Publié le 31 mars 2026
La PNL au cœur du métier de sage-femme
Interview et analyse PNL de la pratique d’Anne DEBORDE par Marc SCIALOM.
Marc : Yves Saint Laurent disait : « La véritable élégance ne consiste-t-elle pas à oublier ce que l’on
porte ? ».
La pratique de la PNL, au coeur de son métier, ne consiste-elle pas à oublier la PNL au profit de
l’émergence de l’intelligence relationnelle ?
Anne : Je suis sage-femme hospitalière depuis 26 ans et j’accompagne des femmes et des couples à
devenir parent, depuis l’annonce de leur grossesse, en passant par les différentes consultations et
échographies, jusqu’à l’accouchement et le postpartum. C’est donc un accompagnement global. Je suis à la fois clinicienne, technicienne, éducatrice de la santé publique et accompagnante avec une forte
dimension relationnelle et émotionnelle. D’autant plus que la naissance est à un carrefour dans la vie
d’une femme, d’un couple et avec toute l’intensité de cette transformation.
On se situe à l’interstice entre la science et le sacré, entre la vie et la mort et c’est assez magique.
Je voudrais toutefois préciser que les compétences médicales de la sage-femme s’arrêtent, normalement, à la dimension physiologique.
Accompagner le père pour accueillir son enfant
Nous aimerions illustrer comment la PNL s’intègre dans ma pratique de sage-femme et pour cela nous avons choisi de relater une situation réelle d’un jeune couple de trente ans environ qui vient d’avoir un nouveau-né de trois jours. J’ai accompagné ces parents pendant le moment de la naissance qui s’est malheureusement compliqué d’une intervention médicale avec la pose d’une ventouse pour aider à l’extraction du bébé. Après deux échecs de pose, c’est le chef de clinique qui a pris le relais de l’interne et le bébé est né ensuite en bonne santé.
Après deux jours de repos post garde, je vais à la rencontre de cette maman pour voir comment elle va avec son bébé. J’arrive dans la chambre. Elle est en train de l’allaiter. Elle est souriante, elle me confie que, pour elle, tout va bien. Elle se sent très heureuse, que le crâne du bébé a retrouvé une forme plus arrondie. Par contre, elle me dit que son mari n’arrive pas à dormir, qu’il est traumatisé par la ventouse, qu’il pleure à l’évocation de l’accouchement avec un sentiment d’incompétence et qu’elle n’arrive pas à
le rassurer. Je lui propose de me sonner quand son mari arrivera, pour que l’on puisse échanger à ce
sujet.
Anne SF : Comment allez-vous ? Votre femme m’a confié que vous avez des difficultés à dormir. Je pense que ce serait vraiment important que l’on prenne un moment pour échanger sur ce moment de la
naissance de votre bébé, si vous êtes d’accord.
Le mari : Oui c’est sûr, c’est compliqué. J’ai trouvé ce geste d’une violence extrême. Je voyais le bras du médecin qui tremblait, tellement il tirait fort et quand la ventouse a lâché, avec tout ce sang autour et
le médecin qui a failli tomber en arrière… et ce bruit ! Et moi, je pensais qu’ils faisaient du mal à notre bébé. Et en même temps, je ne pouvais rien faire, je n’ai rien dit, j’étais complètement impuissant… Il est sorti avec la tête comme une pastèque !
Anne SF : Vous revivez cette scène avec toutes ces images dans votre tête et je suis d’accord avec vous
que ce sont des gestes qui sont impressionnants d’autant plus quand cela concerne votre propre femme et votre bébé.
Je crois que c’est important que l’on puisse ensemble reprendre la chronologie de l’accouchement.
Après trente minutes de poussées, j’ai fait appeler mes collègues obstétriciens (l’interne et le chef de
clinique) pour qu’ils évaluent avec moi la situation. Sur l’enregistrement du cœur fœtal, je voyais que
votre bébé avait de plus en plus de peine à récupérer, ce qui me faisait craindre pour sa santé. Mes collègues ont jugé, comme moi, qu’il fallait l’extraire rapidement afin qu’il ne souffre pas d’un manque
d’oxygène et nous vous avons proposé cette ventouse qui permet de rediriger la tête du bébé dans la
filière génitale en même temps que la femme pousse. L’interne pratique ce geste sous supervision du chef de clinique et il arrive parfois malheureusement que sous la pression la ventouse lâche. C’est une situation que l’on rencontre et l’on doit recommencer. Les os du crâne de votre bébé ne sont pas soudés ce qui permet la naissance à travers le bassin et d’où la déformation. Aujourd’hui, et déjà dans les heures qui ont suivi sa naissance, sa tête a retrouvé une forme plus ronde n’est-ce pas ?
