Publié le 15 avril 2026
Aimer, c’est faire naître l’autre à lui-même…
Pourquoi le verbe « aimer » se conjugue-t-il plus facilement sur le mode féminin que masculin ? Pourquoi reproduisons-nous les mêmes schémas relationnels, même lorsqu’ils nous font souffrir ? Dora Pannozzo-Mochon, enseignante certifiée en PNL et psychothérapeute, explore à travers plusieurs situations de coaching comment nos croyances héritées, nos loyautés familiales et notre rapport à la congruence façonnent profondément nos relations amoureuses. Cet article est une version abrégée de la publication originale parue dans la revue Métaphore n°62 (septembre 2011) — l’article intégral, qui présente plusieurs autres portraits de femmes accompagnées en coaching, est à découvrir dans ce numéro.
Pourquoi le verbe « aimer » se conjugue-t-il plus facilement sur le mode féminin que masculin ? Pourquoi les chronologies des prisons sont-elles pleines d’histoires de femmes qui ont agi par amour ou par passion, alors que celles des hommes parlent plutôt d’intérêt personnel ou financier ? Sans doute qu’aimer est le propre de la femme et qu’elle aime sans économie ni rétention d’énergie. Parfois, elle aime au point d’être pour l’autre une sorte de bac révélateur de son talent ou de ses compétences. Quand un homme commence à changer sa manière d’être, de s’habiller, de penser et d’aimer, cherchez la femme ! On a beaucoup parlé de l’évolution, de la révolution ou de l’affirmation sociale et professionnelle de la femme face à l’homme : on n’a jamais remis en question sa capacité à aimer ! Au troisième millénaire, la femme a-t-elle changé sa façon d’aimer ? Je serai tentée de répondre à cette question par non ! Rien n’a vraiment changé ! Lorsque j’observe les jeunes couples d’adolescents dans les lieux publics, je retrouve le modèle ancestral, séculaire, dans lequel s’inscrivent l’homme et la femme qu’ils deviendront ! Assis sur le même banc, le jeune garçon est allongé et sa tête repose sur les genoux de la jeune fille qui lui caresse tendrement le visage. En quoi cette jeune femme en devenir est-elle différente des femmes des générations précédentes ? Peut-être dans la liberté vestimentaire et publique qu’elle affiche ? Mais les gestes, les postures d’accueil de l’homme sont les mêmes, et tant mieux !
Éloïse : quitter sans trahir
Quand Éloïse, 19 ans, sollicite un rendez-vous de coaching personnel, je reste étonnée ! Qu’est ce qui peut pousser cette jeune fille à la personnalité bien trempée à se poser des questions sur elle, si tôt ! Je la connais un peu. J’avais remarqué chez cette jeune et brillante diplômée une capacité à s’affirmer et à se positionner dans un groupe ou à donner clairement son avis dans une conversation difficile. Nos échanges ont fait son chemin, me dit-elle, et l’ont amenée à réfléchir sur l’insatisfaction de sa relation amoureuse ! Fabien a le même âge qu’elle et se comporte comme un parfait macho ! Elle ne vit qu’au rythme de ses changements d’humeur, de ses caprices ou de ses plaisanteries de mauvais goût comme celle de l’enfermer dehors en pleine nuit pour lui faire passer sa phobie du noir ! Elle ne veut pas fléchir sous ses injonctions et s’oppose à lui avec véhémence sans réussir à le quitter. Elle me demande de l’aider à franchir ce pas, le quitter ! Au cours de la séance, Éloïse a repéré comment elle rejouait inconsciemment son histoire parentale s’attribuant le rôle du père après que Fabien eut endossé celui de sa mère ! En effet, ce père à qui elle voue une admiration sans bornes joue le rôle du médiateur qui arrondit les angles face au comportement d’une mère étiquetée comme capricieuse et irresponsable. Au fil de cette prise de conscience, elle me dit que quitter Fabien serait comme trahir sa mère et la reconnaître dans ce que son père nomme son « immaturité » ! Après deux autres séances de mise au jour de cette histoire familiale, Éloïse a quitté Fabien en toute sérénité en lui expliquant qu’aimer c’était faire naître l’autre à lui-même et non l’enfermer dans une relation de confrontation.
