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Publié le 16 avril 2026

Manager dans la joie au bénéfice de la performance

Comment allier joie et performance en entreprise ? Paul-Hervé Vintrou, président de Media Consulting Group et auteur du livre Managez dans la joie au bénéfice de la performance (Vuibert), propose une méthode de coaching organisée en quinze étapes pour aider les dirigeants à retrouver leur plaisir professionnel sans renoncer à leurs objectifs. Un article publié dans la revue Métaphore n°67.

Dans le monde de l’entreprise, dirigeants et managers détiennent le pouvoir et l’argent mais, trop souvent, la joie n’est pas dans leur agenda. Pourtant, les managers ont autant besoin de plaisir professionnel que d’argent et de défis !

Mener son entreprise et ses équipes vers le succès, tout en cultivant son épanouissement personnel et en créant un bien-être collectif, n’est pas une aberration mais bien la meilleure des finalités. S’entraîner à la joie, la cultiver et la communiquer tout en poursuivant des objectifs de performance professionnels, c’est ce que propose la méthode innovante de coaching de Paul-Hervé Vintrou, organisée en quinze étapes — illustrées de situations de management complexes, de cas réels et d’entraînements ludiques — qui balisent le chemin à parcourir pour gagner ce nouveau défi.

Son assistante m’avait seulement dit au téléphone : « Il souhaite faire votre connaissance. » Quand ce président d’entreprise me reçoit, à 19 heures 30 précises, très rapidement, il entre dans le vif du sujet et déclare : « Je veux retrouver ma joie, ma joie initiale, celle que j’avais quand j’ai créé cette société. Aujourd’hui j’ai perdu mon plaisir. Que pouvez-vous faire pour moi ? » Cette demande de coaching, formulée de manière inhabituelle, fut pour moi un déclic.

Je croyais, depuis longtemps déjà, aux vertus de la joie comme outil d’efficacité à la disposition des managers mais je n’avais jamais concentré mon approche d’accompagnement de dirigeants uniquement sur la joie ; et ce président a pu vivre à nouveau la joie — la joie comme ressource énergisante, individuelle et collective, mais aussi la joie comme résultat bénéficiaire pour l’entreprise.

J’ai mis au point une méthode de coaching qui utilise une approche ludique ; je cherche à ce que les managers que j’accompagne « profitent » au mieux de leur vie en entreprise mais je n’oublie pas pour autant l’objectif de résultats de cette entreprise.

Mes clients, parce qu’ils sont dirigeants, détiennent déjà le pouvoir et l’argent mais souvent, ils n’éprouvent pas de joie ni même seulement de plaisir. La joie dans l’entreprise n’est pas dans leur agenda. Or, les managers ont autant besoin de joie que d’argent ou de défis professionnels. Je rencontre des managers qui ont choisi et décidé de fusionner les deux : joie et performance. Ceux qui ont fait ce choix me disent : « je souhaite être plus joyeux dans mon entreprise » ; « je n’ai pas deux vies, la privée et la professionnelle ; j’en ai une seule, je suis unifié » ; « je suis acteur de ma joie dans mon entreprise. » Ils intègrent dans leur vie de manager une dimension qui semble avoir été oubliée par beaucoup, celle de la joie qui réfère à quelque chose de créatif, de stimulant, de fructueux, d’enrichissant.

Le parcours que j’ai mis au point, « Le chemin de l’alpha à l’oméga de la joie », permet d’accroître la capacité à faire face aux multiples combats rencontrés dans le rôle de dirigeant : Alpha, le commencement ! Le manager part de son aspiration (I) puis, ayant revisité ses racines (II), ses forces (III), ses valeurs (IV), il peut repréciser les éléments ressources de son identité (V). Il est ainsi prêt pour le chemin de dix autres étapes vers la joie : oser regarder ses tristesses (VI), faire face à ses peurs (VII), se débarrasser de ses croyances limitantes (VIII), imaginer ses relations avec les autres sous un nouveau jour (IX), s’occuper de sa tête (X), de son corps (XI), de son cœur (XII) et les aligner, identifier le sens que tout cela a selon sa conscience (XIII), exploiter toutes ses énergies (XIV), et aller vers la joie (XV). Il s’agit là d’un cycle logique, réversible, mais l’état d’arrivée, c’est la joie.