Je crois que c’est important que vous compreniez notre posture de soignant et le sens des gestes qui ont
été pratiqués sur votre bébé.
Le Mari : Oui j’avais compris mais je ne m’attendais pas à ça.
Anne SF : Je suis contente que vous ayez compris la situation d’urgence et notre positionnement et je comprends tout à fait que votre position d’accompagnateur auprès de votre femme vous donne cette vision. Mais maintenant je pense qu’il serait intéressant d’interroger le vécu de votre femme. Elle va nous raconter son vécu de la ventouse et je vous laisserai ensuite, Monsieur, me dire, si vous en êtes d’accord, ce que vous avez entendu de son récit ?
La mère : moi je me suis sentie soulagée quand le médecin a proposé la ventouse. J’étais épuisée et je
sentais bien que le bébé ne descendait pas beaucoup. J’entendais aussi le cœur du bébé qui descendait.
Moi j’étais vraiment en confiance, tu étais là, tu m’encourageais avec tes mots, tu me tenais la tête,
j’étais heureuse qu’on puisse vivre ça ensemble. Quand la ventouse a lâché moi aussi j’ai été surprise,
j’ai vu aussi le sang sur la blouse du médecin mais je n’ai pas ressenti de panique. J’ai regardé la sagefemme et le chef de clinique qui m’ont dit qu’on allait recommencer et j’étais prête. Et puis après, c’est allé vite, ils m’ont posé notre bébé sur la poitrine et c’est comme si le temps s’arrêtait. Il a pleuré fort tout de suite. Je ne voyais que ses grands yeux, même pas sa tête déformée.
Anne SF : Monsieur, est que vous seriez d’accord de me dire ce que votre femme a vécu ?
Le Mari reformule le vécu de son épouse… Il est visiblement apaisé.
Anne SF : Merci. Maintenant, voulez-vous imaginer être à la place de votre enfant qui vient au monde ?
Il est accueilli par sa mère, son père, sa famille, par nous l’équipe soignante…
Que souhaitez vous pour lui ? Qu’est-ce qui est bon pour lui ? Un père qui l’accueille dans une vision d’effroi, de trauma, de peur par rapport à sa naissance ou voulez-vous l’accueillir dans l’état d’apaisement, et dans la joie partagée que vous vivez maintenant avec votre épouse, sa mère ?
À chaque moment, le choix est le vôtre…
Marc : Les compétences PNL qu’Anne a mobilisées consciemment ou inconsciemment ont été principalement :
1. La reformulation avec la validation de la violence de l’intervention et du traumatisme que cela a créé chez le mari.
2. Le changement de positions perceptuelles avec la position de l’équipe médicale et surtout la position de la mère.
3. La demande au mari de s’associer à la 2e position de son épouse en prenant soin qu’il reformule de
manière explicite le vécu de son épouse.
4. Le discernement entre la perception visuelle actuelle de l’enfant et la mémoire visuelle de la tête du bébé juste après la naissance.
5. Enfin, l’invitation de se mettre en 2e position, celle de l’enfant qui vient au monde. Sentir son besoin d’être accueilli par son père, sa mère dans un état de tranquillité, de joie, de reconnaissance.
Accompagner un couple à nommer leur enfant
Cas clinique : Il s’agit de Mme A, qui a 36 ans et qui vient de donner naissance à son 3e enfant. Elle a deux garçons de sept et quatre ans. Elle est au troisième jour de son accouchement.
Malgré le fait que le couple n’ait pas de problème de procréation, cette grossesse a été obtenue suite à une sélection des spermatozoïdes de son mari, de manière à choisir le sexe du futur bébé.
Madame désirait, en effet, avoir une fille à tout prix et a donc fait appel à la procréation médicalement assistée pour garantir ce résultat ; ce qui est légal et possible dans plusieurs pays européens.
De leur côté, ils se sont rendus à Chypre, ce qui a demandé plusieurs déplacements, du temps et un
investissement financier non négligeable.
Dans ma carrière de sage-femme, c’est seulement la deuxième fois que je rencontre un couple qui a fait appel à cette technique de choix de sexe pour désir personnel sans indication médicale.
Je prends ma garde à sept heures du matin à la maternité et ma collègue, sage-femme au postpartum, me transmet que la patiente Mme A a passé une bonne partie de la nuit à lire le livre des prénoms.
Aujourd’hui est le jour de son départ de la maternité et le dernier pour nommer officiellement l’enfant. Jusqu’à maintenant, la petite fille n’a pas encore de prénom.
À huit heures trente, je trouve effectivement Mme A devant son plateau du petit-déjeuner avec le fameux livre « Les mille prénoms » ouvert à côté d’elle. La petite fille est dans son berceau, elle dort paisiblement, est assez éloignée, plutôt en arrière, la maman doit tourner la tête pour la voir.