Sylvia : aimer jusqu’à absorber l’autre
J’ai aussi rencontré des femmes dont la manière d’aimer se rapproche beaucoup de celle des mantes religieuses ! Elles aiment jusqu’à absorber l’autre, à le dévorer pour mieux le garder. C’est le cas de Sylvia. Après onze ans de mariage, Sylvia découvre avec « horreur » (ce sont ses mots) que William la trompe depuis un an. Elle m’appelle au secours comme si je pouvais d’un coup de baguette magique lui donner une recette pour retrouver sa relation idyllique d’avant ! « Comment expliquez-vous cette infidélité si votre mariage était comme vous dites idyllique ? » Et là je l’entends partir dans un procès à l’encontre de ce mari qui, d’après elle, aurait toujours été comme cela (pourtant elle le reconnaît : il a été fidèle pendant dix ans) serait bien le fils de sa mère trop faible qu’il manipulait déjà et trop couvé par ses sœurs etc., et qu’en fait tous les hommes sont bien les mêmes, des coureurs : la preuve, elle a quitté son premier mari parce qu’il la trompait avec sa meilleure amie. Je lui fais remarquer qu’elle a fait des choix étonnants entre ses maris et ses amies, elle ne trouve pas ça drôle du tout. Je lui demande comment sa mère a vécu sa vie d’épouse. « Mon père l’a trompée lorsqu’elle était enceinte de moi, mois ni lui ni elle n’ont remis en cause la cellule familiale, ils sont restés ensemble même si ma mère ne lui a jamais pardonné. »
Lorsque je reçois le couple, je me trouve face à un homme de belle carrure et de belle allure, qui se tient presque penaud sur son fauteuil. Il ne répond pas aux injonctions hystériques de sa femme. Elle lui coupe la parole, se moque ouvertement de lui, dénigre ses ressentis : bref je mets fin à la consultation et à la lapidation verbale de cet homme. Sylvia s’enferme dans la certitude de n’avoir rien à changer, elle énumère tout ce qu’elle a fait pour lui, comment elle l’a soutenu dans des moments professionnels difficiles, elle a même, voici deux ans, emprunté beaucoup d’argent pour l’aider à acheter la propriété de ses rêves, elle pleure en disant ne pas mériter « ça », elle parle de pardon mais en fait veut lui foire payer cher ce qu’elle nomme « une trahison »…
Viviane : les loyautés invisibles face à la réussite
Je me souviens de Viviane, exemple de ces jeunes femmes qui aujourd’hui, mènent leur vie professionnelle et sociale sur un mode, qui voilà encore vingt ans, n’était que masculin. Viviane a créé sa propre entreprise et, en dix ans, s’est fait une place enviée et enviable dans un monde d’hommes qui, désormais, respectent son talent, son savoir-faire et sa réussite. Lorsqu’elle prend rendez-vous avec moi pour un programme de coaching, elle souhaite mettre en place de nouvelles stratégies professionnelles et investir les marchés internationaux. Elle me demande de l’accompagner dans cette réflexion. Au fil de nos séances, nous bâtissons le protocole de son objectif. Elle constate rapidement que si elle possède bien les ressources intellectuelles et matérielles nécessaires à son entrée dans l’international, elle bute, par contre, sur une question d’ordre privé. En effet, à la question : « Que pourriez-vous perdre en atteignant votre objectif ? » Elle me répond : « Rien, bien au contraire, j’ai tout à y gagner ! » L’expérience de ces accompagnements m’a amenée à constater comment tout individu qui se donne les moyens d’aller plus haut, plus fort, plus loin, le fait en renonçant à quelque chose ou à quelqu’un. J’insiste donc, l’amenant à dépasser ce rien trop pratique pour être honnête ! De réponses en questions, Viviane réalise, qu’en effet, elle prend le risque de perdre l’homme qu’elle aime !