Chapitre I — Me laisser inspirer par mon aspiration

Quelle est votre aspiration ? Quel est votre rêve ? Tellement de managers me répondent : « Je n’ai pas de rêve. Je me suis toujours adapté aux circonstances, j’ai saisi les opportunités et cela m’a bien réussi. » C’est possible, mais si je n’ai aucun rêve, je me laisse porter par des événements qui ne m’appartiennent pas, j’accepte d’être la marionnette de la vie. Ce sont l’histoire, les autres, le hasard, la chance ou la malchance, les aléas qui mènent ma vie. Je ne peux même pas me réjouir de mes succès car ils m’appartiennent à peine puisque ce sont les circonstances…

Que tentons-nous de réaliser ? Où voulons-nous être dans cinq ans ? Quel genre de personnes voulons-nous devenir ? Quel est notre enjeu ? Répondre à ces questions revitalise les managers, même ceux qui connaissent déjà le succès. Le rêve nous mène, lui aussi, vers des territoires inconnus, mais il permet un processus d’évolution. En effet, le rêve met en mouvement et facilite le changement.

Les managers qui réussissent ont un objectif clair, précis, ils le visualisent ; les gagnants ont une vision ressentie de l’intérieur, et ils y croient. Ils ont sorti de leur poche un rêve enfoui il y a longtemps ou ils en ont créé un qui n’existe pas encore mais qui est en train de se dessiner. Choisir son rêve, c’est préciser son objectif de joie de vivre.

Chapitre II — Cultiver mes racines

C’est au plus profond de moi, dans mon jardin secret que sont semées les graines de la joie. Pour aller vers plus de performance et plus de joie, je vais regarder les racines de l’arbre que je suis. Le rêve doit maintenant être planté et va provoquer l’élan de la sève qui monte de mes racines historiques (mon enfance, ma famille, mes lieux, etc.) enfoncées dans la terre. Pour pouvoir nourrir les lointains rameaux de la frondaison de mon rêve, je vais me mettre en contact avec qui je suis vraiment : mon histoire personnelle, mon parcours familial, mes photos, mes héros. Pour qu’une recherche de la joie en entreprise soit suivie d’effet, ne faut-il pas chercher où s’enracine la joie des hommes qui la managent ?

Chapitre III — Miser sur mes valeurs

Les managers vont s’impliquer dans le parcours vers l’efficacité et la joie avec d’autant plus de confiance et de persévérance qu’ils seront totalement alignés avec leurs valeurs. Si mon aspiration s’harmonise avec mes valeurs, je vais profiter de forces nouvelles. Je vais donc revisiter mes rêves et mes priorités en fonction de mes valeurs qui sont des guides et des repères.

De mes valeurs se dégagent un certain nombre de principes qui doivent orienter ma conduite et sous-tendre mes actions. Et surtout, mes valeurs, si je les vis, si je les habite, ont un pouvoir de rayonnement. De la même manière, communiquer sur les valeurs de l’entreprise permet de renforcer l’image de marque et d’amplifier la différence avec la concurrence.

Une valeur est cette importance que l’on donne à quelque chose pour des raisons personnelles. Elle donne du sens à mon travail et à ma mission. Il existe plusieurs classifications des valeurs ; j’ai mis au point la classification suivante en douze familles : valeurs de compétence, valeurs de résultat, valeurs de conquête, valeurs de créativité, valeurs de comportement, valeurs d’ouverture, valeurs relationnelles, valeurs sociétales, valeurs morales, valeurs sociales, valeurs d’accomplissement, valeurs vertueuses.