Je la salue, lui demande comment elle va, comment s’est passée la nuit. Je lui dis que ma collègue m’a indiqué qu’elle avait, sans doute, peu dormi.
Elle me confirme les propos de mon collègue et exprime sa préoccupation de ne pas trouver un prénom qui lui convienne pour sa fille. Je lui demande de m’expliquer d’où vient son hésitation.
Elle me confie que son mari et elle ont des goûts diamétralement opposés et quand ils ont abordé ce sujet pendant la grossesse, ils ne sont pas parvenus à trouver un prénom qui leur plaise à tous les deux,
avec un rejet franc du choix de l’un ou de l’autre.
Pas de compromis possible donc…
Ils ont alors décidé d’attendre le jour J pour décider d’un prénom, en fonction de ce que leur inspirerait la rencontre avec la petite fille. Pourtant trois jours après la naissance et la rencontre avec le bébé, aucun prénom ne semble émerger et à présent la tâche de nommer l’enfant semble lui incomber seule.
Elle développe ses propos en me confiant que, probablement, son choix ne la satisferait pas de toutes les manières. En effet, elle regrette d’avoir donné le prénom de Raphael à son deuxième enfant car c’est finalement le seul que lui inspire sa fille. Elle a décidé à présent de lire la signification des prénoms pour l’aider dans son choix. Il ne lui reste plus que quelques heures avant que son mari et ses deux enfants viennent pour la chercher et rentrer à la maison. La tâche semble délicate, son anxiété augmente.
Je m’assois près d’elle et lui témoigne qu’effectivement, nommer son enfant est un acte responsable qui fait souvent l’objet de préoccupation et de longues discussions parfois conflictuelles, entre les parents.
C’est une situation que je rencontre fréquemment. Je lui signifie aussi que nommer sa fille, c’est une
manière de la faire exister aux yeux du monde, de l’inscrire dans son histoire, une manière de la faire
naître au monde.
Elle m’écoute attentivement… Je rapproche le berceau vers nous et le dispose entre elle et moi.
Je contemple longuement la petite fille qui dort paisiblement. La maman fait de même…
Je lui pose alors la question suivante : parlez moi d’elle si vous le voulez bien.
Elle semble très surprise par ma question et ne sait pas quoi me répondre. Pour l’aider, je décris que de mon côté j’observe qu’elle a une manière de dormir très détendue avec ses bras de chaque côté de sa tête, qu’elle semble être un bébé calme.
La maman va alors me confirmer que oui : elle ne s’est pas fait beaucoup entendre pendant ces trois
jours, contrairement à ses frères.
Je lui demande si elle voit chez elle des airs de famille avec ses frères aînés.
Comment ses frères ont réagi quand ils l’ont vue ?
Est-ce qu’elle semble prendre du plaisir à téter ? …
Pour apaiser son stress, je lui propose ensuite de faire un moment de peau à peau avec son bébé, de
profiter de ce moment pour sentir son odeur, la douceur de sa peau, sa chaleur, sa respiration. Mon
intention est de renforcer le lien d’attachement et permettre la connexion de cette maman et de sa
fille bien réelle, avec cette expérience corporelle (VAKOG), comme une nouvelle naissance.
Je la laisse ainsi avec sa fille endormie, peau contre peau sur sa poitrine.
Je reviens la voir quelques heures plus tard. Son mari est arrivé avec ses deux aînés. Les bagages sont
prêts. Mme A m’annonce fièrement qu’ils ont finalement opté pour le prénom d’Hanna avec un beau sourire.
Marc : Le choix du prénom d’un enfant fait partie intégralement de son accueil, de son entrée dans le
monde. Le prénom est une vibration, un son, une première individuation.
Ce qui est déterminant est davantage le sens, le désir des personnes (le plus souvent les parents) qui nomment l’enfant (individuation) que la symbolique du prénom qui, elle, appartient au
collectif.
Mme A vivait un état « dissocié » au sens PNL du terme et entrait dans une stratégie de choix du prénom, en étant déconnectée de la relation à sa fille, à côté d’elle.
Anne, dans sa fonction de sage-femme, lui a permis de s’associer à son rôle de mère, de vivre la relation sensorielle avec sa fille : la voir, l’entendre, sentir sa peau contre sa peau, percevoir son odeur…
Le choix du prénom est venu du lien sensoriel, de la reconnaissance de la singularité de sa fille.
L’évidence du choix d’Hanna a émergé de la relation vivante, consciente entre la mère et sa fille puis s’est prolongée à la reconnaissance du père et la présentation d’Hanna aux frères aînés.
Pour découvrir les activités de Marc, je vous invite à cliquez ici : Pleine Conscience Intégrative et Synergie PNL.

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