Lorsqu’elle a rencontré Yves, son ami, il était, de par son mariage, le gendre du PDG d’une entreprise connue et reconnue et, par la même opportunité, le directeur général de celle-ci. Viviane, elle, créait sa propre entreprise et y consacrait toute son énergie. Ils deviennent amants. Trois ans après cette rencontre et à l’issue d’un divorce âprement mené, Yves rejoint Viviane en train d’accoucher de son projet d’entreprise. En se séparant de sa femme, il quitte bien évidemment son poste de directeur. Trois autres années passent. Yves ne retrouve pas de position sociale équivalente ni un poste à la hauteur de ses prétentions. Il s’essaie donc lui aussi à la création d’entreprise, et investit le capital négocié lors de son divorce, c’est un échec. De son côté Viviane, en six ans, a explosé son chiffre d’affaires et caracole en tête des sondages dans les journaux spécialisés. Aujourd’hui leur couple se défait, Yves ne reconnaît plus à Viviane le talent qui fut à l’origine de son coup de foudre et de leur passion. Sa jalousie le rend odieux au point qu’elle n’ose plus lui faire partager ni ses succès ni ses projets. Il lui reproche de se consacrer uniquement aux affaires au détriment de leur histoire, de le négliger et l’oblige à choisir entre sa carrière et lui. Seulement, il n’a plus aux yeux de Viviane l’aura de leur rencontre. En six ans, chacun a révélé à l’autre une partie de lui-même et leur amour n’y a pas résisté. Yves lui demande de choisir entre son devenir à elle sans lui et une vie avec lui en renonçant à être elle ! À la fin du coaching, elle choisira de « continuer sans lui » et « pour elle » et mettra en place un plan d’action professionnel en trois étapes.
Et pourtant… trois questions demeurent :
- Que se serait-il passé si Yves était resté paré de l’admiration que Viviane lui prêtait au moment de leur rencontre ?
- En sollicitant le renoncement de Viviane, Yves ne ravivait-il pas ainsi le rituel du sacrifice amoureux si cher à nos tragédiens ?
- Et si chacun avait accepté de renoncer à idéaliser l’autre pour prendre le temps de réfléchir à l’essentiel : quel sens pourrions nous donner à notre relation ?
Ces trois interrogations se cristallisent autour de la femme et de ses choix de vie. Un thème peu abordé par l’homme.
Frédérique : le travail avec les métaphores
Frédérique consulte pour ce qu’elle nomme dans les premiers instants de la séance, son « manque de désir » qu’elle traduit par un blocage sexuel c’est-à-dire un refus de se laisser aller. Elle est persuadée qu’elle pourrait se laisser aller si son ami, Marc était plus calme, doux et attentif. « En fait ils sont tous les mêmes ! »
— Tous les mêmes… même que qui ?
— Que mon père !
Cet échange a été le point de départ de notre réflexion.
- le premier homme de sa vie était alcoolique ;
- le deuxième, infidèle ;
- le troisième (son compagnon actuel), Marc, violent. Elle réalise que son père est à la fois alcoolique, violent, et certainement infidèle. Elle ajoute : « Marc a entrepris une thérapie à cause de sa violence, mais un homme ne peut pas vraiment changer, ça ne dure pas, le naturel revient, il reste un homme. »
Elle dit avoir pardonné à son père qui la battait et a voulu la tuer par deux fois. Elle lui a pardonné parce qu’il a changé, il a travaillé sur lui. « N’avez-vous pas là une preuve qu’un homme peut changer ? »
— Ce n’est pas pareil, c’est mon père. Mon père je l’aime je lui fais confiance je sais qu’il poursuivra ce changement.