Chapitre IV — Tirer les dividendes de mes forces

En regardant, dans les trois premières étapes précédentes, ses aspirations, ses racines et ses valeurs, le manager renforce sa connaissance de soi. Il est maintenant prêt à aller vers la reconnaissance de soi. En mettant un coup de projecteur sur mes ressources profondes, je me rapproche de moi et trouve en moi ce qui va me permettre de m’accomplir.

Au lieu de laisser mes ressources s’évaporer, car des ressources en jachère s’étiolent et meurent, je les rassemble dans mon flacon de manager. Grâce à ses forces ainsi rassemblées, le manager est capable de transformer un cul-de-sac en boulevard et un mur emprisonnant en tremplin joyeux.

Chapitre V — Gérer mon identité

Au cours des précédentes étapes, le manager a réfléchi sur lui et a pris conscience de ses rêves, de ses aspirations et inspirations, de ses besoins, de ses valeurs, de ses compétences. Ce sont ses piliers. Le voilà maintenant manager joyeux potentiel, aligné avec ses racines, ses valeurs et ses compétences : il peut se rendre vers ses inspirations et aspirations. Cette prise de conscience de son identité est pour lui un moteur puissant qui le remplit d’énergie et va lui permettre de mobiliser ses forces. Il est maintenant en mesure de décider s’il veut cultiver la joie.

Mon identité n’est, bien sûr, pas mon passé. Je ne suis limité ni à mes racines, ni à mes compétences, ni à mon corps. Je ne suis ni mes pensées ni mes attitudes que j’ai observées puis importées involontairement ou copiées d’autres personnes. Je suis plus que tout cela. Je ne suis pas non plus le regard que l’autre porte sur moi ni l’étiquette que je me colle. Je suis déjà, en embryon, en évolution, ce que je veux devenir, avec ma joie en état de veille.

Chapitre VI — Faire face à la non-joie

Des mots de non-joie, j’en entends, dans les premières séances, quelles que soient les fonctions de mes interlocuteurs, même les plus élevées : « désenchantement, désespoir, douleur, ennui, peine, tristesse, sombre, douloureux, mauvais, pénible, trop sérieux pour moi, sévère, morne, rigide, coincé, absence de respect de l’homme » ; l’anti-joie ! Je ne propose pas à ces managers une solution : ils me diraient que je ne comprends pas, que c’est plus compliqué que cela, que cela ne marchera pas. Je les écoute d’abord : « J’ai le droit d’être triste car cela correspond à mon état d’esprit du moment. Je ne peux pas me réjouir toujours et partout. »

Il faut du temps, à un manager, pour admettre que la vie en entreprise ne va pas sans souffrance, enfouissant la joie. Bien évidemment, le manager est confronté aux ennuis, aux trahisons, aux pertes, aux défaites : sources de désagrément si ce n’est de souffrance. Mais cela n’empêche pas que le manager est aussi destiné à la joie.

Chapitre VII — Affronter mes peurs

Il n’y a pas de conte sans dragon ou sans méchant. Dans mon Sud-Ouest natal il n’y a pas d’histoire sans un taureau qui fait peur. Dès mon enfance, j’ai donc appris la peur dans les histoires mais aussi dans le noir et la peur de l’araignée qui se cache sous le lit. Ma jungle privée, mon arène intérieure : une école de la peur. La connaissance de la peur est une expérience que je dois vivre si je veux devenir plus fort. Or la peur est un parasite qui m’empêche de vivre dans la joie.

Beaucoup de managers fuient devant ce taureau ou s’acharnent à le combattre, cet ennemi qui paralyse ma force et sabote ma joie. Mais pourquoi ne pas accepter de vivre avec ses peurs de la même manière qu’un artiste vit avec son trac. Certaines de mes séances consistent à regarder en face les peurs qui nous minent : la peur du nouveau, la peur du risque, la peur du renouvellement des échecs, la peur d’oser, la peur de moi, la peur du succès, la peur de la trahison de mes origines familiales. Mon objectif est de faire prendre conscience de l’utilité de cette complice inespérée, la peur. D’abord, le manager regarde le taureau droit dans les yeux et, avançant vers lui, il se rend compte qu’il peut apprivoiser sa peur ou la dominer. Je peux danser avec ma peur.

