d’y apporter sa propre interprétation : celle du praticien PNL qui reconnaît, dans le paysage métaphorique de la Terre du Milieu, le théâtre vivant du dialogue des parties.

Les contes initiatiques comme cartographie intérieure

À l’instar de la plupart des contes, surtout des contes que l’on qualifierait d’initiatiques, l’auteur (ou le personnage principal) ne nous parle que de ses conflits intérieurs. Au travers de son paysage métaphorique, les parties intérieures se déchirent, s’affrontent, se réconcilient, s’unissent. Lewis Carroll nous en donne un bel exemple avec Alice qui cherche son identité auprès de femmes aux antipodes les unes des autres, et qui finalement s’équilibre, se structure en terrassant un monstre hideux surgit de temps immémoriaux, et en rejetant les modèles trop contradictoires pour choisir une voie « du milieu ».

Le paysage métaphorique des parties de Tolkien

Les hobbits : gardiens des valeurs

Les hobbits sont terriens, attachés aux traditions, ils veulent que rien ne change, obstinés, travailleurs, droits, attentifs à leur confort. Les hobbits sont orientés passé et présent. Ils sont les gardiens du monde — ils sont seuls à rester aux côtés des hommes, à la fin du conte — ils sont la partie « prudente et discrète » de Tolkien, celle qui veille à l’écologie du monde intérieur (de la Terre du Milieu).

Les nains : la partie matérialiste

Les nains sont proches des hobbits par leur côté terrien, mais ils sont matérialistes et intéressés, entêtés, très peu (parfois pas du tout) empathiques au sort des autres. Les nains sont orientés présent. Les hobbits sont des fermiers, les nains des mineurs et des guerriers.

Les elfes : la part féminine et intuitive

Les elfes représentent une part féminine, connectée aux éléments naturels et spirituels, intuitive. Les elfes sont orientés passé, présent et futur.

Gandalf : l’opérateur du dialogue des parties

Les magiciens représentent le savoir, la sagesse, et Gandalf, le pèlerin gris, par ses voyages incessants, opère un dialogue entre les peuples, un dialogue des parties.

Gandalf est la partie opérante du dialogue des parties, tandis que les hommes représentent, selon Tolkien, le résultat à atteindre à la suite de la réunification des parties. Ce sont d’ailleurs eux qui restent (sous le regard invisible des hobbits) et qui sont chargés de reconstruire le monde. Les autres parties soit ont été vaincues, soit ont laissé la place volontairement.

Les hommes : l’équilibre masculin/féminin

« Le temps des Elfes est révolu, vient le temps de la domination des hommes » : le féminin « pur » ne peut plus régner, il faut l’équilibrer avec un masculin qui agit. Tandis que les elfes conseillaient mais n’agissaient pas ou peu (seulement pour se défendre), les hommes, par leur action, ont changé le monde. Mais les hommes seuls sont faibles et peuvent se laisser séduire par le pouvoir (de l’anneau), il faut donc conserver une deuxième partie (les hobbits), qui « veille » au grain et se charge de détruire l’objet de pouvoir.

Les hommes sont l’équilibre masculin/féminin (équilibre apporté par le mariage du roi des hommes et de la fille d’un seigneur des elfes), les hobbits les gardiens des valeurs. Dans une des scènes finales du film de Jackson, à Minas Tirith, le jour du couronnement du roi, les hommes s’agenouillent devant les hobbits : les hommes doivent bel et bien faire allégeance aux valeurs positives qui leur permettront de survivre. Faire allégeance au travail laborieux plutôt qu’à la fascination du pouvoir absolu.

Les orques et Sauron : notre partie sombre

Les orques et le monde de Sauron sont évidemment notre partie sombre, souterraine, grouillante, visqueuse, cruelle, froide, primitive et laide. Toutefois, on peut constater qu’elle représente aussi une partie utile dans ses dimensions de ruse et d’affrontement de la peur, d’énergie à déployer pour atteindre un but. Et si, à la fin du livre, Sauron (incarnation des intentions négatives, despotiques, signes d’un ego tourné vers lui-même) est détruit, quelques orques survivent. Il faut bien juguler les intentions les plus noires, mais savoir garder les compétences de nos côtés sombres.

Golum : l’échec possible du dialogue des parties

Golum, hobbit tombé dans la fascination de l’anneau, est véritablement scindé en deux. Golum représente l’échec possible du dialogue des parties, la scission trop importante des éléments de personnalité qui incarnent des intentions trop éloignées. Peter Jackson nous montre de magnifiques dialogues intérieurs chez ce personnage, qui ne se terminent que par la domination d’une personnalité sur une autre. La réconciliation intérieure semble impossible chez Golum, et la seule fin possible pour lui est d’être englouti par la Montagne du Destin, c’est-à-dire d’être redonné aux éléments primordiaux, d’être confié à Dieu. Golum représente non seulement l’échec possible de l’unification, mais aussi les limites du processus de réconciliation. L’unification intérieure ne peut se réaliser que sous certaines conditions.

L’épopée intérieure : avant, pendant et après

Si l’on en croit l’incroyable énergie déployée par l’ensemble des personnages du conte, les voyages et les déplacements de foules entières, les batailles monstrueuses, les déchirements intérieurs de chacune des parties, on ne peut qu’imaginer les changements opérés par ce simple protocole au sein du coaché. Mais il ne faut pas oublier non plus qu’il y a un « avant » l’épopée, calme et stable, et que la tourmente des événements cache un « après », également stable et calme. Il ne faut pas oublier non plus que, même aux moments les plus sombres, l’amour est présent, ainsi que l’amitié, l’altruisme, la confiance et la solidarité, et que les personnages ne perdent jamais de vue leurs objectifs.

La PNL et le dialogue des parties : contextualisation

Le dialogue des parties est l’une des approches fondamentales de la PNL. Il part du principe que nous sommes constitués de multiples « parties » intérieures — des sous-personnalités ou des ensembles de croyances et de comportements — qui peuvent parfois entrer en conflit. Ces parties ont toutes une intention positive, même lorsque leurs comportements semblent contradictoires ou nuisibles. Le travail du praticien PNL consiste à faciliter la communication entre ces parties, à identifier leurs intentions profondes, et à les aider à trouver des voies de collaboration plutôt que d’opposition.

La lecture de Tolkien proposée par François Debly illustre avec une rare acuité cette cartographie intérieure : chaque peuple de la Terre du Milieu incarne une dimension de notre psyché, avec ses forces, ses limites, son orientation temporelle et ses intentions propres. L’épopée du Seigneur des Anneaux devient ainsi la métaphore d’un chemin vers l’intégration et l’unification intérieure — ce que la PNL nomme le dialogue des parties.


François Debly est coach certifié, membre du Collège des Coachs NLPNL.


Article publié dans le Magazine Métaphore, n°70 – septembre 2013

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