Je lui rappelle que la peau est notre premier moyen de communication avant les mots, les maux de la peau sont sans doute ceux de nos mots ! Cette idée du départ, la porte qui se ferme, est là, récurrente : partir quand le risque est trop grand. Frédérique est partie de chez elle à 14 ans pour fuir son père, puis elle a fui chacun de ses trois compagnons quand, à force d’être gentille et douce ! — comme sa mère l’était ! — elle n’avait que cette solution pour se protéger. Aujourd’hui, une bataille s’est installée à l’intérieur d’elle à propos de Marc. Une partie d’elle lui fait confiance et le lui dit. Cette partie veut ouvrir la porte, le laisser entrer et se réjouir avec elle. Une autre partie d’elle, reste accrochée à sa croyance qu’un homme ne peut pas vraiment changer sans y laisser sa peau. Cette partie d’elle ne laisse pas Marc la pénétrer.
Lors d’une seconde rencontre, je lui propose de travailler avec les métaphores : « Ma vie c’est comme un blockhaus dans un champ de mines. » C’est sa métaphore de vie ! Frédérique me le dit avec un grand sourire !
Je lui demande si elle transmettrait à son fils cette métaphore pour lui parler de la vie. « Oui, car il doit apprendre à se battre, à se défendre, en ce moment il se fait avoir par les autres, il ne sait pas se défendre. » Un peu pensive, je lui fais remarquer l’aspect épuisant et mortifère de cette métaphore, où son fils n’a pas d’autre choix que d’être un gagnant ou un perdant. Être soldat c’est exécuter, c’est obéir. Il pourrait aussi avoir envie de commander, de diriger sa vie ? « Le blockhaus. Certes c’est un refuge. Mais comment font les autres pour venir vous voir ?
— Eh bien ils traversent eux aussi le champ de mines.
— Et ils sautent ?
— Parfois oui !
— Pas très réjouissant votre vision de la vie ! »
Puis, en comparant sa vie de couple à un catamaran où chacun est solidaire de l’autre pour avancer et visiter le monde, elle convient d’y faire quelques aménagements, car voyager et visiter le monde en catamaran n’est pas des plus confortables. Le catamaran devient voilier. Elle y ajoute un coin cuisine, un coin repas, une chambre et une douche. Elle sourit en imaginant cet aménagement, le définit comme plus ludique et même plus tactile ! « Et puis c’est plus pratique pour y pénétrer !
— Euh ?
— Oui jusqu’ici j’étais impénétrable. »
Nous éclatons de rire tant le mot est juste ! « De quoi auriez-vous besoin pour devenir pénétrable ? » Avec cette question, Frédérique met au jour le fait que sa mère disait ne pas aimer « ça » et n’y prendre aucun plaisir. Avec les mots, elle prend conscience de sa propre absence de plaisir, de son dégoût de l’acte sexuel et de son rejet de l’homme. Des larmes accompagnent deux scènes qu’elle pensait avoir oubliées.
Séance après séance, Frédérique comprend la trame qu’elle a tissée inconsciemment pour aider la petite fille en elle qui souffrait tant de ne pas être autorisée à être une fille…
Régine : réécrire le même script
Régine, elle, répète systématiquement les mêmes scénarios d’échecs amoureux. Elle a 35 ans, vit passionnément son métier de professeur d’art, et réécrit méticuleusement le même script à chaque nouvelle rencontre, qui peut se résumer en quatre étapes : Étape 1 Il est séduit, la trouve unique, elle le fait attendre, languir et soupirer. Lui, innove pour la conquérir, ne lésine ni sur les fleurs, ni sur le champagne, lui offre d’adorables petits week-ends, quelques bijoux, il l’appelle dix fois par jour. Elle sait que cette fois c’est lui, c’est le bon, c’est avec lui qu’elle va construire sa vie. Étape 2 Six mois après leur rencontre, il l’installe chez lui. Là, rayonnante, elle veille sur son confort, le materne, fée du logis, cordon-bleu, blanchisseuse, oreille attentive, elle l’écoute, compatit, se rend disponible, il apprécie, le lui dit et ronronne de plaisir. Étape 3 Un jour elle se réveille. Tiens donc plus de restaurant ? Plus de fleurs ? L’ardent prétendant rechigne à s’échapper en week-end, il tergiverse même sur les prix de leurs sorties, se couche tôt en jetant un œil distrait sur ses tenues coquines, s’endort avant qu’elle ait fini de se démaquiller et se réveille bougon. Pourtant il apprécie toujours sa présence, ça ne se voit pas vraiment mais il le lui affirme, elle veut le croire. Étape 4 Deux ou trois ans après, elle pleure, elle ne le croit plus, il s’en fout il est amoureux d’une autre, il s’en va, elle plie et range ses dessous coquins, se jurant qu’elle ne se laissera plus prendre à ce jeu-là.