Chapitre VIII — Sauter mes barrières limitantes

J’ai appris à vivre avec toutes mes caractéristiques y compris mes limites et mes zones d’ombre, ce que certains appellent mes faiblesses ou même mes défauts. En revanche, j’essaie de sauter mes barrières, d’abandonner mes croyances limitantes. Comme l’araignée, le manager aime tisser et tendre de nouvelles toiles dans lesquelles il se piège lui-même.

Beaucoup de dirigeants, même parmi les plus âgés, ont des croyances, issues de leur enfance, qui limitent leur efficacité. Ils croient que l’accès à la réussite et à la joie est une notion de devoir qu’ils s’imposent : « Je dois…, il faut que je…, fais ceci… ! Je dois travailler dur pour réussir ! Il faut être gentil avec les autres ! Il faut être directif ! Fais des efforts ! Sois fort ! Bats-toi, etc. » Mais cette attitude combative produit des effets inverses comme dans les sables mouvants : plus je lutte, plus je m’enfonce. Faire confiance à mes capacités face à la situation est moins fatigant que d’être tendu et de vérifier sans cesse si tout se déroule bien.

Et si au lieu de me donner toutes ces obligations improductives, je lâchais… Recourir au combat n’est plus productif dans le contexte actuel qui demande de la créativité et de l’adaptabilité pour assurer le développement des entreprises. Et le combat ne donne d’ordinaire pas la joie. Les logiques guerrières vis-à-vis de nos collaborateurs nous épuisent et diminuent notre dynamisme. Et le mode de pensée dominant qui souffle sur les braises de la peur n’est pas propice au développement du plaisir. Pouvons-nous faire émerger le désir de laisser tomber le combat comme moyen de management pour adopter le chemin de la joie ?

Chapitre IX — Programmer ma relation avec les autres

Parmi les personnes avec lesquelles je travaille régulièrement, collègues, clients, patron ou actionnaires, collaborateurs, j’en ai choisi peu. Je ne peux forcer ces personnes à parler ou à se comporter comme je le souhaite. Le téléphone qui sonne, la visite impromptue, le rapport qui n’est pas celui que j’ai demandé, tous ces sujets d’agacement sont la trame ordinaire de ma vie au bureau.

Je ne peux pas faire dépendre mon humeur de circonstances que je ne maîtrise pas et perdre ma joie à cause de personnes, de leur caractère, de leurs paroles ou de ce qu’elles font. Si certains sont arrogants ou peu sympathiques, je peux, certes, les supporter de mauvaise grâce, au risque de devenir moi-même renfrogné. Mais, quels que soient les circonstances et le comportement des autres, comment puis-je les vivre joyeusement ?

Mon existence temporelle est nécessairement une existence relationnelle. Dans l’entreprise, personne n’est isolé. Je ne peux pas avancer sans la collaboration des autres. C’est pourquoi je compte sur l’estime et le soutien de mon patron, de mon collaborateur ou de mon collègue. Je ne peux être dans la joie sans les autres. Je suis donc amené à chercher à améliorer de façon régulière mes relations avec ceux à qui je dois faire du reporting, avec mes collaborateurs, avec mes collègues, avec mes personnes prioritaires (celles qui sont fondamentales et indispensables pour mes rêves et mes priorités) : je peux faire évoluer ma posture et effectuer des changements dans mon style de management, dans ma façon de penser et d’écouter, dans ma manière de donner et recevoir. Je cultive la joie de vivre individuelle mais aussi la joie de vivre, ensemble, dans l’entreprise.

Chapitre X — Doper l’indice plaisir de ma tête

C’est avec ses pensées que l’être humain s’accorde joie ou souffrance. En effet, les pensées sont des interprétations mentales qui ne reflètent pas toujours la réalité des faits. Si, par exemple, je suis joyeux et qu’un collègue me demande un renseignement sur un ton agressif, je me dis qu’il a été contrarié par quelque chose et ne le prends pas pour moi, cela n’entame en rien ma joie ; à l’inverse, si je suis moi-même de mauvaise humeur, je peux prendre une simple remarque comme une agression à mon égard.

Ruth, qui a une faible estime de soi, a pris un compliment de son supérieur comme une moquerie à son égard jusqu’à ce qu’elle réalise qu’elle interprétait mal l’attitude de son chef de service. Léonie s’est donné la chance d’examiner ses pensées, de ressentir les sentiments qu’elles font naître, de repérer les besoins insatisfaits pour son bien-être qu’ils recouvrent en réalité. En prenant du recul, en étant pleinement à l’écoute de soi, en renonçant aux ruminations stériles, elle s’est accordé la joie de l’apaisement.

Et si nous muselions un moment notre cerveau rationnel pour laisser parler davantage notre cerveau limbique, celui de nos émotions ? Cette capacité de nous mener nous-mêmes à la joie est une résultante de la plasticité de notre tête. Nous pouvons en tirer parti. Accordons-nous de temps à autre quelques minutes de « vacance ». Je pratique cela à mon bureau ou sur le chemin de celui-ci : il m’arrive de m’arrêter dans un jardin, et, assis sur un banc, buvant un café, je me rends complètement disponible, j’ouvre la « boîte » de mon esprit et le laisse divaguer à son gré, y compris vers des horizons les plus bizarres. Je ressens alors sérénité et bien-être et je repars, regonflé et heureux, vers mon bureau et mes objectifs. Or, j’ai besoin d’un bon mental qui va me pousser à l’action pour agir avec conviction et dynamisme et maximiser mes chances d’atteindre mes objectifs.

Chapitre XI — Pérenniser mon corps

Nous fonctionnons souvent sur le registre cérébral, intellectuel ou émotionnel, et oublions régulièrement notre corps dont nous consommons, de façon excessive, les ressources d’énergie et que nous épuisons. Qui n’a pas trop tiré sur la corde, un jour ? Qui ne se souvient du tour de rein écopé après une journée de déménagement, la tonte d’une pelouse, ou la peinture d’un placard !

Dans le milieu professionnel, la multiplication des TMS, troubles musculo-squelettiques, est un signal d’excès aussi. C’est un grave problème de santé au travail car, outre la souffrance de celui qui en pâtit, il entraîne désorganisation du travail, remplacement de la personne atteinte dans l’entreprise, ce qui représente actuellement un coût très élevé pour la société. Non seulement nous devons être à l’écoute de notre corps et stopper net quand nous disons : « Allez un dernier coup de collier ! » — celui-ci est déjà de trop —, mais également en prendre soin, apprendre à en recharger les batteries.

Nous détenons également la formidable capacité d’en développer le potentiel. Le corps est étonnamment plastique. Il n’est que de se rappeler la façon dont une femme recouvre sa taille après un accouchement pour s’en émerveiller. Nombreux sont les dirigeants qui me parlent de leur stress physique ou moral. Beaucoup prennent des mesures en utilisant leur corps dans un souci d’harmonisation de la tête et du corps. L’objectif recherché est de diminuer l’impact des agressions subies, des sentiments ou émotions négatifs, des tensions ou des stress. Marche, footing, golf, yoga, tai-chi, méditation, massage, ostéopathie et acupuncture entretiennent le manager, le rechargent en énergie et surtout l’aident à voir sa vie avec clairvoyance, ce qui lui donne une efficacité maximum.

Dans l’entretien relatif à la tête évoqué dans le chapitre précédent, j’avais posé la question à Jean-Baptiste : « De quoi votre tête a-t-elle besoin aujourd’hui ? » Je lui demande maintenant : « De quoi votre corps a-t-il besoin aujourd’hui pour vous sentir vraiment bien ? » Il me répond : « Quand je prends soin de mon corps, mon quotidien résonne comme une joyeuse valse. » Un corps qui fonctionne bien est mon meilleur allié pour vivre dans la joie !