Régine rêve de construire un couple à l’image de celui de ses parents, un couple qui dure. « Ma mère m’a toujours dit que c’était très difficile de garder un homme. Son secret de longévité avec mon père tient dans sa disponibilité. Elle est très attentive, pleine de sollicitude pour lui et lui, la considère comme irremplaçable. Je ne comprends pas pourquoi, moi, je n’arrive pas à garder un homme. » Je n’ai pas de réponse à lui donner, sinon que les mécanismes de séduction de sa mère s’adaptent sans doute parfaitement bien à son père mais ne répondent pas forcément aux attentes des hommes qu’elle, Régine, rencontre ? Que pourrait-elle changer dans sa stratégie de séduction et de vie à deux pour donner une dimension plus unifiée à sa vie de femme ? Lors des séances de coaching, Régine va apprendre à se comporter différemment et le testera avec succès…
Liberté, responsabilité, culpabilité
N’avons-nous pas tendance à confondre liberté et responsabilité ? Responsabilité et culpabilité ? Depuis 2 000 ans, la religion judéo-chrétienne nous montre du doigt en écrivant dans ses textes que nous sommes, par notre aïeule Ève, coupables d’avoir péché ! Coupables d’avoir entraîné l’homme à désobéir et responsables des fautes de l’humanité… de l’humanité entière ! Ce qui fait, vous en conviendrez, beaucoup pour une seule femme ! Être libre, en tant que femme, n’est-ce pas avant tout « être responsable de sa vie » ?
Être responsable de sa vie en tant que femme (ou en tant qu’homme), c’est en être le garant… et ne débouche sur aucune culpabilité, car « rater » sa vie n’est pas un délit et n’est en rien répréhensible, c’est un choix ! La femme se laisse maintenir depuis trop longtemps de gré ou de force sur ce terrain délictuel. Je veux bien me sentir responsable de ma vie mais pas coupable ! Et pourtant les femmes hésitent encore à travailler, à divorcer ou à prendre un amant sans ressentir un vieux sentiment de mal-être comme si le Serpent rôdait sans cesse autour d’elle, laissant l’homme vierge de toute responsabilité et l’accablant, elle, de toute la culpabilité ! la Libération engendrée par Mai 68 a laissé croire aux femmes qu’il leur suffisait d’être libre dans leur sexualité pour l’être dans leur vie. Piètre vérité puisque nombreuses sont encore les femmes, filles et petites-filles de Mai 68, qui se croient contraintes, pour plaire à l’autre, de se plier à ses besoins y compris à ceux de la sexualité.