Chapitre XII — Réjouir mon cœur

Se réjouir, c’est être content. « Je me réjouis de vous voir », « je me réjouis de votre succès ». Sauf rares exceptions, l’être humain est d’un naturel plutôt bienveillant. C’est l’élan du cœur qui nous relie à nous-mêmes et aux autres. Ce sont les malentendus, ensuite, qui polluent les relations, et les jugements qui les pervertissent.

Jouir, c’est oser savourer, dans l’instant présent, un compliment, un cadeau, une réussite, une scène aperçue dans l’entreprise, simplement et sans arrière-pensée. C’est une disponibilité totale de mon être qui me permet de prendre le temps de me réjouir. Ferréol, directeur des ventes, n’est jamais content. Quand il vient de réussir une vente à un compte clé, il regrette toujours celle qu’il n’a pas réalisée la veille et il ne prend pas le temps de réjouir son cœur. Nous regardons ensemble comment il pourrait « harmoniser », c’est-à-dire aligner la tête, le corps et le cœur. Il y a en effet d’autres dimensions que la tête, avec sa logique, ses raisonnements, pour jouir de la vie. Il y a le corps, qui est en prise directe avec le monde, et le cœur qui, si on accepte de brancher sa petite voix intérieure, ne demande qu’à s’exprimer. Je dis à Ferréol :

— Votre tête a-t-elle envie de se réjouir de votre succès ?
— Oui c’est super mais mes objectifs m’attendent.
— Votre tête est hésitante. Et votre corps peut-il célébrer ?
— Je suis perplexe ; mon corps en a envie mais célébrer est-ce bon pour mon corps ?
— Et votre cœur ?
— Ah oui, c’est super ; si on m’avait dit que je réussirai cela…
— Je vous propose de regarder les trois : tête, corps et cœur. Êtes-vous d’accord ?
— Bien sûr !
— Si vous souhaitez célébrer, votre tête peut-elle dire oui ?
— Oui.
— Votre corps peut-il désirer célébrer ?
— Finalement oui.
— Et votre cœur peut-il se réjouir de célébrer ?
— Je viens de vous le dire oui !

Ferréol vient d’accepter de relier sa tête, son corps et son cœur. Écouter mon cœur, le réjouir est un des éléments qui contribuent à mon bien-être physique, mental, social. Le monde me paraît harmonieux et me met en joie.

Chapitre XIII — Éveiller mon âme

L’alignement tête, cœur, corps peut se compléter par l’alignement de la personnalité : le personnel (avec le familial et l’affectif), le professionnel, le social (et associatif) et le spirituel (quelle que soit la forme de spiritualité choisie).

En tant que manager et en tout premier lieu, j’attends les clés de mon épanouissement du monde extérieur. Mais il arrive, bien souvent, que les dirigeants que je rencontre n’aient pas trouvé, même dans leurs succès et leurs fortunes, ce qu’ils attendaient. Ce sentiment de manque, qui s’exprime souvent par un sentiment de solitude, peut ouvrir la voie de l’intériorité, celle qui conduit à revenir, comme le saumon qui remonte la rivière, à sa propre source.

Le manager est tellement envahi par ses urgences et ses activités quotidiennes qu’il ne prend pas le recul nécessaire pour réviser les priorités de son existence et surtout redonner du sens à sa vie et revenir à l’essentiel. Le sens que je souhaite donner, c’est l’aspect spirituel de la vie. Pour cela, je vais prendre contact avec mon âme et ouvrir ma conscience à la joie.

Au cours des entretiens que j’ai avec les managers que j’accompagne, ils avancent en toute liberté. Mais ma trame est la joie qui est, pour moi, une forme de mission. Comment me reconnecter à cette essence profonde ? Comment accepter ce qui vient de mon intérieur ? Le chemin de la joie peut-il être spirituel ? J’hésite à en parler dans un livre de management. Que je croie ou non en Jésus, en Yahvé, en Allah, en Bouddha, au Grand Architecte… la recherche de la joie quotidienne n’est-elle pas suffisante pour métamorphoser ma vie ? Comment découvrir le sacré dans l’ordinaire ? Puis-je séparer le spirituel et le quotidien ? Chacune de ces dimensions n’est-elle pas reliée à l’autre ? Est-il possible de vivre une joie spirituelle en entreprise ? Un accompagnement de manager peut-il aller vers le spirituel ?

Chapitre XIV — Rassembler et actionner mes énergies

L’énergie est motrice. Afin de pouvoir utiliser au mieux mes trois énergies, mentale, émotionnelle, physique, il est bon de repérer mes périodes, les meilleures comme les plus faibles en énergie : comment je suis suffisamment lucide sur mes périodes pour être en pleine puissance. J’identifie ce qui charge ou décharge mes batteries mentale, émotionnelle, physique. Je prends conscience de ce qui me rend réellement joyeux et vais ensuite ancrer en moi certains de ces moments.

Un volume quasi illimité d’énergies nous habite. Quand je stimule ces énergies, la mienne et celle des autres, je crée un environnement qui favorise l’efficacité.

Chapitre XV — Comment avancer vers ma joie

La joie, quinze étapes l’une après l’autre. Lors des premiers rendez-vous, les managers se contentent souvent de demander à être plus efficaces ou à ne plus être stressés. Quelques séances plus tard, ils se risquent à demander d’être en cohérence, de mieux entrer en relation avec les autres ; il y a un vrai désir de comprendre ce qu’ils vivent et ce qu’il y a en eux. Jusqu’au jour où ils osent demander la joie authentique du manager : « Je veux vivre en plénitude. »

Les managers qui ont découvert à quel point le positif est devenu partie intégrante de leur vie et qui ont mis la joie au centre de leur vie me disent : Je trouvais cela utopique mais c’est dans les petits détails que la joie s’entretient. Au début, je me suis dit : « La joie pour la joie, so what ? » Maintenant, j’ai incorporé la joie dans ma vie quotidienne. Un univers de joie, dans ma vie en entreprise, s’est ouvert devant moi. En mettant l’accent sur la joie plus que sur le sérieux, j’ai acquis une nouvelle attitude pour mon futur. Chaque jour me comble de joie depuis que j’ai osé chercher en moi le positionnement qui me convient. J’ai compris ce qui est absolument essentiel à ma joie : retourner à l’essentiel.

En tant qu’entraîneur de dirigeants, je les prépare à éclater de joie, car ils peuvent avoir une nouvelle mission : être des managers porteurs de joie !

La joie comme outil PNL : ce que cet article révèle

Si Paul-Hervé Vintrou ne se réclame pas explicitement de la PNL, son parcours en quinze étapes mobilise de façon transparente plusieurs de ses fondements : la définition d’objectifs bien formés et visualisés, le travail sur les valeurs et les niveaux logiques de Dilts (environnement, comportement, capacités, valeurs/croyances, identité, mission), l’identification et la levée des croyances limitantes, l’alignement tête-corps-cœur, et l’ancrage d’états ressources positifs. La démarche rappelle également le présupposé PNL selon lequel tout comportement vise une intention positive — ici, la joie — et que les ressources nécessaires au changement sont déjà présentes dans la personne. Un article qui résonne naturellement avec la pratique des PNListes accompagnant des dirigeants.


Paul-Hervé Vintrou est président de Media Consulting Group et auteur du livre Managez dans la joie au bénéfice de la performance (Vuibert). Coach de dirigeants, il a mis au point une méthode d’accompagnement centrée sur la joie comme levier d’efficacité professionnelle.


Article publié dans le Magazine Métaphore, n° 67 – décembre 2012

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