Pauline : la congruence comme troisième choix
Je me souviens de Pauline 68 ans, exquise dame au regard rieur et malicieux. Son allure « bien sous tous rapports » ne traduit pas son âge. Mariée depuis quarante-cinq ans, elle a, dit-elle en riant, « survécu » à ce long périple à deux, longue route jalonnée de joies, de doutes, de deuils, de pleurs et de rires, bref à toute une vie consacrée à Jean, son mari, et à leurs deux enfants. Épopée d’une vie ni merveilleuse ni désastreuse, où la fidélité a été pour elle la règle envers et contre tout… ou tous ! Or, aujourd’hui Pauline est amoureuse ! Follement amoureuse d’Éric, 60 ans. Pauline se sent coupable de cet amour ! Si elle vient me voir, c’est pour trouver avec moi une bonne raison d’abandonner cette liaison ou toutes les raisons de la continuer ! Voilà les deux seuls choix que Pauline s’octroie. Deux choix tournés vers les autres vers Jean, ne pas lui faire de la peine… vers Éric, ne pas le rendre triste ! Je lui ai trouvé un troisième choix : elle ! Je lui propose d’être en harmonie avec elle de se maintenir en accord avec ce qu’elle pense, d’être OK avec ce qu’elle dit et ce qu’elle fait ! Je lui propose d’opter pour la congruence1, elle me regarde étonnée de ne pas connaître ce mot ! Je lui donne la définition de son contraire ! Ne pas être congruente serait de penser qu’elle est amoureuse, mais de dire à l’autre ou aux autres que « c’est fini » et enfin d’imposer silence à son corps et à son cœur. Voilà les trois attitudes qui l’amèneraient à se tenir de travers, et non pas droite, dans sa vie. Quel confort d’avancer en se tenant bien alignée de la tête aux pieds, c’est-à-dire : je pense, je dis, je ressens, je fais… Pourtant, régulièrement nous nous déplaçons dans la vie avec des attitudes totalement tordues en pensant une chose, en exprimant son contraire et en ressentant une autre chose. À quels moments de notre vie sommes-nous en congruence avec nous-mêmes ? Il est si difficile de trouver puis de conserver une harmonie avec soi-même. Nous passons notre temps à chercher l’harmonie avec l’autre, en lui reprochant haut et fort de ne pas savoir nous l’apporter ! Il en va de l’amour comme de tous les autres domaines de la vie, où les femmes à force d’apprendre à s’adapter à l’autre pour lui plaire, pour paraître « être comme » ont oublié qu’elles savent être tout simplement. Pour être, n’est-il pas important de bien se connaître ?
1 Congruence : terme emprunté à la P.N.L (programmation neuro-linguistique) pour illustrer l’alignement entre ce qu’une personne pense, dit et fait.
La PNL comme outil d’accompagnement relationnel
À travers ces portraits, un fil conducteur se dessine : nos relations amoureuses sont profondément conditionnées par nos programmes inconscients, nos croyances héritées, nos loyautés familiales et notre capacité — ou non — à être congruents avec nous-mêmes. La PNL offre des outils concrets pour explorer ces programmes, les mettre en lumière et, progressivement, choisir en conscience. Identifier le schéma, c’est déjà commencer à s’en libérer. Aimer l’autre, c’est peut-être d’abord apprendre à se connaître soi-même.
Dora Pannozzo-Mochon est enseignante certifiée en Programmation Neuro-Linguistique (aux normes internationales de NLPNL), certifiée Business Coach NLP, et psychothérapeute certifiée par l’Institut Européen de Psychologie Appliquée et qualifiée par Psy en Mouvement. Spécialiste du coaching des cadres d’équipe et des cohésions d’entreprise, plus particulièrement dans l’hôtellerie de luxe, elle est également créatrice du concept « Féminin Business® », formée à d’autres méthodes de développement personnel (Analyse Transactionnelle, Gestalt, Symbolisme) et désignée en février 2008 parmi les « 50 Talentueuses des Alpes Maritimes » pour son engagement auprès des femmes.
Note de la rédaction : Cet article est une version abrégée pour le blog NLPNL. L’article original de Dora Pannozzo-Mochon présente plusieurs autres portraits de femmes accompagnées en coaching — Annie, Édith, Roselyne, Micheline, Katia — et approfondit les questions de liberté, de responsabilité et de congruence à travers le prisme de la PNL. Pour lire le texte intégral, rendez-vous dans le Métaphore n°62.

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